‹ Notices historiques sur les généraux et marins du XVIIIe siècle [microforme]Chapitre 59 sur 143 · Souvenirs · texte numérisé non relu

Souvenirs

1% 2, 16,000 Autrichiens, Bavaroiïs, ele.

3. La ville de Berg-op-Zoom est située sur l'Escaut oriental et l pi VAUBELE à l'embouchure du Zoom dans le fleuve, où se trouve le fort du | b : Sud. Au nord de Berg-0p-Z0om se trouve un grand camp retranché 3 formé par les forts de Rovers, de Pinsen et de Moermont, reliés entre eux par des lignes de redans. Le camp est compris entre Met l'Escaut et ces trois forts; avec le fort du Sud, il empèche la ville “| A ; d'être attaquée au nord, à l’est et à l’ouest; elle garde donc de ces trois côtés des communications avec l'extérieur. Berg-op-Zoom fut A Là attaqué par le sud, seul côté par lequel elle pouvait l'être.

[al De 92 U » 4. De la page 336 à la page 460.

srands détails sur les opérations de ce siège célèbre, Les nombreuses sorties des assiégés furent repoussées:; on empécha d'entrer dans la ville les renforts qui cherchérent à y pénétrer; il y eut des combats continuels pour détruire nos travaux, qui furent considérables, tranchées, batteries, cavaliers de tranchée; le feu des canons, des mortiers ét de la mousqueterie fut sans cesse très vif des deux côtés, Mais ce qui me parait dislinguer Îe siège de Berg-op-/oom, c'est le grand emploi des mines qui se fit de part et d'autre, Les ouvrages de l'ennemi, toutes les contrescarpes furent renversés à coups de mine, plus encore que par les bombes et les boulets, Le plus terrible ennemi qui nous ait attaqué fut la maladie, qui mit 20,000 hommes hors de combat, Le siège durait depuis deux mois; il fallut prendre un parti et enlever d'assaut celle redoutable position, On Hit dans la Gazette!

Les brèches ayant été reconnues praticables? le 15, le comte de Lowendal fit ses dispositions pour monter le lendemain à l'assaut. En conséquence, il ordonna à 14 compagnies de grenadiers, 13 bataillons, 100 volontaires et 900 travailleurs, de se rendre le soir au dépôt de la tranchée, et d'être en état de marcher dès que le jour paraitrait, Les premiers bataillons des régiments de Normandie, de Montboissier, d'Eu, de Montmorin, des Vaisseaux et de Beauvaisis et 6 compagnies de grenadiers auxiliaires, sous les ordres du sieur de Faucon, brigadier, et du sieur de Sainte- Afrique, lieutenant-colonel, furent destinés à l'attaque du

1. Page 461. Cette relation officielle est imprimée dans les Memoires du duc de Luynes, VIH, 291.

2, Praticables pour nos seuls grenadiers; elles l’étaient à peine,

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bastion droit. Le sieur de Tondu, brigadier, et le sieur de Pralz, lieutenant-colonel, à la tête des premiers bataillons des régiments Royal, de Touraine, de Custine, de Limosin, d'Orléans et de Rochefort, et de 6 compagnies de grenadiers auxiliaires, furent chargés d'attaquer le bastion de la sauche. L'attaque de la demi-lune fut confiée au sieur de Courbuisson, brigadier, qui avait à ses ordres le premier bataillon du régiment Dauphin, avec # compagnies de grenadiers et 100 volontaires.

Toutes ces troupes étaient commandées par le comte de Relingue, maréchal de camp.

Elles débouchèrent le 16, à quatre heures et demie du malin, au signal qui fut donné par deux salves de {ous nos mortiers et par de longues fusées, el les trois attaques commencèrent en même temps.

Nos soldats enfoncèrent tout ce qui se rencontra sur leur passage, forcèrent les retranchements que les ennemis avaient faits dans les bastions et sur la demi-lune, et se mirent en bataille sur chaque bastion et sur le rempart à droite et à gauche, Des troupes qui défendaient la demilune, aucun officier ni soldat ne s’est échappé, leur retraite ayant été coupée par nos volontaires et nos grenadiers.

Après qu'on se fut emparé des deux portes du côté d'Anvers et de Bréda, nos troupes entrèrent l'épée à la main dans la ville. La garnison s’était retirée sur la place et dans les maisons d'où elle fit un feu très vif, Elle fut chassée par tout et entièrement dispersée ; tous les ennemis qui ne mirent pas les armes bas furent passés au fil de l'épée, et dans ces premiers moments il fut impossible d'empêcher le pillage.

Le comte de Lowendal avait chargé le marquis de Custinc de contenir avec un corps de troupes, pendant l'assaut, les garnisons des forts de Mormont, de Pinsen et de Rovers. Aussitôt que la ville fut prise, ces forts capitulèrent, et les troupes qui les gardaient se rendirent prisonnières de guerre, ainsi que celles du fort de Zeude.

