LE PERROQUET MASCARIN
(Mascarinus Duboisi.) Planche L
La première mention qui ait été faite du Perroquet mascarin dans un ouvrage scientifique se trouve dans Y Ornithologie de Brisson'''. Ce naturaliste a donné une description très complète et très exacte de l'espèce d'après un individu vivant qu'il avait eu l'occasion de voir à Paris, mais dont il ignorait la provenance, et il l'a désigné sous le nom de Psittaciis mascarinus qui fut adopté par Gmelin^^\ par Latham*^', par Shaw'*', par Vieillot par Kuhl'*^), par Hahn^^^, par Brehm(^), par Schlegel et Pollen et par une foule d'auteurs modernes. Linné cependant, dans V Appendice de sa Mantissa PIantarum^^^\ considéra ce nom de Psiltacus mascarinus comme équivalent à celui de Psitlacus ohscurus qu'il avait employé antérieurement, dans l'édition suédoise du Voyage cVHasselquist^^^\ pour désigner un oiseau ohi^mi peut-être par ce naturaliste dans une des localités du Levant qu'il avait visitées. C'est à dessein que nous employons des expressions aussi vagues; car, comme nous allons essayer de le démontrer, rien ne prouve que l'oiseau en question ait été réellement un Perroquet ou que, du moins, ce soit exclusivement d'après un Perroquet d'Egypte ou de Palestine que Linné ait rédigé sa description.
Contrairement à une double assertion de M. Forbes, qui, dans son Mé-
Ornithologie, 1760, t. IV, p. 3i5, .
(2' Systema Naturœ, 1788, t. I, p. 333, n» 69.
Index ornithologicus , 1 7 q o , 1. 1 , p. 1 1 1 , n" 87.
W (îcHer. Zoo/., 1811, t. VIII, 9, p. 528. Nouveau Dictionnaire d'histoire naturelle, 1817, t. XXV, p. 3i3, et Encyclopédie mî-thodique , iSaS, Ornithologie, t. HI, p. 1367.
'''' Conspectus Psittacorum , 1 8 2 o , p. 2 9 .
Ornilh. Atlas, Papageicn, i835, p. 54 et pl. 39.
Monogr. der Papageien, i8bh, pL Go.
Recherches sur la Faune de Madagascar, 1868, p. 157.
Mantissa, 1771, p. 52 6.
(!•) Itcr Palœslinum, eller resa til heliga landet, etc. . . . ntgifsen of C. Linnaeus, Holmicfi, 1757, p. 23G, II" 18, et édit. franc., 1 768^ p. 20 , n° 18.
8 MM. A. MILNE-EDWAHDS ET E. OUSTALET.
moiro mr le Perroquet mmcarm'^^\ a prétendu d'abord que le ty()e du Psillacus ohsmrus était un Perro([uet vivant en captivité, qui avait été observé dans le Levant par Hasselquist, et ensuite que la descri[)tion détaillée de l'oiseau avait été rédigée par Hasselquist lui-même, nous ferons remarquer que nous n'avons pu trouver dans la Relation du voyage aucune mention de cette prétendue observation faite, sur le vivant, en Egypte ou en Palestine, et que, d'autre part, la description du PsiUactis ohscurus doit certainement être attribuée non pas à Hasselquist, mais à Linné, puisqu'elle se trouve dans la seconde partie de l'ouvrage, contenant les annotations du grand naturaliste suédois et des renvois au Systema Naturœ. Cette description, faite en Suède, par Linné, d'après une dépouille envoyée par Hasselquist, ou peut-être seulement d'après des notes du voyageur, n'est accompagnée, on ne saurait trop le répéter, d'aucune indication de provenance tandis que l'origine des autres espèces citées immédiatement avant ou après, telles que la Perrucbe d'Alexandre [Pshtacm Akxandri) et la Huppe noire piipa pi/rr}iocoraxy^\ est soigneusement mentionnée. Ces deux espèces étant indiquées comme se trouvant en Egypte, on pourrait tout au plus supposer que le PsiUacus ohscurus est originaire du nordesl de l'Afrique. Mais il suffit de lire la description, d'ailleurs assez lonjjue, donnée par Linné de son Ps. ohscurus pour voir qu'elle ne convient à aucun Perroquet de cette région, ni même à aucun Perroquet de la faune actuelle. C'est ce que M. Forbes et M. Salvadori ont j)arfaiteinent reconnu. En eflfet, si ce que Linné dit de la forme du bec, épais et recourbé, avec la mandibule supérieure fortement convexe, la mandibule inférieure élargie et mobile et de la disposition des doigts, qui sont
Ibis, 1879, p. 3oG. j). t5, n" G'i43) au Pijvihocorax alpiiuix.
C'est seulement dans les ('-ditions plus nous paraît être plutôt un Inisor.
l écenles du Voyage d'IIassclquisl que le Psil- Ci) Catalogue of the Birds in ihe collecliov of
I a rm ohscurus est Perro(piel d'Afii(]ue. ike Bniish Muséum, t. XX, 1891, p.
