‹ Notices et mémoires, Volume 2Chapitre 23 sur 27 · tome tn, partie 2, page · texte numérisé non relu

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324 INTROBUCnp^ A L'HISTOIRB;

lunbassadeur de ce pripce à Vieone» et par le comte de Sinzendorf, soa. propre ambassadeur à Paris, de ratiQer ostensiblement le traité de^ partage de mars 1700, à condition qu'ils en feraient un autre trèsr secret par lequel le Milanais serait assuré à la maison d'Autriche^ quiV en retour, céderait à la France toutes les Indes et même les Pays-Bas^ La cour de Vienne voulait absolument le Milanais, qui lui avait été accordé par le traité de 1668, et elle était disposée aux plus grande concessioB^ pour l'acquérir. .: ri

^Mais Louis XIV craignit que ces offres, dont la sincérité était trèsr, probable,, n'eussent pour objet de le compromettre vis-à-vis de rÀn7 gleterre et de la Hollande, dont la prenaièrç n'entendait point qu'il PQSsédAt les Indes, «t la seconde qu'il acquit les Pajs-Bas<^ En les, captant 11 se fût exposé à une guerre certaineavec. ces deux puissan^j taqdis qu'en observant d'une manière religieuse les coadUioi)S,du.jpf}f74 tage, il s'assurait de leur concours pour forcer L'Autriche à l'ei^éciil^Ql^^ du traité* Il croyait pouvoir compter d'autant plus sur Ipur t)oyne foi, que par cet acte elles s'étaient entièrement compromises vi&-à|^vi^ de l'empereur. Louis XIV refusa donc d'entrer en négociation avec Léopold, et fit signifier à ce prince que s'il voulait obtenir quel[{L(^ changement au traité de partage, il fallait que les troi3 puissa^q^ signataires du traité y concourussent. Il espéra que son refus pér€^D||-, toire de négocier directement et secrètement intimiderait la coui; d^, Vienne et l'obligerait d'accepter le partage conclu par l'accord commjaiîu de la France, de l'Angleterre et delà Hollande- Cet espoir fut trpnpi^jj^, Trois mois avaient été accordés à l'empereur pour prendre une, d^^ sion. Ce prince, voyant qu'il ne pouvait engager Louis XIV à tc^Ugri seul avec lui, déclara, à l'expiration de ce terme, qu'il refusait d'adherj^f^ au traité qu'on lui proposait. Il aima mieux et avec raisop couçir^j^ chances de l'avenir. ^i^n&iT Quant à Charles II, il avait appris ce nouvel attentat contrf^^^s^^ çeission avec autant de douleur et d'indignation qu'il pouvait en^ m](^e|| dans son àme sans force. Il espéra empêcher ce second partag^.p^fj^ second testament, et éviter le démembrement de sa monarchie ,e^^.8^ transmettant à un successeur unique. Mais quel princ|s désigpe.r pc^jijr, être ce successeur? Le prendrait-il dans la maison d'Autriche commj^ l'y portait sa tendresse? Le choisirait-il dans la maison de Franoa ^omme le lui conseillait la politique? Il éprouvait une cruelle perplexité. S'il préférait un prince autrichien, il exposait la monarchie

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DE LA SUCCESSION D'eSPAGNB.

espagnole à être démembrée ; s'il préférait un prince français, il déshéritait sa propre maison. Placé entre la voix du sang et l'intérêt de son pays, il était obligé de sacrifier son peuple à sa famille ou sa famille à son peuple.

Il hésita quelque temps, mais il se décida enfin pour la résolution la plus nationale. Il y fut poussé par le parti espagnol, à la tête duquel était le cardinal Portocarrero. Ce parti ne voulait pas la division de la monarchie, qui l'aurait profondément humilié, et qui de plus l'aurait privé de ces vice-royautés considérables et de ces nombreux cb#seils de Flandre, des Indes, d'Italie, qui seuls entretenaient encore la grandeur et ràctivité de la noblesse espagnole. Il détestait les Autricbfens, parce quils étaient depuis longtèmps en Espagne. Il aimait les Français, parce qu^ls n'y étaient pas encore. Les uns avaient eu le temps de lassèr par leur domination, tandis que les autres avaient été serVis par leur éloignement même.

