CHARLES-LE-CHAUVE
4° Denier de Melle. — 27 exemplaires. (Fleur de coin.) 2® id, d'Orléans. — 2 exemplaires. 3® id. de Tours. — 3 exemplaires.
4° Obole de Melle. — 11 exemplaires. (Superbe conservation.) Total : 61 deniers et 18 oboles '.
La présence d'un enfouissement aussi considérable dénote qu'il y avait à la Gillerie des habitations bâties dès le IX® siècle *.
Jusqu'ici les documents ne nous ont pas fait défaut. Les couvents , on le sait , ne négligeaient pas leurs intérêts , et songeaient surtout à la tranquille possession de leurs immenses domaines , dangereux appât que n'attaquaient jamais en vain
» J'ai recueilli toutes ces monnaies peu de jours après la découverte.
a Quelque temps après celte première découverte, on trouva encore des monnaies d'or dans les champs qui avoisinenl l'ancien prieuré de la Gillerie. Je n'ai pu voir qu'une seule de ces pièces , qui était un franc à cheval du roi Jehan. Les autres étaient nécessairement de la même période.
d'imprudents compétiteurs. S'il était permis d'employer ici une comparaison triviale, on demanderait si les auteurs dos interminables procès suscités au clergé pendant des siècles n'ont pas toujours eu le sort de ces malheureux agneaux qui laissent les flocons de leur laine aux Luissons dont ils ont voulu brouter les feuilles. Quel respect doit toutefois garder l'antiquaire pour la mémoire des moines, lui auquel ils ont légué d'inépuisables richesses ! Sans les archives des monastères , où seraient ces recherches laborieuses, ces espérances si souvent déçues et toujours renaissantes, qui font le bonheur de sa vie solitaire?... joies modestes et tranquilles, calomniées de ceux qui ne peuvent les comprendre.
Nous allons encore emprunter aux cartulaires du Talmondais les premiers titres qui se rattachent à l'histoire des seigneurs de Saint-Cyr. Ces renseignements laissent du doute sur un point que je vais formuler et discuter ensuite.
Saint-Cyr appartenait-il, aux XI^, Xii® et xiii® siècles, aux seigneurs de Poiroux? Trois raisons me font pencher vers l'affirmative : 1*^ parce que l'église était, au xr, dans la possession de la famille de Bul , fait entraînant presque toujours la propriété de la terre ; 2" parce que Guillaume de Chantemerle et Guillaume d'Apremont , héritiers des de Bul , donnèrent à Orbestier et à Bois-Grolland des biens considérables dans la paroisse; 3*^ parce que Saint-Cyr relevait de Poiroux, ce qui ne peut s'expliquer que par une concession des seigneurs de ce dernier lieu. En tous cas, voici la généalogie des de Bul, dressée sur des chartes conservées aux archives de la Vendée '.
La famille de Bul possédait , dès une époque très-reculée , une partie de la terre de Poiroux , qui passa plus tard tout en-
' Abréviations employées dans la généalogie des de Bull : Carlulaire de Sainte-Croix de Talmond , S. C. T. — id. d'Orbestier, O. ; — id. de Fontaines, F.; — id. de Bois-Grolland , B. G.
tière entre ses mains , probablement par quelque alliance avec les anciens propriétaires '.
I. Ramnulfe, premier mari d'Ermodllis, figure dans la charte de fondation de Sainte-Croix-de-Talmond (1046); il existait encore vers i072 *. Il laissa trois fds et une fille*:
\^ Pierre , qui suit ;
2° Ramnulfe II, cité dans diverses chartes de S. C. T.;
S** Guillaume I, mentionné dans la charte de fondation du prieuré de Fontaines (iOoO). Lors d'un procès qu'eurent plus tard les moines de ce monastère , il fit partie de la cour des pairs (proceres) du Talmondais, chargée de juger le différend (1080). Voici en quels termes s'exprime la notice du plaid : « Willelmus, filins Bamnulfi de BuUio, à puero in curia Willelmi (Guillaume-le-Chauve, seigneur de Talmond) nutritus et ejus (empare longo spatarius (chevalier attaché à la personne , garde du corps, porte-épée) , aciuum ejus nt pote semper prœsens et conscius. »
4^ Aldearde, femme de Ulric de Revroc.
II. Pierre I, cité dans la charte de fondation de Talmond. Ce fut lui qui donna l'église de Saint-Cyr à l'abbaye de Saint- Cyprien de Poitiers. Il eutde Maxence, sa femme (S. C.T., 28.) :
1° Pierre, qui suit ; >
2« Ramnulfe III;
3« AimeryI,quiallaàlaTerre-Sainteversii28(S.C.T.,I63.);
• Une des branches de la famille de Poiroux {dePerus ou de Perusio) subsistait encore à la fin du xiie siècle. Les documents historiques nous montrent que les de Perus et les de Bul portaient les mômes prénoms : Pierre, Ramnulfe, Guillaume et Aimery.