Dans la deuxième édition du Sijsicma Na- (^) n lîostrum ioUim latuin crassuui ohtusis-
liirœ, après la diagnose de l'oiseau, les mots sinnim, aduncum Ma.rilla superior sub-
llab. in AJ'rica sont suivis d'un point de couvera, iuferius latiuscula, darsuni versus
doute. m a gis contracta, mobilis Apex maxiUen
Cette Huppe noire, de Linné, (pie (1. superioris aduncus extra niaxillani infeno-
15. Cray a assimilée (llandlist, I. II, rem extremilate ohtususculus. Lobulus
groupés deux*^' par deux, peut s'appliquer à un Perroquet; s'il en est de même de la forme des narines de l'aspect dénudé de la région périoplitalmique que l'on observe plutôt cependant chez des Perroquets américains que chez des Perroquets africains, il n'en est plus ainsi pour le mode de coloration de l'oiseau, qui est dépeint comme étant noir, avec le sommet de la tête varié de gris noirâtre, la queue d'un gris cendré, l'abdomen et les plumes des jambes marquées de raies transversales blanches, le bec noir, le tour des yeux blanc, la plante des pieds et les ongles noirs ^''l Nous n'avons en effet jamais rencontré une livrée semblable chez les Perroquets, pas même chez les Plalijcercus océaniens et chez les Conurus américains, qui ont souvent les parties inférieures du corps rayées transversalement. Ce costume gris, noir et blanc serait plutôt celui d'un Graucahts.
D'autre part, Linné parle d'un sillon longitudinal qui existerait à la base de la mandibule supérieure au-dessous des narines et qui se continuerait jusqu'à la pointe par un sillon longitudinal Or nous ne connaissons aucune espèce de Perroquet qui présente cette disposilion cpie l'on rencontrerait plutôt chez des Barbus et chez des Calaos.
Enfin Linné dit expressément que le Pslttacus obscurus est de la taille d'un Geai^^', qu'il a la tête forte, le bec d'un tiei's plus petit que la tête et qu'il a la queue étagée, cunéiforme'^'.
Htrinque ad basin apicis maxillœ infcriori, dum clauditur os, impositurus. Maxilla iiiferior superiore crassior, magis convexa, brevior, quantiiale apicis superioris , basi sultus gula distans, posterius œqualis; apice obtusa et fere emarginata. "
f n Digiti ù : antici 2 et postici vi.-ri
ff I^ares proxime supra rostrum , perfecte circulares , magnitudine pennœ gaUinaceœ. 1
vArea ocuîorum usque a fine maxilla superioris ad initium verticis latitudine, et a naribvs fere usque ad basin verticis longitudine nuda, rugosa, pilis vix conspicuis obsita.v
rt Psittacus (^obscurus) niger, vertice ci-
nereo-nigrescente vario , cauda cinerea
Ihstrum nigrum, area oculorum alba, vertex
ex cinereo et nigrescente variegatus; collum et alœ supra nigra. Abdomen et crura cinerea, cum lineis transversalibus canis. Tubercula pedum nigra. Ungues nigri. Cauda tôt a cinerea. -n n Ad basin maxilla' superioris infra nares sulcus conspicitur, quasi imbricata esset maxilla, ex quo sulcus longitudinalis ad apicem pergit. v
'•^l ((Magnitudine (iraculi-^. Dans rédilioii française (2' partie, p. 19), il est dit «de la grosseur d'un Coucou
tf Caput oblongum , lateribus compressum ,
respecta corporis salis magnum Rostrum
capitc triplo brevius Cauda cuneiformis.
Uectrices circitcr 10 . latérales breviores, intermediis longioribus. v
Aussi Gnielin place-t-il cette prétendue espèce parmi les Perroquets à longue queue, parmi les Perruches, à côté de 1.4m nobilis et à une assez grande distance du Psdlacus mascarinus qu'il rétablit comme espèce distincte Or les seuls Perroquets que Hasselquist ait pu rencontrer dans ses pérégrinations en Egypte et en Palestine sont des Pœocephales à queue courte, ou des Perruches à plumage vert [Palœornis docillsy., PsiUacus Alexandrih. part. ^^').
En résumé, le PsiUacus obscurus de Linné, de Gmelin, de Latham, de Shaw de Vieillot ne saurait être considéré comme identique au Psitlacus mascarinus , et, par conséquent, le nom de cette prétendue espèce ne peut être appliqué, en vertu des lois de priorité, au Perroquet mascarin, comme l'ont fait, d'après Linné, Ch. L, Bonaparte et G. R. Gray'^'.
