CLAUDE-FRANÇOIS RIVAROL
politiques, Rivarol vécut dans son domaine de Fontbelle, écrivant des idylles, comme en ses beaux jours de poète, chantant la belle nymphe du Tuël (i) dont sa seconde épouse était, disait-il, l'image fidèle... Mais bientôt, dans l'intérêt de l'éducation de leurs enfants, M. et Madame de Rivarol quittèrent le pays pour aller s'établir à Paris.
La révolution de Juillet supprima au maréchal de camp sa pension de chevalier de Saint-Louis ; malgré la bienveillante intervention d'un patron aussi puissant que généreux (2). Les ressources devenant moins abondantes, le domaine de Fontbelle fut vendu en 1834... Bientôt après le mariage de sa fille, le ro^^aliste fidèle à son drapeau, se retira à la campagne, dans les environs de Paris, où il s'éteignit, entouré des siens, le 6 juin 1848, à l'âge de 8(5 ans.
On dit qu'en 1862 un bagnolais, heureux de rendre hommage à l'un de ses compatriotes de distinction, arrivait un jour de mai à Brie-Comte-Robert. Il se dirigeait, silencieux et ému, vers le champ de repos de ce petit bourg de Seine-et- Oise. La tombe des Rivarol paraissait avoir été naguère entr'ouverte. On venait, en eiïet, d'y déposer, huit jours auparavant, les restes mortels de Madame Camille de Sibert, veuve du général... Le bagnolais sortit tristement du cinietière et, en regagnant la voie ferrée qui conduit à Paris, il stationna encore pendant quelques instants devant la demeure habitée peu auparavant par ses anciens amis. Au milieu des massifs d'un jardin fleuri se dressait, au-dessus d'un perron élégant, un chàtelet, surmonté d'un fronton de pierre, au centre duquel était cette touchante inscription :
Utinam péris impleam ami ci s !
C'était là le vœu du philosophe désillusionné, mais pour
(1) A côté du domaine de Fontbelle se trouve une fontaine auprès de laquelle était planté jadis un tilleul, un{tuél) d'où lui vient son nom. Rivarol composa une charmante pièce de veis que nous avons trouvée dans ses papiers de famille.
(2) M. J.-B. Teste, alors député.
lui, ce mot de Socrate confirmait excellemment le prix que doit attacher le sage à la douce aifection des vrais amis.
De son premier mariage, le lieutenant général de Rivarol eut un fils, qui né à Paris en 1786, est mort à la lieur de l'âge, le 14 novembre 1827. Le vicomte Jean-Baptiste-Auguste de Rivarol, sortant de l'École polytechnique, fut nommé officier dans le régiment d'Issembourg, avec lequel il fit la campagne de la Calabre. Sous la Restauration, il devint capitaine adjudant-major dans la garde ro3^ale.
Le culte des lettres charmait ses plus doux loisirs. On a de lui un Discours sur la vie et les ouvrages de Rollin (Paris, i8ig, in-8° de 86 pages) et une Notice historique sur la Calabre pendant les deruières révolutions de Naples (Paris, 1817, in-8^). Il travaillait à une Histoire de Saint-Louis. lorsque la mort vint briser et sa plume et son épée.
En 1808, Claude-François de Rivarol épousa à Bagnols Mademoiselle Camille de Sibert de Cornillon ; de ce mariage naquit un fils, Edouard, Quoique élevé à La Flèche, le jeune de Rivarol ne manifesta point le désir de suivre la carrière des armes : il entra dans l'administration des contributions indirectes. Ayant atteint sa retraite avec un poste éminent, il se fixa à Paris où les dernières années de sa vie furent employées aux bonnes œuvres. Le comte E. de Rivarol était un des patrons empressés de la Société des amis de l Enfance.
Marié en 1844 à Mademoiselle Marie Dumont, de Carcassonne, il est mort, sans postérité, à Vichy, en octobre 1870.
Sa sœur. Mademoiselle Delphine de Rivarol, épousa M. Charrier, de Brie-Comte-Robert, Elle mourut en 1867, ne laissant qu'une fille, mariée à M. Tollin, agent de change à Paris (1).
(1) Nous sommes hem'eux de remercier ici les descendants de Rivarol de rinlérc'l qu'ils porlenl à l'œuvre de la Bibliothèque et du Musée. L. A.