MAGISTRAT
A^e en Amérique le 25 avril 1800 Mort à Maisoii-sur-Seine le 22 octobre 1S64
An.MES : Écartelé ;i 1 et 4 de gueules, au lion d'argent ; au 2 et 3 d'or en Ijélier de sable rampant : sur le tout d'azur à deux bandes d'or et une rose d'argent tigée et feuillée de même, [)Obée entre les deux bandes.
Devise : Semper fïoreo nunquam facescu.
,A famille de Sibcrt de Cornillon, qui s'est éteinte en i856, ainsi que nous le dirons plus bas, est origi- [naire de Bagnols (i). Nous ti^ouvons dans les arcliives 'de la cite le iiom de plusieurs de sesmenibi'es accompagné de titres et de distinctions honorifiques, qui prouvent la haute position qu'ils ont occupée jadis. Leur noblesse fut maintenue par jugement de M. de Lamoignon en 1703. Les de Sibert assistèrent aux assemblées de la sénéchaussée de Nîmes en 1780 et 1790. Cette famille a contracté des alliances avec les plus grandes maisons de la contrée : avec les de Nicolaï au .wif-' siècle ; avec les de Langes au xvi"-' ; avec
(1) Voir ci-a|très la note A,
les de Gabriac à la fin de l'an iGSg. Ce dernier mariage lui a valu labaroniede Cornillon (i).
Charles de Sibert, baron de Cornillon, seigneur de Montière, de Vallerargues, etc., etc., était conseiller- viguier pour le roi, bailli et maire perpétuel de Bagnols (2), lorsque les camisards menacèrent d'envahir le pays. Notre ville s'émut à.Q l'ardeur de ces phanatiques ti s'empressa de rebâtir ses murailles démolies depuis i633. Une inscription commémorative affirme la prudence de nos pères (3).
Avant de parler de celui des de Cornillon qui, né en Amérique, fait l'objet de cette notice, disons que la branche bagnolaise a pris fin déjà depuis longtemps (4).
Charles-Joseph de Sibert, l'arrière-petit-fils de Magdeleine de Barjac était officier au régiment de la Sarre, inspecteur au rang de colonel dans l'armée royale de Saint-Domingue, chevalier de Saint-Louis et de Saint-Lazare. Il avait épousé en 17Q6 Louise de Dion, comtesse, chanoinesse du chapitre noble de la reine, à BourbourJ. Nos comoatriotes étaient en Amérique lorsque le 25 avril iSoo, à Wethersfield, comté de Hastford i^État de Connccticut), naquit leur fils Charles-Louis- Adolphe. C'est de ce jeune enfant, devenu plus tard un personnage éminent, que nous allons raconter la vie honorable et laborieuse.
Charles, sous les yeux de sa tendre mère, vécut pendant huit ans sur le sol américain. Il ne revint en France qu'après
(1) Il épousa, en 1G73, Magdeleine de nai'ja(; do Rochegude.
(2) Cornillon apparlenail on 1637 à Simon Martin de Rodolphe qui laissa cette terre à sa sœur mariée à Olivier-Josepli de Saint-Ferriol de Cariât. Ceux-ci n'eurent qu'une fille, .leanne-.Marie, (jui épousa, en 1659, François de Gahriac, seigneur de Saint-Pauiet (manuscrits de lîarchy, marquis d'Aubais).
(3) Cette pierre, qu'on trouva encastrée dans la muraille, à la porte de Bourgneuf, est conservée au Musée de Bagnols : elle rappelle que les murs ont été l'écdilîés par le maire et les consuls à l'approche dos phanatiques — vers 1704.
( i) L'abhé de Sibert, vicaire général àAlby et trois filles, dontdeux mariées aux MM. de Fabry et l'autre à François de Bivarol. — V. Notice biogr. de F. Rivarol, T. II, p. 229.
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la mort de celle qui lui avait donné le jour. Ayant perdu son père peu d'années après, les soins de son éducation incombèrent à son oncle, l'abbé de Sibert, vicaire général d'Alby, lecteur du comte d'Artois (Charles X) et prédicateur de la reine.
