Habit à la mauresque, en étoffe d'or
2, La roupie vaut de 2 fr, 50 à 5 francs.
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« Le 27, au moment de son réveil, Suffren vit entrer dans sa tente le général de la cavalerie, qui venait lui donner le « salam » de la part de son souverain et lui renouveler l'invitation qu'il lui avait faite la veille. Les capitaines de l'escadre étant retournés à bord de leurs vaisseaux le soir même de l'entrevue, le commandeur, accompagné seulement de son major et de M. Piveron de Morlat, l'envoyé de France, se rendit auprès d'Haïder-Ali. Le déjeuner était préparé dans une tente particulière ; il se composait de mets apprètés à la turque, et, par une attention délicate, le Nabab avait fait disposer le service, et surtout les sièges, à la manière européenne. Pendant le repas il s'entretint constamment avec Suffren, par l'entremise de M. Piveron. Ses combats contre l'escadre anglaise firent le sujet de la conversalion, et 1l ne cessa üe lui témoigner son admiration sur son infatigable activité et sa brillante valeur.
« Le déjeuner terminé, Haïder-Ali invita le commandeur à passer dans sa tente, et là 1ls eurent ensemble un entretien particulier qui dura plusieurs heures. Le Nabab lui fit l'exposé de ses plans de campagne contre les Anglais, de ses projets de les chasser de l'Inde avec le secours de la France; mais, en même temps, il ne lui dissimula pas ses inquiétudes causées par les conquêtes que l'armée anglaise avait récemment faites dans son pays de la côte de Malabar, et dans ses propres domaines, ses craintes sur la défection des Mahratles, qui,
disait-il, finiraient par s'allier aux Anglais contre lui el
pourraient le mettre dans un grand danger, si les troupes francaises, aux ordres de M. de Bussy, n'arrivaient promptement à la côte.
« La franchise militaire et la noblesse que mit Suffren dans ses réponses, l'intérêt qu'il témoigna au Nabab pour tout ce qui pouvait tendre à l'accomplissement de ses desseins et à l'accroissement de sa puissance, l'empressement qu'il lui montra de retourner promptement à la mer pour aller combattre les Anglais, l'assurance positive qu'il lui donna de la prochaine arrivée des secours envoyés par le roi de France, charmèrent Haïder- Ali et lui inspirèrent pour l'amiral une estime et une confiance sans bornes. Cette entrevue se termina avec
le même cérémonial que la première, et le commandeur, en annonçant au Nabab le projet qu'il avait de retourner le soir à Gondelour, lui proposa de venir jusqu'à la côte pour jouir du spectacle de son escadre pavoisée el dans toute la pompe dont les vaisseaux sont susceplibles.
« Haïder s'en défendil par un compliment aussi flatteur que spirituel, en répondant à l'amiral qu'il ne s'était déplacé que pour avoir le plaisir de le voir, et qu'il ne lui restait plus rien à désirer. Alors, oubliant entièrement la morgue ordinaire aux souverains de l'Asie, il reconduisit le commandeur jusqu'au delà de sa tente, et lui dit: « Adieu, monsieur de Suffren ; heureux le sou- « verain qui possède un sujet aussi précieux que vous! « J'espère que vous reviendrez bientôt couvert de nou- « veaux lauriers, Je ne puis vous exprimer le désir que « J'en ai et la confiance que vous m'avez inspirée ».
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