‹ Notices et mémoires, Volume 2Chapitre 4 sur 27 · II. S · texte numérisé non relu

II. S

?â LA GERMANIE

lés àtôHs d'ufte église, de tuer un évëque, un prêtre ou an diacre, let itième dé rôtnp^e le jeûne du earéme. La mort fut aussi infligée à ^nx 4iit s^iflètént des hdthihes ént idoles, à eeuk qui refusaient le ba|$téâ)ë pour réèter pâïens, è cé\xt qui biràlaient lés morts au lieu de fes enterrer, à ceux qui «enspireràient |H9uf les (Aïenl contre lesdtrétteiiS» ^ eoiitre lé roi.

Il èiiidatonÀ à une àtiileiHle de (^ént, de soiSLaiib m de trente issUdi te'Sarxoti, noblé^ libre ttù feOlon, qui ne féràit j^aâ baptiser Ses enfants ttens l'arthée qui sûitMl leur naissanee; à soixante, trente ou quinze ^Mi, celdi dé Tlîne de cës trois cladséd qui contrâctehiit mariage aux ^iegtéà prohibât à la ihème amende ceux qui feraiéîit des oflfrahdes aux fontaines ou aux arbres. Il leur ordonna d'être souMts aux ^éomtes, de se prtstetiter à leurs plàids, et de ne pas se réunir en assemblées publiques, * Woihs que son ihisàus rté les y appélÀt dte«a î^art*.

teîs fulrenl les TAd^éris êfiit^loyés par C3iàrieittî*ghe pout opérer la transformatteti dû plàys quil venait èe cbnquérfr. Saxons rte de- Vneurèrent cë'^endant pàs constànàn^eht soumis. Cfeux de Touest, ou *Bs WestphiBiMtens, éteîéttt plus rapprochés du Rhin et dès lors de ïà puissance et dè ta d^Hfsâtloh des FrAtics, restèrent fidèles après que leûVs cheft Wïtîkifid él Âbboin durent sincèrement dépesé les armes ^ éhibrtiSsé ^e chf îSliàiHstnre. Ib serviïiéht mètiie Ghariemagne dans %es expédPtiofts cohtrè tes ï)euirfes dé rèfce^lave ou tartere i^ui étaient tttt delà vmié 'et d* DWitibe. MàlS les «èiohs dé Test , et ceux %ifi*toùtV^éMîeht«i M>M dè l'Elbe^ slhsurg^t encofe, en 792 ^, -lo^sqàe Chftffemagne riflfrcfcà contté ?eS fltatii ou Avares, qui occufafeftt àu déSaifc IMin^fee, et ^ur te feôui^ îttf^ielir de cè fleuve , le mé pyys "èm W^M ^oht cotTai^rîses AWH(*ié, la Bobgrie, la Tran- «Synanîe , YEs(immé ; ^ ttMWWitîe bt ïa <ÏWfetîe actàelleà. Bfeîs îfe

* "CùpitulaHb âê l^'Mis ÀZ^ilè Tann . §Àitkk, tcMi l, pages 2^0 it stîv. VH>f^ «aussi CéjpiiukefB SamMm iîdflimî4^fW^^fli, '«tm. 797^ >in gmeraU ^isco- 4)oirum et optimatum conventu. Balxjze, tome i , pages 2f75 et suivantes.

^ Saxones œstimantes quod Àvarôrum gens se vindicare clebui^et, hoc quod in corde eoTum dudum jam antea lat^at, manifestissime ostenderunt... reversî sunt «d paganismum quem^imum re^ueraiit, telîofifentes iterum christiamtaieih... coi^ui^entes se cinn paganis qni in dreoltn eorôm BmiU Sed et nisaos suos ad >AYarostnm5fnitlente& conati sont Tebellare.».. ecdesias inicend«ntes ^'as(abaol;fejî^ 'tfrentcs «piscopos et pmby tei^ ^ €hron* M^hfriacmâe, wd'ann* 9^ dans F^tt, lome I, page 299.

AU HUITIÈMB BT AU NEUVIÈME SIÈCLE. 79

me furent pas plus heâreax que dans leurs précédâtes insurrecticm.

Après avoir vaincu les Avares ^ s'être emparé des ringe m enceintes circulaires dans lesq^i^Hes campaient tom hordes * y Ghar^ lemagne revint dans la partie rebelle de la Saxe. Il !a rangea* Skjs» persmdé que lesdtfmtes fép^ées, les soumissions contraintes, les serments prêtés, les otages reçus, ne pourraient jamais rendre «ssiirée la dépendance des Saxons qui occupaient les deux rives de rElt>e et qui confinaient avec les Bwots ses ennemis, il se décida à prendre à leur égard ime mesure ^!të&iitive« Il les tre^planta en masse par tribus et par familles, dans la Gaule el dans l'Italie^ et donna Imr territoire mx Ssves Obotritesqui, depE^ plusieurs années, ^avmt m fidèles alités conti« les Saxons Depuis km, il a'f eut plus aucane révolte en Saxe, qui fit partie du nouvel empire d'Occident. Gteirletnagne avait l'^evé cetempir e, par si^te des rdsMons hfttimes que les moines anglo-saxons arotent établies enfcre les papes et son «fcul Gbarles Marte), qu'ils «vdent déclaré protecteur de Rome; son père Pepjn, ^'ils avaient sacré roi ; et )ui*mème, qu'ils avaient eoureiuié empereur.

Ainsi se termina, après une guerre 4e tpente<teu!x ans, l'ineorporat^ violente de la Saxe dans ta société civilisée. Cbariemgne y établit, OMime nous l'avons vu, les fauitéyèehés «(to PadeiiMMrn sur te lippe, 4» Munster près des bords de lUms, dX^snabrock^sifr l'Hase, de Mittden w le haut et de Brème sur le bas Wéser, 4'HHde^m sur rinnerste, de Yerd^ sitr f Aller, enfin d'fiaAbersttdt enU« le Wes^ et rElbe, dMs ta jArtte monftagneuae ^ i^koteie 4leia Saxe. Ces évèchés domptent maissance à autunt ^ viHes» Il oenstmisît des forteresses et des ftàMi isafériaui: qui «crûrent à la fois èsa défense ctÀ sa civtK^^tfen. Les priais 4e Up|MlMt> de SaUz^ €HémMmc la Lippe, la Saale et le Weser, furent les principaux. Quant aux forteresses ou castella^ il en éleva dans les par);ies du territoire conquis qui demandaient à être gardées ou protégées.. Out» ceUes iqui Airent dissémiûées dans Hntéiieur du pa^, fl construisit mt les cours de la

" B^r^hoMAmn* ad «Rw Sei. BaUB Hhssaz, item I, page 191» & ^ fui ' ^«tfcque ripas Albis flumîBis incolebani, cum uxoribus etfHxrvnltSisaèlaftoft tccnsrtuHt, et hue atque illuc per GâUîam et^GermaiiiaiB moMoM'da éiflsioMidiBlribuit^

— Einh. Vita CarolimagnL^S)mïs Pbrtz, tome U, page 447%

80 LA GERMAMIB

Saaie et de TEIbe qui lui servaient de limites, les castella de Halle et de Magdebourg *. Il eut un pont sur l'Elbe fortifié des deux côtés, et au delà de ce fleuve il forma comme avaut-poste, le castrum de Hesfeld surlaStoer*.

La ligne de TEyder qui le séparait de la presqu'île occupée par les Danois-Normands lui servit de défense. Le roi Godefrid en avait luimême formé une barrière entre les Danois et les Francs» d*après le ^moignage d'Eginhârd. « Godefrid s'étant porté là avec toute son I» armée, dit-il, avait élevé un retranchement delà mer de l'Est (ou de » la Baltique) à l'océan occidental (ou germanique), en fortifiant le

coiira dë'rË^tfer, etiln^'avait laissé à ce retranchement qu'une seule » porte par laquelle pussent sortir et rentrer ses chariots et ses » cavaliers'^. »

Gharlemagne fonda sur la frontière septentrionale de son empire deux margraviats qui faisaient face aux barbares du continent, l'un au nord sur l'Elbe, l'autre à l'est sur le Danube ^. Il en confia la garde à des chefs et à des guerriers de sa nation. Les Francs furent distribués, comme des colons militaires, dans les districts saxons, qui reçurent l'organisation territoriale et politique de la Gaule et de l'Italie, comme ils en avaient reçu la croyance religieuse et la constitution ecclésiastique. Les Saxons furent régis par la législation générale des capitulaires en ce qui regardait leurs rapports avec l'État, et par leur loi particulière^, que modifièrent toutefois le christianisme et la conquête en ce qui regardait leurs rapports personnels.

Les marécages et les bois de la Saxe se changèrent peu à peu en riches cultures et se couvrirent de villes qui firent adhérer à jamais la population au sol. Les villes sont en quelque sorte les racines par lesquelles les hommes se fixent dans un pays, y sont retenus, s'y déve-

* Einhardi Ann., ad ann. 806. — Pertz, page 193. ^ Ibid., ad ami. 809. — Pertz, pages 196 et 197.

' Godofridus vero... ibi per aliquot dies moratus, limitem regni sui qui Saxoniam respicity vallo munire conslituit» eo modo ut ab orientali maris sinu, quem iUi Ostarsali (ost see) dicuQt, usque ad occidentalem oceaoum totam iËgidorœ (fi^er) fluminis: aqujionalem ripam munimentum valli prstexeret, una tantum porta diinissa, per quam carra et équités emitti et recipi potuissent : diviso itaque op?re ÎDter duces copiarum, domum reversus est. — Einhardi Ann., ad ann. 808. Dans Pbrtz, tome ly page 195.