2 A la môme époque vivait Hugolin de Bollio , qui était peut-être frère de Ramnulfe. On le voit figurer dans une charte de Sainte-Croixde-Talmond,No 18 du cartulaire. (Du temps de Vital, abbé de Sainte- Croix, sous Guillaume-Ie-Jeune, seigneur dudit lieu.) Hugolin était père de Hugues , qui do Maxence eut : 1° Guillaume , 2» Jehan.
4'^ Guillaume II, dit Baudouin;
5<» Arbert, époux d'Aureliiia. Il mourut sans enfanta, et sa succession retourna aux héritiers de Pierre , son frère.
ni. Pierre n, dit Meschinus , cité dans une donation de la pêcherie d'Anglard aux moines de Fontaines. Il fut , comme son père , un des barons les plus renommés de la contrée , et fut élevé à la cour des ducs d'Aquitaine. Il ne laissa qu'un fils connu , qui suit ' .
IV. Aimery II fonda l'abbaye de Bois-Gi olland au miheu du xil« siècle, et fut enterré dans l'église de ce monastère (B. G., 3.), Il laissa deux fils :
i° Pierre, qui suit;
2« Aimery III, qui vécut jusqu'en H80.
^ lierre III donna à Bois-Grolland les dîmes de Marchieuil (B. G., 34.). Il vivait encore en H82. De son mariage avec Aelina (B. G., H.) naquit Maxence.
VI. Maxence, femme de Guillaume de Chanlcmerle * (deCantumerula, B. G., 72, 78.) , vécut jusqu'en 1204 (S. C. T., 472).
Là s'éteignit la famille de Bul. Ses biens passèrent à Guillaume V ^»ont ^, mari de Bertlie. Après avoir perdu cette dernière, il épousa Ermangarde 4.
Ce personnage , qui a joué un assez grand rôle , a laissé une foule de chartes témoignant de sa hbéralité envers les maisons religieuses. Le nombre vraiment énorme de ces dons a sans
' Une charte de Bois-Groliaiid fait supposer qu'il eut un second fils nommé Pierre.
' Guillaume de Chaniemerle avait un frère nommé Pierre de Alprrusio , qui possédait des droits à Mouchanips et dans la forêt de Vandreunes. (D. Fonlcneau , T. IX , p. 109 et 177.)
^ Fils de Rivaiie d'Aizenay, qui vivait encore en 1230.
i Morte avant 122Î. (B. G., 7.').)
doute pour cause quelque voyage à la Terre-Sainte. La famille de Mauléon , à laquelle des liens féodaux attachaient Guillaume, l'entraîna également, par son exemple, à combler les monastères de présents , surtout à l'époque où Savary prit la croix à Saint- Michel-en-l'Herm. Le guerrier troubadour, dans les rares moments de trêve que lui laissait la soif insatiable de périlleuses entreprises, habitait son château de -Talmond, et ce fut dans un de ces instants de repos qu'il résolut de partir pour la croisade •. Les cartulaires des abbayes voisines contiennent plusieurs chartes qui font connaître diverses dispositions prises par lui à cette occasion. Je ne crois pas trop m'éloigner de mon sujet en reproduisant deux de ces pièces remarquables. (V. ïesN°^ IX et X des Pièces justificatives,)
Guillaume d'Apremont laissa deux fils nommés Raoul et Guillaume.
Nous ne continuerons pas plus loin la liste des sires de Poiroux, et reviendrons à ce qui regarde spécialement Saint-Cyr.
La seigneurie = relevait de Poiroux ; avait juridiction , four banal ^, moulin public ^, halles ^ et droit de garenne ^.
Le premier seigneur que l'on connaisse est Pierre Boschet ou Du Bouchet , Petrus Boscheti , d'une très-ancienne famille poitevine 7, possédant d'autres terres aux environs de Talmond,
' Savary n'exécuta point ce projet.
* Le château portait d'abord le nom de Cour de Sainl~Cyr ou de Treuil de Saint-Cyr.
3 Le four banal était sur l'emplacement de la bergerie du château. La plus ancienne mention est ae 1370. Il était alors possédé par Jehan Guibert , qui payait 15 sols de redevance au château de Curzon.
4 Actuellement Moulin du Château , près de la fontaine de Fougère. ' 1 lialles étaient entre l'église et la grande route.
