‹ Notices historiques sur les généraux et marins du XVIIIe siècle [microforme]Chapitre 53 sur 143 · Mémoires, VIE, 3 (2 novembre · texte numérisé non relu

Mémoires, VIE, 3 (2 novembre

(; AE ment l'armée ennemie, Cette armée avait sa retraite sous 4 Maëstricht; c'était done cette retraite qu'il fallait couper, 2 Pour y parvenir, il était nécessaire que la gauche de notre f armée fût portée plus loin et s'étendit jusqu'au village de A Seling, Ce village emporté, nous nous serions mis entre Le s Maëstricht el l'armée ennemie, qui, de ce moment, n'aurait { 14 plus eu d'autre retraite que ses ponts sur la Meuse, ce qui «|, PEN est une faible ressource pour une armée battue el mise en 1e ; déroute, {AE 1 Les mémes faits se reproduiront, l'année suivante, | 414 14 à la bataille de Laufeld, Quoi qu'il en soit de ces critiques, lorsque le maré- | à chal de Saxe arriva à Fontainebieau, le 14 novembre, | f à 4 on lui fit une brillante réception, Toutefois cel accueil € Des ne calma pas un vif froissement d'amour-propre qu'il k F *P venait de subir, On avait donné au prince de Conty! . une patente ou brevet de généralissime, et le maréchal b était mécontent el inquiet de celte dignité accordée au prince qu'il n'aimait pas, Dès le 3 octobre, madame de Pompadour avait écrit au maréchal :

[ER « Vous saurez que le Rot à donné à M. le prince de MR Conty une palente, Soit dit entre nous, celle patente l'a [RES abs salisfait et a réparé sa réputation qu'il croyait perdue. | 15e : Voilà ce qu'il pense, el moi je crois que c'est chose em- À qu ( barrassante pour le Roi et qui empèchera que l'on ne 1 jet: ù ne HA É 4. Assez habile général, qui avait gagné la bataille de Coni, en ms 1744,et avait pris, en 1746, Mons et Charleroi Ge fut avant Raucoux 5 1

que Je prince fut nommé généralissime,

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se serve de lui autant qu'il le croit, En lous cas, cela ne ferait rien pour vous et l'on vous mettra toujours à l'abri de sa patente. Ne dites mot de cela à âme qui vive. Adieu, mon cher maréchal, je vous aime autant que je vous admire et c'est beaucoup dire ».

Le maréchal se plaignit; il disait à ceux qui lui faisaient compliment sur la manière dont le Roi l'avait recu el lui parlait :

Le Roi me parle, il est vrai, mais il ne me parle pas plus qu'à l'Assemattet, Si j'étais actuellement dans la mème situation où je me trouvais il y a sept à huit ans, c'est-àdire simple courtisan, je n'aurais pas sujet de me plaindre ; mais, puisqu'il faut parler de soi, si l’on veut examiner ce que j'ai fait depuis la prise de Prague, je crois qu'on pourra dire que j'ai ranimé le courage et la valeur des troupes françaises qui paraissaient un peu endormies. Qu'on les examine à Dettingen et à Fontenoy, et l'on verra si le même esprit règne dans l’armée, C'est peut-être pour me flatter qu'elles prétendent être invincibles quand je suis à leur tête ; mais au moins les ennemis du Roi craignent-ils d'être battus lorsque je commande une armée vis-à-vis d'eux.

Je sais le respect qui est dû aux princes de la Maison de France et je ne m'en écarterai jamais : que le Roi les déclare tous généralissimes de ses armées au berceau, je n'ai rien à dire; mais que M. le prince de Conty ait acquis ce titre comme une récompense de services, je crois avoir droit de me plaindre.

Après cela, j'aime le Roi et je dois exécuter ses ordres ; quand il voudra que je marche, il faudra bien marcher ; mais dans le fond qu’ai-je à espérer ? J'ai plus de bien qu’il ne m'en faut, j'ai tous les honneurs que je peux désirer; si

1, Gentilhomme de la Vénerie.

Marie-Josèphe de Saxe, Dauphine de France, 1867.

les affaires de l'Etat devenaient pressantes à un certain point, je crois pouvoir dire qu'on aurait recours à moi, Je souhaite que cette situation malheureuse n'arrive jamais et qu'on veuille bien me laisser jouir d'un repos dont ma santé a besoin, Je n'ai qu'a perdre : un événement mal heureux flétrit les lauriers!,

[fallut Fapaiser, car on avait besoin de lui, et, pour le salisfaire, le Roi le nomma (42 janvier 1747) marcchal général des camps eLarmées de France, comme l'avaient été, sous Louis XIV, Turenne et Villars, En annoncant celle faveur au maréchal de Saxe, Louis XV lui dit : « Vous m'avez aussi bien servi que M, de Turenne avait servi le feu roi; il était juste que je vous donnasse le mème grade : je souhaite que vous l'imiliez en tout », Le Roi faisait allusion à l'abjuration de Turenne, Le maréchal était protestant, et surtout athée et matérialiste ; il répondit à Louis XV qu'il souhaitait de mourir au service de S, M. comme le maréchal de Turenne, et fit une profonde révérence,

Le mariage du Dauphin avec la princesse Marie- Josèphe de Saxe?, qui fut célébré le 9 février 4747, augmenta encore la faveur et le crédit du maréchal, 1 avait pris part aux négociations relatives à ce mariage, et dans ces dernières années on a voulu en faire un diplomate consommé, ce qui est inadmissible*, cette affaire étant en réalité sans importance dans l'histoire diplomatique de la France,

A. LUYNESs, Mémoires, VII, 27.

2, Nièce du maréchal.

3, Comte de ViTZTHUM-D'ECKSTAEDT, Maurice, comte de Saxe, et

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1747. Dés la fin du mois de mars 1747, le maréchal de Saxe élait à Bruxelles, avec 173,000 hommes, prêt à combattre l'armée alliée commandée par le due de Cumberland, Le maréchal chargea MM. de Lowendal et de Contades d'attaquer les places de la Flandre hollanduise; on s'empara du Sas-de-Gand, de Hulst, d'Axel, el, pendant ce temps, le maréchal de Saxe se préparait à attaquer Maëstricht.

Devinant ses projets, les alliés, pour sauver la place, lui livrérent bataille à Laufeld, le 2 juillet 4747.

Louis XV, cette année, était venu à l'armée de Flandre, et il assista à la bataille, En lisant l'intéressante relation de la bataille de Laufeld publiée par la lrazelle\, et que nous reproduisons, on dirait que Louis XV commande réellement et dirige l'armée: il est à peine question du maréchal de Saxe. Il suffit de lire maréchal de Saxe quand'il y a le Roi ou Sa Majesté, et, cette flagornerie, imposée à la Gazette, étant disparue, la relation est très bonne,

Le Roi étant arrivé à Tongres le 1°" de ce mois (juillet) à midi, et y ayant appris que le maréchal de Saxe s'était porté en avant avec une partie de l’armée, dans l'intention d'attaquer un corps considérable de l’armée des alliés, lequel paraissait sur les hauteurs depuis la Grande Commanderie jusqu'au village de Rosmaël, S. M, alla sur-le-

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