* Les margraviats du nord et d'Autriche.

' Lex Saxonum, dans Canciani, tome III, page 40.

loppent, et le fécondent. Les colons bénédictins se rendirent en foale

sur le territoire des Saxons. Ils y formèrent plusieurs de ces grands ^Uissements à la fois religieux, agricoles, Bltéiraires, qui pourvoyaient à tous les besoins de la culture humaine. Les deux principaux furent la nouvelle Corbie fondée sur le Weser par deux parents de Charlemagne, Adalard et Wala *, et Tabbaye de Herford,c[ui fut destinée aux femmes La nouvelle Corbie et Herford furept, pour le nord-ouest de l'Allemagne, ce qu'avaient été pour le centre de ce j)ays Fulde et Bischofsheim. Elles devinrent les deux grandes écoles tel a Saxe, et c'est de Corbie que partirent bientôt les mis^iô^na^r^ qui convertirent les Slaves et les Scandinaves, conam6 étyènt partis J| Fulde ceux qui convertirent les Saxons.

^fêam%oiis niainténant les changènâents qui s'introduisirent dans les pays nouvellement acquis au christianisme; recherchons quels ^|^r|nci|€» ré^^^ furent enseignés aux barbares, quels senti- ^périts supérieurs leur furent donnés, quels arts utiles leur furent Jransmis. Voyons ce qui fut fait pour l'individu , pour la famillët pour la société, pour le territoire. Après avoir exposé cette heureuse conquête , étudions la transformation plus heureuse encore qui en fut la suite et le complément. v

Les Germains étaient surtout guerriers. C'était la guerre qui avait donné à l'individu ses sentiments, à la famille son organisation, à la société son but, au territoire sa distribution.

L'individu était brave, hospitalier *, avide Ce sont les trois besoins des barbares , pour se défendre contre les autres , pour se mettre en relation avec eux , et pour subsister dans l'état imparfait

' Mabill. Ânn,, tome II, page 468, ad ann. 821-822, et VUa Âdhalard, Vit, Talœ, dans Mabill. AcU tanct., tome IV, ssc. lY, pars 1 , 332 et pages 465 et seq. ' Mabill. Ann,, tome II, page 478.

' Adeoque primaria utriusque Saxonis scola aliquot seculisfuit; imo respublica litteraria. — Mbibomius, in prsfaUone ad tertiam Witiehindi editionem. Qus tôt viros illustres protulit, tôt monumenta litteraria orbi ehristiano servayit. Mabill. Act. tanet,, sœc. III, pars 1, page 29.

* Hospites violare fas non putant : qui, quaque de causa, ad eos venerint, ab injuria prohibent, sanctosque habent. Gjesab, de Bdl. Galh, lib. 6, ch. 23.

' Conyictibus et liospitiis nuUa alia gens effusius indulget. Quemcumque morta* ' lium arcere tecto, nefas habetur : victus inter hospites comis. — Tacitb, €r€fman» chapitre 21.

* Latrocinia nullam habent infamiam... atque ea juyentuUs exercend».,.. caasa fieri prsdicant.— CuBsar, de BelL GalL, iib. 6, ch. 23.

LA GEBMANIE

OÙ se trouve et où ils laissent volontairement la propriété chez eux. Le courage * était la vertu obligatoire du Germain, parce qu'elle faisait sa sûreté* Il l'entretenait donc par la guerre et par la chasse, et il évitait de TamolUr par le travail. Il passait dans une longue oisiveté tout le temps qu'il n'employait pas à combattre ou à chasser, ^. livré aux instincts naturels lorsqu'ils ne sont pas encore perfectionnés par les idées et réglés par les devoirs , il était personnel , cruel 9 vindicatif , spoliateur. La propriété territoriale était informe chez lui. Elle changeait de main toutes les années et était surtout cultivée par des serfs ^. Elle ne pouvait, dès lors, pas substituer les sentiments doux et conservateurs que donnent à l'homme la culture paisible des champs et l'abondance de ses produits, aux sentiments emportés et féroces qui naissent de la guerre et de Tacquisition par voie violente. Sa religion , conforme à l'état grossier de son esprit et aux dispositions belliqueuses de son àme , était une adoration des forces de la nature ou l'apothéose du courage guerrier. Elle donnait à la férocité la sanction divine. L'histoire de ses dieux était une histoire de combats et de meurtres ; les sacrifices par lesqueb on les honorait le mieux et on les satisfaisait le plus étaient des sacrifices humains ; le paradis qu'ils promettaient aux guerriers était un lieu de combat où le sang coulait sans cesse et où l'on buvait dans le crâne de son ennemi. Une telle religion était peu propre à adoucir les âmes ^.

La constitution de la famille , quoique moins imparfaite , dérivait cependant du même état. Cette constitution dont l'origine , là comme

■ I^àYos et imbelles... cœao ac palude, injecta insuper crate, mergunt. — Tacite, German,, ch. 12. Scutum rellquisse prœcipuum flagitium : nec aut sacris adesse aut coDcilium inire îgnominioso fasest. — Ihid., ch. 6.

* QaotieDS bcUa nen ineunt , muHum tenalibos, plus per otîum traasigunr, dediti somno ciboque. — Tacite, German,, ch. 15. Nec arare terrain aut exspectare annum, tam facile persuaseris, quam vocare hostes et lulnera mereri : pîgrumquin immo et iners Yidetur sudore adquirire, quod possis sanguine parare. — Tacite, ^mnan,, efa. 14.

' Magistratus ac principes in annos singcilos gentibus, cognationibusque homî- Bdni, qui una coiemnt, ^antum eis et quo loeo Tîsum est, agri attribuunt atquc anno post^io transire eogunt ^ CiESAB, de Beilo GalHeo, lib. 6, ch. 22; lib. 4, et Kb. 4, ch. I. ArTa per annos mutant ; et superest ager : nec enim cum ubertate et amplitudine so\i labore contenduni ot pomaria conserant et prata séparent et bortos rigent. — Tacite, German, ch. 26.

^' Tacite, Gtrmtm, ch. 25.

* Voir ci-dessus, pages 47 à 52.

AU HUITIÈME SrEfîYIÉME SIÈCLE. ^

partout, ôfeîlt Ynmn de rbomi»e de la fomme , ét T^Uiance oa? turell^ de çeu^ rupprocbaiefit les liens du sapg, ami pour but d« pourvoir lit la défeinsie et à )a YeugeauiG^. Gomme la soiûété publique n'avait pas ençore de force pour prptéger Tlodividu » c'était k la société domestique à le faire* Il fallait que la protei^ion vint dç quelque part et qu'il y etit quelque cboise qui ressemblât k la justice» Cette prptec^tioiD résidait dans la pareoté » et cette justice »'était d'à* bord qa'un acte de i^eprésailles. La parepté entière prenait fait et cause pour un de ses meaibres. Elle poursuivait Tagresseur et 1% parenté de celtiirci jusqu'à .ce qu'ils eussent racheté le méfait et ob* tenu la paix au moyen d'ppe compo^tion bu bestiaux ou en argent K Chez les Germisios , ce que »ous appelons cr|me était un simpJe^Cait 4e gnme qui se terminait par uo traité pécuniaire entre les deux parités intéressées. Le caractère moral de Tactioii n^existait pas. IJ y avAit des «enUments de Camille blessés, mais noa des devoirs légaux violés. Dès que la parenté mécontente étût satisfaite et paix rétablie f les traces du mai tétaient eSa^^. Les actioiis réprér beosîhles ne relevaient pas encore ^ la morale et iu droit , mais de la passion et de la f or^»

La famille dut être constituée chez les Germains d'après cet état de .guerre «niver^Ue de ce.bçsoin i^péfi^ de4é)Cepsp. ^ regm sur le priudpe de la force et sur la uéc^ité de l'union, T^ut ce qui étaM^ faible y tenait peu de place. Quoique, sous le rapport moral, le^ <îeDmains attribuassent à k f^me quelque diose 4e divin ^ qu'ils ne négligeassent pas ses conseils, qu'ils combattissent sous ses yeux, qu'ils vinssent après le combaft lui montrer leurs blessures , qu'ils protégeassent sa débilité en punissant les offenses qui lui étaient faites f>ar 4e8 amendes plus considérables ^ , jb ne lui accordaient pas de vdroits personnels. La femme ne s'appartenait pas, et elle ne disposait derien , parce qu'elle était à jamais privée de cette force qui dwnait

* Soscipere tam MmîcîtîaB, seu patris, sen propinqni, quam amîdtias necess^ est : Dec hnpIacabHes durant. Ltiiiiir enim etiam honricidhim certo armeotorurm ac pecormn numm, rccipitque satisfactionem universa domus. — Tacite, German»^ ch. 21. — Voir aussi les diverses lois des peuples barbares après la coirquéte.

^ Inesse quin eliam sanctmn ahquidetjprovidumputant; inec aut eonciiia earum i&dspernaii^iar aut responsaiiegligufit. Tacite, Germon., ch,%^ jËUcuique sanctissimi lestes, hi maiimi laudatores. Ad maires, ad conjuges vultièra ferunt. Jhid.'^ Toir les diverses lois barbares (passim) pour la protection accordée aûx fëttmies qui ne pouvaient pas se défendre.

