‹ Notices historiquesChapitre 51 sur 78 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

le seconder dans sa mission. Franklin lui répondit : «Offrir le pardon à des colonies qui sont les parties lésées, c'est véritablement exprimer l'opinion que votre nation mal informée et orgueilleuse a bien voulu concevoir de notre ignorance , de notre bassesse et de notre insensibilité; mais cette démarche ne peut produire d'autre effet que d'augmenter notre ressentiment. Il est impossible que nous pensions à nous soumettre à un gouvernement qui, avec la barbarie et la cruauté la plus féroce, a brûlé nos villes sans défense au milieu de l'hiver, a excité les sauvages à massacrer nos cultivateurs et nos esclaves à assassiner leurs maîtres, et qui nous envoie en ce moment des mercenaires étrangers pour inonder de sang nos établissements. Ces injures atroces ont éteint jusqu'à la dernière étincelle d'affection pour une mère patrie qui nous était jadis si chère. »

Lord Howe s'étant adressé au congrès, celte assemblée désigna pour l'entendre Franklin, Adams et Rulledge. Les commissaires américains entrèrent en conférence avec l'amiral anglais dans l'île des Éiats (Staten-Island), en face d'Amboy. Aux propositions de rentrer dans le devoir, avec la promesse vague d'examiner (Je nouveau les actesqui faisaient l'objet de leurs plaintes, ils répondirent qu'il n'y avait plus à espérer de leur part un retour à la soumission; qu'après avoir montré une patience sans exemple, ils avaient été contraints desesousiraireàl'autorilé d'un gouvernement tyrannique; que la déclaration de leur indépendance avait été acceptée par toutes les colonies, et qu'il ne serait plus même au pouvoir du congrès de l'annuler; qu'il ne restait donc à la Grande-Bretagne qu'à iraiîer avec eux comme avec les autres peuples libres. Cette froide e'. irrévocable signification de leur désobéissance et de leur souveraineté fut confirmée par le congrès, qui, le 17 septembre 1776, publia le rapport de ses commissaires, en approuvant leur langage et leur conduite. Il fallait maintenant faire prévaloir une aussi fière résolution les armes à la main, et lui donner la consécration indispensable de la victoire.

Ce n'était point le tour qu'avaient pris jusque-là les choses. La guerre n'avait pas été heureuse pour les Américains. Ils

ayaient tenté d'abord udc divcrsiou hardie, eu entreprenant la conquête du Canada, qui les aurait préser>'é8 de toute hoslililé vers leur frontière septentrionale, et aurait privé hs Anglais de leur principal point d'appui sur le continent. Le gcuéral llonlgommery s'était avancé par \eA lacs pour atla(|uer cette province du côte de Montréal, tandis que Washington avait envoyé du son camp de Cambridge le colonel Arnold, qui, remontant l'Hiidson et la Sorel, devait y pénétrer du côté de Québec. Grâce à ces deux vaillants hommes, cette audacieuse invasion fut sur le puint de réussir. Monlgommery entra dans Montréal, se rendit à marches forcées devant Québec, l'investit avec sa petite troupe, et allait s'en rendre matire par un assaut, lorsqu'il tomba sous la mitraille anglaise. Le colonel Arnold, après des fatigues incroyables et des périls sans nombre, ayant traversé des pays impraticables au cœur d'un hiver rigoureux, arriva pour continuer l'héroïque entreprise de Monlgommery 8;)ns avoir le moyen de l'achever. Être arrêté un instant dans l'exécution des desseins qui déj endcnt de la promptitude des succès et de l'étonnement des es, rits, c'est y avoir échoué. Québec, dont la prise avait été manquéc par la mort soudaine du Monlgommery, s'était mis eu élatde défense; et le Canada, n'ayant point été enlevé aux Anglais par surprise, ne pouvait être conquis sur eux par une guerre régulière. Les Anglais devaient bientôt y être plus forts que les Américains, et contraindre ceux-ci à l'évacuer pour toujours.

Non-seulement le plan d'atiaquedes insu rgé& contre les possessions britanniques n'avait point réussi, mais leur plan de défense sur leur {iropre territoire avait été accoropagnt' de grands revers. Les .\nglais n'ayant plus à châtier une seule prov.nce, mais à dompter les treize colonies, avaient changé leu-s dispositions militaires. Il ne leur convenait point de rester à Boston, dont le golfe était trop tourné vers l'une des extrémités de l'Amérique insurgée, et ils songèrent à occuper une position plus centrale. Le beau fleuve de l'IIudson, près de l'embouchure dutiuel était assise la riche ville de New-York, et dont le cours séparait pres<|Ute en deux les colonies du nord-est el les colonies du sud-ouesl, élablis.sail, par le lac Champlaiu

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