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S18 IKTRODCÇTtOlî À L'HISTiO^R^
. Louis Xiy» détourné de la succea^ion d'E^p^goe <}ui avai^ dioiméi^ mouvement à son règne et dont Toijivertujre paraissait s'éloigner ^ pui$<|ae son jeaiie roi, quoidue toiyours débile^ avait traversé sans succomber Tâge et les crises de l'enfance, coAtioua sa mardie ambi-^ tieuse. Il ne pardonnait pas plus à l'AllenMigae son intervention 4an^ la guerre de Hollande , -qu'il n'avait pardonné à Ja Hollande la sieufiCi dans la guerre de Flandre. £n attendant une (N^a^ion iavorable. de porter ses arnpies et ses ressentiments dans l'empire , occasion qui s'offrit qu'on 16S8 par l'ouverture de la succession palatine , il cout tinua audacieusement à s'agrandir. De 1679 à 1684, des chambr^ de réunion à Metz, à Besançon, à Brisach, se faisant les interprètes uniques des traités, lui adjugèrent tout ce qui lui convint, et le mirent en possession de Strasbourg, de Kehl , de Gourtrai , de Dixmudo, de Luxembourg, etc. La trêve de Rattsbonne, en 1684, calma le courrouj^ de r£urope, qui étendit cependant à Augsbourg ses coalitions avec ses entreprises, et unit contre lui, sil violait de nouveau les traités, l'empereur, le roi d'Espagne, les états généraux de Hollande, les états d'Allemagne, le roi de Suède et le duc de Savoie.
Louis XIV avait perdu successivement tous ses alliés. La campagne de Flandre lui avait enlevé la Hollande; l'invasion de la Hollande lui avait aliéné l'Allemagne; les entreprises de réunion le privèrent dçla Suède* Il ne lui restait plus qu'à perdre l'Angleterre : c'est ce f^u^i riva par la révolution de 1688 , qui fut une des conséquences de la jguerrede J672- Enie^dant le prince d'Orange défenseur de Tindé: pendance hollandaise^ Louis XI Y le prépara à devenir celui du jp^oj testantisipe anglais; il flt du stathouder r^vAiiitif^n|^i|i>^^i||^ l'usurpateur royal de 1688.
L'alliance protestante et française, qui avait duré depuis Hençj IV jusqu'à Mazarin et à Lionne, fut entièrement dissoute. C'est jclao;^ cet état absolu d'abandon , en ayant toute l'Europe contre lui.p^t^^ la fronde ligm de 1689, qui réunit l'empereur, Fempire, rAnglpterre^ la Hollande, l'Espagne, la Savoie^ la Suède, et qui alla au delà dç ^ ligne d'Augsbomg de 1686 , cornue la I<e^e d' Augsbourg avait 4^ passé la grande alliance de 1673 » comme la grande alliance avait dé;^ passé la triple alliance de 1668 , que Louis XIV entreprit la guerre d'AUenaa^ne. s.
. Cette |;uerre dura huit ans« Elle futancore gloriensQ;«lle conse^^ à ta France la rotation de ses armes. Les élèves de Condé et de Tu^
renné, le maréchàl de Laxemboarg et Catinat , gagnèrent, le premier ^nsks Pays-Bas, leâ victoires de Fleuras, de Stdnkerque et deNeer^ wiflde, te second en îtelie, telles de Staffarde ét de la MiarsailTe. l^àm* tille continim à illastrer la marine Française, et Taaban fortifia toujours la France pour les temps de revers. CTétalent les grands hommes qui restaient encore du graud^ècle et décoraîetrt son décllm. .
Maîs^ Loufe XtVne cessa poiirt de vaincre pendant cette guerre, a cessà êe s'agrandir. Le treSté delRyswyck^ne lui fit acquérir aucune possession nouvdle. 11 Ti'obfînt la paix , malgré ses succ^ mîHtaires , qu'en abandonnant ses conquêtes. Il rendit la Lonrarne moins Sarrekmis et LoBgwy ; il renonça à une partie des réunions qtf îl avait opérées dans la période précédente aux dépèns de l'empire. La guerre d'Allemagne , sans être le terme de sa gloire , marqua Tarrét dé sa fortune.