84 LA ^BtUfflUlB ^

seule Ja liberté et la propriété dans ane société Tioledte L'enfant ne comptait pas encore, et le vieillard ne comptait plas, parce que Vm ne possédait pas cette force et qiie l'autre l'avait perdue. Aussi étaient-ils occupés du service et des soins de la maison * et se trouvaient-ils placés sous le mundium ou la tutelle de celui qui était fort » brave» oisif , dont le métier était de se battre, Thonneur de protéger et d'être servi. La femme , en sa qualité d'être constamment faible i imlBÀt sons un mundium perpétuel ^. Elle passait de la tutelle du père soifS celle du mari, de cdle du mari, s'il mourait, sous cdle dé rhéritier du mari, ou sous celle du frère, ou bien de l'oncle pa« temel. C'était le mundwaid ou tuteur, père, mari, héritier du mari, frère ou oncle, qui touchait la composition due pour la femme outragée ou tuée. Gomme cette tutelle était productive, la femme, fille ou veuve qui était demandée en mariage était aché»tée à celui sous le muiu/tum duquel elle se trouvait placée ^. Elle n'ap^ portait pas de dot, elle en recevait une ^. Une tutelle aussi prolon^ gée et un achat pareil sont pour la femme les signes incontestableè d'une condition inférieure qu'expliquent à la fois sa faiblesse nafu^ relie et la violence de l'état social auquel elle appartenait.

^ KuUi muHeri liberœ stib regni nostri ditione , legis Longobardonim yivenû Ikeat in su» potestaUs arbitrium, id est sine mando vivere, nisi semper sub pofe?tate yirorum aut curtis régis debeat permapere. Nec aliquid mobilibus aut iramobi^ libus, sine Yoluntate ipsius, in cujus mundio fuerit, babeat potcstatem donandi^ aut altenandi. — Lex Lorigoh., lib. 2, titre 10, ch. 1. — Les autres lois barbares ont tmits des dispositions semblables.

2 Fortissimusquisque ac bellicosissimus nihil agens; delegata domus et pcnatium et agrorum cura feminis senibusque et infirmissimo cuique ex familia. — Tacite» German., ch. 16.

* Lex AUmann,, titre 55, g II. — Lex Saxmum, titre 7, art. 2, 3, 4. — Lex Limgob., lib. 2, titre 10 ; et les autres lois.

* Lex Saxonum, titre 8, art. 1^ 2» 3, 4, et autres lois barbares.

* Dotem non uxorn^arUo, sed uxorimaritus offert, — Tacite, Germ,, ch. 18. La dot était un achat de la femme aux parents, sous la tutelle desquels elle se trouvait f^eée, tandis què chez les Romains elle était honorum quantUas, quœ marHo ad sustinenda onera mMrimonii datur, L. 7 pr., L. 56, g I de jur. dot. Dig. 23, 3. — Uxorem ductutus CGC solidoS det parentibus ejus. Lex Saxonum, tome VI» aitt; i, — • ^i quis uxorem tnercetur et prelium non proveniat. LL. Inse, L. 31. ( Vflty. Canciaio^ -tomelll» fag& 50.) Ffita m commercto erat et a pca-enHbw vel ejui tutore tponso CCOsolidis vendehatur, Ihid,, page 41, note 2.— Bu reste, c'était U Te début naturel du mariage. Le mariage avait eu lieu chez les Grecs par achat (Àristot. Pol,it.f lib. Q, ch. 6 et 8 ; Homère» iUade, liv. 1). Le mariage romain , per coemptionem, avait cette origine.

AU HlliTlÈMQî XI*^ KBCVIÈIIE SIÈCLE. 86

; . Le markige » qai est la base de la sodété domesUqûe » n'était pas arrivé à sa forme la plus avancée et la meilleure chez les Geris^ns. Ces barbares étaient plus chastes que réglés. Par une sorte deconti^ nence qu'ils devaient au climat froid et rude de la Germanie ^ , et qu'ils perdirent bientôt après les invasions, la plupart d'entre eux se réduisaient à une seule femme ; mais ils pouvaient en prendre piur sieurs*. La polygamie leur était permise » et ils y cherchaient un moyen de puissance par l'agrandissement de leur parenté. Il n'y avait entre l'homme et la femme ni égalité dans l'union conjugale , ni égalité dans sa violation. L'adultère de la femme était irrémissible ^ ; le concubinage de l'homme marié était admis. Le mariage ne repov ^ait donc ni sur la monogamie, ni sur la fidélité réciproque. : La société était encore plus à son début que la famille. Elle avait ppfir objet la défense : au dedans , contre la guerre des familles, pat l'établissenoent d'une sorte de justice ; au dehors, contre l'attaque c|es autres peuples, par l'organisation d'une armée. Il était pourvu à ^ deu3L besoins par l'élection de juges publics, le choix de chefs militaires, et la réunion d'assemblées dans lesquelles se pacifiaient les familles , se décidaient les entreprises extérieures, et se réglaient les intérêts généraux peu nombreux de l'association. Les deux vertus exigées parmi les Germains, comme nécessaires ausalut commnn , étaient le courage et la fidélité. La lâcheté et la trahison , qui compromettaient l'existence de la nation en ne* repoussant pas l'ennemi ou en s'entendant avec lui , étaient punies de mort * : c'étaient les seuls crimes contre l'État. Les autres étaient , comme nous l'avons vu, des actes d'inimitié entre les familles.

L'association, très-faible et très-imparfaite encore, contenait ccr pendant les deux éléments de justice et d'ordre qui devaient la fortifier et la perfectionner plus tard, en faisant prévaloir l'intérêt général sur les passions individuelles, et l'organisation militaire sur l*anarchie domestique. Peu à peu, la justice de l'État intervint davantage entre les parentés pour les pacifier. La société exigea xm

T > Qmsak, de Bell. GalL, lib. 6, ch. 21. — Taotb, Germm,, ch. 20. , :^ Nampropesoli barbaronxmsinguli&uxoribus contenti suBt, exceptis admodiim pnuicis, qui non libidine, sed ob nobilttatem plurimis nup iMs ambiaotur* ^ Taciiîs, ^id.y ch. 18. .

^•.|6mI., cbatMtre 19.

.t^V.Proditores et transfugas arborîbus suspendu nHigna vos el itnbellescœno a© pa^ lude, injecta super crate, mergunt. — Tacite, Germ*, ch. 12.

fredum , qui était le prk de son i»t^v€iition, comme le itf€hrgel4 était le prix de la composition. Elle embrassa la défense de celui qui n'était pas sous la protection d'une parenté , elle autorisa même le membre d'une famille à se séparer d'elle en rejetant son héritage » h ne pas la défendre et à ne pas en être défendu , à ne pas payer ]^ur elle et à n'être pas racheté par elle ^ Elle augmenta le nombre ^e ses protégés, la force de la protection publique ^ et tendit lentement à substituer le droit à la guerre^ la justice à la vengeance, le châtiment personnel à la composition dc^oestique.

Mais ce résultat ne fut atteint que fort tard , tout comme iWganisation de l'armée ne prévalut sur la constitution de la parenté qu'après les invasions. L'armée, auparavant temporaire, fut alors forcément permanente. Les Germains se distribuèrent sur ces territoires conr quis , par bandes encore plus que par familles. Ils y restèrent organisés d'après l'ordre numérique des dixaines, des centaines, etc. ,^ qui était celui de l'armée , encore plus que d'apr^ l'arrangement des^ parentés* Les devoirs de l'obéissance acquirent plus de force pour eux que les devoirs du sang. L'État fut supérieur à la famille , et le chef de l'armée devint le roi du pays. Mais cet ordre de choses n'existait qu'en germe au delà du Rhin.

Quant au territoire de la Germanie» son occupation provisoire, sa culture imparfaite , son aspect sauvage, répondaient à l'état social des peuples qui l'habitaient , et qui , toujours menacés de le perdre par des invasions > ne s'y trouvaient pas en sûreté * et ne croyaient ni pouvoir y rester ni devoir s'y établir* Ces peuples^ étaient surtout chasseurs et pasteurs Ils ne vivaient saifô doute pas sur des chariots, comme les nomades qui occupaient tes plaines situées entre TOural et la Yistule. Ib restaient le plus qu'ils pouvaient sur le même sol ; mais ih ne ^'y Axaient pas ^ de peur de s'amollir par des m«eur» phis douée», des^ habitudes plctô sédentaires et mofns guer^ rièiïes *, et de le perdre akwîs par l'attaque d'un petfple plus belHqneui. Ils s^ n^aintenaient toujours dans un état de mobilité qui leur permît au besoin de le quitter et de se transporter ailleurs, avec

* Toit les lois des barbares , aux titres des béritages.

' Agriculturœ non student ; majorique pars victus eorum in lacté, easeo, carnç consistit. — C^sar, de Bello GalL, lib. 6, cb. 22.

' Ne assidua consuetudine capti, studium belH gerendi agricaltura commuttnt. — Cjeavl, de Bdl. Gall, Uh, ^, cb* 22

AU HUITIÈME *Ét Itl ÏTEfrVlÉME SIÈCLE.

fërirs tertîriies ët lèûrs ftbupeaûk. t?ést dans ce but qù*ife âistrN fiïiaienl les terrés t)at tribus ét par parentés , et pouf une anlièe ^euïé^ ïSient. Ûèà datis ce but encore Qu'ils f^Vafe'^afehiitâ îoîh tes jpïj§ placés stir léurs confins , pour étàblir éutour d'eux de vastes et rassùïfiiiites solitudes qui leur Servirent éh qiielque sorte dè ifortifications *. N'à'dhérant ^oint au sol , se lë partageant annuellement , faisant pàttre leurs troupeaux dànàîa portion 4îâièttf^taît'1êchùe, ïie pouvant ni à c^Ése dé cet étal précaire de la propriété , hî à cause du danger toujours imminent d'^ûnè invasion , s'adonner à ragricuïturè ifdi exigé dè la fixité ét de la sûreté , Vivant dans îeh tiuttes dé bor| éparses ^ et informes, se noùrrissânl lait , de î*romage et de^ fchàir ^, sé couvrant àe peaux dé rennes ou d'animaux tuës à là chassé * , conibàttant aVec beaucoup de courage, mais presque nus et avec de très-maiivaîsés àrmeâ ^ , ne se protégeant qu'à Taide dè désèrts, ou par de fâibfes ehcéîhtes faîtes à la hâte, avec des abatis ffàrbres , léurs mœurs àvàtënl peu çbangé et leur pays était toujours couvert dé forêts ét de marécages * , iorsqu'ilâ subirent la conquètfe 'ét là transformation chrétiennes.

