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CHAPITRE Xir

ranée, où les Français et les Espagnols lui reprirent Minorque et tentèrent de lui enlever Gibraltar ; vers les côtes d'Afrique, où elle perdit tous ses forts et tousses établissements sur le Sénégal; aux Indes, où, après s'élre emparée tout d'abord de Pondichéry, de Chandernagor, de Mahé, elle fut privée de Gondelour, et eut à combattre le redoutable Hyder-Aly et l'Iiéroïque bailli de Suffren; en Amérique, où les Français, qu'elle avait dépouillés des îles de Saint-Pierre, de Miquelon et de Sainte-Lucie, conquirent sur elle la Dominique, Saint- Vincent, la Grenade, Tabago, Saint-Christophe, Nevis, Montserrat, et où les Espagnols se rendirent maîtres de la Mobile, et soumirent la Floride occidentale avec la ville de Pensacola, qu'ils avaient cédée dans la paix du 10 février 1763. Malgré la coalition ouverte ou secrète du monde contre sa puissance, cette fière et énergique nation tint ferme sur toutes les mers, flt face à toutes les inimitiés, et ne renonça point à dompter et à punir ses colonies révoltées.

Seulement elle changea son plan d'attaque. Sir Henri Clinton avait vainement essayé de reprendre les anciens desseins du général Ilowe en se rendant maitre de tout le cours de l'Hudson. Il avait rencontré la résistance victorieuse de Washington, qui l'avaitréduit à l'inaction dans New- York. Mais tandis que le général américain, toujours posté avec son armée dans des positions qu'il rendait imprenables, défendait l'accès intérieur du pays, les Anglais se décidèrent à ravager ses côtes, et à porter la ruine là où ils ne pouvaient plus opérer la conquête. Des corps considérables, détachés de l'armée centrale de New- York, allèrent sur des flottilles dévaster les rivages des deux Carolines, de la Virginie, de la Pensylvanie, du New-Jersey, du New-York, de la Nouvelle Angleterre. Les villes de Portsmouth, de Suffolk, de New-IIaveu, de Farifiel, de Norwalk, de Charlestown, de Falmouth, de Norfolk, de Kingston, de Bedford, de Egg-Harbour, de Germanflatts, furent saccagées et brûlées. De plus. Sir Henri Clinton, ayant reçu des renforts d'Europe, reprit le projet d'invasion non plus par le centre des États-Unis, où Washington l'avait fait échouer jusque-là, mais par son extrémité méridionale, où il devait rencontrer moins d'obstacle.

Il alla joindre, dans le sud, lord Cornwallis, qui se rendit assez prompienicnl uiaiire des deux Carolincs.

Il iuiporlail que la Frauce, dont les flottes avaient paru plus qu'elles n'avaient agi sur les côtes américaines, vînt au secours des Étals-Uuis d'une manière efficace. Le général la Fayette, qu'une amitié étroite avait proraptement lié à Washington, qui avait acquis la confiance du congrès par la générosité de son dévouement et la brillante utilité de ses services, se rendit eu Europe pour se concerter avec Franklin, et solliciter, d'accord avec lui, celle assistance devenue nécessaire. Le plénipotentiaire américain n'avait pas négligé les intérêts de son pays, et, afin de préparer sa victoire, il avait soigneusement entretenu l'union entre lui et ses alliés. H avait repoussé les offres d'une trêve de sept ans, que lord NortI» lui avait proposée par l'entremise de David Hariley, dans l'espoir de séparer l'Amérique de la France, et de les accabler tour à tour en les attaquant à part. Il avait demande que la trêve équivalût à la paix par une durée de trente ans, et qu'elle fût générale : c'était déjouer les desseins secrets de l'Angleterre, qui n'insista point Après avoir obtenu de la cour de Versailles des secours considérables d'argent, qui s'élevèrent à trois millions pour 1778, à un seulement pour 4779, à quatre pour 1780, à quatre aussi pour 1781, indépendamment de la gai-antie d'un emprunt de cinq millions de florins contracté par les États-Unis en Hollande, Franklin obtint encore l'envoi d'une flotte conduite par le chevalier de Ternay, et d'une petite armée que commanda le comte de Ruchambeau, placé sous les ordres directs du général Washington.

Avant que la Fayette retournât en Amérique, Franklin fut chargé de remettre une épée d'honneur à ce jeune et vaillant défenseur des États-Unis. Il la lui envoya au Havre, par son petit-fils, en lui adressant une lettre dans laquelle il lui exprimait, avec le tour d'esprit le plus délicat, la plus flatteuse des gratitudes : t Monsieur, lui disail-il, le congrès, qui apprécie les services que vous avez rendus aux États-Unis, mais qui ne saurait les récompenser dignement, a résolu de vous offrir une épée, faible marque de sa reconnaissance. Il a ordonné qu'elle

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