DOCTEUR-MÉDECIN, MAIRE
iVé à Bagnols le 2 mars i jSo Mort à Bagiiols le / décembre US64
OMME son père et son aïeul Madier, Simplice, était docteur en médecine. Son père, ami du célèbre chimiste Chaptal, lui fit commencer ses études à Montpellier, et en iSo5 l'envoya à Paris, où notre élégantet beau compatriote obtint de grands succès. Vers 1810, le docteur Madier rentrait à Bagnols. Il se maria en 181 2 avec Mademoiselle Marie-Faine Martin, d'Orange. Nous le trouvons en février 1826, goûtant la vie paisible d'un riche bourgeois, ami de l'étude et du repos, quand le choix du Gouvernement en fit le maire de Bagnols. On se souvient du distique, élogieux et vrai, de l'arc de triomphe dressé devant la porte de son hôtel sur la Place ( i).
Le nouvel administrateur se mit à l'œuvre : il commença le premier, cette transformation de la Citadelle^ devenue depuis le Mont-Cotton^ parce que M. Cotton, maire, en a planté d'arbres la partie déclive. Mais c'est à M. Madier que l'on doit ces preniiers murs de soutènement qui retiennent la terre du
(1) Disti(ine naïf, commis par le docteur Silliol :
— Bagnols! quel est ton maire? — Eh! Madier, me dis-tu. Tant mieux; il réunit droiture, esprit, vertu.
monticule, et peu après, la régularisation du plateau afin d'y établir un marché... Ciiique simm.
Dès le mois de septembre, le Maire, sur les plans et devis de l'architecte Degan, construisit, à la fontaine, le monument élevé sur l'ancien abreuvoir. Plus d'un ignore aujourd'hui ce qu'on voyait en 1826 à la. grand' font . — C'était toujours le vaste bassin tapissé de verdure et de plantes aquatiques, au milieu des quelles apparaissaient de belles carpes et des anguilles, énormes et respectées : attenant à l'escalier que l'on voit encore de nos jours, se trouvait l'abéiiradou : l'abreuvoir, où les bêtes descendaient par une rampe douce, mal pavée et allaient se désaltérer à l'orifice même du Goulet. C'est cette rampe que fit enlever le Maire, c'est ce creux embarrassant et dangereux pour la circulation qu'il fit combler : sur le terreplein il établit le carré de maçonnerie ouvragée, muni de trois canons destinés à donner de l'eau à volonté : ces tuyaux étaient alors alimentés par une roue hydraulique en fer et à godets. — Le travail coûta 2,042 fr. 67 c. Il fut terminé en 1827.
Cette même année, sur les plans et devis du sieur Bourguete, nous voyons l'administration occupée à construire le Prétoire^ dans la rue de la citerne, (aujourd'hui rue Bompard). Encore une amélioration excellente et pour laquelle la caisse municipale déboursa (3,927 francs.
La population était loin de se plaindre des dépenses aussi bien entendues. Cependant une partie des bagnolais trouva bientôt l'occasion de blâmer le Conseil municipal d'une autre mesure qui venait d'être prise et qui semblait peu libérale.
Le Maire avait exposé que Mgr l'Évêque de Nîmes songeait à convertir le Collège de Bagnols en Petit-Séminaire... « Son discours respirait la plus profonde et la plus honorable conviction du bien qu'il croyait faire par cette transformation inespérée. » Il raconta longuement l'histoire du Collège (i) et les différentes phases de l'enseignement.
(1) V. Not. biog. de l'abbé Gentil, T. I, p. i>'Jl.