‹ Notices historiques sur les généraux et marins du XVIIIe siècle [microforme]Chapitre 142 sur 143 · RP TR · texte numérisé non relu

RP TR

LA PÉROUSK, 313 TT D

boulets, des saumons, etc,, et surtout une immense quantité de plaques de plomb, seuls témoins durables de cette fatale Calastrophe, Tout Je bois avait disparu, et les objets plus minces er Cuivre où en fer étaient Corrodés par la rouille, ou au moins complètement déligurés, M. Jacquinot tenta de soulever une des ancres ; mais les coraux, qui, depuis Œuarante ans, constamment bâti tout à l'entour, la reten avec lant de force qu'il lui eût € détacher sans démolir le canot.

avaient aient au fond té impossible de l'en

« Je pris alors le parti d'y envoyer |

à chaloupe pour relever au moins une ancre et un c

anon, afin de les porter en France comme preuves irrécusables des efforts que nous avions tentés et du naufrage de nos infortunés compatriotes, Mais avant d'éloigner la chaloupe du bord, je voulus mouiller le navire dans un lieu sûr et à l'abri de tout événement, La baie inté que je nommerai baie de Manevai, pouv frir cette sécurité, et je me déterminai

rieure, ait seule m'of-

à y conduire la Corvelte, Pour cela i] fallait traverser un Canal étroit,

si obstrué de COraux, qu'en certains endroits il n'offrait pas la longueur de l'Astrolabe, et sur les bords duquel la mer brisait avec violence : ainsi c'était une entreprise aussi pénible que dangereuse.

« Au mouillage nous n'étions Pas restés oïisifs : l'eau et le bois avaient été complétés, malgré

les chaleurs

dévorantes d'un soleil vertical; et nos petites embar-

cations sillonnaient chaque jour les baies de Tevai et

de Manevai, Pour en lever le plan avec toute l'exactitude

possible, Nonobstant ces travaux pénibles, tout le GÉN. ET MARINS. 23

monde se maintint en bonne santé; M. Sainson et le maitre d'équipage, seuls malades en y arrivant, s'étaient même rétablis, et nous commencions à rire des puériles frayeurs du Prussien et du peuple entier de Tikopia. Personne ne couchait à terre, et je n'avais permis qu'à M. Gaymard de rester à Nama, avec l'Anglais Hambitton, pour fréquenter de plus près les nalurels, les questionner plus aisément, et s'y procurer des lumières plus certaines sur le séjour des Français à Vanikoro, et sur les traces qu'ils auraient pu en laisser.

« Ce fut le 29, au point du jour, que nous démarrâmes du havre Docili pour nous rendre au mouillage de Manevai. Il nous fallut deux journées entières de travaux continuels, depuis cinq heures du matin jusqu'à huit heures du soir; il nous fallut élonger, mouiller et relever plus de quarante ancres, tant grosses que petites, par des fonds de 25 à 30 brasses, pour en venir à bout, et ce ne fut pas sans les plus grands périls, Vingt fois je vis la corvette sur le point d'être entrainée et brisée contre les récifs; et là, tout ce que nous aurions pu espérer eût été de nous sauver à la plage, pour y rester à la merci des peuples les plus sauvages et les plus dégoûtants de la Polynésie; nous n'aurions pas méme eu la consolation de profiter des débris du naufrage, car, à toucher ces tristes brisants, l'eau prend de suite 8 à 10 brasses de profondeur, et le bâtiment s'y serait englouti sans qu'on en vit rien reparaitre.

« Enfin, dans la journée du 2 mars, lAstrolabe ful

et le rant, rire ntier avais l'Ans näcurer incais pu en

émarillage es de n jusnouilrosses ur en rands d'être e que à la plus nous r des ants, r,el rien

e ful

amarrée derrière le village de Manevai, devant une belle rivière d'eau douce. Ici la baie de Manevai forme un havre très commode, à l'abri des vents, où mouilleraient toute espèce de bâtiments, et où ils pourraient même abattre en carène sans courir aucun risque. Les bords de ce beau bassin sont couverts d'arbres et de plantations, et seraient susceptibles de la plus grande fertilité, si l'on en juge par la facilité avec laquelle ils se prètent aux faibles efforts des habitants.