LE COMTÉ DE LOWENDAL. 129 le La perte des ennemis dans celle journée monte à ns È 1,000 hommes, parmi lesquels on compte 100 ofliciers et n, 1,500 soldats prisonniers.

rs Nous avons trouvé, soit dans la ville, soit dans les forts la : plus de 200 bouches à feu avec une grande quantité de de | munitions, et nous nous sommes emparés de 17 bâtiments er ; qui étaient dans le port, chargés de provisions de toute re- 4 espèce.

[M n'yaeu, de notre côté, dans toute l'action, que 137 solde 4 dats tués et 260 blessés.

On ne peut donner assez d'éloges à la sagesse des dispodu 4 sitions du comte de Lowendal, et à la valeur et à la pru- A OS | dence avec lesquelles les troupes les ont exécutées. RES L'heureux succès qui les à couronnées et qui est d'autant

plus étonnant qu'il a beaucoup moius coûté qu'on ne devait eur s'y attendre, fera l'une des époques les plus glorieuses de mis l'histoire militaire de notre nation, et ce siège sera à jamais | se 1 mémorable par les obstacles qu'opposaient à notre entreprise rt à j limposibilité où nous étions d'investir plus d'un tiers de la mi- L ville, la distance des lieux d’où nous ctions obligés de tirer uite | nos subsistances, l'avantage que les assiégés avaient de recevoir continuellement des munitions de guerre et de voté È bouche, la force de la place dont ils ont cru jusqu'à la fin an nous faire abandonner l'attaque, le nombre prodigieux de ans ; mines que nous avons été obligés de fouiller, et surtout le par- . voisinage d'une armée qui, pouvant à tout moment réparer ne | les pertes de la garnison et lui fournir de nouveaux ren- , Cl À lorts, paraissait devoir faire naitre des difficultés propres à r le rebuter des troupes moins accoutumées à vaincre, ls Dans un autre article de la Gazelte!, daté du 24 sepss 1 lembre, on lit :

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|. (raxelle, 1147, page 47.

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Peu après que les troupes commandées par le comte de AGE Lowendal ont eu emporté d'assaut la ville de Berg-op-Zoom, les troupes ennemies qui campaient dans les lignes les ont abandonnées avec Lant de précipitation, que la plupart y ont laissé leurs armes, leurs tentes et leurs bagages. On à trouvé mème dans le camp les équipages des généraux et les caisses militaires de différents régiments, ce qui a rendu ne le butin des soldats très considérable, En comprenant DE 1,800 prisonniers faits sur les ennemis, on compte que leur à TR perte monte à 5,000 hommes, L |

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Dot Nous trouvons dans le duc de Luynes! la copie de la tue PS : : ù A lettre écrite par M. de Lowendal au maréchal de Saxe:

l'E À nous croyons devoir la reproduire, | :

: LS + J'espère que le chevalier d’'Hallot? sera arrivé à bon port . f ñ NE . et que les circonstances de la prise de Berg-op-Zoom n'au-

ar | ront pas manqué de vous avoir surpris. Si on avait pu pré- il voir que M. de Cronstrom3 aurait pris si peu de précautions, à on aurait pu le prendre, lui, le prince de Hesse et le prince . d’Anhalt, qui se sont sauvés si précipitamment qu'ils en ont dl été quittes à ne pouvoir rien emporter avec eux. ;

Comme dans mes dispositions j'avais voulu obvier à l'éparpillage des troupes, j'avais ordonné que les bataillons 4 resteraient en bataille sur les remparts, c’est ce qui a donné Lire le temps à beaucoup de monde de se sauver, Tout ce qui était dans les retranchements a été tué ou fait prisonnier, Jusqu'à présent, j'ai environ 1,500 prisonniers entre les mains, sans compter les blessés qui sont dans la ville, dans | Wii (0: les forts et dans les hôpitaux, outre une centaine d'officiers ; ip

Ms 1. Mémoires, VII, 292.

| | Ne 2. Aide-major général. ”

pou 74 3. Vieux général hollandais, âgé de 84 ans, gouverneur de là Lré RÉ ‘à place. Les Etats-Généraux de Hollande avaient exigé qu’on lui

EURE remit le commandement. (LUYNES, VII, 273.)

