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ajoutant qu'elles avaient à répondre de la tranquillité et de l'ordre public.

Le 14 juin, Monseigneur arrivait à Nancy, non sans quelques préoccupations, dit son biographe. Dans la même journée, le coadJLjteur reçut toutes les visites officielles et la paix publique ne fut pas un seul instant troublée. Son installation eut lieu avec pompe le dimanche suivant. Les préventions hostiles contre le coadjuteur furent bientôt dissipées. L'air de dignité et de bonté souriante, les manières aisées et affectueuses du prélat avaient conquis la population entière. D'ailleurs, à peine installé, son premier soin et sa sollicitude furent données à Tapaisement des esprits et à sa mission conciliatrice.

Monseigneur Menjaud fonda la Collégiale de Bon Secouî^s, 1841, qui devint une maison de retraite pour les prêtres vieux et infirmes.

Cependant, l'obligation de songer à sa santé affaiblie et le besoin de repos après tant d'épreuves, forcèrent Monseigneur Menjaud à venir dans son pays natal. Son arrivée à Chusclan eut lieu le 25 septembre 1841. Le souvenir en est conservé vivant dans la mémoire des bons habitants de cette commune (i). Tout le village était en fête. La population attendrie jusqu'aux larmes recevait avec un orgueil bien légitime ce glorieux enfant du pays, qui avait déjà donné des preuves évidentes de son affection pour ses compatriotes et pour ses nombreux obligés. L'évèque fut profondément touché des témoignages sympathiques qui lui furent alors prodigués. Il était si bon, il savait si bien dire à tous un mot heureux et plein d'à propos, que la présence de Monseigneur Alexis les comblait de joie.

Ce fut pendant son séjour à Chusclan qu'il reçut la visite du vieux prieur Roubaud, retiré à Orsan à cause de son grand

(1) Relation de V arrivée et du séjour de Monseigneur Menjaud à Chusclan, par M. Bauquier, d'Uzès. — 1841.

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âge (i\ L'entrevue du prélat et de l'ancien pasteur de Chusclan fut expansive et touchante. En effet, un brillant avenir semblait dévolu au plus jeune, tandis que le digne vieillard, ravi de la dernière consolation qui lui était réservée, pouvait songer au repos éternel et à la récompense due à sa vie laborieuse et dévouée.

Monseigneur Menjaud visita Saint-Michel-d'Euzet où il fut reçu par le curé, l'abbé Blanc, depuis chanoine et aumônier au lycée de Nancy et plus tard son biographe véridique et précis. Il voulut revoir la Chartreuse de Valbonne et, enfin retourner à Cornillon dont le souvenir était cher à son cœur.

Un bagnolais, l'abbé Mazelier, en était alors curé. Monseigneur Menjaud passa une journée entière dans ce village où nous l'avons vu à l'âge de douze ans commencer ses études de latinité. Il laissa d'abondantes aumônes pour les pauvres et fonda à perpétuité un service annuel à la mémoire du bienfaiteur de ses premières années (2).

Monseigneur Menjaud voulut aller prendre un repos de quelques jours au sein de sa famille d'Aramon, auprès de son frère Jean-Baptiste. Il visita à Nîmes Monseigneur Cart qui le pria d'ouvrir la retraite pastorale au grand séminaire... peu de jours après le coadjuteur reprenait la route de Nanc\\

A sa rentrée dans sa ville lorraine, nous le vo3^ons empressé à la fondation d'une œuvre qui fut accueillie avec l'assentiment général : Le saint cœur de Marie ; maison religieuse ouverte aux jeunes filles pauvres. Le P. Lacordaire prêta à cette œuvre pie le concours de son éloquence... La maison a prospéré : des religieuses de cet ordre, établies à Chusclan, dans l'ancienne maison de Monseigneur Menjaud y ont ouvert une école et un ouvroir de jeunes filles.

(1) J/ul)bé Roubaïul était d'Orsaii. En IG!)!, un Francis Roubautl, qui était maire il'(Jrsan, portait : ]f urgent à un chevron lozangé d'aryent et d'azur.

(2) Plus tard, Monseigneur Menjaud orna l'église de Cornillon de ses dons particuliers : il fit obtenir de la Grande Aumônerie de France un tableau pour le maître-autel : une copie de Saint Pierre, du Guide, par Léon Alègre.

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