‹ Notice sur un papyrus gréco-égyptien inédit appartenant à la bibliothèque de l'Université d'AthènesChapitre 4 sur 9 · LT · texte numérisé non relu

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souvent de simples memento, où les personnes intéressées suppléent sans peine bien des ellipses, et complètent, au premier coup d'œil, bien des abréviations. Par exemple, à la colonne 13, yaaxsï Meuvo était certainement pour ya%xeï Menvovirn, et désignait, pour le rédacteur comme pour le lecteur contemporain, un forgeron habitant les Memnonies, lieu voisin de Thèbes. Dans le cinquième et dans le sixième papyrus du Louvre, certains Cholchytes! sont désignés par les mots rôv éx rüv Meuvoyetwv. Dans le quinzième papyrus on lit l'expression plus complète encore : Tv xartosxiav Éyovtes éy toïs Mepvovetous. Enfin l'adjectif Mevovérns se lit à la colonue 38 du cinquième papyrus. À propos de cette restitution du mot Meuvovirns, nous remarquons tout de suite que, si elle est légitime, elle confirmera nos premières inductions sur l'origine du papyrus Sakkinis. Il est probable, en effet, que le rédacteur de ces comptes désignait là un ouvrier de son voisinage, et que, par conséquent, il n'était ni un reclus du Sérapeum ni un voisin de ce temple; c'était plutôt un habitant de Thèbes ou des environs de cette grande ville. Les ruines de Thèbes sont, on le sait, avec celles de Memphis, les deux localités qui ont fourni à nos musées le plus grand nombre de papyrus gréco-égyptiens.

La première colonne du registre Sakkinis peut être traduite ainsi :

«Le 30 mésori, sur ce que j'ai porté au compte de Dionysios le « Jeune, le lui ayant donné pour la dépense. Année 1v. Voici la dépense «par jour [pour Île mois] épiph :

« Le 30, pains ..... (somme indiquée comme il sera dit plus bas).

«opson .,... Idem.

Le compte se continue sur la colonne : :

«bois ......» (somme indiquée comme il sera dit plus bas).

Suit une ligne de sigles numériques, puis :

« Mésori

«pains ..... (somme indiquée comme il sera dit plus bas). a salaisons... Iden.

sbois ...... Idem.

« olokyntha.. » Idem.

! Je devrais dire Choachytes, car il parait aujourd'hui démontré que, selon la conjecture de M. Brugsch, approuvée par Ideler et par Brunet de Presle, on doit lire XOAXYTAI et non XOAXTYTAI, ce mot, qui revient si souvent dans une certaine classe de papyrus. Voir, sur ce sujet, la note de M. F. Meunier insérée aux Comptes rendus des séances de l'Académie des inscriptions, en 1869, p. 269.

= oi

Autant que je puis comprendre cet arrangement étrange, le rédacteur, au dernier jour de mésori, avait d'abord réglé le compte du mois précédent, c'est-à-dire d'épiph; puis il avait noté, jour par jour, la dépense de ce mois mésori, dépense que le manuscrit conduit, sans interruption, jusqu'au 16 inclusivement. Sous cette dernière date on lit, entre deux séries de dépenses spéciales : «à Stibon le reste! de l'opso- « nion de mésori, » avec un chiffre indiquant la somme. Au verso, on it encore deux colonnes, l'une de quatre articles, l’autre de cinq, et cette dernière porte, à la première ligne, l'indice de l'an 1v, puis mésori. 1] m'est impossible, jusqu’à présent, d'expliquer l'intention de cette répétition, ni l'isolement des deux comptes portés ainsi au verso du papyrus, sans chiftre qui indique à quel jour du mois ils se rapportent.

La huitième colonne commence par : «A Sosibius, de son compte «(s'il faut sous-entendre cette idée) le total pour mésori. » Suit une ligne de lettres numériques, qui probablement résument la dépense faite avec Sosibius ou remboursée à Sosibius. l'era, qu'on lit une fois ailleurs en toutes lettres?, mais que le plus souvent représente son initiale l”, réduite elle-même quelquefois à une verticale ondulée, signifie cela fait; c'est le mot consacré pour le total d'une addition. Tà ysvôpevor en est une variante, et paraît, de plus, signifier ce qui revient à, comme dans un des registres de Leyde : rà ysvépevés po:5, et dans une pétition des jumelles : rù ysvépevor duïr EAacos xai xlmit. On peut donc traduire avec quelque assurance : «total de ce qui revient à Sosibius pour mé- «sori. » Mais il reste à savoir pour quelle dépense ou pour quel service Sosibius avait droit à la somme dont il s'agit.