Le Perroquet mascarin fut décrit ou figuré sous son vrai nom par BulFon'^', par Daubenton*^', par Latliam^^' et, d'une manière particulièrement exacte, par Levaillant'"^^, qui eut le tort cependant d'indiquer Madagascar, plutôt encore que l'ile Bourbon, comme étant la patrie de cette espèce. Trompé par cette indication, Lesson, dans son Traité d'Ornitholoirn>'^^\ imposa le nom de madagascaricnsis au Perroquet mascarin qu'il
PsittacKS obscurus, (imelin, Syst. Nat., 3 , t. I , p. 3 1 /i , n" 4 , et PsiUacus mascarinus, ihid. , p. 333, n " 4ç). Latham [Index ornitkologicus , i ■ygo , 1. 1, p. 84 et i i i ) range également le PsiUacus obscurus (Obscure Parrot) parmi les macrouri et le Ps. mascarinus parmi les brachyuri.
Le PsiUacus Alexandri de Linné correspond certainement en partie, non seulement à Palœornis torquata Briss., mais à P. docilis V. [Psittacus cubicularis, Hasselq., Beise nach. Palnsiina, l'y 6 9, p. 299).
l^' Gêner. Zoology, 1811, t. VIII, part. 9,
|). /lOO.
* Nouveau Dictionnaire d'histoire naturelle , 1817, t. XXV, p. 3 /ta , et Encyclopiklie méthodique, Ornithologie, iS-î'.i, t. III, p. i384.
Mascarinus obscurus L. (madagascariensis Br.), Conspectus Psittacorum, Hevue et
Magasin de zoologie, iS^k, p. i5û, n" 207, et Naumannia, i85(i, Consp. PsiU., n° 210. Cette erreur de synonymie a été déjà corrigée dans Histoire physique , naturelle et politique de Madagascar, Oiseaux, 1. 1, p. 2 (note) et p. 7, oiJ le PsiUacus madagascariensis niger de Brisson est assimilé avec raison au Coracopsis nigra.
Handlist of the Gênera and Species of Birds, 1870, t. II, j). 159, n" 8262.
'''' Histoire tiaturelle des Oiseaux, 1779,
t. VI, p. 120.
1*' Planches enluminées de Bufon, n" 35.
('■*' Synopsis, 1 78 1 , t. I, p. 265 , n" 72 , et Gêner. Hislory , 1882, t. II, p. ii3 (avec var. A.).
Histoire naturelle des Perroquets , i8o5, t. 11, p. 171 et pl. 139.
prit pour tvpe d'un genre particulier, le genre Mascarinus, qui lut adopté par Ch. L. Bonaparte dans son Conspectus Âvium''^\ par G. Hartlaub dans ses Etudes sur la faune ornithologique de Madagascar^'', et, plus récemment, par W. A. Forbes*^' et par T. Salvadori ^^'. Ce dernier toutefois, suivant une habitude prise par plusieurs naturalistes modernes, mais réprouvée par le Congrès international de Zoologie de 1889, a désigné l'espèce sous le nom de Mascarinus mascarinus, tandis que Forbes a substitué à la dénomination madagasca.riensis , qui consacrait une erreur d'habitat, le nom spécifique de Duhoisi, tiré de celui d'un voyageur français dont nous parlerons plus loin. Au contraire, Finsch Pelzeln et Giebel^^', qui laissaient le Mascarin dans l'ancien genre PsiUacus, lui conservèrent le nom défectueux de madagascariensis
Alfred et Edouard Newton rapprochèrent le Mascarin des Vazas de Madagascar, et en firent une simple espèce du genre Coracopsis comme l'avaient fait auparavant Wagler^'^', Pelzeln^"', Hartlaub ^'^' et G. R. Gray et comme le fit plus tard encore l'un de nous'"'\ quoique avec certaines réserves.
Avant de discuter la place qu'il convient d'assigner au Perroquet mascarin dans la classification, il est nécessaire de donner une description de cette espèce, rédigée principalement d'après l'exemplaire célèbre du
Syst. Uebersicht der Vogel Madagascars , Joum. f. Ornithologie, 1860, p. 107, et Orntth. Beitràge zur Fauna Madagascars , 1861, p. 59.
On the systematic position and scieniijic name of r Le Perroquet mascarin ^ , of Brisson {Ibis, 1879, p. .3o6).
Catalogue of the Birds in the collection of the British Muséum, t. XX, Psittaci, 1891, p. 49 1.
(5) Papageien, t868, t. H, p. :5oG et
W Ibis, 1873, p. lit?.
Thésaurus ornithologicus , 1877, p. 'iho.
Dans une note de son Conspectus des Perroquets (Papageien, (. 11, p. 965, note), M. Finscli emploie le nom plus correct de mascarinus.
(») Ibis, 1876, p. 989.
Monogr. Psittacorum , i839, p. 679.
l"t \erhandl. z. b. Gesells. Wien, i863,
Die Vogel Madagascars , 1877, p. 9 3'i.
Gênera of Birds, i8/i(), l. Il, p. A07, n" 1 ; lÀst Psitt, lirit. Mus. , 1859, p. 5 ; Handlist of the Gênera and Species of Birds, 1870, t. Il, p. 159, n" 8;?0'J.