Le Jeune de Sibert fit ses études à Paris et son droit à Aix. Le retour de son oncle dans sa ville natale, explique pourquoi le lycéen devint étudiant dans une des facultés du Midi. Après des études brillantes qui révélaient son aptitude et ses éminentes qualités, Charles, avocat, fut nommé substitut à Avignon (i8i3;. Bientôt après il occupa le siège de procureur du roi à Carpentras, chef-lieu de la Cour d'assises de Vaucluse. Lorsque en i83o la Révolution de Juillet éclata il donna sa démission et alla s'installer au barreau de Nîmes. M. de Sibert 3' figura au premier rang pendant de longues années (i). Ses talents et ses profondes connaissances comme légiste lui ouvrirent de nouveau l'accès dans la magistrature. Sur la proposition de M. Teste, alors ministre de la Justice, le roi le nomma avocat général à Nîmes en 1843. Cinq ans plus tard, après la Révolution de 1848, il fut destitué.
Une personnalité aussi distinguée ne pouvait ni ne devait rester dans l'ombre. Dès le mois d'août 1849, Charles de Sibert était nommé procureur général à Limoges. Il ne quitta cette charge qu'en mars [85: pour remplir, au ministère de la Justice, les fonctions de directeur des affaires criminelles et des grâces.
Vers la fin de i852 il est promu au secrétariat général du même ministère et conserve son poste pendant tout le temps que Yi. Abbattuci demeura garde des sceaux. Mais peu après la mort de ce ministre il quitta la chancellerie et fut nommé conseiller d'État au service ordinaire (iSSg). C'est alors qu'il remplissait Tune ou l'autre de ces hautes fonctions que tous
(1) Il fut deux fois bâtonnier et fit pendant treize ans partie du Conseil de l'ordre.
les projets de loi émanes du ministère de la Justice étaient soutenus par lui au Conseil d'État, soit au Sénat ou au Corps Législatif. En toute occasion il se fit remarquer dans ces assemblées par la facilité ou l'éclat de sa parole, par son expérience des affaires et ses connaissances juridiques.
La mort vint le surprendre au milieu de ses plus beaux succès. Le conseiller d'Etat mourut à Maison-sur-Seine, le 2 1 octobre 1862.
Charles de Sibert avait été nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1846, officier en i832 et commandeur le i5 octobre 1854.
En dehors de ses fonctions de magistrat, le baron de Cornillon avait obtenu le suffrage de ses concitoyens : il fut porté au Conseil général et présida pendant plus de douze ans cette assemblée.
Charles de Sibert, mort à soixante-quatre ans, a laissé un grand vide autour de lui : sa famille et ses nombreux amis ressentirent vivement cette perte cruelle. C'était une nature d'élite ; il avait reçu, dès son jeune âge, dans le milieu où il a passé ses premières années, les germes précieux que le temps a développés et qui ont fait le charme de son affabilité parfaite et de sa haute distinction. Le baron de Cornillon était un homme aimable et S3anpathique, d'un caractère doux et affectueux, d'un esprit fin et ouvert, d'une imagination vive, ardente, mais s'alliant au bon sens le plus rare et le plus délicat.
En i865 un hommage public a été rendu à sa mémoire par le secrétaire du Conseil général du Gard dans la séance du 22 août. M. Valz disait, en s'excusant de remplacer M. Talabot : « Notre honorable président vous aurait parlé mieux que moi de l'homme que le Gard a perdu. Il vous aurait dit sa fidélité à la parole donnée, son courage dans la défense de ses amis, l'empressement qu'il mettait à servir tous ceux dont les droits étaient méconnus et la position injustement attaquée... Il vous aurait dit que dévoué au départen"ient et à la
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cite il n^a cessé de mettre au service des causes qui lui étaient tout naturellement confiées, les avantages et Tinfluence prépondérante de la position élevée que son seul mérite lui avait conquise. »
Et l'orateur ajoutait ces paroles qui complètent le portrait de notre compatriote : « Homme du monde du meilleur ton partout et jusque dans les fonctions les plus austères, d'une urbanité et d'une politesse exquises, M. de Sibert subjugait sans effort tous ceux qui l'approchaient ; aussi, messieurs, je ne crois pas qu'il ait été donné à beaucoup de fonctionnaires placés dans des positions si diverses, de se créer plus d'amis. «
Le baron de Cornillon, marié le 20 juillet 1825 à Éléonore de Gauthier de Saint-Paulet avait eu quatre enfants (i); son fils, officier de dragons, mourut glorieusement. Donnons un souvenir au dernier rejeton de l'ancienne famille de Sibert.
