‹ Notices biographiques du GardChapitre 47 sur 68 · GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

GÉNÉRAL

Né à Bafçnols le 6 juin i j5 g Mort à Brie-Co77ite-Robert le 6 juin 1848

ANS une allée ombreuse du jardin des Tuileries se réunissaient, encore peu après la Révolution de iS3o, quelques chevaliers de Saint-Louis et les derniers voltigeurs de Louis XVI, qui habitaient la Capitale. Nous les avons vus maintes fois groupés sur les bancs de pierre ; ils étaient là s'entretenant de leur bon vieux temps et donnant un souvenir de regret au drapeau blanc que venait de remplacer, une seconde fois, l'étendard tricolore.

L'un de ces anciens serviteurs, fidèle à la branche aînée des Bourbons, se distinguait par son allure noble et fière. Debout et vert encore malgré ses soixante-treize ans, il prenait souvent la parole et semblait se faire écouter complaisamment par ses vieux compagnons d'armes. De loin, nous étions frappés de sa belle chevelure blanche et de son profil bourbonnien. C'était le général comte François de Rivarol.

Comme compatriote, il nous avait accueilli dans sa demeure, rue Saint-Hyacinthe-Saint-Honoré et nous avions pu, là, nous édifier sur les habitudes et la vie intime du frère du littérateur célèbre.

Rivarol, comte depuis la mort d'Antoine, avait conservé

23o NOTICES LSIOGRAPHIQUES

toute sa bonhomie méridionale. Il parlait volontiers la langue d'oc. La correction de sa tenue révélait son premier état : ancien militaire. Comme ci-devant noble, il lui restait une politesse exquise, raffinée, dont l'usage, persistant encore à Paris avait, à de rares exceptions près, disparu de la Province depuis Tère démocratique.

Le général conservait un reflet de la faconde de son frère aîné. Sa conversation roulait de préférence sur les temps passés à l'étranger. Nous lui avons entendu raconter, de cette époque, plus d'un épisode curieux, presque légendaire. Un entr'autres : Témigré royaliste avait eu l'occasion, nous disaitil, d'obliger de sa bourse Louis-Philippe d'Orléans, alors que celui-ci était en Suisse, à la recherche d'un poste de professeur dans un collège. Notez qu'à l'époque où nous écoutions ce récit, le prince était roi des Français.

Rivarol restait fidèle à son culte monarchique ; lorsque nous osions faire usage de la faveur d'être reçu, il se plaisait à engager Mademoiselle Delphine, sa tille, à chanter une romance dont il avait composé et les paroles et la musique; motif : I.c jeune Duc de Bordeaux.

Madame de Rivarol faisait le charme de cet intérieur intime. C'était, elle aussi, une bagnolaise, fille de i\L le baron de

Sibert de Cornillon leur fils, Edouard, alors éloigné de

Paris, exerçait l'emploi de contrôleur des Contributions indirectes.

Tel était cet intérieur charmant, hospitalier; on y causait littérature et vo3^ages, on 3^ cultivait les beaux-arts, la musique, la peinture ou la poésie. Les hôtes accueillants rajeunissaient aux souvenirs de Fontbelle et des hovàs fleuris de la Cèze.

Claude-François sortant à peine de l'école des Joséphites, alla rejoindre son frère à Paris, vers 1781. Il prit le nom de vicomte de Rivarol et entra au service dans la maison militaire du roi, il devint capitaine en 1788. Les loisirs que lui donnait la profession des armes, il les employait à cultiver les lettres.

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