E. Oustalet, lùude sur la Faune ornithologique des Seychelles , Bull. Soc. philom. ,1878, 7'' série, l. II , p. 1 65.
Musée de Paris et complétée seulement, pour quelques points de détail, par des renseignements empruntés à la description de Brisson, qui, comme nous l'avons dit, avait pu voir un Mascarin vivant à Paris.
Le Perroquet mascarin n'est pas, comme le dit Levaillant, un oiseau de grande taille, mais plutôt un oiseau de taille moyenne, puisqu'il est un peu moins grand qu'un Perroquet amazone à front jaune et comparable, sous le rapport des dimensions, à un Perroquet gris, et plutôt encore à un Tanygnathe deLuçon. Ces dimensions varient, du reste, très légèrement d'un individu à l'autre : ainsi, dans l'exemplaire du Muséum d'histoire naturelle de Paris, la longueur totale est de o m, 895 environ; la longueur de l'aile, de o m. 280; celle de la queue, de o m. 1 80 ; celle du bec (culmen), de o m. o38; celle du tarse, de o m. 09 5; celle du doigt médian, de o m. 029 sans l'ongle et o m. oMi avec l'ongle, et celle du doigt externe, de 0 m, 028 sans l'ongle et o m. o38 avec l'ongle. La hauteur du bec, mesurée du menton au point de contact de la mandibule supérieure avec les plumes frontales, est de o m. o35. Au contraire, d'après Hartlaub dans l'exemplaire du Musée de Vienne, la longueur de la queue serait de cm. 1 6 1 ; celle du bec, de o m. o/-i5 , et celle du tarse, de o m. 02/1. Enfin l'exemplaire observé par Brisson mesurait, d'après ce naturaliste, 1 3 pouces 6 lignes (0 m. 365 environ); son bec avait, de l'extrémité du crochet de la mandibule supérieure jusqu'à la commissure, 1 5 lignes (o m. o3/i) de long et 16 lignes (o m. o35 à o m. o36) de hauteur maximum; sa queue, ti pouces 6 lignes (o m. 197); son doigt médian, 1 pouce 10 lignes (o m. olid) avec l'ongle, et le doigt externe, 1 pouce 7 lignes et demie (0 m. okli) avec l'ongle. Ce dernier exemplaire avait donc la queue notablement plus courte que le spécimen du Muséum, ce qui provenait sans doute de ce qu'il avait vécu en captivité, et les doigts un peu plus longs, ce qui tenait sans doute à la même cause, les ongles s'étant développés d'une manière exagérée.
Les ailes ployées atteignent, dans le spécimen du Muséum comme dans Je spécimen examiné par Brisson, le premier tiers de la queufl.
Die Vogel Madagascars , p.
La tête est revêtue d'une sorte de chaperon d'un gris cendré et la face est couverte d'un masque noir, s'étendant sur la partie antérieure du front, depuis les yeux jusqu'au bec, descendant sur les côtés des mandibules et se prolongeant jusque sur le menton. Un peu plus bas, sur les côtés de la gorge, on distingue même quelques plumes noirâtres, mais le masque ne se continue pas, comme chez l'individu représenté par Levaillant, par deux sortes de brides sur les côtés du cou. Le manteau est d'un brun lerreux, un peu nuancé et sensiblement plus foncé que la teinte fuligineuse qui règne sur les parties inférieures du corps; la peau, d'un brun foncé, est marquée à sa base, mais seulement sur les pennes latérales, d'une tache blanche occupant seulement le premier tiers des pennes. Le bec conserve une teinte rouge assez accusée et les pattes sont actuellement d'un ton jaunâtre assez clair, mais, durant la vie de l'oiseau, elles étaient d'une couleur chair pâle, avec les ongles d'un gris brunâtre Les yeux, entourés d'un petit cercle dénudé qui, dans l'oiseau vivant, était coloré en rouge vif, avaient l'iris rouge ^^K La bande charnue très étroite qui recouvre la base sur la mandibule supérieure, et dans laquelle les narines s'ouvrent par deux trous arrondis, était pareillement colorée en rouge
Le spécimen qui est conservé précieusement dans les galeries du Muséum a subi aussi, par suite d'un traitement auquel il a été malheureusement soumis, il y a près d'un siècle, certaines détériorations. Les teintes du plumage ont été un peu altérées par des émanations sulfureuses et on voit, en consultant la description de Brisson et la planche de Levaillant, que le capuchon devait être primitivement d'un gris lilas pâle Irès délicat, d'un gris lavande, que la teinte brune foncée du dos, des ailes et de la queue offrait des reflets gris qui ont disparu, et que les parties inférieures du corps, déjà notablement plus claires que les parties inférieures, étaient, comme celles-ci, un peu nuancées de gris, ou plutôt paraissaient grises quand on les regardait sous un certain jour.