Après la paitdeRyswyck, Louis XlV s'occupa sérieusenaent de la succession d'Espagne, sur le point de devenir vacante. Ctiarles II avait éu teaucoop de peine à traverser les crises de Tenfance. Sa débilité native avait fait discuter de bonne heure sa succession, que Louis XIV et fempereur Léopold s'étaient déjà partagée en Î66î8. Les progrès de l'âge et la séve ordinaire de la jeunesse n'avaient pu ranimer ce corps usé sans aveîr servi. Chartes ÎI était marié deux fois et n'avait pas eu d'enfant. Il avait épousé, après la paix de Nimègue, Marie- Louise, fille du duc d'Orléans et nièce de Louis XIV, qui était morte en 1689 , non sans soupçon d'afvoir été étiàpoîsonnée. Pet "de temps après il avait été marié ii Marie- Anne de Weubourg , tdleHaoBtrr 4t f empereur Léopold. Cette princesse nn grand empire sur son mari, et etle était atfHèrement dévouée àlamaisevi'i'AiAriche.Viemt à Pâge de trente-six ans , Charles II était marqué de tdus les signes précurseurs d'une fin prochaine. Le moment de pourvoir à sa succession étaK arrivé.
connaissance de Bon à peu près désespérée la perspective de sonkéritage ne furmt pas étrangèresi la modération «pie LouisXff montra dans le traite de Ryswyck. Il vc^rit les Bts abandonnés dë là trame qu'il avait si habilemetit ourdie de 1661 h 1668. Mais trente ans s'étaient écoulés entre les négodatlons qu^l avait autrefms entre^ prises touchant la suGoearion d'Espar et ceHes qu'3 allait ^eng^er. La situation de l^rope était diangée. Le nombre des compéftftenrs à cette succeasiott i'étalt accru par ta naîsscoice prince électoral dfe
^80 INTRODUCTION À L'EISTOIRB
Bavière, petit-fils de l'infante Marguerite-Thérèse, sœur de la reine de France Marie-Tliérèse, et n'ayant pas été contrainte eooime elle de ligner un acte de renonciation à la mpnarcjbie espagnole. Les vue$ mêmes de l'empereur Léopold s'étaient mod|fiéès.Lorsqu'ilavaitconclu le traité de partage de 1668, il n'avait point d'enfants, il était en paU avec Louis XIV. Depuis lors il avait eu de l'infante Marguerite- Thérèse une fille nommée Marie-Ântoinette, qui avait épousé en 1685 l'électeur de Bavière , et de la princesse Ëléonore de Neubourg deux fils^ l'archiduc Joseidi et l'archiduc Charles. De longues guerres avaient laissé subsister de profondes inimitiés entre Louis XIV et lui.
Les changements survenus dans la famille et dans les sentiments de l'empereur l'avaient fait changer de système. Il avait cru pouvoir devenir Théritier universel de la monarchie espagnole , et il avait naturellement mieux aimé recevoir celle-ci en entier qu'être réduit vÀ la partager. En 1668 il avait admis l'invalidité des renonciation exigées de Louis XIII et de Louis XIV, puisqu'il avait consenti à àopf^^ à ce dernier prince une part dans l'héritage commun ; loais aloi^il considéra de nouveau les renonciations comme légitimes et ol^^^^toires. Il ne reconnut aucun droit à Louis XIV du chef d'Anne d,';^ptriche, et au dauphin du chef de Marie-Thérèse. Il compta qu'ijij^rait secondé dans ses prétentions absolues par les défiances q^e J' ^;;q{^ nourrissait contre Louis XIV. Toutes les anciennes alliances monarque rompues, la vieille amitié de la Hollande changée en haine, la ligu&du Bhin depuis longtemps dissoute, l'Allemagne unie à l'Autriche par jalousie et par crainte de la France, les Nassau sur Ic^trô^e d'Angleterre au lieu des Stuarts , la Suède engagée dans les aSi^dres duNord^ enfin l'isolement de Louis XIV, qui exerçait en 1668!jgi^jfi prodigieux ascendant sur l'Europe , avaient contribué h jeter J{^'^pereur dans d'autres voies et à donner un autre tour à ses intérèt^t^i^e prince avait fait plus encore: il avait étendu à sa propre fille. I,e ^^tème des renonciations dans lequel il était rentré. Il l'avait oJ)iisf^Q^ , en la mariant à l'électeur de Bavière, de répudier d'avance ).a supç^êssion d'Espagne. De cette manière toutes les femmes qui desçep^ient de Philippe IV ayant à ses yeux perdu leurs droits, il fallait xemo^tçr À celles qui descendaient de Philippe III, et Anne d'AutricKê, mère de Louis XIV, ayant abandonné les siens, tandis que Marij^- Anne, sa propre mère , lui avait transmis ceux qu'elle avait consçryéSf il se croyait l'héritier unique et légitime de Charles II. II avait
TfE LA ^CESSION d'ëSIPAGNB. lâi
le projet de donner cet héritage à son second fils, Farchiduc Charles;
Le roi dTspagne n'avait pas pensé de même: n'^accordant ^as à la eour de Vienne le pouvoir d'imposer des renonciations qui n'avaient pas été exigées par Isi côur de Madrid, il regardait commfe nul racte arraché à rélectrice Marie-Antoinette, et il adoptait le prince électoral de Bavière pour son héritier. Il avait donc fait en ^sa faveur un testament qu'il avait déposé ent^e les mains du cardinâl ^^brtocarrero, archevêque de Tolède et primat du royaume.
