L'AMI DES ENFANTS ET DES MALADES
Mer, Thomas E. Hamel, un des recteurs distingués de l'Université Laval, dans une lettre qu'il m'écrivit, le 4 mai 1891,
me fournissant divers renseisnements que je lui demandais au sujet du défunt, la terminait ainsi.
"Les détails de la vie de séminaire sont bien monotones et ne présentent rien de saillant. ans toutes ses fonctions, M. Baïllairgé à montré une exactitude et un dévouement sans bornes. On peut citer sa charité pour ses petits malades. UN a été le fondateur de la bibliothèque classique des écoliers pauvres, destinée à fournir des livres de classe aux enfants frop pauvres pour S'EN PrOCUTET ss..."
Xavier (petit-fils de Jean), car c'était le momm que ses confrères Jui donnaient halituellement, aimait beaucoup les serins, les tourterelles, les renards, les lapins, les écureuils, les cochonsd'inde et les souris blanches, ete ; il en gardait toujours dans une de ses chambres, non pas tant pour son amusement que pour celui des jeunes écoliers, car il aimait à se faire petit avec les petits.
Pendant Ia récréation, il prenait plaisir à lancer, du deuxième étage, des pommes aux élèves, Leurs courses aux pommes Pamusaient et le réjouisaient,.
Monsieur l'abbé TJ, CI. K. Laflamme, un des professeurs de fa même Université, écrivait douze jours plus tard, à 1non fils l'abbé Frédéric-Alexandre, professeur et journaliste à Fohette:—
“Je n'ai pas vécu assez longtemps avec le regretté TJ. F, X. Baillairgé, pour être à même de vous donner bien des détails sur ce vénéré confrère, J1 y a cependant un point que je ne püis passer sous silence ; c’est la fondation de la bibliothèque classique destinée aux écoliers pauvres, Commencée en 1832, cette belle œuvre s’est continuée jusqu’à nos Jours, et grâce à elle, des centaines d’écoliers pauvres ont pu faire leurs études
sans avoir à débourser un sou pour leurs livres classiques. M. o
Baillairgé opportait un soin infini à organiser, chaque année, sa distribution de livres. II s'appliquait surtout à encouragor, ainsi, la bonne conduite et le travail sérieux de ses protégés,
Il cachait, sous un extérieur grave, une honté de cœur charmante, une charité inépuisable pour ses brekis de prédilection, toujours choisies parmi les humbles et les pauvres de la eommnunauté,
Les malades qu'il soigunait, avaient, il faut bien le dire, plus «le confiance en ses bonnes paroles qu'aux remèdes qu'il leur “ervait toujours dans Je méme bol qui demeurait sur sou poêle, de temps inmémorial
Souvent 1] faisait parler à sa place les bestioles qu’il gardait à sa chambre : souris, rat, sifleux, renard, colomkes ete. et vraiment ces merveilleuse bêtes parlaient aussi bien, sinon mieux, syue du temps de Lafontaine. ?