Dans le Mémoire qu'il a publié sur le Mascarin et dans lequel il a reproduit des dessins du bec et des pattes qui lui avaient été envoyés par
Brisson, loco cit. — Brisson, ibid. — Brisson, ilrid. — Uns, 1879, p. 3olJ.
l'un de nous, M. Forbes a fait ressortir quelques-unes des différences que cette espèce remarquable offre avec les Coracopsis auprès desquels on a souvent cru pouvoir le ranger, mais il n a pas suffisamment insisté sur diverses particularités dignes d'être signalées. Le Mascarin diffère des Vazas : 1° par la forme de son bec supérieur, qui est moins régulièrement bombé que chez les Vazas, et dont les côtés paraissent même un peu comprimés, les bords présentant en outre, de chaque côté, une dent assez marquée''', au lieu d'un lobe arrondi et peu saillant, et l'arête inférieure ne décrivant pas une courbe régulière, mais tombant brusquement et presque verticalement à partir du front; 9° par la forme de la mandibule inférieure, qui est plutôt taillée à trois pans que régulièrement arrondie et dont les branches latérales sont beaucoup plus élevées en arrière, dans la région massétérienne, qu'en avant, près de la région mentonnière*^'; 3° par la coloration du bec, qui est rouge et non pas noirâtre comme chez les Vazas; li° par la disposition des plumes frontales, qui recouvrent en grande partie'^' la cire, dont la partie visible n'est jamais tuméfiée comme chez les Vazas et forme un liséré charnu très étroit; 5° par le faible développement du cercle périophtalmique, qui ne se prolonge pas sur les lores en un espace dénudé ou parsemé seulement de petites plumes comme chez le Grand A^aza; 6" par les dimensions et la disposition de la queue, qui paraît avoir été un peu plus longue relativement aux ailes et un peu plus étagée que chez les Vazas, tout en étant, comme chez ceux-ci, formée de douze pennes; 7° par le mode de coloration du plumage, dont les
<•> Cette dent n'a pas été assez nettement indiquée dans une des figures jointes au Mémoire de M. Forbes {Ibis, 1879, p. 3o4).
Dans un Mémoire sur les caractères astrologiques des Psittacides [Ann. des Se. nat., Zoologie, F)" série, t. VI, 1866, p. io5 et pl. 9, fijf. /i , et .'5, fig. 8), Tun de nous (A. Milno-Edwards) avait déjà montré que la mandibule inféi ieure du Mascarin s'écarte beaucoup de celle des Vazas pour se rapprocher de celio des Amazones, tout on différant
de cette dernière par la divergence moins prononcée des branches maxillaires et l'absence presque complète de trous ou sillons vasculaires sur la région mentonnière.
Forbes dit {op. cit., p. 3oA) que les plumes frontales recouvrent la cire et cachent les narines, ce qui n'est pas tout à fait exact, même pour fexemplaire monté, où cependant les plumes frontales ont été ramenées trop en avant. En tout cas, la cire n'était pas dénudée comme le dit Wagler. (Voii' aussi Finsch, Papageieii , t. II, p. '^97.)
NOTICE SUR QUELQUES ESPÈCES D'OISEAUX. \h
teintes sont plus vives, plus claires et plus variées. Quant aux différences dans la longueur et l'épaisseur du tarso- métatarsien, citées par M. Forbes, elles sont difficiles à apprécier autrement que sur des os. Enfin nous n'attachons pas d'importance au plus ou moins grand développement des ongles, qui dépend des conditions dans lesquelles l'animal a vécu.
Les dissemblances sont encore plus marquées entre le Mascarin et le Perroquet Jaco, type du genre Psitlacus. Chez ce dernier, en effet, la mandibule supérieure est moins brusquement courbée à partir du front, de telle sorte que la pointe est projetée plus fortement en avant; elle est en même temps beaucoup moins haute; la mandibule inférieure est plus allongée que chez le Mascarin et de couleur noire, comme la mandibule supérieure; la cire est longue et dénudée, les yeux sont entourés d un large espace presque entièrement dépourvu de plumes; les ailes ployées arrivent jusqu'aux cinq sixièmes de l'extrémité de la queue, relativement très peu développée, et le plumage offre des teintes grises et rouges qu'on ne rencontre ni chez le Mascarin, ni chez les Vazas.
Pour toutes ces raisons et pour d'autres encore qu'il serait trop long d'énumérer, il y a lieu, croyons-nous, d'accepter le genre Mascarimis proposé par Lesson et, par suite, de désigner l'espèce, en vertu des lois adoptées pour la nomenclature, sous le nom de Mascarinus Duhotsi Forbes. Maintenant faut-il ranger, comme le faisait Lesson le genre Mascarinus à côté des Tanygnathus, faut-il, tout en lui assignant cette place, le rapprocher aussi des Palœomis, à l'exemple de Forbes'^', ou bien encore le mettre, comme le proposait R. Owen*^', à côté du Perroquet éteint de l'île Maurice (^Lophopsiltacus mauritianus) et non loin des Microgiosses actuels de la Nouvelle-Guinée? Cette dernière opinion nous paraît la plus vraisemblable, depuis que nous avons pu comparer avec la mandibule inférieure du Mascarin, d'une part, une mandibule inférieure du Mlcroglossus alerrimus, de l'autre, plusieurs pièces similaires provenant du Perroquet de l'ile Maurice. Ces pièces sont de dimensions variables, les unes
Traite d' Oi-nithologie , 1801, p. 189. — Ibis, iS'jy, p. .'Jo'y. — f^' fiis. 1866, p. 171.