' 6 La garenne était située entre Moureau et Sl-Sornin. Les hauteurs âeMoureau, autrefois Blontmoureau , étaient couronnées par un moulin qui fut brûlé par l'armée de Charette lorsqu'elle attaqua St-Cyr. 7 Moreri fait sortir la famille Du Bouchet d'Auvergne.
et qui est mentionnée plusieurs fois , au Xll* siècle , dans le cartulaire de l'abbaye de Sainte-Croix. On peut, il est vrai, objecter que l'iiononymie des noms n'est pas toujours une raison sufTisante pour ratiachcr à la ni(Hne souche les individus qui les portent. C'est mon avis, et il ne serait pas bien difficile de montrer au besoin la fausseté de certaines prétentions; mais n'est-on pas autorisé h suivre l'exemple dos savants chargés de diriger les peintures de la Salle des Croisades de Versailles, oii\ l'on admet les armes des personnes qui peuvent prouver Texistence d'individus, plus ou moins aulhentiquement rattachés à leur généalogie, figurant, au temps des guerres saintes , dans la contrée qui servait de résidence à quelque croisé du mtHne nom ? Les titres se vendent 200 francs [priœ net) chez des amateurs et généalogistes connus.
I. Pierre Boschet, chevalier, seigneur de Saint-Cyr et de Saint-Yincent-sur-Jard ', fut reçu conseiller au Parlement de Paris en 1372. Dix ans après, le 2 octobre 1382, il fonda une chapellenie à Sainte-Croix-de-Talmond , et la dota richement en droits et domaines situés dans les paroisses de Saint-\incentsur-Jard et de Longeville , à la condition de dire des messes pour le repos de son âme et de celles de ses père, mère, frères, sœurs et parents. La pièce originale lait mention de la terre du Sableau ^, qui appartenait déjà à un Boschet du temps de Philippe-Auguste. Cette famille est donc originaire du Talmondais.
La grande réputation que s'acquit Pierre dans l'exercice de sa charge lui mérita l'honneur d'entre élu, à l'unanimité, pré-
» Il est ainsi qualifié dans quelques actes, entre autres dans le contrat de mariage de son parent André Rouhault, chevalier, seigneur du Bois-Ménard , et de Jehannc Poussard, passé à La Rochelle , le 28 septembre 1400.
» Paroisse de Sainl-Vincent-sur-Jard. Pierre Boschet prend le litre de çalet dans l'acte de fondation.
sident en la grand'chambre , en remplacement de Jehan de Montagu. Il prêta serment le 29 avril i589. Après la mort du premier président Jehan de Popaincourt, arrivée en 1402, il prétendit à cette haute dignité; mais, comme il était déjà âgé, on lui préféra Henry de Marie, malgré l'estime de la cour, qui, le jour de l'élection, présidée par le chancelier, motiva en ces termes, sur ses registres, la cause qui l'avait engagée à ne pas le nommer : (f Attendu que Boschet est bien aagé , foihle et maladif , et de Marie fort et laborieux , si estait esleu par la plus grande partie de trop , non obstant que toute la court eust pour recommandé la personne de Boschet , attendu ses suffisances de science, de vertus et aultres grâces. Pourquoy seroit recommandé au roy , en ce que, en aultre manière, l'eust recommandé '. »
Ses collègues lui témoignèrent , dans une autre circonstance , toute la considération qu'ils avaient pour lui. Un certain Jehan Gendreau ayant présenté au duc de Berry ^ une requête contre son honneur, le Parlement évoqua l'affaire et condamna le calomniateur à faire à genoux amende honorable devant Boschet, et à lui demander grâce.
Pernelle, vicomtesse de Thouars, l'avait également en grande estime, et lui donna, le 23 mai 1392, droit de moyenne et basse justice dans la paroisse de Thorigné(?), en récompense des bons et agréables services rendus à elle et à ses prédécesseurs.
Pierre Boschet mourut en 1410, laissant trois enfants connus : l*' Nicolas, qui suit; 2» Catherine^, et 3« Jehan , chevalier,
» V. Blanchard , Eloges des Présidents , p. 25.
» Jehan de Berry, comte de Poitou.
