Gazette, 1747, p
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champ joindre ce général, Elle reconnut avec lui la position de l'armée des ennemis, qui avaient eu le Llemps ce faire avancer toutes leurs troupes ; elle approuva les dispositions commencées par le maréchal de Saxe ; elle fit venir le reste de l'armée, laissant à Tongres, sous les ordres du comte de Saint-Germain, 12 bataillons avec 50 pièces de canon, et elle demeura jusqu'à neuf heures du soir à concerter avec le maréchal les mesures pour l'attaque qu'elle voulait faire le lendemain.
Pendant toute la journée, il y eut des escarmouches très vives entre nos troupes légères et celles des alliés, [ls tentèrent, le soir, de s'emparer du village de Remst, qui était en avant de notre première ligne, et que le comte de Clermont avait fait occuper. Après avoir canonné ce poste pendant plus d'une heure sans succès, ils renoncèrent à leur entreprise, et le Roi, voyant qu'il n'y avait rien à craindre pour le village, alla passer la nuit dans une mauvaise maison de celui de Herteren.
Le 2, à la pointe du jour, S. M. monta à cheval, et, s'étant rendue sur le champ de bataille, elle ordonna les dernières dispositions pour le combat.
L'infanterie fut placée sur les hauteurs d'Elderen, la gauche bordant les plateaux, la droite s'étendant jusqu'au village de Remst. La cavalerie se rangea en bataille sur deux lignes dans la plaine, en avant de l'infanterie et audessous du village d'Elderen, à la hauteur duquel elle appuyait sa gauche, faisant face au village de Vlitingen et à la Grande Commanderie où était le quartier du feldmaréchal comte de Bathiany !. La droite tirait vers le village de Montenaken, dans lequel le comte de Clermont avait posté une brigade d'infanterie, On mit en réserve la Maison du Roi, infanterie et cavalerie, la gendarmerie et les carabiniers, ce corps ayant sa gauche à Elderen,
L'armée des alliés, dont la droite était à la Grande Com-
4, Commandant les troupes autrichiennes.
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manderie et la gauche du côté de Maëstricht, occupait les villages de Groot-Spawe, de Rosmaër, de Laufeld et de Vilre, S, chargea le comte d'Estrées d'attaquer ce dernier village Le comte de Clermont, prince du sang, fut chargé d'attaquer celui de Laufeld, qui était en avant du centre de la première ligne des ennemis, et il eut ordre de faire avancer sa cavalerie, commandée par le comte de Ségur, entre son infanterie et les troupes du comte d'Estrées,
Les alliés pe"tant leurs principales forces sur leur gauche, le Roi renforca de quelques brigades d'infanterie et de cavalerie le corps du comte de Clermont, lequel se mit en mouvement pour exécuter l'attaque que $S. M. lui avait confiée, pendant que le comte d'Estrées, qui avait marché avec la réserve sur le village de Vilre, se porta sur ce poste, dont il était essentiel de s'emparer pour déborder la gauche de l'ennemi,
L'action commença à dix heures du matin par l'attaque du village de Laufeld, que défendaient les troupes anglaises, hanovriennes, hessoises et quelques régiments hollandais, I était garni de plusieurs pièces de canon, dont quelquesunes placées au dehors prenaient par le flanc gauche l'infanterie du comte de Clermont. Malgré le feu de cette artillerie, les brigades de Monaco, de Ségur, de Bourbon et de la Fère parvinrent au pied des retranchements de ce village, Celle de Monaco, que commandait le marquis de Lautrec, lieutenant général, et celle de la Fère, aux ordres du marquis de Laigle, maréchal de camp, attaquèrent le centre, Le comte de Berrenger, lieutenant général, et le marquis de Froulay, maréchal de camp, attaquèrent la
gauche avec la brigade de Ségur. La brigade de Bourbon, commandée par le marquis de Beaupréau, maréchal de camp, resta en réserve pour soutenir deux batteries, chacune de 10 pièces de canon, qui battaient la droite et la gauche du village.
Nos troupes par la vigueur avec laquelle e!'es combattirent forcèrent les ennemis d'abandonner ce poste ès la première
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allaque. Mais comme ils le soutenaient en colonne, ils en chassèrent nos brigades, qui se retirèrent dans le plus grand ordre sous le feu de l'artillerie et de la mousqueterie, La brigade de Bourbon s'étant jointe aux trois autres, elles firent une seconde attaque. Elle eut aussi peu de succès que la première, el l'on ne put se maintenir dans le village, où les ennemis faisaient filer continuellement de nouvelles troupes tirées de la ligne d'infanterie qu'ils avaient derrière en bataille.
