‹ Notices et mémoires, Volume 2Chapitre 13 sur 27 · Que les ames estiont mortelles, et aussi · texte numérisé non relu

Que les ames estiont mortelles, et aussi

IL Que Jésus-Christ n'avoyt prins de la Vierge Maria que quatriesme partie de son corps.

Ce sont choses horribles et exécrables. En toutes les aultres h^'ésieii^ et en tous les aultres crimes, n'en a poynt si grand que de faire l'ame mortelle. Car à tous les aultres il y a spérance de salut et non poyiM; à cestui-cy. Qui dict cela ne croyt poynt qu'il y aye Dieu^ ni fu^i tice, ni résurrection, ni Jésus*Christ , ni sainte escriture^ ni rien.i' sinon que tout è mort, et que home et beste soyt tout un» Si j'avés dict cela, non seulement dict, mais escript publicamant pour enfeeiitt le monde, je me condamnerés moy-mesme à mort. :

Pourquoy , messeigneurs, je demande que mon faulx accusateur soit puni pœna talionis^ et que spy t détenu prisonnier comme mo/ j usques à ce que la cause ^soit deffinie pour mort deluy ou de moy, ou aultre poioe. Et pour ce faire, je me inscris contra luy à ladicte poine de talion. Et suys content de morir , si non est convencu , tant de cecy

» AUwoerdeo, p8ges89et90.

qae d'aultres choses que je lui mettre dessus^ Je vous demande jus* tice, messeigneurs, justice, justice, justice. Faict eu vos prisons de Genève , le 22 de septembre 1553.

Michel Sbrybtus,

En sa cause propre

Excité par le parti des libertins , qui luttait dans ce moment avec «vantage contre Calvin , Servet demanda que celui-ci fdt interrogé sur Temprisonnement et les poursuites dont il Tavait rendu l'objet à Vienne, et qui auraient eu une issue fatale pour lui s'il n'avait pas. pris la fuite, et requit sa condamnation de la manière suivante :

« Messeigneurs, il y a quatre raisons grandes et iAfallibles par lesqielles Calvin doyt estre condamné.

» La première est pour ce que la matière de la doctrine n'est point subjecte à accusation criminelle, comme vous ay montré par mes requestes, et monstrarei plus amplemant par les anciens docteurs de rÈglise. Pourquoy il a grandamant abuslé de la criminalité et contre Testât d'un ministre de l'évangile. '

» La seconde raison est pour ce qu'il est faulx accusateur, comme la présente inscription vous montre , et se prouvera facilement par la lecture de mon livre.

y> La tierce est que par frivoles et calumnieuses raisons veult qprimer la vérité de Jéms'Christ^ comme par le rapport de nos écritures vous sera manifeste. Car il y a mis de grandes menteries et méchancetés.

» La quatrième raison est que, en grande partie, il ensuyt la doctrine de 5tmon Magm contra tous les docteurs qui furent iamays en l^Èglise. Pourquoy, comme magicien qu'il est, doyt non seulement estre condamné , mais doybt être exterminé et déchacbé de vostre ville ; et son bien doyt estre adjugé à moi, en récompense du mien que luy m'a fait perdre, en quielle chose, messeigneurs, je vous demande.

9 Faict le jour que dessus, etc.

» Michel Servetus,

» Ed sa cause propre. »

La réfutation des opinions de Servet fut rédigée par Calvin et

* Bans de la Roche, pages 148-149; dans Allwoerdeo, pages 91 et 92, et dans L. Mosheim, page 419.

Page 1