Mais Temp^reur» qui savait el pouvait tout à Madrid, avait vaincu par sesr Pi^c^rèWiaf^^ f&&iim«i*aJJlîï »Waît fâ^ révoquer le témoignage mystérieux qu'il en avait donné : le testament avait été déchiré. Après avoir fait déshériter le prîiice^leçtoral de JSàvïêVe^ gouveirhitt'Cfelii^f^M^i^âr^^ cour
y^jMfâfàrhi par son ambassadeur le comte de Harri^, qWi'l)(!i:ftl^j|t la Catalogne par une garnison allemande placée sous les ordres du prince de Hesse-Darmstadt, demandait avec instance que l'archiduc Charles fût appelé en Espagne comnae héritier présomptif dè felèbéronne. Charles II, fatigué de ses exigences et révolté dë^àei wifôfltions, résistait, mais il pouvait être de nouveau vaincu. ^" -î*»'»'^*
Dans une pareille situation, Louis XIV, dont l'ambassadeur, te marquis dUarcourt » resta trois mois à Madrid , après la paix de Ryswyct, sans être admis à Taudiencê de Charles II, ne dut s'adresser cette fois, pour régler la succession d'Espagne, ni à la cour de Madrid, ni au cabinet de Vienne. Il ne pouvait rien espérer de Charles II, qui penchait secrètement pour la Bavière. Il pouvait encore moins compter sur l'empereur, qui convoitait toutè la monarchie espagnole pour son second fils et qui la croyait déjà acquise à sa maison. Si Charles II était libre, il choisissait pour lui succéder son neveu te prince électoral ; s'il cédait à la violence, il désignait son cousin l'archidûc Charles. Aucun de ces arrangements ne convenait à Louis XIV, qui ne voulait pas plus renoncer à ses droits en faveur de la Bavière qu'en faveur de l'Autriche.
N'espérant pas tout l'héritage, il travailla à se ménager Tacquîsitioh d'une partie. Il s'adressa aux puissances mêmes qui avaient été les ennemies les plus persévérantes dé sa grandeur, à la Hollande et à l'Angleterre, animées alors du même esprit et dirigées par le même homme. Guillaume III les avait placées à la tête des coalitions formées pour contenir Louis XIV, et pour empêcher la ruine de l'é-
ïe(9^ r#i«»d4qttàtiW totaiité les ai me»à )d BWft, ^<|(i'iUai,œu»r jK»ii lot da^ la «wc^^^ egpagooia^^de peur q^'il me^m^ 9h ti«kiMiiMi^Si^Qâ»»'|li^f6€w Sn effQt».6!iiftlliao«ieIit
|a OKHiM'clMe ^ipagpole ^far% l/ss^ troi» eoppëttteuff» ipû; se laismiei«lr disputée afifèsJa ^Ghmks Ih i
l^e Qctotoe im»^ tiailé de partagi^ signé àXaJb^ iPi^ les fléofpût^Qtiftî^ de la Qi^nde^Btet^ne, das JPr4^iiMm4Jdi^^4t Loa^ XIYt rép^t^iôasi qu'il suit le» Ètate de Glmrl^K : fe^^Tiim étectjpKul de Sexî^erâi^it awiir VËspagBe, Ie& lodesi^ las Viiphi»M b SardiaigDe ; todaBptiia de Fiance^ le^ royaume 4et jKtplea» aeb»td« SûyUei te» porta appa^tt^aiept aiis. £t|p9^1s «uf ta £iôt0<to3ki9- ^ane, le mai^ui^ de Final et le Cîutpuseoa *^ KaichUiiefitaii^^ia Milanais. Ce traité de partage ne convint pas à la aiH^é» Vâ9W0,^it péeonteata aa dernier point, oelie d'Espag^^ dont Vt bleawt Tofpieil ^démeml^cait lea l^ts. A peine Charles U efteutril eonuaitetooe^q^ revint à la résolutîoii qm lui avait fait almndaniier le parti aiMrt<jy[i^ U instituft» piarf un tASIament nouyeau, le privée ^^(^al4e Baiaère pour son tiédti^ umversek IL espéra eonm^^r, Vialàsntkée lmvmi^ aarclHe en. b coofiaut à un prio^ce qui n'alacioera^t pmmm q«i réwimit le imi de la nature au droit testacneutaîre.