3 Catherine, dame de la Nouhe, près de Talmond, épousa Jehan du Puy-du-Fou , chevalier. Je profiterai de cette occasion pour donner la liste des plus anciens seigneurs de la terre de la Nouhe. Cette seigneurie appartenait , en 1359, à Arthur d'Aubigné ou d'Aubigny, chevalier, descendant de l'ancienne famille qui prenait son nom du bourg d'Aubigny, à quelques lieues de la Roche-sur-Yon,
seigneur d' A vaux , terre relevant de Talmond. Ce dernier avait épousé Catherine d'Appelvoisin , fille de Guillaume d'Appelvoisin et de Ide de Montfaulcon, dont il n'eut que Marie, mariée deux fois : 1° à Hélie Chasteigner, chevalier, seigneur de la Yergne- Samoyau (A l'occasion de ce mariage, qui eut lieu en 1417, et non en 1429, comme le dit Duchesne , dans sa Généalogie de la maison de Chasteigner, Marie reçut Avaux de son père.); 2<* à Jehan Renaudineau , dont elle eut Andrée Renaudineau , ^ femme d'André de La Yarenne, chevalier, seigneur de Montbail. La terre d'Avaux demeura aux enfants qu'elle avait eus de son premier mari. Marie mourut le 50 août 1468.
n. Nicolas Bosceet, chevalier, seigneur de Saint-Cyr et de Puygreffier, rendit hommage au seigneur de Poiroux , le 2 janvier 1411 , et alla ensuite payer à Talmond certains droits de rachat, entre les mains de messire Guillaume Taveau, chevalier,
et qui est citée au xii^ siècle sous la dénomination de de Albiniaco. En 1398, la Nouhe était à Catherine Boschet; à sa mort, arrivée en 1413, elle passa à son mari , Jehan du Puy-du-Fou; son fils Jehan l'eut par héritage en 1418; celui-ci étant mort, en 1444, sans laisser d'enfants de son mariage avec Marguerite de Chamballant , son frère puiné Pierre fut son héritier. Catherine , fille de ce dernier et femme de Jehan Le Mastin , écuyer, l'apporta à son mari en 1460. (Ce fut Jehan Le IVIastin qui nomma la seigneurie la Nouhe-le-Maslin. ) Jacques Le Mastin, seigneur de La Rochejaquclein , fils de Jehan, l'eut ensuite, en 1467; de lui elle passa, en 1508, à Hardoyn Le Mastin , l'aîné des enfants qu'il avait eus de son mariage avec Catherine Vernon; en 1522, Hardoyn décéda sans enfants, laissant sa succession à sa sœur Renée, dame d. i Rochejaquclein, mariée, en 1505, à Guy Du Vergier, écuyer, seigneur de Ridejeu , le premier du nom qui prit celui de La Rochejaquclein ; en 1526 , Jacques Du Vergier hérita de sa mère. Après lui la terre passa aux Des Nouhes , ses parents, par le mariage de Tristant Des Nouhes , écuyer, seigneur du Palleys, avec Marié Le Mastin, sœur de la femme de Guy Du Vergier. Elle était, en 1579, à Charles Du Breuil , écuyer, époux de Jehanne Des Nouhes.
baron de Mortemer ', sénéchal de la principauté, au nom de Pierre d'Amhoise, vicomte de Thouars. Il y avait en ce moment nombreuse réunion près du représentant du seigneur suzerain. L'acte mentionne une foule de personnages distingués. On y lit les noms de Hugues Cathus , chevalier, seigneur des Granges- Cathus ^; de Jehan Buor, chevalier, seigneur de la Mothe-Frélon ; de Guillaume Baritaud, chevalier ^; de Marie Luneau ^, veuve de Jehan Girard, chevalier; de Guillaume Girard, chevalier, seigneur de la Guessière ^; de Jehan Pousserèbe 6, chevaher; de Pierre Grignon, écuyer, seigneur de la Touche-Grignon ; de Geoffroy de Beaumont , chevalier, seigneur de la Chapelle- Themer 7; de Placidas de Machecoul , chevalier ^; de Jehan du Puy-du-Fou, chevalier, seigneur de la Nouhe; de Thomas Fauveau, chapelain d'Archiais; de maître Pierre Royrard, écuyer, châtelain de Talmond 9; de maître Léonard Du Vergier, conseiller de Pierre d'Amboise '°\ de Nicolas de La Bauduère ,
• Guillaume Taveau , maire de Poitiers en 1388 , et de 1395 à 1407, résidait ordinairement dans celte ville. Il recevait 40 livres pour sa charge de sénéchal de Talmond.
^ Hugues Cathus , époux de Jehanne Joussaulrae , morte en 1411 , qui lui apporta la terre des Granges, à laquelle il donna le surnom des Grangcs-Calhus.
3 La famille Baritaud a donné son nom aux Roches-Baritaud. Elle possédait plusieurs terres dans leTalmondais, entre autres Malescoute, dans la paroisse de Saint-Vincent-sur-Graon.
4 De la famille des Luneau , anciens seigneurs de Bazoges.
5 Guillaume Girard mourut le 15 octobre 1414, laissant un fils aîné nommé Jehan héritier de la Guessicrc. La famille Girard eut de ses membres sénéchaux de Talmond dés la fin du xiie siècle.
