ET PREMIER INSPECTEUR GÉNÉRAL DE L'ARTILLERIE
'armi les officiers d'artillerie du xvur siècle, Val-
let Gribeauval sont les plus importants dans l'his-
lière loire de cette arme. Le général de Vallière, homme de guerre éminent et savant fort distingué, avait réorganisé, en 1732, le matériel de l'artillerie tel qu'il existait sous Louis XIV; les types de bouches à feu, trop nombreux, furent réduits à cinq, les pièces et leurs affüts rendus plus légers. L'œuvre de Vallière dura jusqu'en 1765, époque à laquelle M. de Choiseul, alors ministre de la guerre, adopla le système de Gribeauval. Choiseul, qui avait constaté combien notre artillerie, pendant la guerre de Sept-Ans, avait été inférieure à l'artillerie prussienne, plus nombreuse, plus légère et plus rapide, avait chargé Gribeauval de réorganiser complètement
1. I va eu deux généraux d'artillerie de ce nom: le père (Jean- Florent de Vallière), mort en 1759; le fils (Joseph-Florent de Vallière), mort en 1776.
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l'artillerie francaise e{ de la rendre supérieure à celle des nations étrangères, C'est ce que fit M. de Gribeauval.
Jean-Baptiste Vauquette de Gribeauval était né à Amiens le 45 septembre 1745 ; il s'était engagé comme volontaire dans le régiment Royal-Artillerie en 1732, Trois ans après, il était devenu officier pointeur, et en 1752 il fut nommé capitaine du corps des mineurs. M. d'Argenson, ministre de la guerre, le chargea d'aller en Allemagne étudier l'artillerie prussienne que Frédéric avait perfectionnée. Gribeauval fut promu au grade de lieutenant-colonel en 1757.
Pendant la guerre de Sept-Ans, M. de Gribeauval passa au service de l'Autriche ; Marie-Thérèse, notre alliée, avait obtenu du gouvernement francais qu'on lui envoyât un officier capable de réformer l'artillerie autrichienne, Gribeauval, à son arrivée à Vienne, fut nommé général commandant l'artillerie, le génie et les mineurs, et, quand on assiégea Gratz, il fut chargé de diriger les attaques, et fit capituler la ville, En 1762, pendant que le gouvernement francais nommait M. de Gribeauval, maréchal de camp (25 juillet), Marie- Thérèse lui confia la défense de Schweiïdnitz, autre place forte de la Silésie, que Frédéric vint assiéger luimême. Cette ville avait été enlevée d'un coup de main, en 1761, par le maréchal Landon, et Frédéric crut qu'il allait reprendre facilement Schweïidnitz; mais Gribeauval le fit attendre plus de deux mois.
La tranchée fut ouverte le 6 août 1762. Le 13, le roi de Prusse écrivait au marquis d'Argens : « Mon entreprise sur Schweidnitz va jusqu'iet à merveille; il nous