Séances du 9 et du 23 mai
10^ NOTICE W% M. DAUMOD.
bruBquemeDt de ministres qu'elle n'avait jamais eu la pensée de comenrer, et lea remplaça par d'autres, qui tiraient leur principale force de sa confiance et de s^ affections* Plw de conce$$iom! fut la devise de M* de Polignac ; ce fut aussi celle de la Chambre élective y qui Tinscrivit dans son adresse ^ mais en lentendant d'une autre manière. Le roi se hâta de proroger puis de dissoudre la Chambre, qui ne re* vint pas moins menaçante , les 221 votants de l'adresse ayant presque tous été réélus comme M. Dau* nou. Abrs, ce qu'un gouvernement plus fort et mieux préparé n'eût pas osé peut-être, Charles X le tenta résolument. Ses ordonnances du 25 juillet sont encore présentes à la mémoire de chacun de nous. La nouvelle Chambre s'annonçait hostile; il en prononça pareillement la dissolution : c'était dans ses prérogatives royales. Mais ce qu'il fit en même temps manquait au moins de légalité. Les journaiis étaient contraires au pouvoir; afin de n'avoir plus à les craindre, il suspendit la liberté de la presse périodique. Les collèges électoraux soutenaient l'opposition ; il les réforma et promulgua une loi électorale toute nouvelle, dans le but d'avoir la majorité dans les élections. Vainement pour tous ces actes il s'autorisait de la constitution ; on ne vit en général dans un tel exercice de son autorité que la destruction de la Charte par la Charte même. Enfin ce coup d'État, qui n'était peut-être pas moins difficile qu'un 18 fructidor ou qu'un 18 brumaire, fut frappé tranquillement du fond d'un cabinet, au milieu d'une cour oisive. Je n'ai pas besoin d'en rappeler les suites.
KOTIGB ^V% U. DAUKOU. «07
Dès le 26 juillet M. D^unou était parmi les qua* torze députés réunis che? M. de La Borda à huit beu* r^s du soir^ et se proDoaçait éuergiquement pour la résistance au pouvoir et pour la transformation delà Chambre en Assemblée nationale. Le lendemain , il signait la protestation contre les ordonnances ; le 31 ^ il approuYait la proclaoxation faite au nom de la Chambre pour annoncer au peuple français la nomi» nation du duc d'Orléans à la lieutenance générale du royaume. Quelques jours après, il insistait pour la rédaction du programme de THôtel de Ville. Il serait superflu d'ajouter qu'il fut Tun des plus chauds partisans de la révolution de juillet, si ce n'était une occasion de dire que peut-être l'ardeur révolution*naire du constitutionnel de Tan m avait son principe moins dans une haine implacable contre la royauté et la dynastie y que dans une aversion extrême, invincible, pour le pouvoir sacerdotal, et surtout dans l'impression faite sur lui par des ordonnances qui lui parurent une violation scandaleuse de la foi pu* blique*
La nouvelle royauté était à peine inaugurée, que M. Daunou , sans avoir rien fait pour elle ni contre elle, se vit , sur la présentation du ministre de l'inté* rieur M. Guizot, rétabli, aux Archives du royaume, dans son ancienne place, qu'il n'avait pas redeman* dée et que la mort de M. de La Rue venait de laisser vacante*. Aussitôt Use démit de la chaire d'histoire et de morale qu'il occupait depuis plus de onze ans