D2 NOTICES BIOGRAPHIQUES
En 1775, Jean-Baptiste épousait en seconde noces Jeanne Marsial, protestante ; mais la cérémonie ayant eu lieu à l'église paroissiale, les enfants furent élevés dans la religion catholique.
Passionné pour toutes les théories nouvelles, écloses de son temps, Madier embrassa avec ardeur les idées de 89, mais les excès qui faussèrent le but de cette révolution « salutaire, nécessaire, légitime et bienfaisante, » (i> arrêtèrent son élan patriotique. Avec plusieurs de ses honorables amis, il eut le courage de signer une adresse aux citoyens de Bagnols, recommandant la sagesse et la concorde ; 2! mais la feuille imprimée fut le prétexte dont on se servit pour le déclarer fédéraliste. Un ami dévoué l'avisa à temps, il put se sauver dans les bois, vers Saint-Laurent-les-Bains i^Ardèche', d"où il sortit, non pas après la chute de Robespierre comme on Ta dit, mais dès que les jours furent moins orageux à Bagnols. En eilet, nous le retrouvons à sa maison de la Place le 12 germinal an II (17Q4'.
La société populaire de Lapalud vint à cette époque l'inviter, comme chimiste renommé, à fonder à Lapalud même, une fabrique de salpêtre et « à instruire les citoyens des connaissances nécessaires à cette fabrication. »
« Madier, disent les archives de Bagnols, (3) afin de se rendre utile à la République, accepte et se transporte dans cette commune où il a d'ailleurs des propriétés ; il fait connaître officiellement à la municipalité de Bagnols son changement de domicile... »
, (1) St-René Taillaiidiei',
(2) Voir le texte au volume Annales historiques de Bagnols,. cannée 1790. Celte pièce a été imprimée à Orange en juillet 1790, nous en av^us conservé un exemplaire aux aichives de la Bibliothèque-Musée.
(3) V. A)inal('S historiques de Bagnols 179 i... certains actes de la vie du docteur iMadier sont liés à l'histoire locale.
Jean-Baptiste Madier quoique assombri par les événements qui ensanglantèrent la Révolution, est demeuré Jusqu'à sa dernière heure, fidèle à son culte pour une sage liberté. Il s'éteignit le 12 août 1824 à l'âge de quatre-vingt-quatre
ans (i).
(1) Il a laissé un lils et trois lilles dont iiii« mariée à M. Gensoul, de Collorgues, et Tanlre à M. Privât, de Forlunié, magistrat sous la Piestauratioii.
MADIER ifeAN-BAPTISTE-SIMPLICE)