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Nous pourrions encore citer plusieurs autres fondations qui honorent la mémoire de Monseigneur Menjaud : l'une d'elle mérite une mention particulière, c'est l'œuvre des enfants de la Chine : une association établie dans les écoles : une cotisasation de cinq centimes par mois, payée par chaque enfant, produisit des sommes considérables , lesquelles furent expédiées aux missionnaires de l'extrême Orient.
Monseigneur Menjaud ouvrit les portes de son diocèse à l'ordre des Frères Prêcheurs de Saint-Duminique : il était le premier évêque de France qui entreprit cette œuvre de restauration, Nanc}^ devint leur premier berceau.
Cependant, après quatorze années passées dans l'exil, et des vo3^ages fructueux pour la religion, en Amérique, Monseigneur de Forbin-Janson, qui se préoccupait activement de l'œuvre de la Sainle Enfance, vint mourir à Marseille le i i juillet iX|4. Monseigneur Menjaud alla présider aux funérailles du prélat. Le 28 août suivant, il faisait célébrer, à Nanc}^, un service funèbre en mémoire de son illustre prédécesseur. Pendant la cérémonie, le R. P. Lacordaire prit la parole et prononça avec un éclatant succès, une de ces oraisons funèbres qui font époque parce qu'elles sont un modèle de talent oratoire.
Ajoutons à rénumération des œuvres pies que la ville de Nancy doit à Monseigneur Menjaud, comme fondateur ou restaurateur, la Congrégation des Sœurs de la doctrine chrétienne, qui sous le pieux évêque, prit le caractère d'un institut religieux, la congrégation de Saint-Charles dont les sœurs desservent les hôpitaux.
L'évêque portait un véritable intérêt à toutes les communautés de son diocèse: La Msitation, les dames du Bon Pasteur, les Dominicaines, les Bénédictines, les Réj'é}\'fids Pères Chartreux, de Bosserville, les sœurs de Charité, de l'Espérance^ des Abandonnées, de Niederbronn ; les Liguoriens, \csOblats de Marie, les Jésuites, VŒurre des Allemands, YŒiivre du Patronage, les E)'è)-es de la doctrine cJirétienne,
« En un mot, dit l'abbé Blanc, il y avait lieu d'être cditié de tout le zèle déployé par le vénérable pontife qui siégeait à Nancy : il exerçait dans son diocèse une puissante influence. »
Dans les premiers Jours qui suivirent le 24 février 1848, l'évêque adressa au clergé et aux: fidèles des conseils salutaires, inspirés par sa prudence et sa modération : il rappela qu'au milieu de toutes les révolutions qui agitent le monde, l'église doit continuer son œuvre qui est la sanctification des âmes, et que sans faire dépendre ses destinées de telle ou telle forme de gouvernement, elle les a toutes adoptées et bénies, lorsqu'elles ont réalisé les principes immortels de justice et de liberté qui sont la base de tout ordre social...
Sous une sage administration municipale et diocésaine, la ville de Nancy traversa les jours de perturbation, pure de tout excès : partout le bon ordre fut maintenu. Malgré les intentions peu bienveillantes de certains groupes contre quelques communautés religieuses, l'évêque fut respecté : il y eut toujours bon accord avec les deux pouvoirs : le Maire de Nancy avait écrit à Monseigneur Menjaud : « Quant à vous, Monseigneur, vous êtes sous la sauvegarde de l'estime publique et de la considération des citoyens. »
Le 3i décembre 1848 eut lieu, sur la place du Peuple, ici-devant Place Stanislas', la bénédiction des drapeaux de la République destinés aux bataillons de la garde nationale. Monseigneur l'évêque revêtu de ses habits pontificaux présidait : il prononça à cette occasion un discours dont nous reproduisons ici un passage saillant: « Le drapeau. Messieurs, est chez tous les peuples l'étendard de la patrie et l'emblème de la nationalité, le point de ralliement des nobles cœurs, et le mémorial des gloires du pays auquel il appartient. Aussi, chez un grand nombre de nations on l'a orné des emblèmes religieux, pour rappeler aux guerriers qu'ils doivent défendre les deux choses les plus précieuses qui soient au monde : les foyers domestiques, sans lesquels il n'y a pas de vraie patrie, et les autels sans lesquels i! n'y a pas de nation : pro aris et
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focis. On a aussi toujours invité la religion à bénir les étendards, parce qu'on pensait, avec raison, qu'elle bénissait, en même temps, les peuples dont ils sont les signes distinctifs dans la paix comme dans la guerre (i). »
L'évêque de Nancy fonda des comités cantonaux chargés des soins de Tadministration. Cette institution rendit des services réels au clergé du diocèse. Alors furent simultanément établies les conférences ecclésiastiques et des examens annuels pour les jeunes prêtres.
