DE M. DE FONTAINES
(liges. Vous aimez les grandes monarchies , il en fait partout. Vous désirez l'extinction du système démocratique, il vous sert à souhait. Vous appelez de tous vos vœux la réunion des Eglises (1), vous l'aurez peut-être. Vous n'aimez pas les Anglais, qui mieux que lui peut nous en venger (2) ? Il me semJble qu'aucun fondateur de société ne
devoit plus être selon vos désirs Je sais que
tout est sincérité dans votre cœur, comme tout est lumière dans votre esprit -, c'est pour cela que je souhaite vivement lire l'éloge du plus grand des souverains, fait par le premier des écrivains politiques de mon siècle. Je me garderois bien de parler à une ame aussi noble que la votre, des avantages qu'une telle profession de foi vous assureroit contre vos ennemis 5 je ne vous demande que justice et vérité. Vous seriez juste et vrai contre vous-même : soyez-le aussi quand la vérité peut vous être utile.
» Je ne dois pas vous laisser ignorer que M. de Talleyrand a parlé très-hautement en votre faveur dans cette occasion -, il sent tout ce que vous valez. Sa conduite m'a enchanté. Il y a eu contre vous un peu de jalousie littéraire, si j'en crois
(1) Je crois que Napoléon et l'auteur de la Législation primitive différoient quelque peu sur les moyens et la manière de cette réunion des Eglises...
(2) Pauvres humains que nous sommes ! Que nos vues sont foiblcs et bornées ! ! ! Quelle nation, au contraire, mieux que les Anglais , s'est vengée de Napoléon et de nous ?? ?
nS LETTRKS
M. de Talleyrand. Des subalternes, qui prétendent être aussi des écrivains profonds, n'aiment pas, dit-on, ceux qui ont une vraie profondeur sans l'affecter et sans rien prétendre... Quoi qu'il en soit , venez à Paris chercher la gloire et tout ce qui doit l'accompagner sous un gouvernement éclairé.
» Adieu , Monsieur, soyez sûr que mon amitié, un peu paresseuse pour écrire, ne l'est jamais pour servir. Adressez -vous à moi toutes les fois que vous en aurez besoin. Vous ne pouvez me donner un plus doux témoignage de la vôtre. Je vous embrasse tendrement.