« Désormais tranquilles à l'égard de la corvette, le 3 mars à trois heures et demie du matin, la chaloupe armée en guerre et la grande baleinitre partirent sous les ordres de MM. Gressien et Guilbert, La mission du premier était de reconnaître avec lout le soin possible les récifs de Païou et de Vanou: et celle de l'autre, de se procurer des objets remarquables du naufrage, tels que canons, ancres, ete. Ils furent deux jours entisrs absents du bord, et ne rentrèrent que le 5, à cinq heures et demie du matin. Quoique contrarié par le mauvais temps, M. Gressien exécuta sa reconnaissance ; et M. Guilbert, après de grandes difficultés el de violents efforts, qui fatiguèrent et même endommagérent la chaloupe, parvint à se procurer une ancre de 4,800 livres et un canon court en fonte, du calibre de 8, tous deux corrodés par la rouille et couverts d'une croûte épaisse de coraux, un saumon de plomb et deux pierriers en Cuivre.

« Ceux-ci, beaucoup mieux conservés, seront surtout précieux par les numéros d'ordre et de poids qu'ils portent sur leurs tourillons... Par là, en consultant les

archives du parc d'artillerie de Brest, il sera facile de s'assurer, non seulement si ces pièces proviennent de l'expédition de La Pérouse, mais encore de reconnaitre à laquelle des deux frégates, {a Boussole où l'Astrolabe elles ont appartenu. Je ne doute pas un seul instant qu'elles ne soient de fabrique francaise, et j'ai la conviction morale, fondée sur tout ce que j'ai vu et appris à Vanikoro, que les bâtiments qui sv perdirent étaient effectivement ceux que commandait La Pérouse ; mais j'avoue que les numéros de ces deux pièces en seront les seules preuves matérielles, Moins heureux que Dillon, aucun des objets que nous avons pu nous procurer ne nous a oflert de fleurs de lys. Il est vrai que ce navigateur, arrivé trois mois avant nous sur ces lieux, a pu recueillir des naturels tous ceux qui portaient ces marques intéressantes, et ne nous laisser que ceux d'une moindre importance.

« Du moment où j'eus acquis l'intime persuasion que les bâtiments de La Pérouse avaient péri à Vanikoro, et où je me fus assuré que tous les officiers de l'Astrolabe, sans exception, partageaient le même sentiment, je leur communiquai le projet, que j'avais depuis longtemps conçu, d'élever près de notre mouillage, à la mémoire de nos malheureux compatriotes, un monument modeste, mais suffisant pour attester notre passage à Vanikoro, et y laisser un témoignage de nos regrets. Cette ouverture fut avidement saisie par tous mes compagn”ns de voyage.

« Sur-le-champ, accompagné de plusieurs d’entre eux, je descendis sur le récif qui s'avance en pointe basse

le de nt de aitre olabe stant , CONppris aient mais eront illon, er ne navilieux, taient ceux

n que koro, stroent, longà la onupase nos tous

et cerne en partie le havre de Mangadey, et nous choisimes une petite touffe de mangliers verdoyants pour y placer un cénotaphe. Leurs racines entrelacées devaient consolider sa base, tandis que son chapiteau serait assis sur quatre pieux solidement fixés au sol. Je désignai M. Lottin pour suivre le travail des charpenliers et l'érection de ce monument, qui fut commencé le 6 mars au matin.

« Alors je ne songeai plus qu'à me préparer à une dernière excursion, que je voulais moi-même exécuter vers les récifs du naufrage. Suivi d'Hambitton et muni de cadeaux, je comptais descendre au village de Païou, où les Francais paraissent avoir résidé, et, à force de recherches et de questions, me procurer, sur leur séjour et leurs rapports avec les naturels, des renseignements plus positifs que tout ce que j'avais pu obtenir jusqu'alors. J'eusse ensuite essayé de me faire conduire sur le lieu où l’autre navire avait péri, pour m'assurer s'il était réellement impossible d'en rien retirer, ainsi que l'affirmaient les sauvages: c'eût été le dernier des efforts que j'aurais tentés sur Vanikoro ; car regardant alors ma mission comme complètement remplie à cet égard, j'eusse appareillé dès que le mausolée aurait été terminé.