6 La famille Pousscrcbc figure au xii^ siècle.
7 II mourut le 20 septembre 1414.
8 Placidas de Machecoul mourut le 20 juillet 1413.
9 Pierre Royrard , fils de Nicolas , sénéchal de Talmond en 1386.
'o Léonard Du Vergier était de la famille connue sous le nom de La Rochejaquclein. Elle prend celui de Du Vergier d'un petit château situé près de Brcssuire.
procureur de Talmond et d'Olonne, et de Loys de Villeneuve,
capitaine du château '.
Nicolas possédait quelques terres à Saint-Benoît, entre autres les Longières, relevant de Moricq , et les Prei^saincts, qui lui venaient de la succession de Jehan Gauciierie, chevalier. 11 avait épousé Iléliette de Montfaulcon, fille de Pierre de Montfaulcon, chevalier, seigneur de Saint-Mesmin , et de Jehanne de Bazoges, dont Hector, qui suit. ^
III. Hector Boschet, chevalier, seigneur de Saint-Cyr, de Puygrciner, de Puyogier et de Sainte-Gemme % eut la seigneurie à la mort de son père (1424?). Il était seigneur de Puyogier à cette époque, puisqu'il en rendit hommage, le 51 mars, au vicomte de Thouars. Un autre aveu rendu à l'évéque de Luçon nous apprend qu'il était seigneur de Sainte-Gemme en 1442 ^ Hector mourut en 1454, laissant : 1° Aimery, qui suit; 2« Nicolas, mentionné au N° V; 5« Pierre, chevalier, mentionné au N" YI; 4° François, père de Loys, seigneur de Sainte-Gemme.
IV. Aimery Bosciiiyr, chevalier, seigneur de Saint-Cyr, mentionné de 1455 à 14G8. Il mourut sans enfants.
V. Nicolas Boschet. Ce personnage n'a probablement jamais existé, et la mention de son nom, que l'on voit dans un registre de comptes de Talmond, pour l'année 1469, vient sans doute d'une erreur de copiste. J'ai cru cependant devoir le placer sur la liste des seigneurs de Saint-Cyr, sans pouvoir apporter aucune autre preuve de son existence.
VI. Pierre Boschet, chevalier, seigneur de Puygreffier, Saint-Cyr et la Chaussée, vivait encore en 1475. Ce fut Pierre qui fit défricher une grande partie des bois dépendant de la sei-
' H fut remplacé, en 1413, par Jehan de Maumont.
' Sainte-Gemme, prés de Luçon , fut érigée en baronnie par les Du
Bouchet.
3 Des prairies situées dans la commune de Saint-Cyr portent encore le nom de Sainte-Gemme , en souvenir de cette seigneurie.
gneurie de Saint-Cyr, entre autres ceux qui couvraient le terrain compris entre Nouma ' , Moureau et les limites de Saint-Sornin. Il fit faire ces travaux sur les demandes réitérées des habitants du bourg, qui se plaignaient du voisinage des sangliers et des loups, et espéraient refouler plus loin ces voisins incommodes. Les bétes fauves étaient dans ce temps très-nombreuses , à en juger par un passage du compte des sommes réclamées, en 1486, à Philippe de Cominynes par les La Tremoille , pour les années de jouissance des terres de Loys d'Amboise % qui lui avaient été données par Loys XI. « — Pour Vintérest de la chasse, et du grant nombre de bestes qui ont esté prinses en la fourest de Talmond^ où estoit chasse presque tous les jours, en manière que les cappitaines du seigneur de Commijnes en ont nourry et entreteneu leurs gens et mesnaiges , et emporté sallées en leurs maisons à pleines charetées , où bon leur a semblé. »
VII. François Boschet, chevalier, seigneur de Puygreffier, de Sainte-Gemme et de Puyogier, n'est mentionné dans aucun titre en qualité de seigneur de Saint-Cyr. Il est néanmoins probable qu'il eut ce fief en sa possession.
François avait épousé Isabeau du Puy-du-Fou , dont il eut : 1« Hector, seigneur de Puygreffier et de Sainte-Gemme, mort sans postérité; 2<^ Jehan qui suit; 5« Jehanne, qui épousa, le 50 septembre 1476, Jacques de Montalembert ; 4° Anne, épouse de Abel Guéraud , écuyer, seigneur de la Pépinière.
• Nom d'une prairie.
» Le compte général des sommes, fait par Jehan Pellieu, conseiller au Parlement de Paris, s'élevait à la somme de 12,693 liv. 10 sols î) dcn. et un tiers, pour tout le temps de jouissance de Talmond. — M. de La Fontenelle, dans son travail intitulé : Philippe de Cnmjnr f.n Poitou , dit, à la page 5, que le nom de cet homme illustre doit s'écrire Comjne , et que cette orthographe est celle consacrée par sa signature. Il y a erreur de sa part, car toutes ses signatures portent CoTFijnes , ce qui équivaut à Cornmjnes, puisque le trait placé audessus du m remplace la double leflre, et que le v est très-distinct.