étant de la grosseur d'une mandibule du Calyplorhyncfius Banksii, les autres de la grosseur d'une mandibule de Microglossm , mais elles offrent une forme constante , absolument comparable à celle du Mascarinus Duhoisi et très voisine de celle du Microglossus. On constate la même différence de hauteur entre la portion antérieure et la portion postérieure des branches que chez le Mascarin et le Microglosse, mais la région mentonnière est un peu moins brusquement coudée latéralement que chez le Microglosse et taillée un peu plus nettement que chez le Mascarin où les trois pans ne sont que très légèrement indiqués et où le menton est un peu bombé comme chez les Calyptorhynques. Par son profil brusquement tombant, la mandibule supérieure du Mascarin rappelle beaucoup le bec supérieur du Microglosse; en revanche, nous devons constater que les plis et les sillons que l'on peut distinguer à la loupe sur la face inférieure du crochet terminal ne sont pas disposés comme chez le Microglosse, mais comme chez le Perroquet Jaco. Ces plis, en chevrons emboîtés, tournent, en effet, leur concavité du côté de la pointe du bec chez le Mascarin et du côté du palais chez le Microglosse. Chez les Tanygnathes, ils sont disposés comme chez les Aras, mais presque entièrement effacés, et chez les Coracopsis, ils affectent plutôt la forme de rides transversales onduleuses. Il est certain d'ailleurs que, par ses proportions, par l'aspect dénudé des côtés de sa tête dont le sommet est orné d'une huppe, par la forme de son bec et par la coloration uniforme de son plumage, le Microglosse diffère notablement du Mascarin. Il n'en existe pas moins entre les deux types certaines affinités qu'il est impossible de méconnaitre et qui tendent à rattacher cette espèce éteinte, et sans doute aussi le Perroquet de Maurice, plutôt à un groupe papouan qu'à un groupe africain.
Il n'existe plus, à notre connaissance, que deux spécimens du Mascarinus Duboisi, l'un au Muséum d'histoire naturelle de Paris (c'est celui que nous décrivons et figurons aujourd'hui) et l'autre au Musée impérial de Vienne. Ce dernier n'est, paraît-il (jue l'ancien exemplaire du Muséum Leverianum auquel Latham a fait allusion. C'est un individu atteint d'albinisme
(') Cl. Iliirllaub, Die Vogel Madagascars , p. 233.
partiel et offrant quelques plumes blanches isolées sur le dos, la partie supérieure de la poitrine, les couvertures alaires, etc.
C'est par erreur que M. G. Hartlaub avait indiqué un troisième exemplaire de cette espèce comme se trouvant à Londres. Le Mascarin n'est pas représenté dans les collections, d'ailleurs si riches, du Brilish Muséum.
Du temps de Levaillant, c'est-à-dire au commencement de ce siècle, l'espèce était déjà très rare dans les collections zoologiques; cependant il en existait encore en France trois spécimens, savoir : un au Muséum, celui qui Figure encore dans les galeries de cet établissement, un chez Mauduyt et le troisième dans la collection Aubry. Malgré toutes nos recherches, nous n'avons pu découvrir ce que sont devenus ces deux derniers spécimens, dont l'un, celui de la collection Mauduyt, représentait peut-être la dépouille d'un des Mascarins qui vivaient à Paris vers 178/1 et dont parle le collaborateur de VEncyclopédle^^K Un autre Mascarin vivant se trouvait à Paris vers 1760, soit chez un marchand, soit chez un particulier où Brisson avait j)u le voir et l'étudier. A une date beaucoup plus récente, en i83-4, on en conservait encore un dans la Ménagerie du roi de Bavière, mais cet individu, qui servit de modèle pour la planche publiée par Hahn^^\ est très probablement le dernier qui ait vécu en Europe, s'il n'était pas le dernier survivant de son espèce.