Voyons cé iqùî eh résiiltà pouf éiix. tandis qu'ils avaient pouf moT^ bile l'égoïsme lé plus violent, et pouf but'îa satisfaction des pènchàhls îeà plus matériels, ils reçurent uné féiigioh qui éé fondait sur \è sacf î-^ frcé, qui fecomhiahâait lé dévoûèrtiënt, ,ët <^)i'jl3lè^it kui ^ènUménts les plus purs, les plus nobles i^t lîbt^ i|mâ la iiaîtufë humaine. Rien h^étaît plus éloigné de Ijlié le spifîtùalisme ëlirétieh. L^uhé était le dëb'îîl éro^iêf, et fautre, la fin exquise de l'humanité. Il semblait que la cruauté du barbares

' id^aximâ iausest^quam iatissfnias circum se vastatis fîntbus soiltudinès babere... âHtiai bo'c fbre (utibres ^rfiîtrântiïr, tepènlinœ idcurâiônfs limofë subïâtô. — CiB»ift, deSéltà GàiL, l!b. ë, ch ; 23, tiïbid^, llb: 4, ch: 3 ; et parlslnt déd Sùèvcâ; il dit : — Publiée maxiibain putaiit esselai^dem^am lattssime a suis finibusvaQara agros... iiaque una ex parte a Suevis circiter millia passuuin cd agri vacare discu^iur.

^ ^àllès «rèrfnkùôriiih ^6^^\s â^béSUfibftati sâifèjdbttrth éû; tfé'^&ti (fàVieïti \ûû\t te junctas; Colùnt didereti ac diVersi, ut fobs; ut campus, ut netnus flacuit. Tacite, Germ., cb, 16;

^ tjESAR, de èeii, bail., lib. ë, ch. 22.

^ Tacite, German., ch. 17.

* Ibid,, cbapilre 6.

• Terra, elsi aliquanto spccie differt, in uniTcrsam tamen aut àilvis horrida, Sut paludibus fœda. — Tacite, Gemién.f ch. ff«

LA 6BRMANIK

«'admettrait pas la doaceur du chrétieD, que le geât de la vengeance ne le céderait pas en lai à la règle du pardon, que son avidité ne eomprendi'ait point la doctrine du désintéressement et que la fougue de sa passion et Finstinct de sa ruse se plieraient difficilement à l'abn^a* lion et à la véracité exigées par cette croyance toute morale. Cependant il n'en fut pas ainsi, et par l'entremise de ces hommes purs, ^ chastes, pauvres, éclairés, qui s'oubliaient eux-mêmes pour se dévouer aux autres,qui portaient dans Taccomplissement du bien une intrépidité à héroïque, et qui frappaient d'autant plus les barbares qu'ils leur ressemblaient peu, ces sentiments nouveaux pénétrèrent au milieu d'eux.

Les missionnaires de la croyance et de la civilisation religieuse enseignèrent aux barbares la maxime fondamentale du christianisme, de ne pas faire à autrui ce que nous ne voudrions pas qu'il nous f !t, et de l'aimer comme nous-mêmes ; maxime qui conduisait à la fraternité humaine et qui était si contraire à leurs mœurs. Ils leur apprirent que le mé\ ne se rachetait pas par des compositions pécuniaires, mais par l'expiation morale ; qu'il n'attentait pas seulement à des intérêts privés, mais à une règle supérieure; qu'il ne faisait pas uniquement encourir les représailles des familles, mais des châtiments plus redoutables et éternels ; qu'il fallait donc à la fois s'abstenir des actes par lesquels le mal est commis, et vaincre les sentiments par lesquels on y est entraîné. Ils s'occupèrent ainsi de régler la conduite et d'épurer l'âme des Germains. Mais le christianisme eut besoin d'agir sur une longue suite de générations, pour adoucir ces naturels violents et pour remplacer les vieux sentiments de la barbarie par les siens propres.

Il donna aux Germains, outre la règle individuelle la plus morale» la loi domestique la plus parfaite. Il leur porta le mariage romain et chrétien, avec les rapports d'égalité, de douceur, de tendresse, de générosité que le temps y avait introduits. D'après les jurisconsultes

' romains» le mariage de l'ancienne société civile était devenu Yunion de V homme et de la femme associés dans la même vie^ en participant au même droit divin et humain^. Le mariage chrétien était encore plus intime. LeA deux principes sur lesquels il reposait étaient l'unité et

f indissolubilité. Soyez deux dans une seide chair avait dit le légis-

* Nuptiœ sunt conjunctio maris ac foemioœ» consortium omnis vits^ divini et jiumani juris communieatio. — Deritunuptiarumf^ lib. i, Dig. xxin, 2.

* Et eruDt duo in came uua. — S. Mattb., ch. 19^ article 5.

AU HUITIÉHB BT AU NBUTIÈME SIÈCLE. 89

Mear des chrétiens : ?otUi pour Tanité ; que V homme ne eépare points •XùitAl ajouté, ce que Dieu a uni ^ : voilà pour rindissolubiîité. Les devoirs de raffection et de la fidélité avaient été également imposés à Fhomme et à la femme^. Aucune infraction n'était permise ni à run ni à Tautre. Poussant le principe de Findissolubilité de l'union conjugale jusqu'à ses dernières conséquences, le législateur du christianisme avait interdit au mari de renvoyer sa femme, si ce n'est pour cause d'adultère ; et, dans ce cas, il ne permettait ni au mari de prendre une autre femme, ni à la femme renvoyée d'être épousée par un autre mari ^. D'après le plus grand des commentateurs de cette loi, saint Paul, tant qu'ils vivaient le mariage était maintenu"*. A ces deux règles qui établissaient la monogamie dans toute sa pureté et dans toute sa rigidité, étaient ajoutés des préceptes de tendresse et d'obéissance. Il était recommandé à la femme d'être soumise à son mari, au mari d'aimer sa femme et d'être doux envers elle ^. Afin de ne pas mêler le même sang et de ne pas exposer la chasteté du toit domestique, cette union n'était permise qu'après le septième degré de parenté ^.

* Quod Beus conjunxit homo non separet. — S. Matth., ch. 19, art. 6.

* S. Paul., ad Corinlh, I, ch. 7, art. 4

* Omnis qui dimiserit uxorem suam, excepta fornîcationis causa, fociteam mcBcbari , et qui dimissam duxerit, mœchatur. — S. Hatth., ch. 5, y. 32.

Omnis qui dimittit uxorem suam, et alteram ducit, mœchatur : et qui dimissam a Tiro ducit, moechatur. — S. Luc, ch. 16, y. 18.

* His autem qui matrimonio juncti sunt , etc. S. Paul., Cor. I, ch. 7, y. 10. — Alligatus es uxori, noliquœrere solutionem. — Ibid., v. 27. — Ifolier alligata est legi, quanto tempore yir ejus yiyit. — Ibid,, y. 39.

* Mulieres yiris suis subdits sintsicut domino.— S. Paul., ad Eph. ch. 5, y. 22. — Viri, diligite uxores yestras et nolite amari esse ad illas. — Ihid, ad Col. ch. 3, Yolumc 19.

* Le droit romain avait défendu le mariage entre ascendants et descendants, entre frères et sœurs, germains ou unilatéraux, ou même adoptifs, et entre tous parents qui referebantinter se speciem parentum, tels que Foncle et la nièce, la tante et le neveu, etc. (voy. Gaius, comment. 1 S, LXI.— CoWaf. Mes., VI, 2. Blume. — Inst. Just., lib. 1, tit. 10, SS h H et III).

A l'égard du mariage entre Toncle et la nièce, l'empereur Claude fit supprimer la prohibition, pour avoir la liberté d'épouser Agrippine (Tacite, Annal. 12, 5-7); mais Constantin rétablit l'ancienne prohibition, et il défendit aussi d'épouser la femme d'un frère décédé ou la sœur d'une première épouse (Const. 1 et 2 m code Théodos. liv. 3, tit. 12).

A l'égard des cousins germains (eontohrini), le droit avait varié. Bans les premiers temps de Rome, le mariage était défendu entre eux. Une loi l'autorisa plus Urd (Tacite, Annal., ±2, 6). Une constitution de Tl^éodose 1(9 défendit encore

iqn^le ^vwt élevée à me ^ iièt% égaKté âvee des pâreté^

^teaUes «t bfenveillaiite&. Elle M «euluÂtatt l'atticMir et la pàlx:^ elle lui cenfieiMait de dernier à «a faiblesse Tappui de iai'ègle^ d^étr'e grav^ pir sa déceece» esy«aée pour sa pudeiir, de deiaearer honbréé etkmooeiite ; elle désirait qu'elle fût féconde, qu'elle restât fidèiid» qu'^e eàt de 4e»g8 jeurs YeUlaot k Tebservalion des 1^ ^do|ugales^ eHe exigeait^ d'fi^irès les déeisiofis des conciles ^t celles des t^pttiilaires^ qne les mariages fussent publics et non isecreis ^ ^u'il n'en ^ritt pas des enfants débHes, aveugles et contrefaits; que le ppéUe interrogeât le peuple, pour savoir si la femme n'était pas la parente de celui qui voulait J'épouser, la fiancée ou la femme d'an autre , et qu'il ne procédât à l'union des époux t|tte à toujb était TéguUer et iHKméte ^.

