‹ Notices historiques sur les généraux et marins du XVIIIe siècle [microforme]Chapitre 41 sur 143 · LES · texte numérisé non relu

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À lecon il renonça à m'apprendre à lire comme les autres. Je 4 l'ai appris depuis tout seul et pour ainsi dire du jour au À lendemain.

: A la fin de l'année 1708 on me ramena en Saxe, et Île | 5 de janvier de l'année 1709, M. de Schulenbourg entra # dans ma chambre et il me dit de la part du Roi quil 4 me destinait au militaire, que je devais aller le remercier LA el que nous partirions le lendemain; que mon équipage 1 élait tout fait et que, de mes gens, il ne m'était permis de à prendre que mon valet de chambre. J'étais enchanté de ÿ toutes ces choses, surtout de n'avoir plus de gouverneur. À M. de Schulenbourg m'avait fait faire un uniforme de 4 soldat, que l'on me mit sur le corps avec un grand ceintu- 1 ron et une grande épée, des guêtres à la saxonne, et dans t cet équipage il me mena baiser la main du Roi. Je dinai à avec lui, et on me fit beaucoup boire à sa santé, h Je savais la géométrie et je dessinais assez joliment, On : vint à parler des plans que J'avais levés et le Roi dit à M. de LA Schulenbourg que tous ceux qu'il lui enverrait fussent faits La de ma main. « Je veux, continua-t-il, que vous me secouiez Ru ce drôle comme il faut et sans aucune considération, cela le

rendra dur au mal. Commencez, Monsieur, par le faire

fi] marcher à pied du rendez-vous jusqu’en Flandre », La proel position ne laissa pas de m'étonner, mais je n'osais rien hi. dire, Schulenbourg répondit pour moi des choses qu'assuré- . ment je ne pensais pas : que mon unique désir étail que ‘à mes forces pussent répondre à mon zèle, et m'attira d’autres | choses dans ce goût-là, qui, malgré ma bonne volonté, ne 2 me plaisaient pas trop, surtout de marcher à pied. [2 Je trouvais plus joli d’être dans la cavalerie; j'en fis la

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proposition, mais je fus rembarré pour m'apprendre à parler. Le Roi dit à Schulenbourg : « Au moins, Monsieur, je ne veux absolument pas que vous souffriez que dans la marche l’on porte ses armes ; il a les épaules assez larges pour les porter lui-même, et surtout qu'il ne paye point de gardes, à moins qu'il ne soit malade et bien malade »,

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J'ouvris les oreilles el je trouvai que le Roi, que j'avais toujours trouvé si doux, parlait comme un Arabe ce jour-là: mais quand je songeai que je n'avais plus de gouverneur, j'oubliai tout et j'étais persuadé qu'il n'y avait rien audessus, J'employai le reste du jour à faire des adieux et je partis le lendemain de grand matin, dans le carrosse de mon général! Je quittai Dresde avec beaucoup de plaisir...

Arrivé au rendez-vous des troupes saxonnes, à Lutzen, le comte de Shulenbourg passa la revue des 4,000 fantassins et des 1,000 dragons que l'électeur de Saxe envoyait en Flandre à l'armée du prince Eugène

qui allait assiéger Lille,

On me mit, continue Maunce de Saxe, un fusil sur le corps, dans la tente au colonel du premier bataillon et on me fit jurer? à l'enseigne. M. Schulenbourg était appuyé sur la pierre qu'on a mise à l'endroit où Gustave-Adolphe fut tué, etil nie dit, en m'embrassant après que j'eus fait serment : « Monsieur, je souhaite que ce lieu vous soit aussi propice que j'en tire un heureux augure et que le génie du grand homme qui a expiré ici passe sur vous; que sa douceur, sa sévérité et sa justice vous guident dans toutes vos actions ; soyez aussi soumis à obéir que sévère à commander ; ne pardonnez jamais par amitié ou par considéra tion ; dans Îles moindres fautes, que l'exemple du sévère Magnus vous soit toujours présent; ayez des mœurs irréprochables el vous commanderez aux hommes: voilà la base et les fondements inébranlables de notre métier. Les autres qualités qui élèvent au sublime sont des dons de la nature et de l'expérience »,

1. M. de Schulenboureg ; c'était un habile homme de guerre 2. Prèter serment,

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