Lorsque le prince Louis-Napoléon, président de la République fit son premier voyage à Nanc}^, Tévêque entouré de ses vicaires généraux et de son chapitre le harangua. Sa parole émue laissa au nouvel élu une impression favorable. Le prince se souvint du prélat lorrain après le coup d'État du 2 décembre i85i. Quelques habitants de Nancy ou du département furent compromis, Tévêque Menjaud voulut se rendre à l'Elysée pour implorer la clémence du chef de l'État. Il reçut l'accueil le plus cordial. Le prince promit de consulter les dossiers des accusés... peu après, les prévenus étaient rendus à leurs familles.
Malgré les commotions politiques de cette époque, nous retrouvons Monseigneur Menjaud encourageant la fondation de nouvelles œuvres : la maison des Petites sœurs des Paumes et l'Œuvre des Tabernacles, pour venir en aide à la pauvreté des églises de campagne.
Le 17 juin i852, jour de l'inauguration du chemin de fer de Paris à Nancy et de l'écluse de jonction du canal de la Marne au Rhin avec la Moselle à Frouard, Monseigneur Menjaud prononça devant le ministre de l'instruction publique et l'ingénieur en chef, un discours sur Yalliance indissoluble de la science et de la religion. Des réjouissances publiques curent lieu et le soir un banquet réunit les autorités à l'hôtel de
(1) AI)1)('; lîlanc. Loc. cil., p.lTi.
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ville, Tévêque porta un toast au progrès moral sous l'inJUience de la Religion.
Au mois de juillet, le prince Louis-Napole'on revintà Nancy : nouvelle harangue de Monseigneur Menjaud accentuant ses préférences et l'espoir qu'il met dans le prince qui tient en main les destinées de la France. Louis-Napoléon pendant son séjour dans le département de la Meurthe entoura constamment l'évêque des marques les plus touchantes de sympathie ; comme dernière preuve de distinction, il voulut lui offrir la croix de la Légion d'honneur.
Nous reconnaissons la sollicitude de Monseigneur Menjaud dans l'organisation des Bibliothèques cantonales. Sa lettre pastorale du i8 septembre i852 contient ces paroles remarquables : « Il faut le rcconnaitre, dit le prélat, c'est une nécessité de notre époque, la classe ouvrière a généralement plus d'instruction qu'autrefois, et elle est tourmentée d'un immense besoin de lire : ce sont des âmes affamées qui nous demandent du pain, et nous devons, à tout prix, leur en procurer; la justice et la charité nous en font une obligation rigoureuse. Que feront, au reste, tant de jeunes gens, tant de domestiques et d'ouvriers désœuvrés, durant les longues soirées d'hiver, ou pendant les jours de chômage et de repos ? ils rempliront les cabarets et s y démoraliseront: les jeunes filles, de leur côté, se livreront à des divertissements dangereux ou criminels, ou liront des romans qui les pervertiront... Heureux celui entre les mains duquel tombe un bon livre, car c'est pour lui un ami sincère et dévoué, qui lui donne des avis salutaires, réveille le remords endormi au fond de sa conscience, lui indique les moyens à prendre pour recouvrer la paix de l'âme, lui trace la route à suivre pour arriver au vrai bonheur, lui signale les écueils où sa vertu ferait naufrage, et le porte, par de puissants motifs, à embrasser courageusement le parti de la vertu. »
La Providence, dit l'abbé Blanc, réservait à l'humble enfant de Chusclan, après les honneurs de l'épiscopat dans l'église de Dieu, une autre distinction : une position élevée auprès des