(Yoy. Jag. GoDEFROi, sur ié titre 10, liv. 3 du code Théodose). Axckdixiè etkonorius îë permîrènt dé hè'uveau (tloiïslt. i^, ^iu code Jitst, liV. ^, til. 4)*, B Justibicii apfgs eux. (Instit. liv. 1, tit. 10, gV.) Mais l'Église avait désapprouvé cette untoÀ tommi! trop rapprochée du degré de frère et de sœur : Experti summ, dit saint Augustin {de cwit. JDeii 15^ in vonrmbiii cltmobrmorum, etiam noitris temporil^, pfbpter ^radum propinquitatis fratemo gradui pi-oximnm, qmrn rafô per mores fiéhat fimi pèt letfBs lt>è&»?...-. yêrnfntamen factum etiam licituifh, propîer t>#cmttatem horrebâM UWHti^ et^qnodfiè^t eum eéMobrinm peAe tfmsdH)fefier% xfidé^

Bientôt l'Église alla jusqu'à défeildre le mariage «ntfe issus de cousin^ germains^ ^uoï<ïlie le drbitfomâln n'eût jàtnais poussé jusquè-là ses prohibitions; et Vè droit tanotti^ë ne lafait pa§ à appH^er aux mariages prohibés ht règle du droit p!%torien, qui avait fixé la limite de la tiapacité dê succéder ait 7« degré, pour les cogirsté {iifistit. Jti^5(.y Ht. a, tit S telt.}^ limite qu'av&H effacéé Juétinien/ dans s8 novellè 119, a^friâilant eoMplétement l'agnati^ et la eognatioD) en tt q[ui tbtfche le droit de succéder.

Le pB^ AtexsHdre il etfnfirBMi ainsi ee systènie : -Bb t^dtiianfttiftftoee èm uâkf^m nullva dueeA mfftie poH ger^eraiiûhem septimàm, vél quonsque parenteia togmkèi ^tvUsi, ~ Bècretttm Gratiani^ can, XVII, causa 35, quwst, 2 et 3;

lè pape Imïfecétot lîl abtflit cè SyslèSife en 1216, et réduisit lès prohibitions au quatrième degré de commutation canonique. Qitti/HendHui if'érd Httihehis cont/rtiH^ proh^Hioni coti^n^iiébrporaiisïi. ^mct qnétnorswii kumvresin corp9i^ qui cèà-* 3tant ecS qué^mr elementîS, — Cari, II, causa 35, quœst» 5, ch. 8^ ^ Bit m éâ jugum diiei^tibnfs et paciS; fîdelis et eaSta litibàt in GhrfStv?.. Sit attm-* lïilis Tiro sdo, ut Raéhel ; sapiens ùt Rebccca; longeva et ht 0fl(ta.'..*. mtmict infirmitatem suam roborc disciplinae; sit verecundia g^ltiff; p^dofe véûfefitbilis, eit„. Prière dè l'églfe« datis M célébration dû mariage;

* Capiiûlarîtm Ce^li Bfaghi, lih\ 7, àh Àhgesiso eolltcii, cap, 4?^^^ dàîîë BÀttz; ^ tome I, pages i062 et 10^.

AD HUITIÈME BT AU STfiUVIÉME SIÈCLE. 9t

La cosquète (Aréfienne» qvA rendit en Germanie rMmdtt moins imparfait et l'union domestique plot étroHe, y rendit missi la âociétè pk» forte. Les Francs étaient panreni» à établir un pouroir judiciaire qui dominait les qu^eiles des famiUôs» tm peiiveir militiare qâi était le principe d'un gouvernement régulier et défenstf , et ils avaient un pouvoir moral dans le sacerdoce cbréfien. Leur état social^ produit de la conquête^ reposent sur la propriété du sol et des pèrsonnes. A te terre étaient attachés radminrâtrattôd de la josiicey le drdt de mar-^ cher à la guerre^ une clientèle poissante |et de nombreux esclaves. Cependant» au^essus de cette société de propriétaires, soit aHixliaux» soit bénéficiera f soit ecclésiastiques ^ qui avaient autour d'eux des groupes de vassaux, de fermiers et de serfs» Gharlemagne avait placé un^|[ouvernement général» qui était échdoniié deptiià le centenîer jm^'à lui. Il avait partagé son mtipire en légations comprenant plusieurs comtés» subdivisés etne^^mémel en vicairefùg eiea dentine»^ Dans ces districts divers se rendait une JuHice proportionnée à leur étendne. Le centenier et le vicaire ne jugeaient dans leurs plaids que les causes qui n'intéressaient ni la propriété» ni la liberté, ni la vie^ Les procès de cette nature étaient portés dans les plaMs du comté où â^Ècabiniy juges nommés par rassêmbtéé deë propriétaires» et des liommes libres les examinaient sous la présidence du comte^ Enfin» les missi dominià, qui tenaient les assises quatre fois par an dâns leurs légations, avaient droit d'inspection sur la justice des bénéficiers, des seigneurs allodiaux, des vidâmes ecclésiastiques, des comtes, et de révision sur leurs jugements. L'empereur» chef suprême, régis it le» contestations entre les eonïtes » le» éf ôqi^» les abb^» qui ne pouvaient avoir d'autre juge que lui *.

Les deux grands objets du gouvernement» à cette époque, étaient de nsaintenir la paix publique par la justice, et de veiller à la défense extéi^ieure par !e service militaire. Celuî-cî, sous Charlemagtie, avait eu également pour base la propriété. Chaque possesseur de quatre mansi étaitsoldat, et lespropriétaires moindres étaient obligés de s'entendre pour envoyer à la guerre Vun d'entre eux » pat même nombre

' Voir pour loule celle organisation, dont les divers élémcnls étaient antérieure h Charlemagne, les divers ca|)itulaires et surtout le cdpitulaire IIl de Tan 812, intitulé : Capitula quœ pro Justitm infra patrtam faciendU constUuia mnl» dana Baluze, tome I, pages 496 à 499*

Ul GÊRMÀiaE

de mansi ^ . Lorsqu'ils étaient convoqués, ils marchaient sous le comt^ portant des yivrespour trois mois» qui couraîeùt de leur arrivée à la frontière Chaque comte devait entretenit en bon état les chemins, les ponts et les bateaux des rivières pour le passage des gens de guerre ^. Les frontières étaient gardées par des comtes dés marches qui s'y trouvaient constamment en garnison avec des troupes pour en défendre l'entrée *. Cette organisation fut transportée dans les pays d'outre* Rhin, qui devinrent même bientôt le siège du saint-empire romain.

Quant au territoire de la Germanie, il fut divisé en comtés sous le rapport politique, en diocèses sous le rapport ecclésiastique. Il fut mis en état de défense sur ses frontières. Le sol changea d'aspect. Les forêts s'éclaircirent et les marécages diminuèrent. La propriété ter^ ritoriale cessa d'être précaire lorsque la population cessa d'être mobile^ Au lieu d'être annuellement distribuée, elle resta dans les mêmes mains. L'agriculture occidentale remplaça en grande partie le pacage germanique. Il se forma des villes et des villages à cêté des ^lises,. des abbayes, des palais impériaux, des forteresses. Ces villes furent construites d'abord en bois, puis en pierre, d'après la méthode romaine. Elles servirent d'asiiés et de laboratoires. Les arts inventés et les métiers pratiqués dans les pays civilisés, et qui étaient devenus le t)atrimoine du monde , y furent transportés et exercés. Elles fournirent aux hommes de guerre de meilleures armes. Tandis que le guerrier de l'ancienne Germanie combattait la tête découverte, et ne protégeait son corps, presque nu, qu'avec un faible bouclier de bois» le guerrier de l'Allemagne nouvelle put se couvrir d'un casque, d'une cuirasse, d'une chemise de mailles ^. Ses armes offensives acquirent

■ Ut omnis liber homo quatuor mansos vestitos de proprio suo sive de alicujus beneficio habet^ ipse se preparet et ipse in hostem pergat , sive cum seniore suo. Qui vero très mansos de proprio habuerit, huic adjungatur unus qui unum mansuor» babeatet det illi adjutorium ut illepro ambobus ire possit.— Captdilar. II, ann. 812» cap. 1, dans Baluz.^ tome I, page 489.

' CapUular. III^ ann. 812, cap. 8, Ibid,, page 49tf.

* Capitulât. li, ann. 813, cap. 10, Ibid,, page {$09.

' * Capitular. IV, ineerti anni, cap. 3, ^*lbid., pages 529-530, et art. 4 et 5 di» 4 des Capituiaires recueillis par Angesise, Ibid., page 775. — De vassis nostris quiad marcbam nostram constituti sunt custodiendam... — Yolumus ut comités qui ad custodiam maritimam deputatt sont...

* Ipse cornes prœvideat quomodo sint parati, id est lanceam, scutum, aut arcum cuh) duabus cordis et sagittts duodecim.;. habeaot loricas vel galets. — Capitu» lar. II, ann. 813, dans Baluz., tome I, page 509.

