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LA DROIT

Cependant nos édiles ne se préoccupaient pas seulement d'embellir la cité, ils cherchaient le moyen de relever son influence parmi les villes voisines. De là, la demande adressée le 14 janvier i833 : — désigner Bagnols comme le centre où il serait bon d'établir une chambre de commerce. Les cantons de Pont-Saint-Esprit, Roquemaure et Villeneuve-les-Avignon seraient groupés au nôtre. Il est facile de deviner qu'elle était, alors, la haute influence de laquelle on attendait le succès : c'était celle de notre député, le légiste éminent qui, deux ans plus tard, devint l'un des ministres de Louis-Philippe.

M. Ladroit avait à cœur de parachever l'œuvre de M. Madier, son prédécesseur, en appliquant une roue hydraulique, en fer à la grande fontaine (i).

C'est encore M. Ladroit qui provoque la fondation d'une quatrième foire : le premier mercredi de janvier.

C'est le maire qui songea sérieusement à établir trois fontaines, à la place du Puech, à Bourgneuf et à la Poulagière.

C'est lui qui augmenta de dix le nombre des réverbères, trop rares, moins clairsemés, pourtant, qu'en 1787, époque où il n'}^ en avait que trois.

Enfin c'est à son patriotisme qu'est due l'adresse du Conseil, après l'attentat du 28 juillet iS35, où nos élus disaient : — « La Providence n'a pas permis qu'un crime inirouvable dans les fastes de l'Histoire, reçut son exécrable exécution... » — (Machine Fieschi).

A l'âge de soixante-huit ans, après une vie honorable et laborieuse, s'il en fut, M. Ladroit s'éteignait au milieu de ses amis et de ses concitoyens reconnaissants, Dans sa famille, les bons soins du docteur Dupin, son neveu, ne purent lutter contre le mal qui l'enleva à toutes ses affections intimes. La mort vint le frapper le 8 juillet i838. On lui fit des funérailles dignes d'un maire regretté et d'un chevalier de la Légion d'honneur, car cette haute distinction était venu récompenser

(1) Au-dessus de Tancien abreuvoir. — V. Biog. Madier, T. II,

sa longue existence toute dévouée à ses concito3Tns. Disons-le en terminant : M. Ladroit avait des qualités précieuses : — Administrateur, il était serviable, comme nul autre ; — Médecin on le voit toujours généreux envers les pauvres qui le consultaient : précieux exemple dont la tradition, dans le pays, ne s'est point perdue chez ses confrères, (i) En un mot, nous avons vu, en toute occasion, M. Ladroit encourager les idées de, progrès et couvrir de son bienveillant patronage tous ceux de nos compatriotes qui avaient besoin de son concours ou de son appui.

M. Ladroit mourut sans postérité. Sa maison est habitée par Madame Dupin, sa nièce et son héritière (2).

(1) Donnons ici un souvenir à nos amis les docteurs Gensoul, Dujiin, Mailet, Boissin et Saint-Auban qui nous ont déjà dit adieu.

(2) Grande rue, n" il.

LEBRE (ANTOINE)

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