Le maréchal de Saxe, qui s'était porté à celle attaque, ayant reconnu par lui-même la force du poste, fit marcher le comte de Montbarey, maréchal de camp, à la tête des brigades de Bettens et de Monin, lesquelles, avec les quatre ci-dessus nommées, attaquèrent pour la troisième fois. Ces troupes furent encore repoussées, mais en conservant cependant quelque partie du village. Alors le maréchal, après avoir fait avancer une batterie de gros canon, fit soutenir ces six brigades par celles de Royal-Vaisseaux et des Irlandais sous les ordres du comte de Thomond, lieutenant général, et du comte de Fitz-James, du comte de Rooth et du duc d'Havré, maréchaux de camp, à la tête desquelles se mit le comte de Clermont. Ces dernières brigades et les six autres formèrent une nouvelle attaque el se rendirent maitresses de la plus grande partie du village.
Les ennemis, à qui il importait de le garder, changèrent aussitôt leurs dispositions. Toute la gauche de leur infanterie marcha en colonne pour nous forcer d'abandonner ce poste. Sur ce mouvement, le maréchal de Saxe envoya ordre aux brigades du Roi, de la Tour-du-Pin et d'Orléans, commandées par le marquis de Sallières, lieutenant général, et par le comte de Loges et le marquis de Guerchy, maréchaux de
camp, de se porter sur le flanc droit de cette colonne; et
elles la chargèrent avec tant de valeur, qu'elle fut culbutée et le village entièrement emporté. La cavalerie, qui était en bataille derrière ces trois brigades, s’avanca en même temps et chargea aussi, non seulement cette colonne, mais
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encore un corps de cavalerie qui s'avançait pour soutenir l'infanterie.
Dès que les ennemis virent le village sur le point d'être pris, ils essayèrent de faire une diversion en attaquant la cavalerie aux ordres du comte de Ségur et celle du comte d'Estrées. Le maréchal de Saxe, s'étant porté de ce côté avec le comte de Clermont, fit venir les carabiniers, Ils acheverent de mettre en déroute la cavalerie anglaise, déjà éhranlée par les premières charges. Bientôt le désordre sagna le reste de l'aile gauche de l'armée des alliés, Cette aile, qui était sur deux lignes de cavalerie et d'infanterie à la hauteur du village de Wester-Wesel, prit la fuite et elle fut poursuivie jusqu'à Maëstricht par la cavalerie du comte d'Estrées, lequel avait chassé les enuemis du village de Vilre suivant l'ordre qu'il avait reçu de Sa Majesté.
Lorsque l'action fut finie à la gauche, le Roi fitavec le maréchal de Saxe de nouvelles dispositions pour attaquer les troupes de la reine de Hongrie, commandées par le feldmaréchal, comte de Bathiany el qui étaient demeurées tranquilles spectatrices du combat, leur droite à la Grande Commanderie, et leur gauche au village de Rosmaër.
Le corps du comte de Clermont, celui du comte d'Estrées el celui du marquis de Clermont-Tonnerre, conformément aux ordres du Roi, débouchèrent par la droite entre les villages de Laufeld et de Monpertin, tandis que le reste de l'infanterie marcha en bataille et de front aux ennemis entre le village de Rosmaër et celui de Groot-Spawe.
Mais le feld-maréchal, comte de Bathiany, précédé des troupes de la République des Provinces-Unies, avait commencé sa retraite aussitôt après la reprise du village de Laufeld, et il marcha avec tant de diligence, qu'il fut, en peu de temps, hors de portée d’être attaqué.
Le Roi, qui s'était avancé en personne à la tête des troupes, détacha le marquis de Clermont-Tonnerre et le marquis de Clermont-Gallerande pour suivre cette aile droite des ennemis, à laquelle on fit plusieurs prisonniers,
S. M. alla coucher à la Commanderie, où elle a établi son quartier.
L'attaque du village de Laufeld, laquelle à duré plus de deux heures, est une des plus vives âctions d'infanterie qu'on ait encore vues. Les troupes du Roi y ont donné des marques d’une valeur incroyable, et leur exactitude à observer la discipline est digne des plus grands éloges. Partout, les brigades de Royal, des Cravates, de Berry, d'Anjou, de Royal-Roussillon et les carabiniers ont enfoncé les escadrons des ennemis, dont on estime la perte à plus de 10,000 hommes.
On à fait un grand nombre de prisonniers!, parmi lesquels sont le général Ligonier, le lord Seuton, le major général des Hessois et divers autres officiers de distinction. Plus de 20 pièces de canon ont été prises aux ennemis et
on leur a enlevé plusieurs drapeaux, étendards et paires de üimballes.
Un document officiel? nous apprend que nos pertes se sont élevées, à Laufeld, à 5,653 hommes, savoir : officiers tués, 99; blessés, 502; — soldats tués, 1,924; blessés, 3,138.
Le feld-maréchal Bathiany n'avait pas combattu: il put se retirer avec ses Autrichiens et les Hollandais. L'armée vaincue repassa la Meuse et se reforma sur la rive droite du fleuve et sous le canon de Maëstricht.
1. 4,250 prisonniers faits à Laufeld, et 900 dans la poursuite (Gazette, p. 341.) 2, Dépôt de la guerre, volume 3,202, pièce 111.
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