‹ Notices historiquesChapitre 57 sur 78 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

précipita dans une relraitesoudairie.il s'établît ensuite dans un camp fortifié à vingt milles environ de Philadelphie, à Valley- Forge, sur un terrain couvert de bois, borné d'un côté par le Schuylkill, et de l'autre par des chaînes de collines, d'où il tint le général Howe en échec.

Tandis que "Washington contenait llarmée anglaise sur le Schuylkill et la Delaware, il s'était passé des événements trèsgraves sur les lacs du Nord et sur le haut cours de l'Hiidson. Les Américains, arrêtés dans l'invasion du Canada, avaient été contraints de se replier sur leur propre territoire, où ils furent attaqués, dans l'été de 1777. par le général Burgoyne, avec une armée d'environ dix mille hommes, venue en grande partie d'Angleterre. Ce capitaine entreprenant descendit le lacChamplain, occupa la forteresse de Ticondéroga, placée en avant du lac George, se rendit maître des autres forts qui couvraient ce côté de la frontière septentrionale des Étals-Unis, passa sur la rive droite de l'Hudson, dont il suivit le cours, avec le projet de s'emparer d'Albany et d'aller joindre l'armée centrale établie dans New- York.

Mais, arrivé à Saratoga , il y rencontra le général américain Gates, qui marchait à sa rencontre à la tête de quinze mille hommes Là finirent ses succès et commencèrent ses désastres. Non-seulement Gates l'arrêta, mais il le battit plusieurs fois, lui enleva tous les moyens d'opérer sa retraite, l'assiégea dans une position désespérée, et, après une terrible lutte qui dura tout un mois, le contraignit à se rendre avec son armée. Le 17 octobre, Burgoyne signa une capitulation par laquelle les cinq mille huit cents hommes qui lui restaient laissèrent leurs armes entre les mains de leurs ennemis victorieux, et furent conduits comme prisonniers de guerre à Boston, d'où on les transporta en Europe, sous la condition qu'ils ne serviraient plus pendant toute la durée délit guerre.

Cet événement eut des suites considérables. Jointe à la résistance opiniâtre de Washington, la victoire de Gates produisit un efTet extraordinaire en Europe. Franklin en tira un grand parti. I La capitulation de Burgoyne, écrivit-il, a causé en France la joie la plus générale, comme si celte victoire avait été

remportée par ses propres troupes sur ses propres ennemis, tant sont universels, ardents, sincères, la bonne volonté et rattachement de Cette nation pour nous et pour notre cause! » Il saisit ce moment d'enthousiasme et de confiance po<ir ( ntratner le cabinet de Versailles dans Talliance qu'il lui proposait depuis longtemps avec les États-Unis. Le i décembre, en apprenant au comte de Vergennes que le général Burgoync avait capitulé à Saratoga, il ne craignit pas d'avancer que le général Hov^e serait bientôt réduit ù en faire autant à Philadelphie. Il le croyait fermement; car lorsqu'on lui avait annoncé que le général Ho^ve avait pris Philadelphie, il avait répondu: Dites plutôt que Philadelphie a pris le général llowe. Il fit sentir à la cour de France combien il lui importail de se décider promptement. Elle pouvait s'unir sans témérité à un pays qui savait si bien se défendre, et elle devait traiter sans relard avec lui, de peur qu'il ne trouvât l'Angleterre disposée aux concessions par la défaite. C'est ce que la cour de Versailles admit avec sagacité cl exécuta avec résolution. Dès le 7 décembre, M. de Vergennes dicta une note qui fut communiquée à Franklin, à Silas Deanc et à Arthur Lee, pour leur annoncer que la maison de Bourbon, déjà bien disposée, par ses intérêts comme par ses penchants, en faveur de la cause américaine, prenait confiance dans la solidité du gouvernement des États-Unis depuis les derniers succès qu'il avait obtenus, et n'était pas éloignée d'établir avec lui un concert plus direct.

Le lendemain même, Franklin, Silas Deaneel Arthur Lee se montrèrent prêts à entrer en négociation. Ils renouvelèrent la proposition d'un traité de commerce et d'amitié; et, le IG, ils entrèrent en pourparlers à Passy avec M. Gérard de Hayneval, premier commis des affaires étrangères et secrétaire du conseil d'État, que Louis XVI avait désigné pour être son plénipotentiaire. On convint sans peine d'une étroite alliance, et il fut promis aux négociateurs américains un secours additionnel de trois millions pour le commencement de l'année 1778. On aurait pu signer sur-le-champ ce grand accord, si la France n'avait pas voulu agir de concert avec l'Espagne. Afin d'avoir son utile concours, ou expédia un courrier au cabioel de Madrid, trop

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