Pendant longtemps la grande ile de Madagascar fut indiquée comme étant la patrie du Mascarin, mais, comme l'ont fait observer MM. Edouard et Alfred Newton cette assertion repose uniquement sur le témoignage de Levaillant. Or chacun sait que les localités indiquées par ce dernier auteur ne sont pas toujours exactes et qu'il a cité parfois des oiseaux d'Asit? ou d'Amérique comme originaires d'Afrique et vice versa. Il est probable d'ailleurs qu'en disant : rrLe Mascarin se tiouve à Madagascar et même, assure-t-on, à l'ile Bourbon 77, Levaillant n'a fait que reproduire, sous une forme altérée, ce renseignement fourni par Buffon'*"' : rM. de Querhoënt
<' Jouni. f. Ornithologie, i8fio, p. 107. Ibis, i8-jG, p. a86.
lincijclopédie mélhodi(jue , Ornithologie, Histoire naturelle des Perroquets , \^. i-'^i.
t. II, p. igG. "^J Histoire naturelle des Oiseaux. 1779,
Ornith. Atlas, Papageien, 39. t. VI, p. 121.
nous assure qu'on le trouve à l'ile Bourbon, où il a été transporté de Madagascar 57, car il n'avait pu trouver dans la description de Brisson, qu'il cite en même temps que celle de BufTon, aucune indication de provenance. C'est d'après BufTon également que Linné a cru pouvoir ajouter, dans sa Manlissa''^\ à la très courte diagnose latine du Psittacus mascarinus , les mots r Habitat in Mascarifiav , après avoir dit précédemment dans la douzième édition du Systema Natn)W^-\ à propos de la même espèce, identifiée au IVillacm obscunis : rr Habitat in Africa fn. Par Mascarina , il faut évidemment entendre l'ile Mascarègne ou Mascantinc de Léguât, de du Bois et d'autres voyageurs du siècle dernier, c'est-à-dire non pas l'ile de Madagascar, mais l'ile Bourbon ou de la Béunion.
Tous les auteurs modernes, Bechstein, Kuhn, Vieillot, Lesson, Wagler, Halin, le docteur Finscli, etc., qui ont attribué Madagascar comme patrie au Mascarin, n'ont apporté aucun document nouveau pour la détermination du lieu d'origine de cette esj)èce, et n'ont fait que répéter l'assertion de Levaillant contre laquelle on peut invoquer un fait positif, à savoir que ni M. Grandidier, ni les autres voyageurs qui ont exploré Madagascar dans le cours de ces dernières années, n'ont découvert la moindre trace de l'existence du Mascarin. Nous devons dire, toutefois, que dans la Belation du sieur de Flacourt, qui visita Madagascar au milieu du xvii'' siècle nous avons trouvé, dans le chapitre consacré aux oiseaux terrestres'''', le passage suivant, dont une partie j)ourrait à la rigueur s'appliquer au Mascavimia Duhoisi : rl aza, c'est le Perroquet qui est noir dans ce pa>)s'^'. // 1/ m a de petits qui sont roiioe brun; mais on a de la peine à b's avotv.n On j)Ourrait même inférer de ces derniers mots que le Mascarin, qui a, en elTet, le menton d'un brun rougeâtre, était déjà plus rare, ou peutêtre était seulement plus farouche et plus cantonné que les Vazas, mais
1 77 1 , p. Sai.
Relation de la grande isie Madagascar, conleuaitl ce qui s'est passé entre les François et les originaires de cette isle, depuis i (>/i'?. jusquen l'an id^iT), iG^O, i6,3j, composée par le sieur de Flacourt, Directeur de la Compagnie fran-
çoise de l'Orient et commandant pour Sa Majesté dans ladite isle, etc. , 1 vol. '\n-k°, Paris, 1661.
Ch. XXXX, p. i63.
Il s'agit évidoinment ici du (iraiid Vaza (Coracopsis obscura) et, du Pelil Vaza (C. nigra), que Flacourt confond sous le même nom vulgaire.
il'resterait à expliquer par suite de quelles circonstances la première espèce aurait disparu, tandis que les Vazas se seraient perpétués jusqu'à nos jours.
En tout cas, il est à peu près certain que le Mascarinus Duhoisi ne provient pas de Tile Rodrigue, car tous les Perroquets de cette île, cités par F. Léguât, qui y séjourna pendant deux ans à la fin du xvii" siècle ^'^ ont été identifiés par M. A. Newton et par lun de nous^^', et aucun dVntre eux n'a pu être assimilé au Mascarin
Au contraire, le fait de la présence du Mascarin à l'île Bourbon (île de la Réunion), dans le courant du siècle dernier, est attesté d'abord par M. de Querhoënt, correspondant de RufTon, et ensuite par Mauduyt, qui dit expressément : On trouve Je Mascarin à file Bourbon; j'en ai vu plusieurs vivants à Paris, c'étaient des oiseaux assez doux; ils n'avaient en leur faveur que leur bec rouge qui tranchait agréablement sur le fond sombre de leur plumage; ils n'avaient point appris à parler. 77
On peut même, selon toute vraisemblance, admettre avec MM. Alfred
et Edouard Newton'^' que certains Perroquets mentionnés un siècle auparavant par du Bois, qui visita Madagascar et Bourbon de 1 66() à 1679, n'étaient autres que des Mascarins. Ce voyageur cite en effet, ])armi les animaux de lîle Bourbon, outre des Perroquets gris, aussi bons qne des Pigeons, d'autres oiseaux du même genre qu'il désigne ainsi ^'^^ : rPerro-
La Relation du voyage de F. Léguât eut plusieurs éditions; la première est intitulée : Voyages et nvantiircs de François Léguât et de ses compagnons en deux isles désertes des Indes orientales, 9 volumes en un, in-8", Londres, 1708; une autre a pour titre : Le voyage et les aventures de François Léguât et de ses compagnons dans F Amérique et autres lieux, 9 volumes en un , in-i 9 , Amsterdam , 1 760.
