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vigies de la côle signalèrent un convoi français poursuivi par une escadre anglaise, C'étaient 26 bâtiments français, sortis de Marseille sous l'escorte de la frégate l'Awrore, et qui, ayant donné dans le canal de Sainte-Lucie, y étaient chassés par l'escadre d'Hyde Parker, forte de 13 vaisseaux el 1 frégate, Dans la journée, une partie du convoi, pressée de très près par les vaisseaux de tête ennemis, parut devant la baie du Fort-Royal, Les canonniers des forts étaient accourus à leur poste et s'apprôtaient à tirer sur les Anglais lorsqu'ils se seraient approchés de la place. Les habitants de l'île, profondément émus de ce spectacle, s'étaient portés sur les quais et sur la côte, d'où ils suivaient avec anxiété les mouvements du convoi el des Anglais. Vainement le commandant de l’Aurore avait-il fait serrer le vent et la côte à son convoi, dans l'espoir de le faire entrer dans le port avant que les Anglais fussent à portée de l’intercepter; le vent manquant à la côte, tandis que l'escadre anglaise en avait encore au large, un vaisseau de 74 fut bientôt à portée de l’Aurore, qui fit feu de ses canons de retraite pour protéger les bâtiments de son convoi.
De toute la division de La Motte-Picquet, le vaisseau l'Annibal était le seul qui fût en mesure d'aller soutenir l'Auwrore. Deux autres vaisseaux, le Réfléchi et le Vengeur, sans équipages, sans munilions de guerre, auraient, dans les circonstances ordinaires, demandé au moins deux jours pour mettre sous voiles. Le reste de la division était complètement dégréé.
Quoi qu’il en soit, La Motte-Picquel ne songeant qu'au danger que courent l'Aurore et son convoi, fait lever l'ancre à l'Annibal el se porte vers l’eunemi. Les officiers et les équipages des vaisseaux abattus en carène demandent et obtiennent de s’embarquer sur ce vaisseau.
Pendant ce temps, MM. de Cillart et de Fournoue, capitaines du Réfléchi et du Vengeur, mirent tant de célérité à former leurs équipages et à se procurer des munitions, qu'une heure après l’appareillage de l’Annibal, ils volèrent
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au secours de ce vaisseau, occupé alors à combattre trois vaisseaux anglais qui avaient coupé le convoi, Bientôt les trois français eurent à tenir tête à sept anglais. On se battait dans la grande rade du Fort-Royal, vis-à-vis les batteries de la côte, qui tiraient sans produire aucun effet, à cause de la distance, Rien n'égala l'habileté et la bravoure de nos marins, sice n’est le bonheur qu'ils eurent, non seulement d'échapper à des forces si formidables, mais encore de dégager la frégate l'Aurore el une grande partie du convoi. Des 26 navires dont il se composait, 9 furent délivrés, 9 jetés à la côte (sur lesquels # furent brûlés par les Anglais) et 8 capturés. Le vaisseau anglais, le Conqueror, un des plus acharnés à l'attaoue, perdit 5 officiers et près de 200 hommes.
Le Roi récompensa M, de la Motte-Picquet de cette action, l'une des plus brillantes de la guerre d'Amérique, en le nommant commandeur de Saint-Louis.
Pendant l'année 1780, M. de la Motte-Picquet, ayant réparé toute son escadre, sortit de la Martinique avec 6 vaisseaux et 6 frégates, avec lesquels il établit une croisière destinée à protéger le commerce des Francais et de leurs alliés, les Espagnols, dans les Antilles. Malgré la supériorité des forces anglaises, il revint bientôt au Fort-Royal avec 15 bâtiments qu'il avait capturés. Le 20 mars, il sortit de nouveau de la Martinique avec 4 vaisseaux pour escorter un grand convoi destiné à Saint-Domingue. Il était presque arrivé au Cap-Français, lorsque, le 21, il apercut 3 vaisseaux anglais auxquels 1l donna la chasse. Mais l’Annibal, qu'il montait, ayant une marche supérieure à ceile des