— Charles de Sibert était sous-lieutenant de dragons, officier d'ordonnance du général Walsin d'Estherazy. « Lorsque le général d'AUonville, chargé du dégagement des environs d'Eupatoria, exécuta l'expédition du 29 septembre, une rencontre eut lieu à Kanghil. Ce fut le premier combat de la cavalerie française en Crimée. Sa perte ne fut que de quelques hommes. La noblesse trouva encore là, néanmoins, l'occasion de payer son tribut... Charles de Sibert est atteint au premier choc de cette charge impétueuse. On croit d'abord que sa blessure est légère :, il écrit lui-même à son père pour lui annoncer sa prochaine guérison et la récompense qui brille sur sa poitrine, mais le fer a frappé trop profondément — la lance d'un ulhan — et le jeune officier emporte avec lui espérance et gloire dans la tombe (2). »
A la mort du vaillant officier semblait devoir s'éteindre le
(1) Me Ardent, M= Scliaw de Ayala, M<^ et un fils.
(2) Extrait de ï Annuaire de la noblesse de France, par Dore! d'ifaulerive. — Ann. 1876, p. 377-378.
nom de la famille de Sihert; nous sommes heureux d'apprendre qu'il n'en est pas ainsi. Le fils aîné de Mademoiselle Antoinette de Sibert, M. Joachim Courcelle, lieutenant de vaisseau, vient d'être autorisé, par le président de la République, à prendre le nom de son grand-pcre (i). Ce jeune officier d'avenir paraît déjà attaché au berceau de ses ancêtres maternels. Nous ne seriojis donc point surpris de voir, un jour, disparaître les ruines pittoresques du vieux castel de Cornillon et, sur le roc escarpé, se dresser l'élégante construction dont l'habile architecte Révoil avait tracé le plan pour le jeune héros de Kanghil.
(1) Par décret du 23 avril 1875. Y. Bull, des lois, 10 mai suivant.
NOTE
(A, p. 203). — Des documents découverts depuis peu sur la noblesse de la famille de Sibert, il résulte que cette maison illustre qui comptait deux cardinaux et un connétable de iNaples est sortie de cette ville d'Italie. Noble Hector de Sibert vint en France en 1460, il s'y maria et eut un fils, Antiibal, seigneur de St-Alban. Du mariage de celui-ci avec Françoise d'Alençon, naquit Jean. époux de Catherine de Pascal. C'est à ce dernier que commence l'élude généalogique de La Roque {Nobiliaire du Languedoc, T. II).
SOLIMANI (LAURENT)
MÉDECIN
Né à Savone (Italie) vers l'an ij56 Mort à Bagnols le 21 décembre 1882
quelques centaines de mètres de Bagnols, sur la jroute d'Avignon et du côté de la Cèze, on remarjquait, dès^ i83o, une villa peinte dans le goût italien, avec balustres, tourelles et fenêtres imitées en trompe-l'œil. A l'abri de ces murailles badigeonnées, vivait un vieux docteur, M, Solimani, marié à Madame veuve de Voile, née de Charrier-Moissard.
Le médecin jouissait d'un grand renom dans toute la contrée : on venait de très loin pour le consulter... Ses conseils n'étaient refusés à personne, mais la réception était rude pour les malades in extremis. « Vous êtes mort, leur disait Toracle de Paniscoule. )> Le malheureux, atterré, s'en retournait, en effet, plus mort que vif, et la prédiction ne tardait pas à se réaliser.
Cette sorte de bourru bienfaisant avait ses lunes, comme on dit : parfois on le vo3'ait se confondre en politesse, en obligeance méticuleuse ; c'est qu'alors sa passion pour l'art médical semblait essa3'er une lutte corps à corps avec la maladie dont elle finissait d'ordinaire par triompher.
