MA GALON
ddlc. C'était en 184.0 ; la petite feuille bagnolaise quoique alimentée par des écrivains de mérite ne pouvait pas vivre ; si elle ne partageait pas le bénéfice des annonces judiciaires avec le journal du chef-lieu de l'arrondissement au profit de l'imprimeur autant que dans l'intérêt des abonnés. Le rédacteur en chcf^ écrivit à Paris, il s'adressa au ministre de l'époque, dont il était l'ami dévoué.
Voici ce que lui répondit le fils du ministre :
« Monsieur, je viens d'écrire à M. S... au nom du Père et du Fils, en faveur du Saint-Esprit qui est {'Hirondelle.
(( Puisque les temps sont ainsi faits que V Esprit a besoin pour vivre et pour briller d'un réquisitoire du Procureur du Roi et d'une ordonnance du Tribunal, il faut, en gémissant, en prendre son parti et supposer que le tribunal et procureur auront ïesprit voulu pour comprendre notre prière et y faire droit.
« J'ai prié avec toute l'ardeur et tout l'élan d'une àme sincèrement dévote.
« La chose n'entrant pas dans mes habitudes, je m'en étonnerais si je ne savais que la reconnaissance est un culte, et si la piété filiale, qui n'est pas une vertu, parce qu'elle est un devoir, ne m'inspirait pour V Hirondelle une gratitude, pour vous une alïection qui expliquent la componction de mes or émus.
<( Espérons que la grâce invoquée descendra d'Uzès sur l'oiseau Bagnolais et qu'il pourra bientôt déployer, avec toute l'ampleur nécessaire à son vol, les ailes déjà si vigoureuses sous lesquelles je lui demande la permission de me placer.
« Mille amitiés. Gh. Teste. »
Magalon ne se contentait pas de cultiver les lettres et la poésie, homme d'érudition et de bons conseils il s'occupait de la chose publique. Notre ami avait conquis dans le pays d'ho-