‹ Notices et mémoires, Volume 2Chapitre 24 sur 27 · DE LA SUCCESSION D*ESPAGNE · texte numérisé non relu

DE LA SUCCESSION D*ESPAGNE

devaient être le plus blessées de sa résolution ^ à TAngleterre et à la république des Provinces-Unies :

« L'état des affaires est entièrement changé par le testament du » roi d'Espagne. Si les princes de France refusent la couronne après » que le roi catholique a rendu justice à M. le dauphin en appelant » les princes ses fils, les sujets de cette monarchie se feront un devoir 1» d'obéir à l'arciiiduc et de reconnaître en sa personne les dispositions » du roi leur mattre« Tous lui éënntt' ^à&fftiÉes qu'ils Font été, » depuis'Uii si grand nombre d'années, au précédent roi d'Espagne, » IlfaiHira conquérir non-seulement des places, mais des États, des » royaumes entiers, pour exécititf^ traité, entreprendre une guerre » longue et difficile contre la monarchie d'Espagne réunie dai|s)^i||e8^ » ses parties , soutenue par des alliés intéressés à maintenir le tcsta- » menty'soumise à un roi qu'elle regardera comme légitime, les pre- » miérs 'héritiers ayant renoncé à leu!^ d^Bils^ 'Hën^p^est plus opposé! » 'Cr Fesprit'du traité de partage, rien de plus contraire à cette heui^ reusé tranquillité, que le roi s'est proposé de maintenir conjointe- » meil'avec ses alliés. ^îî:^ i/^-a^v »/--nt)i-j/M

» Lok^que sa majesté accepte le testament, les monarchies de » France et d'Espagne demeurent séparées comme elles Font été de- » imis tant d'années. Cette balance égale, désirée de Cotise l'Europe, » subsiste bien mieux que si la France s'agrandissait par Tacquisition. » des frontières de l'Espagne, par celle de la Lorraine,, par qe!!^^^^*^ » du Toyiautne de Naples et de Sicile.

» Sa-majeàté est persuadée qu'elle donne uné preuve éclatante de » sa medération en renonçant aux grands avantages que sa couronne » recevait d'un pareil traité , et que la résolution qu'elle prend de » "oonseilrer la monarchie d'Espagne dans son ancien lustre est en- » copc plus conforme à l'intérêt général de toute TEurope ' ,

L'Angleterre et la Hollande ne crurent pas que le testament fût un acte ^btàné de la volonté mourante de Charles II, mais le fruit d'une? longue fourberie de Louis XIY. Elles n'admirent point que l'équt^bre^ de l'Europe fût conservé par la réunion de tous les États espafnots^r la tète d'un prince de France. Loin d'ajouter foi aux

• Mémoire remis par m. dcTorcy à l'ambassadeur d'Angleterre, le 12 décembre i*m. Correspondance d'Angleterre; yoh CLXXXVII, aux archives des affaires étrangères.

.promesses piaiâfitîieâ^que fobaitfLQ!iiis,X£V^ lites.^sppioaèfeQt^u'iivSe servirait de raccroissement de sa pmssai^e^ pour céftiisef $m aaei^^ rdessetfls. Ëltes emrent (^H im^dàt Déiioic le Pearta^ à rEspa§ne, faire remonter les Stuarts sur le trône d'Angleterre, rattacher jwc .Payft'Bas espaguote la république des Provlnc^Uniea, ou toub au moins outrir TEseaut^ cpii était fermé par les traités ^ et transporti»' À Anvers le commerce d'Amsterdam. Elles craigoiseut de plus ta ràmioii fleure des deux monaficbtes sur la mém^ tète. Cc^udiMitt ^DS recomiaitr^^ encore la nouveau roi d'Espagne » eUea ne se décl»itkmA pas contre lui. L'emperei»r seul rejeta le testatt^, et s^pré- 4)ara à la goa^ pour conciuériir la successîon^ d'Eq^pe oii pour k ^membrer. . ,