Vin. Jehan Du Boschet ', chevalier, seigneur de Saint-Cyr, de PuygrefTier, de Pujogicr, de Sainte-Gemme et de la Chaussée, rendit hommage de la terre de Saint-Cyr, le 8 janvier 1482, à Nycolc de Bretagne *, dame de Poiroux. A la mort de son frère Hector, arrivée en 1494, il hérita de Sainte-Gemme et de ses autres terres. Ce fut lui qui rehâtit le chœur de l'église. De son mariage avec JehannedeBoucr, de la maison de La Forgerie, en Anjou, il eut : 1° Charles, chevalier, seigneur de Sainte- Gemme, père du fameux Lancelot , connu sous le nom de Sainte-Gemme dans les guerres de religion; 2° Joachim, écuyer, seigneur du Yilllers-Charlemagne ; "5° Tanneguy, qui suit.
IX. Tanneguy Du Bouchet, chevalier de Saint-Michel, seigneur de Puygreffier •* et de Saint-Cyr, baron de Poiroux , écuyer ordinaire et gentilhomme de la chamhre du roi , célèbre dans les guerres de religion sous le nom de Saint-Cyr, naquit en 1484. Il hérita de la seigneurie vers 1555 ^.
Tainieguy consacra une grande partie de sa vie au métier des armes, et se retira ensuite dans ses terres, en 1346. Le 5 juillet 1548, il acheta de Jehan de Bretagne, duc d'Etampes, comte
• C'est le premier qui écrivit son nom de cette manière. - Nycole de Bretagne de Penthiévre , femme de Jehan II de Brosses Saintc-Sévére.
3 Je ferai remarquer que les Du Bouchet furent presque tous connus sous le nom de PuygrefTier, et que la famille elle-même s'appelait en dernier lieu Du Bouchel-Puygrefiier, pour la distinguer des deux ou trois autres du même nom que l'on retrouve en France à cette époque.
4 On le trouve cité à celte date , en cette qualité , dans une sentence rendue par Hylaire Goguet, seigneur de Puyietard , sénéchal de Talmond et échevin du corps de ville de Fonlenay. Je relèverai à celte occasion une erreur commise dans les lierherches historiques sur Fnntenaj, T. I, p. 162, où je dis que Hylaire, le lieutenant général en la sénéchaussée, qui défendit la ville contre Henry IV, était fils de Nicolas Gogaet et de Claude Brisson. Ce personnage était né , au contraire, de Hylaire , dit l'Aîné , sénéchal de Talmond , et de Péretle Le Blanc. Celte familh^ portait d'azur à trois coquilles d'or
de Penthiévre, la baronnie de Poiroux, dont il rendit aveux à Talmond, le 4 avril 1552 ». Il eut l'année suivante quelques démêlés avec son neveu Lancelot , qui chargea de ses intérêts Joachim Du Voysin , seigneur de la Popelinière , père du célèbre historien *.
Le protestantisme trouva dans Tanneguy un adepte fervent. Il fut des premiers à prendre les armes et à aller grossir le parti des révoltés. Nous le trouvons à la réunion de Nantes , où il fut chargé de soulever le Poitou, et au nombre des principaux chefs de la conspiration d'Amboise. Le prince de Condé, qui faisait grand cas de ses talents militaires et de sa prudence, le chargea , au commencement de 1562, d'aller protéger Orléans contre l'armée royale , et le nomma prévôt de cette ville. Tandis qu'il remplissait la charge qui venait de lui être confiée , le vieux calviniste, homme de mœurs sévères, et qui portait à la guerre le puritanisme caractéristique de quelques-uns de ceux de sa communion , eut occasion de faire une application exemplaire
en devise et un croissant d'argent en cœur, armes conservées par Jehan Goguet, écuyer, seigneur de la Rochegratton, trésorier de France , et maire de Poitiers en 1604.
« Archives de la Vendée.
2 Lancelot Du Voysin , écuyer, seigneur de la Popelinière de Sainte- Gemme, était fils de Joachim Du Voysin et de Marie Le Tourneur. II naquit , en 1541 , au bourg de Sainte-Gemme, dans la maison de la Popelinière, aujourd'hui simple métairie. Son parrain fut Lancelot Du Bouchet, seigneur de Sainte-Gemme, qui témoignait beaucoup d'amitié à son père, ancien compagnon d'armes de Joachim Du Bouchet, seigneur du Villiers-Charlemagne. Joachim Du Voysin était alors fermier de l'abbaye de Moreilles , bail que sa femme avait encore en 1580, époque à laquelle elle le céda à divers habitants de Triaize. Celle transaction fut faite à Fonlenay, dans la maison du sénéchal Pierre Brisson, chez lequel Marie Le Tourneur était descendue; ce qui prouverait l'existence de liens d'amitié entre les deux historiens Bas-Poilcvins.