En dehors de ses heures de consultations ou plutôt de ses
causeries rarement aimables et le plus souvent crispées, M. Solimani, par tradition de famille, se plaisait à s'occuper cie sciences et de beaux-arts. Sa villa était entourée de vergers et de jardins fleuris : un vivier profond renfermait les plus belles carpes des alentours; on y trouvait un billard pour délasser les visiteurs; des instruments de musique délectaient les virtuoses, et les peintres trouvaient dans la galerie vitrée une belle collection de toiles ou de copies de maîtres; enfin un laboratoire de chimie et un cabinet d'étude faisaient les délices de ceux qui s'adonnaient aux sciences physiques ou naturelles.
Le personnel de la maison se composait du père et du fils de Solimani qui avaient épousé la mère et la fille t/e Voile; d'une cuisinière, cordon bleu, et du vieux Jacques, cocher savoisien. Les contemporains, les alliés des grands parents et quelques jeunes amis formaient une société variée qui ne manquait pas d'un certain charme. On }' chantait les ariettes du temps avec accompagnement de harpe et de guitare : instrument aujourd'hui démodé dont le déclin commençait dès lors : on y jouait, on y riait comme on joue et comme on rit à vingt ans.
D'oià nous était venu ce docteur renommé? L'épithcte est flatteuse. Peut-être en la décernant faisons-nous trop abstraction de l'opinion des hommes compétents et sérieux de l'époque et du pays. Mais d'autre part aussi, qui sait, si quelque grain de jalousie ne dictait pas leur jugement sévère à l'égard d'un concurrent redoutable: toujours est-il que le docteur Solimani passait aux 3'eux de ses détracteurs, pour une sorte de Chiariniy charlatan-type, si connu à la même époque par son- vermifuge ; l'un et l'autre, en effet, sortaient de cette côte d'Italie que les conquêtes impériales nous avaient gagnée... l'un et l'autre étaient venus en France chercher la fortune et la renommée. La désinence des noms propres prêtait à l'injustice.
Le médecin Solimani ne manquait pas de mérite.
Parti de Savone où sa lîimille était en renom depuis le xvi*^
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siècle, il se fixa à Nîmes et nous le trouvons en 1808 membr e du jury médical du département; il faisait partie de l'Académie du Gard. Ses relations avec ses savants confrères furent profitables à la région. A cette époque vivaient le docteur Phelip, Vincens Saint-Laurent, Granjent l'ingénieur, les mathématiciens Gergonne et ThomasLavernède, Guizot , d'Hombre- Firmas, Chaptal et autres érudits de la contrée. Solimani était un des académiciens les plus actifs. Par ses études spéciales, il rendit de véritables services à l'industrie agricole. Il prit une part notable à la découverte et au perfectionnement des instruments de distillation qui, en rendant plus rapide la transformation du vin en eau-de-vie et en alcool, ont contribué à la richesse du pa3^s (i).
En 1809, M. Fournier, de Nîmes, présenta à l'Académie du Gard un mémoire sur la culture du ricin et la préparation de son huile. Le Palma christi commençait alors à être cultivé dans le Midi et déjà les pharmaciens en préparaient une huile supérieure à celle tirée d'Amérique, pays d'origine de la plante Euphorbiacée. On connaît la facilité prodigieuse avec laquelle le ricin se multiplie : plusieurs cultivateurs cherchaient à le naturaliser dans le Gard, dont il fécondait les terres stériles, la plage et le sable des torrents très-appropriés à sa culture. L'Académie proposa de seconder les tentatives du chimiste qui s'occupait de cette importante question.
Jusqu'alors les savants n'avaient considéré l'huile de ricin que dans ses usages médicaux. Solimani l'examina sous un aspect plus étendu et fit connaître quels avantages on pouvait
(1) Ehi. lut. de Nhnes par Michel Nicolas, T. III, p. 180.