A' ces sentiments de haine ou de sympathie, qui jouèrent plus tard un si grand rôle dans la guerre de la succession, se joignaient un attachement réel à la loi fondamentale et l'opinion arrêtée que la France seule serait en état de défendre l'intégrité de la monarchie. £à France, en effet, était voisine de toutes ses possessions, tandis que l'Ànitriche en était éloignée ; elle pouvait pénétrer , par sa frontière dir nord, dans les Pays-Bas ; par sa frontfère du sud, dans la péninsule ; par sa frontière de l'est, dans le Milanais, et se rendre, par ses côtes, dansle royaume des Deux-Siciles et dans lés Indés. Seule contre l'Europe' entière pendant huit ans, elle l'avait vaincue, tandis que l'Autriche, réunie à toute l'Europe contre la France, n'était pas parvenue à fëntamer. Le parti espagnol pensait dès lors que si la monarchie était donnée à l'Autriche, celle-ci ne pourrait pas empêcher la France de l'envahir et de s'en approprier une partie, et que l'unique moyen d'en sauver l'intégrité était de la placer sous la protection de la France. Mais, afin de pourvoir à la fois à l'indépendance de l'Espagne et & la sécurité du continent, il voulait que les deux couronnes, quoique portées dans la même maison, ne fussent jamais placées sur une seulètête. C'était conserver l'acte de renonciation dans son esprit en le détruisant dans sa forme, puisque cet acte n'avait eu pour but réel que la séparation des deux États.

Charles II sentant approcher sa fin, excité par le cardinal Portocarrero ^ ayant tour à tour consulté le conseil d'État, le conseil de

jmTAQBiJGri^tf A L'HiSTOiftE

fiaririHe» lef prmeipaux membres clu ctergé le pape, c^î^e pfofioa* cèreot tou^ dans le même sens^ à Tinsu <te lacour de France, qui n'y «QQtdbua m ps^ ses démarches ni par ses désirs, il signa, le 2 octobre 1700, cinq mois et demi après le second traité de partage, le fameux testao^t par lequel il io^itnait te duc d'Anjou , deuxième Sis du dauphin, son héritier umversel. A défaut du due df Anjou, il appelait au trdne d'Espagne le duc de Berri; à défaut du duc de Berri , Tarcbiduc Charles, et à défaut de Tarchiduc Charles > te duc da Savoie. )jîpgt-bttit jours après il mourut.

Le testainent fut accueilli en Ësps^ne par «ne approbation uni* yei[selle ; mais on n'y était pas sans inquiétude sur la déci^ten que prendait labour de France. On ne savait pas si Louis XIV aeee^rterait toute la monarchie, pour son petit-âls ou s'il s'en tiendrait auSs provinces qjue le traité départage en avait déti^hées pour les léueir à sa couronne. Ce prince avait eu connaissance projet 4» tesia^aent par le cardinal Janson qui en avait été instruit à Rome, et- par ies confidences soucieuses que les principaux Ëspi^nols avaieiit adressé à M. daBlécourt, son chargé d'affaires à Madfid, en rabs€@«$ du marquis d'Harcourt. Celui-ci, redoutant l'effet da second im^ de partage, s'était prudemment retiré de Madrid, et quehpas.moisi^cès il avait été envoyé à Bajonne , où il attendait , k la t^ d'im <i9rps d'armée, l'ouverture de te succession d'Espagne, Quoique Louis Xi V connût le fond da testamenti dont il ignorait toutefois les substifia-lions, il était disposéàesiécuter le traité départage. Sesarméefi-étai^t préparées^et U avait demandé aux états de BMIande et aaroi d'iAngleterre le secours en vaisseaux et en soldats (lui pouvait lui ètra nèçessaire pour se mettre en posse^ion de son lot. Les^Hoilandaîs kii avaient promis douze vaisseaux et les Anglais quinze. dtsuK pidssauces en effectuaient l'armement avec sincérité , mais en te réglant sur la santé lentement défaillante de Charles II , et eUes assvaramit l^ouis XIV que leurs troupes étaient prêtes.

Telle était la situation des choses et des esprits lorsque te testament de Charles II arriva^ te 9 novembre,, à Foi^inebteau, où se trmvaît dans ce moment la cour de France. ' Louis SIV assembla m conseil pour discuter ce qu'il fallait faire. Quatre personnes seutememt j n^ sistèrent avec lui : le dauphin commue père du duc d'Anjou , le duc de Beauvilliers, président du conseil des finances et gouverneur des enfants de France; le marquis de Torcy, ministre des affaires étr^n-

HE Là ^€ctsaw<m ©^b^^a^we. ^

gères , eh te dmmîelier Bo^barkaiit * . Il sTiagissait de prendre la pluft grande téaoluiiort du siècle. Lwte XIV avait à ehofeir entre une .couronne pwr son petH*fiteaa on agrandifflement pour ses États, -entre rexleoâan de son système au delà des Pyrénées et des Alpes, par rétaUififiem^t d'une bra^e de sa maison en Espagne et en Italie, «t Que e^itension de sa propre puissance ; entre Fhonneur de la royauté et Tavantage de son royaume; entre sa famille et la France, Les 4eux résolutions pouvaient amener la guerre, mais>, dans un cas, courte et d'un succès infaillible; dansTautre, d'une durée et, d^une issue également incertaines.