« Mais la fortune, qui, jusqu'au retour de la chaloupe, nous avait protégés dans tous nos desseins, nous fut tout à coup infidèle, et tous les contretemps vinrent à la fois fondre sur nous. M. Gaymard n'avait pu se procurer à Nama les renseignements sur lesquels il comptait. Le caractère avide, turbulent et irascible des

naturels lui avait suscité beaucoup d'embarras et de désagréments, et les cinq jours qu'il avait passés au

milieu de ces sauvages n'avaient servi qu'à lui donner l'idée la plus défavorable de leurs disp ns, [n'en avait rapporté qu'un malaise général, : 3 prononca dés le soir en fièvre violente, et qui le réduisit à garder le lit, Toutefois, je pensai que ce mal n'aurait point de suite, et ne devait s'attribuer qu'aux fatigues du voyage et aux privations qu'il avait éprouvées,

« D'un autre côté, le temps, assez constamment sec et beau depuis notre arrivée à Vanikoro, se gâta tout à fait, Le vent souffla du nord-ouest au sud-ouest, accompagné de rafales assez fortes, d'orages et de grains pesants. Ces torrents de pluie furent continuels durant huit à dix jours, et nous plongèrent dans une atmosphère de chaleur et d'humidité, qui probablement devint la source des maux dont nous fümes accablés,.

« Dès le 6 au matin, je me sentis fort mal, et le soir même la fièvre se déclara, avec ses frissons et ses brùlantes chaleurs, augmentant d'intensité les jours suivants, Dans l'espace de trois à quatre jours, sept ou huit hommes en furent successivement attaqués. Alors j'eusse vivement souhaité pouvoir reprendre la mer ; mais cela m'était impossible avant d'avoir reconnu la passe du nord, et le temps était trop mauvais pour y songer.

« Malgré les progrès de la maladie, les travaux du cénotaphe étaient poursuivis avec vigueur, et le 44 au matin il fut entièrement terminé.

« Consumé par la fièvre, j'étais parvenu au dernier

és Au lonner l n'en nonca garder int de

/oyage

nt sec a tout -ouest, et de inuels 18 une ement ablés, e soir s brûs suipt ou Alors mer ; nu la ur y

x du 4 au

oo

degré d'affaiblissement, et je pouvais à peine me tenir assis sur le pont, Ainsi j'envoyai M. Jacquinot, à la tête d'une partie de l'équipage, pour procéder à l'inauguration du mausolée, Un détachement de dix hommes armés défila par trois fois à l'entour, et fit trois décharges de mousqueterie, tandis que, du bord, une salve de vingt et un coups de canon faisait retentir les montagnes de Vanikoro, Les sauvages, glacés d'épouvante, s'enfuirent de toutes parts, et rassemblés près de leurs villages, épiaient avec inquiétude ce que nous allions faire, Après une demi-heure d'attente, leurs deux principaux chefs se décidèrent à venir à bord où je les reçus avec amitié, leur expliquai, par l'organe d'Hambitton, le but de la cérémonie que nous venions de faire, et leur fis des cadeaux pour les engager à respecter notre mausolée comme la maison de Dieu {Ware atoua) ; ils le promirent, et accompagnèrent leurs promesses de protestations les plus vives de respect et d'égards pour le Dieu des Francais, Mais je compterais peu sur la parole de ces mortels grossiers et stupides, si nous n'avions pas eu le soin de n'employer que des matériaux peu susceptibles de tenter leur cupidité : de sorte que pour le détruire il faudrait qu'ils se donnassent une fatigue sans but, ce qui s'accorderait peu avec leur paresse et leur indolence extrêmes.

« La forme de ce mausolée est celle d'un cube de 6 pieds sur chaque arête, construit en pierre ei surmonté par un obélisque quadrangulaire de 6 pieds d'arête. Celui-ci est fabriqué en planches de koudi, que

j'avais achetées à la Nouvelle-Zélande. Une des faces

ÿ { | ON M

ms —- Ds SA

PS 2 Æ FE a

Dar nc

en

2 2<S = D 2 ne >

En ques ocoe, à=

PR Pg.

. ne =

Page 1