La paix de i^Europe dépendait de Angleterre de la ttaHando. Ces deux puissances donnèreot à Louis XiY les ménKis iâsurit06esip%cifiques qu'elles^ avaient reçues de loi^ Ëll^ éprouvaient die l!y$itèr tion à s'engager dans une guerre dovà tes ^ites étaieitf im^c^ktU^i. •Louis XIY amnt dû cultiver ces dispositions : il ne te fit poMt. Jueûi 4e là, il augmenta les défiances et l'irritation de la^HoUanierCijb dis l'Angteterre parde fausse» mesures^ è'mcroyables maladf essfis et^es fautes capitales*. - ;

La premîke de ces fautes fut de recimnaitte àRiiUppe Y Abs demis mi trâoe de Fiance. Par des lettres patentes, donnto endéeffinbi^ 170O, il Ini consma so& rang eiïtre le- due de Bcmci^^ae^ te^u^ 4e Berri, et au moment où il allait prendre po6sesno!ii<¥<ui!e.«6iireimô, il htt offrit la ptsspeetijire d/une autfe. Dans^ ces lettres patentes il semblait par des pardes prophét^uesdler i^devanidese^^Mlbaunà^ c< Les jugemenis de la ]^^id)snoe qm nom a eoaàlè det pnospéiîtéB ^ pendant le course de notée sègne, dtseit-il^ sont ioipâaétiabtestp ite » nous fofissent s^lmeni voiiî que nous ne devon» étobUr mArô con^ % fiance ni da^i» nos forces ni dans l'étendue de nos États ,4 ni ûkds ^ une nombreuse postérité , et que ces Avantages que M^sir^edoip » umipiement de sa bonté u'ont de solidité queeellô <p'it Ma^att

(te leur donmt ^ » La mesure qCi'il prit par une fau^e^tendcasue et un orgueil royal outré n'était pa» propre à prévenit? eea nMttiûitr&» Il annulait une clause fondamentale du testament de Charles ILqû

' Lettres patentes de Louis XIV pour conserver à Philippe V ses droits évenliiels à la couronne de France. Mémoires de Lamberty, tome I, page 388.

resdffl^tplas tard possible la^cdafustan ^deu^ iaonàrcfak!^ ce prince^ avait voûlu rendre la séparalhm perpétuelle. Il attentait ainsi dans Tavenir à nodépendanee de ^Espagne et à k sécurité de VEà^ tape.

L'Angleterre et ta Hollande, que l'empereur pressait de se déclarer, w préparèrent encore plus activement à la guerre sans y être cepon* dant encore décidées. Les états généraux recrutèrent leurs troupes, remplirent leurs magasins, réparèrent leurs fortifications 4 mpemitèrent le nombre de leurs vaiisseaux et travmllèrent à étendre leuss alliances. Louis XIY fit h même those àe son côté. Cette d^anœ réciproque qui conduisait éss deux part» à un armement considérddle, poussa Louis XIY à une nouvelle mesure qui rendit la guerre [dusdtf* fi^le encore à éviter. Depuis le traité de Ryswyck tes Hollandais fuient la garde des Pays-Bas, que ks Espagnols ne pouvaient plus défendre eu^^mémes et qui teuc servaient de barrière contre te Fmnee. Ih tenaient garnison dans une ligne de places qui formaient <Mte biffrière^ Louis» XIY,. voyant ^'ils n'avaient pas reconnu sm fettt-ils et qu'ils armaient, crut imprudent de les laisser ainsi mattres des Pays-Bas. Ën cas de guearre» ils les auraient po^édés sans avoir kesoin de les conquérir. Loutô XIV fit entrer à Tiroproviste et le même jour des troupes françaises dans toutes les viUes ou les^ Hcrilandais avaient garnison. Les HoHandais^ évacuèrent les, Pays-Bas, et virent dans cette mesure uniquement dirigée contre l'hostilité présumée de leurs intentions, une nouvelle preuve du manque de foi et de Tambitiim.de Louis XIV. Il avait violé le traité de partage par raceeptation du testament ; le testament, par les. lettres patentes ; il violait mainteianty par l'introduction de ses troupes dans les Pays-Bas^ les enga- ^ments de Ryswyck et les promesses qu^U avait faites deJes observer.