Mais cet héritier^ que la prévoyance de TËurope désigna pooc^po^ séder la flm grande partie des Ètatsi espagooisr et «iquçl la ac4UcMude èd Charles II les réserva tous, n'en profita poiat. E inonrut- tet^ifé* vrier 1699. La pronaptitude et l'opportunité de sa Hftort laflfepij*trSîuer à la oiaison d'Autriche, à qui elle paraiss^t devcÂr ^ee:*\tfi!e. Quoi qu'il en soit, il &llait un nouvel arrangement co^mhiaèdeS'i&ilrope, un testament nouveau souscrit par Charles^ II. ou-uî
Louis XIV, Guillaume III et le grand pensionnaire Hein^i^iîiqw avaient conclu le premier traité de partage, en négoaèr^MU SQQoaktdU Beux. piusiances* seulement restaient intéressées dans la.sucç^on é'Espagne, la France et l'Autriche. Le second traité dq .piirli^, sigt^ [à Londres le 25 mars 1700, divisa cette succes^ionf^reiOllâ», eu donnant l'Espagne, les Indes, les Pays*-Bas, la Sardaigne, à l'archiduc Charles, et en ajoutant au lot précédemment accordé au dauphin les duchés de Lorraine et de Bar. £n échange de m
jgemènt nlatugmentîBffl pas tes dynasties firant^iëiès, ma^ il éfètiddit fei pessessiéns êd ta Fimce. ^ les ^js-Be» ii^èlàris»}t pos amieii^fe il couroime eenime en lf6ê», el ^étaient péfnl éeslmés àeottiplêf^ vers ïe nof* ta frmitîèr^MttenaSe, loôîs XIV aeq^iénlt te Lmralïie tttt autre poM presque aussî ootert^ quH étstft aussi néeesiatre 4ie f^er. It md^ élé possible «T^bteid^ Iss Paj^Sâs, eti êt i^empereur Léopold, qui se montrait îndMBlràtil è rexteosîra «te ta Frahee do eôlé dë la'l^rffadde; mais ceimmiit les demander à ta Hollande et à r Angteterre, qui avaient fait une tangue gterre po^eflipèeher (iue ta Rrance ne s*agrandlt vers leurs frewt^es ou sur KOséan? Aitssî Louis XIV n*y songea-t4l point. Mais le traité de 1700 radi^tait cet îÂeôtitèstaMe désavantage sur cdni de tdêS^ en ptaçant ntk privée isolé (tans le MitaTOis et e» donnant à deux; princes Afférente de ta métoe n^aisoft les nHHiar<^ies d^ESpa^se iet d'Auti^tie, que celui tâe accordait à un seul.
t E^is XiV négocia auprès de tous tes États de l'Ei^ope pour les faire aceêder au second traité de partage. Le duc éa SaVoies')i^iibus^ «diès droits surla succession espagnol^ il lui oSrit letoyaume de Naptes m échange du comté de Nice et du duché de Savoie. Si 4S«lle néfp^ station a\^t réussi comme son début portait à le cmii^ et si te Iraifé ^ait été religieusement exécuté par Louis XIV, ta France eût dès iors obtenu sa frontière des Alpes et se avancée vers sa frontière 4unord« *
^ Mais il s'agissait surtout de faire accepter à Tempereur son h^, et à Charles II le traité de partage. On m devait pas Pespérer et Ion ne put pas y parvenir.
L'empereur, qui, depuis la dernière guerre, avait coffôhiéré ta Hot^ taîkdeet TAngleterre comme ses alliées, fut extrèmmeat iirilé dès négociations secrètes engagées avec Louis XIV pour dii^pieser souve- #aiB€iment^'une succession è taquelle il se croyait un droit esetasif, e^^ue ces puissances lui avaient garantie par farticte secret à& t^té ^u 2 mai 1^9 ^ . Ce procédé lui parut une sortede trabtsoD'. AuCffât pardépitque dahs l'espoir d'obtenir une meilleuve part, il ^adressa à Louis XIV luiknéme. Il lui fit proposer par te marquis de Viltars,
f 'Du Mont, Corps diplomatique, Amsterdam et La Haye, 1726-1731^ in-fol.,