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CONSUL GÉNÉRAL A SMYRNE

Né à Bagnols le ig septembre l'jSS Mort à Bagnols le 14 mai i835

Armes : D'azur au soleil iVor en chef : à la rose tùjée en abhnr

NE récompense mémorable qu'accorda à ses élèves favoris notre premier maître de dessin, M. Lacroix, fut la visite au cabinet de M. de Roussel (i) La salle était un véritable musée et nous avons conservé le souvenir des objets qui frappèrent alors nos regards : quelques belles marines de Joseph Vernet ; deux tableaux de Greuze : l'Enfant an tonton et une Jeune fille Jouant avec un e/iien (2), puis des miroirs métalliques ovales, puis des vitrines renfermant des objets grecs et égyptiens; fines pote- .ries de Samos, Scarabées, Stelles, vases et médailles et enfin un magnifique torse de femme en marbre blanc, mutilé malheureusement, mais d'une beauté parfaite (3).

Un jeune homme, — on l'appelait le bel Athénien, — nous

(1) Alors rue Dauphine, aujourd'hui rue Montmorency, maison Ode, n» 2.

(2) Nous avons depuis lors vu des copies de ces mêmes tableaux au musée de Dijon.

(3) V. ci-après la note A.

fit les honneurs de la collection. Artiste lui-même, M. Tony, qui alors étudiait le droit à Aix, était élève de Constantin (i). Il cherchait à nous initier à la connaissance des objets précieux qu'il nous montrait et dont il nous faisait, en très bons termes, comprendre et apprécier toute la valeur.

Cette station, en face de raretés telles que nous n'en avions encore point vu d'analogues, ouvrait, pour nous tous, de vastes horizons... Nous en parlâmes pendant de longs jours.

En ce temps là, nous suivions avec empressement les trois frères Flandrin (2) que M. Tony de Roussel guidait aux bords de la Cèze, sur les crêtes de l'Encise ou de Jicon. Ces artistes copiaient les sites les plus pittoresques des alentours et nous n'avions pas perdu notre journée lorsqu'ils voulaient bien nous permettre de les approcher afin de voir leurs esquisses.

La bienveillance de M. Tony et une similitude de goûts, nous valurent la faveur personnelle d'aller maintes fois, depuis, dans la famille de M. de Roussel. Là, nous entendions parler des temps anciens, du prince de Conti, de Monsieur^ des vers satiriques de l'oncle Barnabe (3j, des voyages en Orient, d'Athènes, de Smyrne, des Pyramides... C'est donc avec un sentiment de profonde gratitude que nous allons raconter ici ce que fut ce noble vieillard nommé le consul de Smyrne.

Fils d'Alexis-Gabriel de Roussel et de Rose Magne, Joseph- Jean-Baptiste-Hercule naquit à Bagnols le 19 septembre 1758. A dix-sept ans il entra dans les gardes du corps de Louis XVI, compagnie de Luxembourg. Il servit quinze mois et passa de là dans le régiment mestre de camp-général

(1) Constantin était un peintre d'Aix qui a joui d'une certaine réputation; il a été le maître de Granet. M. de Roussel copiait merveilleusement les encres de Chine du professeur.

(2) V. la Not. biogr. de Ladroit, page H.

(3) M. Barnabe de Roussel était juge de paix à Bagnols en 1789.

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