‹ Notices historiques sur les généraux et marins du XVIIIe siècle [microforme]Chapitre 141 sur 143 · MM. Quoy, Gaymard, Lesson · texte numérisé non relu

MM. Quoy, Gaymard, Lesson

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et plus encore celles de l'honneur, m'appelaient impérieusement sur ces plages redoutables,

« Enfin, je fus réduit à garder deux Anglais, déserteurs d'un navire baleinier, et qui résidaient à Tikopia depuis huit à neuf mois, ainsi que cinq naturels qui avaient laissé partir leurs pirogues et n'avaient aucun moyen de regagner leur île, Ceux-ci, gens du peuple et dépourvus d'intelligence, ne pouvaient m'être utiles, et l'humanité seule me forca de les laisser à bord et de les y nourrir jusqu à la première lerre ; mais l'un des deux Anglais, nommé Hambitton, parlail assez couramment la langue de ces îles, el me parut disposé à nous rendre lous les services qui dépendaient de lui. Ainsi je me consolai de n'avoir pu gagner Buchert, qui eût fini sans doute par élever des prétentions ridicules, et m'eût été fort incommode avec sa Zélandaise,

« Sur les renseignements donnés par les naturels de Tikopia, je fis mettre le cap à l'Ouest-Nord-Ouest, et quoique singulièrement retardés par les calmes, dès le lendemain au soir nous aperçümes très distinetement, au coucher du soleil, le sommet des îles Vanikoro. De bonne heure, le 14 février, nous fûmes à 4 ou 5 milles de la pointe orientale, et je commencai à prolonger de très près les récifs qui ceignent toute la côte du sud, cherchant attentivement un passage par où nous pussions pénétrer. Ce jour, ños efforts furent inutiles, et le vent ayant tourné à l'ouest, j'en profitai pour tourner sur mes pas et me replacer à l'est de l'île, Le lendemain au matin, j'envoyai le grand canot à terre, sous les ordres de M. Lottin, vers un grand enfoncement sur la partie

LA PÉROUSI 3

im pé- orientale; par Je Moyen d'Hambitton, cel officier

apprit que Dillon était entré par l'est et sorti par le déser- nord de Vanikoro, et il se fit désigner les endroits où kopia il avait mouillé, 1] apprit aussi que les récifs où ï. ls qui périrent les deux vaisseaux {Cac mara! se trouvaient tueur du côté opposé de l'ile.

ple et « Les vents d'ouest persistant et ne permettant pas es, et d'entrer dans la baie, que les récifs resserrent beaucoup et de de chaque cÔlé, je voulus mettre à profit ce retard pour » à des chercher l'île Taumako, célèbre par le voyage de cou- Quiros, et dont les géographes ni les navigateurs n'ont osé à pu retrouver la position… : Jui, nr.

a Après avoir cherché et n'avoir rien trouvé, Damont-d'Ur- l Le ville revint à Vanikoro, le 19. | ulex,

«Après avoir de nouveau fail explorer là baie de L Is de l'est, que je nommerai baie de Tevai, le 21, je me dét, el lerminai à ÿ conduire Ja corvelle, et le soir elle fut is Le

amarrée dans un petit havre entre des récifs, que ent,

nous avons appelé havre Docili. Celle baie, entière- . De

ment exposée aux vents el aux houles de l'est, était illes ’ loin de nous offrir un mouillage assuré: mais Je ne r de SOngeai qu'à l'importance des motifs qui m'y appeud, laient, et je fermai les yeux sur les dangers que l’Astro- VUS labe pouvait y courir, Par bonheur, le temps fut consent tamment beau durant le Séjour que nous y fimes, et sur nous n y eûmes pas le plus léger sujet d'inquiétude. au :

sd 1. Mara est le nom que dounèrent les uaturels aux CoMpa- | lie

gnons de La Pérouse ainei qu'à nous.

« Dès le 23 février, j'expédiait M, Gressien avec plusieurs autres officiers vers les récifs de Vanou et de Païou'. Le grand canot qui les portait était armé en guerre et pourvu de vivres pour trois jours, au cas où les naturels auraient voulu l'attaquer, et où le vent eût retardé son retour. M. Gressien revint le lendemain à midi, après avoir fait le tour entier de l'île, et s'être procuré par échange quelques objets peu importants du naufrage. Partout les naturels s'étaient montrés plus effrayés qu'entreprenants; ils répondirent vaguement et d'une manière évasive à toutes les questions relalives aux vaisseaux perdus, et ne voulurent point indiquer le lieu où l'on en voyait encore des vestiges.

« Cet essai ne me parut pas satisfaisant, d'autant plus que par les questions que j'avais moi-même adressées aux naturels de Tevai et de Manevai, les deux villages les plus voisins de notre mouillage, il me paraissait constant que les vaisseaux avaient péri près de Païou, et qu'il en existait encore des traces. Aussi, dès le 26, à trois heures du matin, M. Jacquinot et quatre personnes de l'état-major repartirent dans le grand canot pour Vanou, et revinrent le soir à onze heures.

« Après diverses tentatives inutiles, la vue d'un morceau de drap écarlate séduisit tellement un de ces sau- “ages, qu'aussitôt il conduisit le grand canot au lieu méme où périt l'un de ces malheureux bâtiments. Nos gens virent disséminés au fond de la mer, « trois ou quatre brasses sous l'eau, des ancres, des canons, des

4, Où avait eu lieu le naufrage.

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