'2) Ihis, 187'î, p. :U; 1875, p. 3/49 et pl. Ml; 1876, p. 98G et 989; Proceedings Zool. Soc, p. lU) à /i9.
A. Milnc-Edwards, Mémoire sur un Psittacien fossile de H le Rodrigue, Ann. des Se.
nat., Zoologie, 1867, S"" série, t. VIIl, p. i/ib et pl. 7 et 8; Recherches sur la Faune ancienne des lies Mascareignes , Ann. des Se. nat. . Zoologie, 187/1, si^i'ic, t. XIX, ar(. n" 3. p. iG et pl. i3; Comptes rendus de l'Académie des sciences , t. LXV et LXXX , p. 1912; Ann. and Mag. nat. hist., Ii' série, t. XV; [). /i3G (trad. angl. par M. A. Newton); Ann des Se. nat.. Zoologie, 187.^), G* série, (.11, art. n" li.
Les Perroquets éteints de Rodrigue sont le Necropsittacus roderiranus A. \I. E. el le Palceornis cxsul A. Newt.
(^) Ibis, 187G, p. 98G.
1'^'' Les voifages faits par le sieur I). II. aux
qnets un peu plus gros que Pigeons, ayant le plumage de couleur de petit gris, un chaperon noir sur la tête, le bec fort gros et couleur de feu. v Dans ses traits généraux, cette description succincte convient fort bien au Perroquet mascarin et, comme le disent MM. Newton, les divergences de détail proviennent sans doute de ce que du Bois n'apportait pas dans les portraits qu'il traçait des animaux la précision rigoureuse d'un naturaliste de profession. Il a pu fort bien appeler coulmr de petit gris un mélange de brun et de gris, et chaperon un masque noir.
Peut-être trouvera-t-on encore une allusion au Perroquet mascarin dans les passages suivants de la Relation du voyage de Guillaume Isbrantsz Boutekou de Hoorn qui aborda à l'ile Mascarinas (ou Bourbon) en 1 6 1 g ''^ : rrNous y vîmes beaucoup d'oies, de pigeons, de perroquets gris et d'autres oiseaux, et y en trouvoit jusqu'à vingt ou vingt cinq à l'ombre, sous un seul arbre, où l'on en pouvoit prendre autant qu'on vouloit Pour les Perroquets et les autres oiseaux, lorsqu'on en avoit pris un, et qu'on le tourmentoit jusqu'à le faire crier, tous les autres qui le pouvoient entendre venoient voler vers lui, comme pour le défendre et le délivrer, et on les prenoit fort aisément, ri
En revanche, il est à peu près certain que ce n'est pas du Perroquet mascarin, mais du Lophopsittacns mauritianus Owen, que l'auteur anonyme de la Relation du second voyage des Hollandais aux Indes orientales, en i5g8, veut parler quand il dit*^^, à propos des oiseaux de l'île Maurice : rrll n'y a des oyes sauvages qu'en petit nombre, mais les perroquets gris s'y voient en quantité, v
11 résulte de cette discussion que le Mascarinus Duboisi n'habitait probablement pas Madagascar, mais qu'il habitait certainement l'île de la Réunion où il a dû vivre jusqu'à la fin du siècle dernier, peut-être mêuie jusqu'aux
islcs Dauphine ou Madagascar , et Bourbon ou Mascarenne, hs années 166 g, 70, 71 et 72, Paris, 167^4, p. 179 et 173. Voir A. Milne- Edwards, ylHH. des Se. nal.. Zoologie, 1866, y série, t. VI, p. note.
Voyage de Guillaume Isbrantsz Boutekou de Iloorn, écrit par lui-même, dans la collec-
tion intitulée : Becueil des voyages qui ont servi à rétablissement et aux progrez de la Compagnie des Indes orientales, Rouen, 1725, t. VIII, p. 2 43 et 9^16.
Becueil des voyages qui ont servi à rétablissement et aux progrez de la Compagnie des Indes orientales, Rouen, 172^, t. Il, p. iGo.
premières années de notre siècle, et qu'il était représenté à Tiie Maurice par une forme alliée, le Lophopsittacus mauntianus.
Ces deux espèces offraient, comme nous l'avons vu, des affmités incontestables avec les Microgiosses et les Tanygnatlies, et différaient au contraire, à plusieurs égards, des Coracopsis et plus encore des Perroquets africains. Elles fournissent par conséquent de nouvelles preuves en faveur de l'opinion, maintes fois exprimée, que la faune avienne des îles Mascareignes ne se rattache pas directement à celle du continent voisin, mais offre plutôt des caractères asiatiques et océaniens.