On était bien près de rompre; cependant d^es négociatiens s'ouvritent à La Haye entre les députés des états généraux, Fenvoyé^ an- Stanhope et le comte d'Âvaux, pour essayer de rafferiair lapaiit chancelante. Les Hollandais et lé Anglais reconnure^ Pbilippe Y ^awrintérét de leur commerce, mais ilsdemandèreuitque les troupe françaises sortissent immédiatement des Pays-Bas; que les Hollandais fussent remis gb possession des places de la barrièr^^ et que les Anglais pussent tenir garnison dans Nieuport et dans Ostende. Louis XIY rejjBta ces demandes,, sans les discuter, ave^, une hauteur silencieuse. H se contenta de flaire offrir par le comte d'ÂyausL le rétablissement par et simple du traité de Ryswycki et il attendit.

332 INTRODUCTION A L*HlSTOmE

Pendant qu'il attendait, en nouant, il est vrai, des alliances avec^ le roi dé Portugal, le duc de Savoie, l'électeur de Bavière, celui de ; Cologne, l'évèque de Munster, le duc de Mantoué et le roi de Pologne^ électeur de Saxe, ses adversaires s'unissaient étroitement à l'empereur Léopold, et devinrent plus exigeants par suite de ses refus et de \eùV ligue. Ils conclurent, le 7 septembre, avec Léopold, un traité danSj' lequel ils convinrent de demander par des négociations ou de con-^ quérir par les armés, outre la barrière pour les Hollandais, le Milanais, le royaume des Deux-Siciles et les Pays-Bas pour rempéré^rL| Aux garanties de défense en faveur des Provinces-Unies, aux mçyens de débarquement et de surveillance en faveur de l'Angleterjre, ^ut[ avaient été précédemment exigés, s'ajoutaient alors des tlèdonàmaV, gements en faveur de l'Autriche. On ne voulait plus seulenâpAl pourvoir à la sécurité de la Hollande, mais aux exigences de Tempeypr^ se défendre contre la France, mais démembrer l'Espagne. ^

Ces conditions, qui prévalurent plus tard à la paix d'Utrêcm|^ 'devaient encore moins être acceptées que les précédentes par Louis Ce prince refusa même d'entrer en négociation avec l'empereiir.TfiJ accompagna ce refus d'une démarche qui rattacha la nation anglaisiej^ à la ligue que Guillaume III avait déjà conclue. Jacques II moûrui le 18 septembre 1701 à Saint-Germain, et Louis XIV réconnïï^? comme roi d'Angleterre le fils de ce roi dépossédé. Le peuple angiai|^ vit un attentat à ses droits dans cette imprudence royale, et il enjfria, avec passion dans une guerre dirigée contre un étranger qui préteiidait lui imposer un maître. Cette dernière faute les couronna tputes. La guerre éclata : elle devait être longue, universelle, acharnée." [''^^ Quelle était dans ce moment critique la situation de la France fïe^ grand siècle venait de finir. Il n'était pas seulement fini danslé t^é^s? il l'était dans son esprit, dans sa fortune, dans ses grands Wifûmës.

Ceux-ci étaient lentement passés, emportant avec eux le gl^àle'il'^ force des générations remuées par le besoin d'indépendance et^à/f ic-' tion des guerres civiles. Pascal, Molière, Corneille, La ^F^BëîffîiW^'* Racine, ces brillantes lumières avaient successivement dîspâîù;.,tfQS^^ suet, Bourdaloue, Boîleau,Malebranche, Fénelon, avaient cessé^ leurs travaux, bien que la mort n'eût pas encore mis fin k leur existence. Un boulet perdu avait enlevé dans Turenoe la plus beUe jateiii§e«e& qui eût paru sur les champs de bataille. Le grand Condé^ înfid^ à fe^ mort qui paraissait lui être réservée dans les combats, êtstit H%iiti ép^

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