La cuirasse (lorica] était une coite de mailles qni couvrait le corps depuis 'la

là tàëmè sopêriorité, et il fut plus en état de résister aux barbares, isqoIds bien armés que lui. Les villes firent surtout adhérer la population au sol ; car elles sont eu quelque sorte les racines des peuples r elles les empêchent de se déplacer. Situées dans des lieux favorables, mt des hauteurs ou sur des cours â*eau, défendues par des fossés et des murailles, protégées par la réputation d'un saint, le respect d'une abbaye, l'autorité d'une église, elles reçurent et formèrent une po-» pulation particulière, qui fut plus tard le principal élément de la so* ciété moderne.

Le dernier et le plus grand bienfait que l'Allemagne dut à la conquête chrétienne, fut la culture de l'esprit. Par là elle acquit le véritable moyen d'arriver à la civilisation, car elle apprit à se servir de Fitàstrument supérieur à l'aide duquel l'homme s'épure, la famille se perfectionne, la société s'améliore, le territoire se défend et se fééÉîde. Les études occidentales s'y introduisirent par les abbayes et \ës cathédrales. Quel était leur état et en quoi consistaient-elles ? Les écoles publiques, fondées par les Romains dans la Gaule S avaient péri au nord de cette contrée après les invasions, et elles avaient beaucoup décliné au midi. Celles d'Âutun et de Lyon s'étaient maintenues jusqu'au septième siècle. Heureusement, les églises et les monastères avaient conservé en héritage une partie, faible il est vrai, du savoir antique. L'on y enseignait ce qu'on appelait les sept arts libéraux, ou le trivium, composé de la grammaire, de la rhétorique, de la philosophie; et le quadrivium^ comprenant l'arithmétique, la muéique, la géométrie, l'astronomie. On les y enseignait d'après le livre que Martianus Félix Capella avait écrit à ce sujet dans le cinquième siècle, et qui se divisait en sept traités Outre le livre de Martianus Capella, on se servait des écrits de Gassiodore sur les sept arts libéraux et surtout des traductions et des commentaires de Boëce. On

gorge jusqu'aux cuisses. — Danuil. HisL de la miliee française, tome I, page 278.

Cbarlemagne avait des manches d^nailles et des cuissards de lames de fér. G^àrum exteriora in eo ferreis ambîCTnitur bracteolis. — Monac, S, GalL lib. 2. - ^ MUtoire littéraire de la France, par les religiet*x hénédiolins de la congrégation d9.S. Maur, iii*4o ; Paris. Tome I, pages 243-244; tome III, pages.2, 418 et suiv»

V» diebus nostris, quia periit studium litterarum a nobis. — Gbbg. tvrr. Hist» Franc, lib. 1.

^ Yoy. Martiani Minei Fbucd GAPEixiB. Satyrieon, Edidit Grotius, Leyde» 1099, in-8o.

Yoy* AsRBL. CAssionoR. Opéra, Rothomag^» 16f79, foL . ~

GBRlfANiB

«fflit Virgile, Gicéron, Horace, eto., la grammaire de Varreo, dc8 principes de dialectique attribués à saiat Augustin des versio&s latines d'une grande partie de YOrganum, ou delà logique d'Aristote, de raritbmétique de ^icomaque, des éléments d'EucIide^ de la mi« i^anique d'Archimède, et du système astronomique de Ptolomée ^. Ces prédeux fragmentide l'antiquité savante avuient été traduits du grec dans le latin par Boëce, qui avait ainsi conservé pour rusage*de8 . Occidentaux le dépôt de la civilisation intellectuelle. Lr connaissance de la langue grecque ayant été négligée depuis les invasions, ces ou* vri^es, sans Boëce, n'auraient été connus des dirétiens d'Occident qu'au douzième et au treizième siècle, par l'intermédiatre des Arabes» qui les leur auraient communiqués alors, avec 1^ autres Uvfes>8ur la philosophie et sur la science grecque, traduits par les aoins des califes abassides.

Les écoles ktques ayant péri dans la Gaule, après la chute de l'ad' ministration romaine, les études ecclésiastiques avouent aussi dégé^ néré ^ vers la fin de la monarchie mérovingienne, à le suite des ior basions des Francs at^trasiens, A pt^ne existatt-ii alors inuelques tnoines assez kAtrés pour garder le souvenir des évéo^ents contem^ porains. L'histoire avait été réduite à h ma^on d'un fait, d'une

^ Prmeipia diaUcticœ, decem caie^oria, tome I, de l'édiU des BéfiédliClmâ. s<- Tennemann, Manuel de philosophie, tome I, cb. 3, CGXXIIIy page 327.

* Translation ibus enim tuis Pytbagorastmisictis, Ptolomens astronomus legnntur ItMK lUiooiBaK^iis arttèffiettcss, ^metriciss BiMîikies audiuattir Ausooiis. Plaît tMyogtt^ Aristoleles kficus ^uirisali Yoce âisceptaflUU J^echaaicuin etiam Archi^ medem Latialem Siculis reddidisti, et quascumque disciplinas Tel artes facunda Grœcia per singulos viros edidit, te uno auctore, patrio sermone Roma suscepit. — CASsiOi&. Opem ^ f^arm, lib. «p. 4^.

ISgo omne Aristotelis opits tfuoéeumfue «■ «Mtfiu wenerit» in roœa&um stjflaia Tertens, eorum omnium commenta latina oratione prœscribam. — Boexh, Com^ ^ent. in libr, Arist, de Interpretatione.

iLws&fM eam secitlafres >qii^ !9agoga$, ^fuod j^erkheroiantas, 'qaoà categorifts transtuttt de grœeo in lartiBum et €xposu€a^ qaod ante pnedicamenta, ^ood libros ^ lopicis differeiîtiîS, <le cogiMAioncdialeMo» «t rhclodc» «t ^is^ncti^ne rhelorit:orum locorum, de otmimiini pneéfc8ftioiiep0testatis irc possîbttitatls, ét'categorlcis •et bypotbeticis syUogismis HlHras «et «ilk muka scripserit ; quod ari^meticaffl et mun -sicam fertil)issc«4pl5erit.^%<^««mMac0ri9iâ<le Viris Hkm., c. 37. Dans la BiUio- , theca ecclesiastica de Fabhiciiis. Hambourg.^, 1718, fol. — Voir aussi AtMoi^, d« "Qeat. Fnme., fib. 2, i;. 1 . Ro«br Bac^q^, Opw imïfu«» page 19.

* Cependant on y apprenait toujours les sept arts ijbéraus, Qreç» TV^t Bifhi) Franc, lib. 10, c, 31. ^

AU HUITIÈME BT AU ITEQVIÉME SIÈCLE. 9&

date, d'un nom ^9 et la latigue rustique ou vulgaire commençait à remplacer dans les écrits et dans les diplèmes la langue littéraire. On aTait perdu la notation de la quantité prosodique et la eooeaissance des règles grammaticales. Une prononciation vicieuse et une ignorance à peu près générale opéraient déjà la lente révolution qui devait donner plus tard aux diverses parties de l'Europe romaine leurs idiomes nationaux, dégénérations locales du latin, leur idiome uni^ versd

Mais le savoir, éteint un moment en Gaule, s'était un peu mieux conservé dans la capitale intellectuelle du monde chrétien. Il avait été porté dans Ttle de Bretagne par des moines romains. Après avoir passé de l'archevêque Théodore à Beverley, de Beverley à Bède, il passa de Bède à Atcuin. Ces deux derniers composèrent, l'un au commencement, l'autre à la fin du huitième siècle, les ouvrages les plus importants^ qui eussent été écrits sur les arts libéraux depuis Boëce et Martianus Gapella , et sur les sciences religieuses depuis le pape Grégoire le Grand. Le premier fut Ilnstituteur le plus célèbre de rfle de Bretagne ; et le second devint le principal coopérateur de Charlemagné dans la restauration littéraire que ce grand homme opéra en Gaule.

* Dans le septième sièele, il n'y a que la sèche chronique deFrédegaire.

* SiDON. Apol., Edid. Sirmond,, Jib 5. ep. 10, page 897. — Lib. 4, ep. 22. — Atit. Carm, 6, page 251. — Histoire liîtér, de la France par les religieux bénédic^ tins de la congrégation de Saini-Maur, lomc ÎII, pages 422 et Snivantes.

* Bède avait été élevé dans le monastère de Girvum (Jarow), à Tépoque oîi l'archevêque Théodore et l'abbé Adrien faisaient enseigner dans l'Ue de Bretagne loufe ce qui restait des sciences grecques et des lettres latines. — M abill. Act, sanet., ssc. 3, pars 1, page 534 et seq. ^ Outre son Histoire ecclésiasUque et ses ouvrages sur l'écriture sainte, les Pères, etc., il y a de lui des traités sur : Le berceau de la grammaire, la prosodie, l'orthographe, V arithmétique, la raison du calcul, les épké* mérides, la musique, les langues, quatre livres d'éléments de philosophie, d$i êxtraits de sentencês d'Aristote et de Cieéron, ete. Voy, ses «mmres : Bkdm Opéra.

Alcuin étudia à York, sous l'évéque Hecbert, disciple de Bède. — Mabill. Act> sanct., s»c. 14, pars 1, Vita B. Aleuini, awim-e anonymo, pages 45 et seq., et B, AletHni Elogium historieum, pages 162 et seq.