Ajoulons que le docteur partageait l'opinion du célèbre docteur Edouard Adam (dont on a depuis peu d'années élevé la statue à Montpellier). On sait que l'appareil de ce chimiste permettait d'obtenir par une seule distillation un esprit à tous les degrés demandés par le commerce. Le système d'Adam était fort ingénieux, puisque au moyen des anciens alambics il fallait distdler plusieurs fois le liquide. Cependant il y a eu progrès ; Adam a été détrôné par Gellier-Dlumenthal et ce dernier a vu son appared perfectionné par le chimiste Derosne.
en tirer, soit pour les arts, soit dans l'économie domestique, soit dans son rapport avec l'agriculture. Son mémoire, lu- en 1810, enchérit sur le rapport du pharmacien Nimois. Il chercha à démontrer : que l'huile de ricin peut entrer dans la composition du vernis de la plus belle transparence ; — que la savonnerie doit l'utiliser avec avantage pour le décreusage de la soie; — que mêlée à l'alcool elle produira "çouv V éclair ag-e un combustible auquel aucun autre de ceux que l'on emploie ne peut être comparé pour l'intensité de la lumière. Enfin Solimani ne doute pas que l'on puisse aisément rendre l'huile de ricin propre aux usages alimentaires... Au prix de 5o à 60 francs les 5o kilogrammes ajoute-il, le produit d'une salmée de contenance (un hectare et demi), par une récolte ordinaire, pourrait s'élever à 2,400 francs (i).
En entrant ici dans quelques détails sur les travaux du docteur, nous avons voulu rappeler le progrès opéré depuis cette époque sur des sujets qui n'offraient encore que de brillantes espérances : sur l'éclairage entr'autres dont la chimie a triomphé, par la distillation de la houille et la production du gaz hydrogène (2).
A la chute de l'Empire le docteur Solimani était déjà fixé à Bagnols : il fait partie du conseil municipal et prend une part active aux travaux des commissions diverses. Cependant ses préférences étaient pour le calme et le repos dans Paniscoule ; tout y était disposé du reste pour charmer ses loisirs et ses goûts délicats.
Son cabinet renfermait des raretés d'un grand prix. Nous y avons vu un petit meuble Florentin, en ébène incrusté d'i-
(1) Notice sur les travaux de l'Académie du Gard (1810), p. 50.
(2) 1738. Le docteur Claiton fait les premières expériences sur le gaz (de la
houille distillée). — Angleterre.
1786. Lebon applique le gaz aux usages domestiques : — Ses appareils. — France .
1802. Murdoch en fait, en grand, l'application. — 1812, première compagnie d'éclairage au gaz, à Londres,
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voire, divisé en plusieurs rangées de tiroirs lesquels contenaient une fort belle collection d'entailles et de camées. Ces objets antiques ont été vendus, nous assure-t-on, en Angleterre, à un riche amateur.
Aux murs de la galerie appendaient des toiles de maître; du moins c'était là Topinion du propriétaire enthousiaste et fantaisiste. Le docteur faisait remarquer deux Grenue, un Carie Vauloo, un Simon Voiiet, un Teniers et surtout un Rnbcns. L'école vénitienne y était même représentée avec quelque éclat. Ce qui piquait alors notre curiosité Juvénile, c'étaient de grandes études en camaïeu d'un très-bel eiïet. Le collectionneur appelait cela : « de magnifiques toiles italiennes fort estimées, w Hélas ! toutes ces richesses artistiques n'existent plus ; le besoin, le caprice ou la cupidité les ont dispersées. Notre ami le docteur Mallet a pu sauver du naufrage quelques rares épaves qui ne sont point sans valeur, et nous avons eu la bonne fortune de doter le musée de Bagnols du portrait du docteur Solimani, peint de main de maître , assurément. Nous ne craignons pas de l'attribuer à Sigalon (i).
Sujet aux boutades les plus bizarres. M, Solimani était loin de briller par l'égalité du caractère. Cependant, il ne refusait jamais son concours aux intérêts du pa3's. En i8ig, sous la mairie Ladroit, nous le voyons siéger au conseil municipal ; il fit longtemps, comme médecin, partie du conseil de révision, en un mot, les autorités de l'époque, purent toujours utiliser ses talents et son bon vouloir.
Vers i832, sa santé s'altéra sensiblement; il s'éteignit le 21 décembre à l'âge de 76 ans. Son fils, Casimir, l'avait précédé dans la tombe. Bientôt son habitation passa en d'autres
(1) L'artiste uzétien peignait alors, dans le même style ^ l'avocat J.-B. Teste, et son propre élève Numa Boucoiran.
