‹ Notice sur quelques monuments assyriens à l'Université de ZurichChapitre 2 sur 12 · JULIUS WEBER · texte numérisé non relu

JULIUS WEBER

Julius Weber, né le 8 août 1838, à Biihikon (canton de Zurich), après avoir achevé ses études à Zurich et a Genève, se décida à faire sa carrière en Orient et se rendit à Alep, où il devint l'associé de MM. Zollinger et Streiff. En 1860, il fixe sa résidence à Bagdad, où il séjourne jusqu'en 1868. Il avait épousé en 1863 Mademoiselle Elisa Locher. Il liquide sa maison de commerce de Bagdad en 1887. Il est mort a Zurich le 30 mars 1 906. Pendant son séjour en Orient, il entretint les meilleurs rapports avec les gouverneurs des villes et les chefs des Bédouins. Il recueille des antiquités et fait un premier envoi à Zurich en 1863. Les découvertes célèbres de Botta à Khorsabad et de Layard à Nimroud lui suggèrent de fouiller aussi le sol sacré. Il installe une équipe, à quelques heures au sud de Mossoul, à Tendroit même où l'Anglais Layard avait pratiqué des excavations fructueuses. Il a la joie de rendre à la lumière des reliques de Nimroud ', et, dans une lettre datée de Bagdad le 14 septembre 1864, il annonce a M. Ferdinand Keller qu'il expédie à la Société des Antiquaires un certain nombre de bas-reliefs qui proviennent des tertres de Nimroud ^ Les membres de la Société ne purent pas ne pas apprécier la valeur de cet envoi. L'on doit regretter qu'ils n'aient point pris l'initiative de constituer un fonds qui aurait jxrmis a Weber de

' Ancienne Kjlkhu, une des capitales de l'Assyrie.

* «die ich vor cinigcn Jaliren in den Ruinen von Nimrud, einif^e

Stunden sûdwârts von Mossul, habe ausgraben lassen.»

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poursuivre ses travaux. La Suisse eût compté un explorateur digne de prendre place à côté des Botta et des Layard, et le Musée de Zurich se serait enrichi de monuments merveilleux, qui sont actuellement la gloire du Musée Britannique et du Louvre. Dans le ZwanzigsU'r Bcricht i'ibcr die VerricJituui^cn dcr atUif/uarisc/icn GeseUsc/iaft in Zurich (November 1863 — Dezember 1864), un juste tribut de reconnaissance fut payé au distingué et généreux citoyen : « Dem Patriotismus und Edelsinne eines der Chefs der Schwcizerischen Exportgesellschaft, des Herrn JuliusWeber, Ehrenmitgliedes unsers Vereins, in Bagdad, welcher schon im vorigen Jahre unsere Sammlung mit einer betrachtlichen Anzahl assyrischer Alterthùmer vermehrte, verdanken wir.... die schonste und kostbarste Bereicherung, der seit ihrer Grùndung unserer Sammlung zu Theil geworden ist. Dièse zweite Sendung, deren Transport die Schweizerische Exportgesellschaft auf ihre Rechnung besorgte, besteht in vierzehn grossen Alabastertafeln, die in de» Triimmerhaufen des alten Niniveh ' ausgcgraben wurden und einst die Palaste der assyrischen Konige schmùckten. Dièse Tafeln, welche in Relief zwei colossale geflùgelte Priestergestalten, historische Momente aus der Geschichte jenes l^andes, hochst merkwùrdige Ornamente und Keilinschriften zeigen, sind gegenwartig an den Wanden ci nés unserer Ausstellungsraume angebracht und bilden den grossten Schmuck unserer Sammlungen. d Les Zurichois cultivés d'alors prenaient goût aux choses d'Assyrie.

Dans la séance du 30 janvier 1864, le docte Scheuchzer. donna un aperc^u général des fouilles, et rendit compte de l'état des connaissances assyriologiques, faisant ressortir ce qu'on pouvait admettre comme acquis au point de vue scienti-

' Il s'agit en réalité de Nimroud.qui représente l'emplacement d'une autre capitale, au sud de Ninive.

fique. Esprit douteur et n'ayant qu'une compétence limitée dans ces matières, Scheuchzer affichait un dédaigneux scepticisme à l'égard des travaux des savants frani^ais et anglais. Nous en reparlerons plus loin a l'occasion dc^ travaux de Grivel. Rendons-lui cette justice : il s'intéressait à l'assx riologie, dont on ne devait guère s'inquiéter beaucoup en Suisse, à cette époque. I^a Société des Antiquaires eut la bonne fortune d'entendre, le I2 décembre 1868, un homme du métier, Eberhard Schrader, commenter les briques de Salmanasar et de X(.bukadnezar. Ce fut en contemplant les monuments conservés au Helmhaus que celui qui allait introduire la science nouvelle en Allemagne fut saisi par le démon de l'assyriologie. C'est donc a Zurich, où il enseignait la théologie, que se détermina sa nouvelle vocation '. Il donna des indications utiles a MM. Ulrich et A. Heizmann, pour la détermination et le classement des objets qu'ils ont adopté dans leur VataloL^ dcr Saffim/ti/igf/t der antifjtiarisdn'ii Gcscllsclidft i/i /uric/i.

En septembre 1867, l'un des maîtres de l'orientalisme, en séjour a Zurich, prit connaissance de la collection Weber, dont Scheuchzer et Keller lui firent Ic^ honneurs. « M. Oppert lit ces inscriptions aussi facilement que nous lisons notre journal. Tout cela est-il exact, nous n'en savons rien » écrivait Ferdinand Keller a Grivel de Fribrmrg. L'exubérance d'Opjxrr et son imagination dévorante ét<jurdirent les deux Zurichois, et quand, saisissant certain petit contrat d'argile, il leur montra du doigt le nom du roi Pacorus, ils devinrent rêveurs. « Ob ailes richtig ist, wissen wir nicht » pensa Keller, et cette réflexion fut pleine de sagesse. En réalité, il n'était point question de Pacorus, mais de Xerxes, ce qu'on ne pouvait vérifier a cette époque.

' Voir l'article nécrolo^^ique que Bczold a public dans la Zeitschri/t fur Assyriuluf^ie et celui de Ziinmern dans les Mémoires Je FAcadémie Jet Sciences Je Saxe, vol. LX.

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