CHAPITRE IV
Croyance philosophique de Franklin. — Son art de la vertu. — Son algèbre morale. — Le perfrclionncment de sa conduile.
En lisant la Bible et, dans la Bible, le livre des Proverbes, Franklin y avait vu : La longue vieesl dans la main droite, el la fortune dans la main gauche. Lorsqu'il examina mieux l'ordre du monde, et qu'il aperçut les conditions auxquelles l'homme pouvait y conserver la santé et s'y procurer le bonheur, il comprit toute la sagesse de ce proverbe. Il pensa qu'il dépendait, en clTet, de lui de vivre longtemps et de devenir riche. Que fallait-il pour cela? Se conformer aux lois naturelles et murales données par Dieu à l'homme.
L'univers est un ensemble de lois. Depuis les astres qui gravitent durant des millions de siècles dans l'espace infini, en suivant les puissantes impulsions cl les attractions invariables que leur a communiquées le suprême Auteur des choses, jusqu'aux insectes qui s'agitent pendant quelques minutes autour d une feuille d'arbre, luus les corps et tous les êtres obéissent à des lois. Ces lois admirables, conçues par l'intelligence de Dieu, réalisées par sa bonté, entretenues par sa justice, ont introduit le mouvement avec toute sa perfection, répandu la vie avec toute sa richesse, conservé l'ordre avec toute son harmonie, dans rimmense univers. Placé au milieu mais non aii-des< sus d'elles, fait pour les comprendre, mais iiun pour les chan-