Quant aux tableaux acquis par M. Mallet, ils font aujourd'hui partie du musée de Bagnols : on remarque un jeune seigneur (époque Louis XIII), deux portraits d'homme et de femme, richement vêtus, de l'époque de Louis XIV.
mains (i) ; elle fut vendue en i8G3 à un de nos compatriotes résidant à Paris. M. Thome fit raser de fond en comble les bâtiments et remplaça les anciens vergers ou les terres labourables par un parc à l'anglaise, un lac, des cascades, des massifs de verdure, des terrains vallonnés, et un château dans le style Louis XIII ; plus ne reste à ce coin de terre que son ancien nom : Paniscoule.
Il est naturel que la pensée de chercher Torigine de ce nom soit venue à bien des curieux : nous n'avons jusqu'ici rien trouvé de précis ; des investigateurs, plus heureux que nous réussiront mieux certainement.
Toutefois, nous savons que Paniscoule (ou Peniscoule), est le nom d'un château situé en Espagne, sur le bord de la mer, château ayant appartenu à la famille de Luna. — Pierre de Luna devint pape, à Avignon en 1894, sous le nom de Benoît XIII. Le fief seigneurial des bords de Cèze aurait-il été acheté par ce personnage célèbre, alors, qu'après avoir été professeur à Montpellier, il fut nommé cardinal ?... Comme plusieurs de ses collègues d'outre-Rhône, n'aurait-il pas possédé, en Languedoc, — à Villeneuve, à Roquemaure ou à Bagnols, un palais, un château, une villa à laquelle il aurait donné le nom d'une de ses terres d'Aragon ?
Nous inclinerions pour l'affirmative, puisque l'histoire nous apprend que vers i352 Clément VI appréciait les produits viticoles du domaine de Castel, — près Saint-Gervais, — et qu'en i36o Innocent VI possédait le château de Bagnols. Les papes d'Avignon avaient donc des rapports fréquents avec notre 'pays. Qu'y aurait-il d'étonnant que le cardinal Pierre de Luna eut lui aussi, une terre à Bagnols et que cette terre fut le domaine de Paniscoule ainsi dénommé en souvenir de son pays d'origine ?... Nous livrons humblement cette hypothèse aux érudits..., aux chercheurs.
(1) A M. Gicle, ancien maire d'Alais^ dont la famille a laissé d'excellents souvenirs et s'est fait regretter. M. Troupel gendre de M. Gide, vendit le domaine à M. Joseph Thome : le 21 octobre 1863.
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Le médecin italien se flattait de montrer l'albero genealogico délia famig'lia dei Solimani, Nous possédons, au musée de Bagnols, ce curieux document. L'artiste y a inscrit la longue liste des Sormani et plus tard Solimani^ plus euphonique. Malheureusement, le tronc de l'arbre ne porte, au premier cartouche, que le nom de Battista. Ce fut Pace Antonio, fils de ce dernier qui, vers i58o, sculpteur et architecte renommé, construisit, à Savone, la façade de la cathédrale, — insigne basilica, — N.-D. de la Miséricorde et varie sublimi eccelente statue.
La famille Sormani ou Solmani et, au xvni*^ siècle Solimani, est originaire d'Ostena, sur le lac Lugano : elle était de la première noblesse d'Italie; ses alliances avec les Abattis les Monleoni et autres le prouvent. — Une religieuse, G. Battista Solimani fut la fondatrice délie monache romite e de niissio- 7zar?' de la Congrégation de Saint-Jean.
— R. Mario Solimani avait en lôSg, la réputation d'un célèbre violoniste : sonatore di violino.
Dressé en 1822 à Savone par l'archiviste Francesco Giuria, l'arbre généalogique nous apprend que notre docteur Laurent Solimani était fils de François, capitaine d'infanterie au service de la République de Gênes, et d'Angèle Rapin, fille du colonel Julien ; tous deux inscrits à la noblesse de Savone le (5 mai 1754, ainsi que leurs enfants : le document nous permet de blasonner ainsi les armes du docteur : — d'or an chef d'argent coticé de trois barres de gueules, brochant sur le tout un lion d'argent ( Monleo7ii) de face, présentant un fort d'argent crénelé sommé d'une tour crénelée de même., (qui est de Charrier).