Séance du 23 pluviôse (12 février
84 NOTIËE SUR M. DAUNOU.
Un autre jour*, il fut chargé de préparer un projet de résolution en réponse au message des consuls sur la victoire de Marengo. Son exorde , qui consiste dans une longue et majestueuse période, présente un tableau magnifique de la brillante campagne avec laquelle Bonaparte paya , pour ainsi dire ^ à la France son avènement au consulat. Célébrant ensuite avec une chaleureuse éloquence la mort glorieuse de ce jeune général, qui regrettait en expirant de n'avoir pas assez fait pour vivre dans la postérité : « Desaix, s'écrie l'orateur, quand la mémoire de tes autres exploits pourrait périr^ est-ce donc que la journée de Marengo n'est pas immortelle comme celles de Leuctres, de Mantinée, de Fleurus^ de Lodi et d'Arcole? Et quel récit de celte journée pourrat-on jamais faire, où ton nom ne soit offert à la vénération des siècles ?» A côté de ces louanges très-sincères et très-méritées, Téloge du héros principal paraît peut-être trop mesuré, si mesuré même qu'il dut sembler insuffisant à l'enthousiasme public. Néanmoins le discours tout entier, travaillé comme un morceau académique, produisit un grand effet dans l'assemblée, et n'aurait pas eu sans doute moins de succès dans une séance de l'Institut.
Les principes que M. Daunou avait défendus au conseil des Cinq-Cents , ainsi qu'à la Convention , il les défendit de même au Tribunat. Seulement au lieu d'être, comme auparavant , l'adversaire des démocrates et l'allié du pouvoir, il se trouva , par l'esprit