Torey, qui prit le premier la parole, se prononça pour racceptation du testani€»t.' Il ne dissimula point les inconvénients et les dangers de cette réaohiti^. Il dit que le roi: serait accusé de violer «a parole; qu'il s'exposait à mie guerre inévitable; que les princes voisins nfi^ souffriraient pi^qn'il donnât tranquillement des lois, sous le nom de son peitt-*fil9, aux vastes États soumis à la couronne d'BiSr {>agne dans Taneien et le nouveau monde ; que ses peuple respiraient à p^ne depuis la paix de Ryswy ck et qu'ils n'avaient pas encore rép«ré r^isement des guerres précédentes. Mais il dit, d'un aotre eâté« qu'on n'avût pas à se décider entre la guerre et la paix , entre la |ie$auté du duc d'Anjou et les provinces attribuées à la Séance, mais «ntre la guerre et la guerre, la totalité de la monarcbie ^pagnoie ou rien ; qne le testament substituait la mateon d'Autriche à la maisen de France, sieellCM^^e rejetait; qu'on ne serait pas^en^droil de re« ifendiquer une partie de la succession locsqn'oo l'aurait refui^e da^g sa totalité ; qu'il faudrait la conquérir sur les Antriebiens^ qui en deviendraïait les^ possesseurs légitimes , aidés par les Ë^^nol» qu'en btesserait profondément, qu'on aliénerait à jaqiais^ et qui défendraient «v^ mà&êx l'intégrité do leur monarchie ; qu'on sersùt mollement secondé par les Anglais et les Hollandais, et peut-être abandonné par eyix ; qu'on placerait de nouveau un prince autricl»eo sur les Pyrénées^ et qu'à faire la guerre il valait mieux l'entreprendre pour élever et flmnteniv le duc d'Anjou sur le trdne des Espagnes.

Le duc de BeauvilUers émit un avis contraire : il se déclara pour le partage et contre le testament. L'acceptation du testament lui parut être la guerre avec toute l'Europe, et la guerre avec toute l'Europe

» Mémoires de Torcy, colleçt» Pelilot, tome LXVII, page 95,

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la ruinede la France. Le chancelier Pontchartrain résuma les opinions différentes sans oser en embrasser aucune. Le dauphin, poussé par l'amour paternel et sensible à la gloire d'être Ois et père de roi, parla .sans hésitation en faveur du testament. Louis XIV» longtemps silen^ cieux, décida. Sa décision, qui renfermait tant de revers pour lui el de si longues agitations pour l'Europe, resta trois jours secrète. Il la prit avec cette grandeur cakne (jui lui était naturelle* Il Taimouça en ces termes au duc d*Anjoa , en présence du marquis GMteldos Hios, ambassadeur d'Espagne: «Monsieur, le roi4'Esp8gnô voils a » fait roi. Les grands vous demandent, les peuples vous soâlnitent, M et moi j'y consens. Songez seulem«it que vous ètei prmce de » France ' . » Il le présenta ensuite à sa cour, en disant : « Atodeors, » voilà le roi d'Espagne *• » Tout était décidé.

Cette résolution excitaFenthousiasme desEspagnols.UsnocueiHHrenl comme le sauveur de leur monarchie Philippe V, qui sesépafa^de^ir aïeul le 4 décembre et fit son entrée solennelle à Madrkl le 2t afril, au milieu des acclamations populaires. Mais le reste 4e rEurope n'apprit pas cet événement sans surprise et sans effroi. L'Aogleteffre,^ Ja Hollande et la plupart des autres États ne virent aucune diSétenee entre la domination du duc d'Anjou et celle de Louis XIV. Quotqte ces deux dominations fussent distinctes, l'intérêt de famille leur parut devoir confondre la politique des deux pays. Louis XIY, dont lajmissance était déjà si redoutable, l'ambition si immodérée, les prc^cédés si hautains; qui avait perdu la confiance des États protestants par ta révocation de l'édit de Nantes, et l'amitié de l'emiûrepar la gtiene d'Allemagne, prépara le soulèvement entier de l'Europe eootre bii > par l'acceptation du testament. Il violait non-seulement son traité avec l'Angleterre et la Hollande, mais encore les paroles données à tous les princes dont il avait vivement sollicité l'adhésion ^(ce traité. îv;^/

Il essaya de justifier le parti qu'il prenait. Il le présenta^«<HinBer; un acte de nécessité, comme un moyen plus sûr que le traité de ^ tage de conserver la paix du monde, comme un sacrifice de l'jntéttèt * de la France fait au repos universel. Il dit aux deux puissanm^i^

* Mémoires de Lamlerty, La Haye, 1731, in-4o, tome I, page 23», ,< ^

* Journal de Dangeau, tome XVII, in-folio, page 627 ; manusç, 4es arçbiveftites iffaires étrangères.

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