Outre ses nombreux travaux sur les livres de l' Ancien et du Nouveau Testament» sur les Pères, sur les questions religieuses, et outre ses lettres, il a fait uniraité sut Is' grammaire, composé de deux dialogues, dans lesquels la grammaire, la rhétorique, la dialectique, l'arithmétique, la géométrie, l'astronomie, sont présentées comme des degrés pour arriver à la vraie sagesse, un traité sur V orthographe, uft traité sur la rhétorique, un traité sur la dialectique, ete* Voy. ses ttuvres : Alcvini Opéra, Ratisb. 1777, fol.

96 LA GEBUAKIE

Dès que les Francs austrasiens avaient été en rapport au nord a?ec le^ missionnaires anglo-saxons, au sud avec les Italiens, ils avaient com^^ pris, comme nous l'avons vu, la nécessité d'être moins incultes. Il en était résulté chez eux une vraie révolution morale qui, commencée sous Pépin, fut achevée par Gharlemagne. Celui-ci devint, quoique un peu tard, le disciple des hommes les plus lettrés de l'époque, et il prit pour conseiller politique le sage et l'habile pape Adrien, qui fut son ami intime tant qu'il vécut. Gharlemagne apprit, à l'âge de trentetrois ans, la grammaire de Pierre de Pise, et à l'âge de trente-huit ans la dialectique, la rhétorique et les sciences mathématiques d'Alcuin * . Il avait rencontré celui-ci à Parme au moment où il revenait de Rome, après avoir obtenu le pallium pour l'archevêque d'York. Ù le décida à se rendre auprès de lui et lui donna successivement les abbayes de Ferrières, de Saint-Loup de Troyes, de Saint-Josse ^ Pontbieu et de Saint-Martin de Tours ^. Gharlemagne ne parvint jamais à bien écrire, parce qu'il s'y était pris trop tard ; mais il parla le latin aussi facilement que l'allemand, sa langue maternelle, et il comprit parfaitement le grec, sans toutefois pouvoir le prononcer ^«

Pour communiquer ces précieuses connaissances aux Francs et pour les remettre en honneur chez les Gallo-Bomains il attira en Gaule Pierre de Pise, qui enseignait à Pavie *; Paul Wafnefrid, diacre d'Aquilée * ; Théodulfe, auquel il donna l'abbaye de Mici et l'évêché d'Orléans ®; Leidrade, qu'il nomma archevêque de Lyon et son bibliothécaire ; l'Irlandais Glément ^ et l'Anglo-Saxon Alcuin. Il ad-

' .... lo discenda grammatica Petnim Pisanum, diaconum eenem» audifH : in csteris disciplinis Albiiram cognomento AleuinuiD, item diaconum de Britanma, Saxonici generis homineni, TÎrum undecumque doctissinum, prœceptorem habui|; apud quem et rhetoric» dialecticiB, prscipue tamen astronomie edisceDd», plu* rîmum et'teroporis et laboris impertivit. — Einh. Vita Carol.Mag. dans Pertz» tome II, pages

3 En 792. — Mabiix. àcU sanc, sœc. 4, pars i, B. Aleuini Elogium, pages l6d et suivantes.

' Linguam latinam ita didicit ut «eque illa ac patria lingua orare esset solitus ; grœcam vero melius intelligere.quam pronunciare poterat... tenebat scribere... sed parum suecessit labor prsposterus ac sero inchoatus. — Einh. Vita CaroU magnù Bans Pertz, tome II, pages

^ Alcuini Epist, 15, page 1511.

* Mabill., Ann., lib. 24, n» 78.

* Histoire littér. de la France, tome IV, pages 459-460. ' Mabiix., Aet, eanct,, sœc. 4, pars 1, page 205.

' Mabill., Ibid., page 181.

AU HUITIÈME ET ÀU NEtTIÈME SIÈCLE. 97

joignit comme auxiliaires à ces doctes étrangers, dans l'œuvre intellectuelle qu'il les chargea d'opérer , une colonie de mattres de grammaire, de chant et d'arithmétique qu'il fit venir de Rome ^ . Des chefs-lieux d'enseignement furent établis à Metz, à Tours et dans le palais impérial même où Gharlemagne fonda une sorte d'académie littéraire ^. Il y déposa son nom germanique de Karl pour y prendre celui de David, et il donna à Alcuin celui de Flaccus ^« Par une lettre adressée à tous les évéques et à tous les abbés de^son empire, il leur ènjoiguit de créer ou de restaurer les écoles dans leurs cathédrales ou leurs monastères *. La syntaxe et l'orthographe furent apprises de nouveau, et les textes altérés furent rendus à leur pureté primitive. Sous la direction d' Alcuin il fut fait une édition corrigée mot à mot de la Vulgate, et sous celle de Paul Warnefrid il y eut une réforme des livres et des offices d'église ^. L'esprit n'avança point, mais il se débarrassa de sa récente barbarie et reprit possession de ses anciennes connaissances. C'était beaucoup.

Ce que la Gaule regagna, la Germanie l'acquit pour la première fois, Gharlemagne étendit aux pays d'outre-Bhin sa sollicitude littéraire. Il écrivit à fiaugulf , successeur de Sturm dans l'abbaye de Fulde, la lettre suivante sur l'établissement des écoles : « Il a paru » utile à nous et à nos fidèles que dans les évèchés et les monastères » confiés à notre direction on ne s'adonnât pas seulement à la vie » régulière et religieuse, mais qu'on s'y appliquât à la science des

lettres en instruisant chacun selon sa capacité, afin que ceux qui

' ' En78f7. — Carolus... in FraDciam çum gloria reversus, adducens secum cactoi^s Bomanorum et grammaticos peritissimos et calculatores. Vita CaroU m(i§ni

<perfnonachufn engolismensem deseripta , dans Dom Booqubt, tome Y , page 1^. ' ^ Mabill. AcU sanet,, sœc 4, pr«f., § VIII, de scholis palatinis, monasterialibuf .

' * Alcuin lui écrivait très^souvent : Domino dilectissitno David régi FUmus fidelis orator» — Epist. 16, dans Dom Bouquet, tome Y, page 613, et aussi pages 604, 605

^ ét 609.

^ Baluzb, tome I, page 202. — Voir aussi Fart. 70 du Capit. d'Aix-la-Chapelle,. ;ide 789, dans Baluzb, tome I, page 237.

* Alcuini Opéra, tome I, Commentatio, pages 28 et suivantes. . « Constitutio de emendatione librorum et officiorum ecclesiasticorum, » dans Baluzb, tome 1, pages 202 et 204.

Cfisaris munificentia ei Albini (Alcuin) inexhausto lectionis studio corpus utriusque Testament!, seu librariorum yitio seu temporum injuria, varie deformatum et ab integritate sua longe abductum ad veterum exemplarium fidem tuuc revocatum est, atque ita Caroli jussu Bibliorum editionis Ynlgat» passim ad unguem facta castigatio. — Antiquit. Fuldens., c. 11, pages 43 et seq.

» désirent plaire à Dieu en tivant bien ne négligent pas de lui plaire » en parlant bien. Car, f{uoiqu'il vaille mieux bien agir que savoir, » cependant il fàut savoir avant d*agîr. Chacun doit donc connaître y> ce qû'il veut exécuter, afin que Yktne comprenne mieux ce qu'eBe ^ doit faire. Dans plusieurs des écrits qui nous ont été adressés des » divers monastères, durant Ces dernières années, nous avons trouvé )b des sentiments justes, mais tm langage inculte ; et ce qu'un coeur » droit dictait intérieurement n'était rendu qu'imparfaitement par » une expression négligée. Cela nous a fait craindre que moins d'ha-

biteté dans la manière d'écrirè ne conduisit à moins de sagesse dans » l'intdligence des saint» tlcritures. Or, nous savons tous qne si » les erreurs de mots sont dangereuses, les erreurs de sens le wt^î » bien davantage encore. Nous désirons donc que vons soyez, -comme m doivent l'être des soldats de l'Église, dévots intérieurement, savants » extérieurement ; chastes dans la vie, classiques dans le langage

Cette discipline prospéra à Fulde et s'établit dans tous les moulastères bénédictins de la Germanie. Ces monastères, auxquels l'Europe du Nord dut en grande partie le déft-ichemenl de ses forêts et ïa culture de son sol, étaient de grandes républiques agricoles, îndusttîrfïes ^littéraires. D'après la règle de saint Benott, ils devaient être construits de telle sorte que l'eau, les moulins, le jardinage, là paneterie se trouvassent, et tous les autres métiers pussent être exercés dans l'intérieur *. Le lasoine bénédictin était tour à tour un contemplatenr religieux, un laboureur, un artisan, un lettré. Il passafît de l'église à l'atelier, de la culture des champs à l'étude des lettres

Les écoles qui existèrent dans les monastères étaient de deux espèces : les unes, intérieures w claustrales; lesMibres, extérieures ou canonicales. Celles*<;i Vappdaient encore les éootes mineures, eeïleslà, les écoles majeures *. Dans les écoles mineures, qui étaient pu-

^ «OensiltàUo de scholiit per ^ngut» episbopia eit «ottastmia iwtitMtidis. » (Add. 78S. ) Dans Baluze, tome I, pages âOl à 204. ' ReguU S. Bened. m^. 66^

« idûk, 22, 28, 47> 48, K?, et en général tentera Yèg1e«

* Mabill. Act. sanct,, saec. 4, prœf.de scholis , § VIlï, — Braat'dfecipKBœJôci ut sempér et tune severœ, ison ûsoào îè ijtaœ^o, sed et ioschofe cftmis. Unéet^am prster^lericos... £kk ardus, c. 6, Be moMuterio S. ^aUi. Tradontur -post brève teinfUB Marcello sckol» etaus^i cum beato Notkssro. MbiAo et ««teiis monaclH babitus pneris ^ tiiterleres vero, id est, canonlcs^ isoiit oom Sirfottmie «jus comparibus. — Em&AWGS 4n Vi^ 'S, Natkeri, t, 7%