La Popelinière se maria à La Rochelle avec Marie Bobineau, de la famille de Pierre Bobineau , maire en 1577. Cette alliance l'atlira prés
de son rigorisme. «On rendit à Orléans, dit de Tliou , une sentence qu'on peut dire n'être pas de ce siècle, et tître bien contraire aux mœurs de la France, dont Jehan Lcfcbvre, célèbre jurisconsulte, a autrefois écrit qu'on n'y condamnoit pas l'adultère. Des Landes, seigneur du Moulin, ayant été convaincu d'avoir débauché Godarde , femme de Jehan Godin , pendant que son mari étoit à l'armée, fut condamné à mort, et l'un et l'autre furent pendus sur la place publique. Ce fut Puygreffîer, homme du vieux temps et juge sévère , que le prince de Condé avoit nommé prévôt de la ville , qui fit rendre cette sentence , soutenant que , dans un temps où le vice faisoit tant de progrès, on avoit besoin de faire un pareil exemple.
» Ce jugementjupi mal reçu à la cour que la plupart eurent l'impudence de dire tout haut qu'ils ne prendroient jamais pour maîtres des gens qui , par une sévérité nouvelle et jusqu'alors
des parents de sa femme , et ses opinions religieuses le fixèrent dans une ville qui était alors la véritable capitale du protestantisme en France. Lorsque la politique lui en laissait le temps, il allait se délasser avec ses amis à sa terre de la Dune, paroisse de ïriaize , séjour dont il fait l'éloge à la page 153 de sa Vraie et entière histoire des Troubles , édit. de La Rochelle, 1573. La Dune passa plus tard à sa sœur Joachine.
La Popeliniére avait trois sœurs : lo Gillette, femme de Jehan Ranfray, élu à Mareuil , de la famille connue aujourd'hui sous le nom de La Bajonnicre ; 2o Joachine , femme de Jehan Godereau , seigneur de la Richerie , avocat à Fontenay ; 3" Marie , femme de Jehan Goguet, seigneur de la Nouhette, élu à Thouars , puis à Fontenay, fils de P. Goguet, seigneur de Riossay, et de de Yseult Trouvé. Il y eut un cinquième enfant du mariage de Joachim Du Voysin et de Marie Le Tourneur; mais j'ignore son nom. Ces trois mariages avec des roturiers prouvent que les Du Voysin étaient de cette noblesse intermédiaire , espèce de bourgeoisie possédant des fiefs nobles. {Extr. de pièces de ma coll )
M. de La Fonlenelle se trompe lorsqu'il dit, p. 2.59 du T. L de V Histoire des Evéques de Luçon , que ce fut Lancelot Du Voysin qui prêta 2,400 livres au chapitre de cette cathédrale. Cet emprunt fut consenti par son père.
inouïe parmi nous , avoient puni l'adultère , qui avoit toujours été impuni. »
On trouvera dans V Histoire des Eglises réformées es royaume de France , de Théodore de Bèze , et dans les autres historiens du temps, la relation détaillée de la conduite de Saint-Cyr dans Orléans , où il fut très-bien secondé par son lieutenant Jehan d'Aubigné, seigneur de Brie en Saintonge, père d'Agrippa. Il assista ensuite à la conférence qui eut lieu à Saint-Mesmin entre Catherine de Médicis et le prince de Condé. Profitant alors d'un moment de trêve , il se rendit dans ses terres du Bas-Poitou. Mais, avant de parler du séjour qu'il y fit , il faut dire de quelle manière ses gens s'étaient comportés envers les catholiques durant son absence.
