Biographie universelle
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La Société royale de Londres, ayant appris que le gouvernement francais renoncait à celle expédition, demanda à Bougainville le travail qu'il avait préparé ; il l'envoya, et c'est ce travail qui servit au capitaine Phipps (depuis lord Mulgrave) pour faire son voyage au pôle.
En 1778, la guerre ayant éclaté entre la France et l'Angleterre au sujet de l'indépendance des coloni . anglaises de l'Amérique, Bougainville y prit part el servit en qualité de capitaine de vaisseau sous les ordres de Lamotte-Piquet. En 1779, il fut fait chef d'escadre et maréchal de camp dans l'armée de terre.
Capitaine de pavillon de l'amiral d'Estaing, il fit avec lui les deux campagnes des Antilles et s'y distingua par l'habileté de ses manœuvres et sa bravoure, En 1781, au combat de la Chesapeake, il commandait l'avant-garde du comte de Grasse, et le Terrible qu'il montail eut une part si glorieuse à cette bataille que l'amiral n'hésita pas à déclarer à Rochambeau et à Washington que c'était à [ui qu'était due surtout la victoire. En 1782, Bougainville se fit remarquer dans tous les combats livrés aux Anglais dans les Antilles, à Saint-Christophe, à la Dominique, etc.
En 1790, l'armée navale de Brest s'étant mutinée, on nomma Bougainville vice-amiral, et on lui donna
la mission de rétablir la discipline parmi les matelots;
mais il échoua et se retira du service.
Il fut arrêté en 1793 et il ne dut son salut, comme tant d'autres suspects, qu'au 9 thermidor.
A la création de l'Institut (1796), Bougainville en fut
nommé meinbre, à la section de géographie et de navigation, Il devint ensuite lun des savants qui composérent le Bureau des longiludes, En 1797, le Conseil des Cinq-Gents le présenta comme candidat au Directoire, Enfin, Napoléon [le nomma comte, sénateur et grand-Gfficier de la Légion d'honneur,
Bougainville mourut le 31 août 1811, âgé de 82 ans.
On lit dans les Souvenirs du due de Lévis, fils du chevalier :
« M. de Bougainville était vif, et, dans sa jeunesse, il avait été colère, J'ai entendu raconter au maréchal de Lévis, dont il avait été aide de camp pendant la guerre du Canada, qu'à l'attaque très vive du fort de Carillon M. de Bougainville recut, au plus fort de l'action, une balle au front qui le renversa, Un officier le vit tomber el S'écria en s'adressant à M. de Lévis, qui était peu éloigné : « Ah, mon Dieu !'ce pauvre Bougainville vient d'être tué, — Eh bien, on l'enterrera demain avec beaucoup d'autres », répondit froidement le général, qui lui était cependant fort attaché, mais qui, dans un pareil moment, craignait, en paraissant sensible à cette perte, de décourager les soldats. M. de Bougainville n'élait qu'étourdi du coup; la colère lui rendit la parole; il se releva en disant: « Général, il me semble que vous vous consolez bien aisément de ma mort; pourtant vous ne me ferez pas encore enterrer cette fois-ci »,
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LIEUTENANT GÉNÉRAL