D'autres ressemblances moins caractéristiques, comme l'emploi du verbe didévas, seront facilement remarquées, si l'on compare le texte Sakkinis avec les autres registres du même genre. Il est inutile d'y insister. Mais ce qui surtout nous intéresse, dans de tels documents, c'est le nombre et la nature des dépenses mentionnées. Or, pour en donner une idée comparative, nous ne pouvons inieux faire que d'en dresser d'abord la liste alphabétique. Nous y désignerons par À le papyrus Sakkinis, puisqu'il est aujourd'hui déposé à l'Université d'Athènes; par L les papyrus de Leyde; par Lr ceux de Londres; par P ceux de Paris. Nous ferons suivre d'une traduction française tous les mots dont le sens ou la leçon ne paraissent pas trop douteux, et nous expliquerons spé-

‘ Cf. rà Aotmd, lignes 41 et 43 du papyrus LV du Louvre. — * Voir les Papyras du Louvre, p. 326, note 2. — * P. 92, édit. Leemans. — ‘ Papyrus XXII du Louvre.

Dans le papyrus XXIIT, qui parait n'être qu'un brouillon du premier, on lit simplement : rù ysvôuevor nuiv. ; |

cialement, par une note, ceux pour lesquels nos dictionnaires ne four: nissent pas une explication facile et sûre. Enfin nous marquerons d'un astérisque les mots qui manquent dans nos dictionnaires.

AGÿpa, P L, espèce de bouillie faite avec du froment et du lait, selon la définition du Lexique d'Hesychius. | dÂas et &éÀs, P, À, sel.

&Aeupoy, L, froment.

&Auy, L, saumure.

"autos? L'. | äpayres (oi) xai xôŸayres, À, ceux qui ont enlevé et coupé (le bois?). Cf. papyrus LX bis du Louvre : oi évéynavres.

"&péiao L.....

&pros, P, À, les pains. — xaOapol, P, pains simples, sans façon particulière ? &prüuara, À, condiments, assaisonnements.

"éraolirai? L (A6yos rüv draoirv).....

Éalaveïoy et Balavebs, À, bain et baigneur.

Banré, P, espèce d'étoffes teintes.

Ea@ñov pour Ba@eïov, P, atelier de teinture.

Bois, P, bœuf ou plutôt vache, car c'est au féminin quil est employé sur le papyrus LVIITI du Louvre.

yéÀa, L, lait. Cf. les papyrus du Louvre, p. 146 où yaAaxro parait ètre une abréviation de yaAaxroupyôs.

"ytrai L.....

yvaPeus, P, foulon.

yoyyvAlèes, L, radis.

ôdve:ov, P, prèt, argent prèté.

dépua, À, peau.

éyxommprpiov. Voyez d0wvov.

éxGol»n (écrit éy6oAÿ) xompiwvy, À, balayage du fumier ou vidange? Cf. xompo- Edo, qui est sans doute pour xompoëton dans le papyrus XI du Louvre. éxuayÿa” pour éxuayeiæ, P, serviettes.

&A4n, À, huile d'olive, comine éAéa ou éAala. éAAvyvia, P, mèches de lampe.

évéyupoy rs Àvyvlas, L, gage pour la location d'une lampe ? émeroviov (écrit émrrévyov), À, instrument à tendre les cordes.

* M. Leemans, p. 93, propose de lire auras dans l'unique article du registre de Leyde où ce mot se rencontre, et il traduit par placentas lacteas. Cette restitution est bien hardie. Ne serait-il pas plus simple et plus prudent de lire 4Aæros? Les deux lettres À ct a en majuscules AA se confondent facilement en un M. Or das se lit précisément une ligne plus bas dans ce registre; 1l se lit aussi p. 338 des Papyrus du Louvre, et il a pour génitif &Aæros. Quant à l'emploi du génitif pour le nominatif, on en a au moins un exemple, p. 92, à la troisième colonne du mème papyrus de Leyde, dans les mots r%s Yrébou. — * Écrit aussi éyuayfa, comme éy6oÿ, dans le papyrus Sakkinis, pour éx6oÀ#. Cet adoucissement du x» en y est si fréquent sur les papyrus, cotnme sur les marbres, qu'il serait superflu de le faire remarquer à propos de tous les exemples qu'on en rencontre. (Voir la Table des mots grecs dans les

Papyrus du Louvre, p.475.) â.

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