Aussitôt qu'il eut appris le massacre de Vassy, un certain Mongeny-Dessoupites,confidentet homme d'affaires de Tanneguy, se mit à courir le pays , armé en guerre , et traînant à sa suite une petite armée de gentilshommes , de maraudeurs et de pillards. Ses vexations soulevèrent contre lui les habitants des campagnes et des marais circonvolsins , qui l'attaquèrent près du Port de la Claye, dans la nuit de Noël 1562, et se firent presque tous massacrer. Délivré de cet obstacle, le nouveau chef de partisans dirigea ses hostilités contre le curé et les autres prêtres de Saint-Cyr. D'abord il se contenta de les menacer ; passant ensuite aux voies de fait, il les maltraita plusieurs fois d'une manière indigne , et ordonna de cesser les cérémonies du culte , ainsi que nous l'apprend un passage des remontrances au roi, rédigées àBournezeau, le 10 septembre 1565, par Jehan- Baptiste Tiercelin, évêque de Luçon. «En l'église et paroisse de Saint-Cyr ne se fait aulcun divin service , ayant esté contrainctle prieur affermer à ung serviteur domestique du seigneur, nommé Mongenys, son dict prieuré à vil prix, ou aultrement n'en avoir rien , et avoir trouvé , faisant nostre visitation , par le rapport d'aulcuns des habitants, que le seigneur du lieu l'empesclioit aussi , ayant trouvé au sainct temple sacré grande
quantité de foin et de paille \ » Afin de remédier à ces abus, Jonatlias Petit, lieutenant général civil et criminel de Fontenay *, fit saisir, le 26 juillet 1566, le revenu temporel de l'église et de celles des autres paroisses où le culte était interrompu ^.
Arrivé dans ses terres , Saint-Cyr approuva les désordres de Mongcny, et l'envoya répondre, au mois d'août 1563 , au sénéchal Micliel Tiraqueau, chargé de l'enquête contre les huguenots, que tout avait été fait par son ordre ; puis , prenant lui-même le commandement de la bande de son homme d'affaires, il se mit en devoir de continuer ses infâmes attentats. Le 20 mars 1564, Mathurin Chevreul, prêtre, réfugié à Angles , se plaignit amèrement à l'évêque de Luçon d'avoir été frappé à coups de bâton, la veille de la Nativité de saint Jean, par le seigneur de Poiroux, venu avec quatre à cinq hommes à cheval , sous prétexte de chercher un neveu de cet ecclésiastique qui s'était enfui de ses prisons. « Les coups ^ appliqués sur les bras et la tête, avaient été si forts , ajoutait Chevreul , que le sang avait jailli, et qu'il avait été contraint de rester longtemps entre les mains des barbiers pour se faire médicamenter. »
Le terrible huguenot ne respectait pas plus les monuments
que les hommes : toutes les églises qui se trouvaient dans le
rayon de ses sorties eurent plus ou moins à souffrir. A Saint-
Sornin , à la Jonchère , à Angles, au Champ-Saint-Père, à Bois-
Grolland , à Poiroux , il leur fit subir de graves mutilations ^. Un ministre faisait publiquement le prêche à Poiroux, où il avait
' D. Fontencau , T. XIV, p. 501.
a Jooallias Petit fut ensuite prévôt des maréchaux en Sainlonge, et composa V Anti-Hermaphrodite.
3 D. Fonteneau, T. XIV, p. 99.
4 On ne saurait trop répéter que c'est aui protestants qu'il faut attribuer la ruine de la plus grande partie de nos monuments religieux. La Révolution leur a fait infiniment moins de mal qu'on ne le pense généralement; mais les gens haineux cl irréfléchis trouvent plus facile de calomnier que de vérifier les fails qu'ils avancent.
tétabli sa demeure depuis \ 564, et les prêtres catholiques avaient été chassés de ses terres , avec défense , sous péîne de mort , de mettre le pied dans les lieux qui relevaient de ses seigneuries.
Tanneguy, abandonnant une conduite qui compromettait sa gloire , rejoignit l'armée calviniste , et figura dans presque toutes les batailles qui se livrèrent jusqu'à sa mort. Son activité incroyable le fit charger par le prince de Condé d'aller en Guyenne rassembler des troupes, et nommer gouverneur de La Rochelle '; puis il périt enfin glorieusement, le 3 octobre 1569, à la bataille de Moncontour. D'Aubiffné raconte ainsi son dernier fait d'armes: « Ce vieillard ayant rallié trois cornettes au Bois-de-Méré , et reconnu que par une charge il pourroit sauver la vie à mille hommes , son ministre =, qui lui avoit aidé à prendre cette résolution, l'avertit de faire un mot de harangue à ses gens de bien. « Courte harangue, dit le bonhomme, frères et amis , voici comment il faut faire! » Là-dessus, couvert à la vieille francoise d'armes argentées jusqu'aux grèves et sollerets, le visage découvert et la barbe blanche comme neige , âgé de quatre-vingt-cinq ans, il donna vingt pas devant sa troupe, mena battant tous les maréchaux de camp, et sauva plusieurs vies par sa mort. »
Saint-Cyr était , dit La Popelinière , un des plus résolus gens d'armes de France , et tous les historiens contemporains s'accordent à lui donner une grande réputation d'homme de guerre. Voici une inscription louangeuse que mon ami M. Dugast- Malifeux a relevé au bas de son portrait peint sur les murs d'une salle en ruine du château de Puy greffier ^ :