AU HUITIÈME BT AU HEUVIÈME SIÈCLE. 9ft

bliques, m recevait les enfants du dehors et on leur apprenait les principes de la foi catholique, l'oraison dominicale, les psaumes, les notes musicales, le chant et la grammâire * . Dans les écoles majeures, qui étaient réservées aui moines, on enseignait les sciences sacrées ,et séculières, c'est-à-dire la théologie^ qui se composait de la con-^ naissance des deux Testaments^ des Pères, des canons, et des sept arts, libéraux ^. Dans tous les monastères, il y avait au moins un scholas^ iicjus très'-instruit des études du temps» a Les echolasiiei, dit le moine » Tritfaème étaient versés non-sealement dans les saintes Écritures, » mm dans les mathématiques, l'astronomie, la gè^nétrie, l'arith* » métique, la rhétorique, la poésie, et dans toutes tes sdeifces sécu^ » Irères »

Outre l'enseignement qa'ife (tonaaieilt dans le^rs écdes extérieures, 4m ils admettaient surt(Mit les fils des grands et des nobles ^, et dans le«fs écoles intérieures, où ils instruisaient les moines tant indigènes qu'étranger^ ils rendaient de grands services à Tesprit humain en enregistrant les événements historiques et en mulUi^iant les exemplaires des manuscrits. Il y avait, dans les couvents, des moines qui étaient chargés de rédiger les ^ironiques et d'autres de transcrire les 4ivr«i Cetix-ci s'appelaient antiqtèarii Les uns copiaient te» ouvrages, les autres tes collatiomiai^t, y ajcrataient des peintures ei

* Et non solum servUis conditionis infantes, sed etiam ingenuorum filios adgregent sibîque socient ; et ut scholœ legentiumpHerorum ÛM, psalmos, notas, cantus, comptattim, gtamtohifcicam per singfota moïraétefîii Vd epîsteopia discant. Sed fet li1)roé ta-« tèoHcôsin9tfe<éiii^atos àalrea^'— Càp^. d'Aix^-k-Cliepelle 'de rm ait. TO^ Dans Baluze, tome I, page 237.

' MABiLL.ji c(. sanct,, sœc. 3, pars 1, praef., pages 25 et suiv.— On enseignait partictili^tèiMtent Aahs Céè écoîfë et;ctésîàfetf<][iieâ l'éttfltfriè isïiîttte cl lesï^èfés, qué una ih$0lùç^ 4lU4^ iBÙ^, UsABlLi,., 4hiâ.

' Qui non solum in divinis Scripturis doeti essent, verum etiam in matbematica» astronomia, aritbmetica, geometria, rhetorica, poesi et in cœteris secularis littera^ imm Bcientiis;. Trithbih Chfon. S^nau^fk^. ad mm. 8a9w ^ In singolis éceîiobiis Jtnusdffitemin 8eien«ia Scriplimmin mx^Ikialkeiêt^iiâktHiewt poneiMCwr. Trith. .CàrofijEltm> MB. 952.

* Exteriof em 4a qua magnatam 4id)iliiim<iae likeri fing^ilBintar. Â9aiq% Fuld^ ew pages dô et seq^

ir Jiaitième siècle^ il^^t -k Fitlde^ns 4e â^moiiies très^instiinls d«ms les Ëmtuf es^ j.— TaiiHEU. Chron, Hin., ann. 838.

* Mabiu.. Aai. tanci.^siAo^ ±yhh. l, pM., c. 8. ^ Mana faominibùs prœdicare,, 'i.iéifilis ling^ias aperire^ salulem «iolrtaMb«6 tacitam dare et contra diaboii surrep^

tiones illicilas calamo pugnare. — Cassiod., lib. 2. Inst^^ 7*

tA GERMAflfE

des ornements en or, les reliaient avec soin, et quelquefois avec somptuosité \ Ce travail n'était pas étranger aux monastères de femmes, qui» indépendamment des ouvrages qu'dles tissaient, copiaient les deux Testaments, le Psautier, et d'autres livres qu'elles ornaient aussi d'or et de pierreries. Les grands établissements céno* bitiques avaient leurs peintres, leurs architectes, leurs sculpteurs quf travaillaient dans la fabrique de l'abbé ^.

Ainsi, ces asiles où se réfugiaient les hommes qui voulaient suivre la vie appelée parfaite, parce qu'elle était pieuse et désintéressée i ces fermes remplies de colons infatigables qui, d'après la règle de l'ordre, ne devaient pas plus se séparer de leur serpe qu'un soldat de ses armes ^ ; ces ateliers où s'exerçaient les métiers et où se pratiquait ce qui restait des arts du vieux monde ; ces écoles où s'ensei^ gnaient la doctrine et la morale du christianisme, les lettres latines; quelques débris de la science grecque, étaient le dépôt où s'était con-* servée la partie de la civilisation antique qui devait servir de germe à la civilisation moderne.

En Germanie, le monastère deFulde fut le principal de ces grands dépôts. Il devint dans le neuvième siècle, sous Baban-Maur, disciple d'Alcuiu, et sous les disciples de Raban, l'école nùn-seulement de l'Allemagne, mais d'une grande partie de l'Europe L'abbaye de la nouvelle Corbie, fondée en 808, sur le Weser, acquit pour le nord de l'Europe la même importance que Fulde pour le centre. C'est là que furent élevés, et c'est de là que partirent les apôtres des pays septentrionaux Anschaire et Rimbert. Les contrées transrhénanes se couvrirent à leur tour d'établissements cénobitiques ^«

Au nombre des bibliothèques les plus considérables en Europe, furent celles de Fulde, de Saint-Gall, de Lauresheim, d'Hirsauge et

■ Alii spargendîs in membraneas paginas apicum et diversi generis cbataetOTum notis : alii nobilibus operimentis invotrèfido yel cknidèiido codées : minio et rubrica , ut quodque in sententiis aut capite versum emioeret, signaséo^ enotando, illustrabant, etc.. Àntiq. Fuld,, c. ii, pages 43 et suir. ExercUàtiêmi.

^ Assignati certi fundi non solum^ ornandœ ecelesi», sed ad faciendum omne opus artificum tam in fabrieatura quam et sciilptiira, et csIsAura et aratura fabrili, et mandatur camerario ut curet ne sit vacua fa^riça abbatis. JHd.

* Reg, S. Bened,, c. 55 et 22. .

* A ntiquit. FuîdeiM.,'ch, 13, pages 52 à 56, et ch. 14, pages 57 et suivantes.

* Voir Mabill. Jnn. bened., tomes II et III, et Au* §anet., smc. 2 et 4 passim. — Tritheu., Chron. hin.

AU huitièmbT et au neuvième siècle. lÔi

de Corbiet appartenant toutes à des abbayes allemandes Je ne saurais mieux finir sur ce point qu'en employant les paroles dont se sert le savant Mabillon, pour rappeler Faction bienfaisante de Tordre des bénédictins en Allemagne : « Nos prédécesseurs, dit-il, rendirent » en Germanie quatre grands services au monde chrétien : le pre- » mier fut la conversion de ses habitants, le second fut Tétabli^e- » ment des églises épiscopales, le troisième fut instruction commu- >K niquée tant aux clercs qu'aux séculiers, le quatrième fut la culture » d'un soi et Tembellissement d'un pays presque entièrement inculte » et désert *. »

Derrière la grande ligne de la civilisation que Gharlemagne avait,' comme nous l'avons vu, portée plus avant sur le continent, se trouvèrent alors conipris tous les peuples de race germanique parlant la même langue, suivant la même croyance, soumis à la même législa* tion générale. Ils n'étaient plus divisés en tribus particulières ; les différences qui séparent cessaient de l'emporter chez ftx sur les ressemblances qui unissent. Les Francs, les Alamans, les Bavarois, les Souabes, les Thuringiens, les Frisons, les Saxons, rapprochés par les liens les plus forts et les plus nombreux, se fondaient progressivement dans la même communauté sociale, religieuse, politique, militaire, et ne formaient plus que le nouvel empire germanique placé désormais à l'avant-garde de la civilisation.

L'action de la race allemande civilisée sur la race slave qui ne l'était pas encore, se fit déjà sentir sous Gharlemagne lui-même. Le conquérant germain et chrétien , appuyé sur l'Elbe et le Danube, fît des excursions fréquentes et victorieuses dans tous les pays qui s'étendent jusqu'à l'Oder et même jusqu'à la Yistule. Il rendit tributaires la plupart des peuplades slaves que ses successeurs devaient rendre chrétiennes. Ainsi les Obotrites, les Wilzes, les Sorabes, les Tschèques, les Moraves, qui occupaient la Poméranie, le Brandebourg, la Silésie, la Bohême, la Moravie actuelles, lui furent assujettis et il les prépara par la défaite et la soumission au christianisme qu'elles adoptèrent dans ce siècle même et dans le suivant.

■ llABiLi», ÀeU sanct., sasc. 3, pars 1, prsf., page 29.

^ In Germania prœstitere majores nostri in reipublic» Christian» utilitatem nîmirum conversionem gentis et ecclesiarum episcopalium institutîonem ; studia vero » clericonim et secolarimn commune emolumentum ; quartum in habitatorum commoditatem, nempe ipsius soli germanici prope deserti cultum et omamentum. » Mabill., Act, sancd,, saec. 3, pars 1, prœf., pages 32, 33.

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