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Li COMTE DE LOWENDAL, 131

M. de Leuwe, maréchal de camp, est parmi les derniers, ainsi que plusieurs colonels el lieutenants-colonels, J'aurai l'honneur de vous envoyer les états,

Comme j'avais suivi, Monseigneur, en tous points, vos idées, j'avais détaché M. de Custine avec 2 bataillons et quelqües compagnies de grenadiers pour faire des démonsirations vis-à-vis les forts de Rovers et de Moermont; cela a si bien réussi que l'ennemi attentif sur ces démarches n'a point observé le redoublement du feu dans la ville, et, lorsque la garnison est sortie en déroute, M, de Custine a saisi le moment de brusquer le fort de Moermont et de Pinsen et de s’en emparer. Il à fait 20 prisonniers à Moermont et 120 au fort Pinsen, après en avoir tué une cinquanlaine. L'ennemi, en fuyant, a äbandonné le fort de Rovers,

Vous verrez, Monseigneur, par le détail de l'artillerie, la quantité de pièces de canon que nous venons de prendre ; el on peut dire que fort peu de places en Europe soient si formidables.

J'aurais voulu garantir cette misérable ville du pillage; il n'a pas été possible de le faire !. Trois cents volontaires qui me tombèrent des nues de votre armée ont donné de si mauvais exemples, qu'il n'y a pas eu moyen d'empêcher que les équipages des généraux et des officiers, les approvisionnements et ce que les habitants y avaient laissé encore ne fussent pillés. Gela a enrichi l'armée prodigieusement, el j'espère que cela la rendra aussi audacieuse que cela humiliera celle des ennemis,

Les caisses el trésors arrivés quelques jours auparavant, joints aux vaisselles des généraux et princes, ont fait une grande partie de ce butin.

J'ai envoyé tout de suite les volontaires bretons aux trousses des ennemis, qui certainement augmenteront le

4. « Quelque ordre que l'on ait pu mettre dans le pillage, c'était un triste spectacle, et cette ville est entièrement ruinée pour un très srand nombre d'années ». (LUYNES, 295.)

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nombre des prisonniers, et j'espère qu'à leur faveur je tirerai des connaissances de Slenberg et des environs,

On a pris 17 bâtiments dans le port; je vous prie de m'honorer de vos ordres sur ce que vous voulez que j'en lasse,

M.de Leuwe, maréchal de camp, étant très malade, m'a demandé la permission d'aller à Tertelen, sur sa parole d'honneur, avec trois ofliciers de sa maison, de même que le major Nhiel, blessé depuis quinze jours. J'ose espérer que vous approuverez que je leur aie accordé,

Tous les autres, je les ait envoyés à Anvers, Je vous prie, Monseigneur, de leur envoyer des ordres où vous voulez qu'ils soient transportés, Plusieurs d'entre eux m'ont demandé d'être renvoyés sur leur parole: vous aurez la bonté de faire savoir si vous voulez m'autoriser à leur accorder leur prière sur leur parole d'honneur,

MM. de Périgord, prince de Rochefort et prince de Rober, M. de Pusigneu, surtout M, de Lugeac, ont fait des prodiges de valeur. Les brigadiers Faucon et Courbuisson se sont parfaitement bien comportés, M. de Tondu a eu le malheur d'être blessé en débouchant. Je vous rendrai un compile plus circonstancié des différents corps qui se sont le plus distingués pendant le cours de celte expédition el vous supplie, Monseigneur, de vouloir bien être leur protecteur pour leur faire obtenir les grâces qu'ils ont si bien méritées.

J'ai chargé M. d'Hallot de vous rendre compte des dispositions que j'ai faites pour cet assaut, et j'avoue que je dois une grande partie de la réussite de cette expédition à l'intelligence supérieure de M. de Vallière? et généralement aux secours que j'aieus du corps de l'artillerie, J'oubliais de vous dire que MM. de Pratz et de Sainte-Afrique, du régiment de Rochefort, se sont extrêmement distingués à la tête des grenadiers qu'ils conduisaient...

1. Le comte de Périgord, colonel du régiment de Normandie, 2, Oficier d'artillerie fort distingué,

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La déroute du corps qui était compé dans les lignes à été si complète que tout leur camp a été pillé sans qu'ils aient pu sauver une tente, Plus de 20 bataillons, tant de la gar nison que de ceux qui étaient campés dans les lignes, ont laissé leurs armes aux faisceaux,

Les officiers prisonniers avouent unanimementavoir perdu pendant le siège 5,000 hommes, et je Laxe leur perte d'hier à a peu près autant en y comprenant les prisonniers,

La nôtre d'hier ne va pas à 400 hommes tués et 200 blessés, parmi lesquels il y en à qui le sont très légèrement. Ce qui a été le plus affligeant pour moi, c'est que le feu a été pendant toute la nuit dernière dans la ville: on a fai humainement tout ce qu'on a pu pour l'éteindre: j'ai envoyé des pionniers et travailleurs,

La prise de Berg-op-Zoom, de l'avis du maréchal de Noailles, a été un de ces événements extraordinaires où la valeur francaise triompha de lartet de la nature. Aussi M. de Lowendal fatal fait maréchal de France le 17 septembre 4747, par le Roi, qui était encore à l'armée, Mais ce ne fut pas sans peine toulefois que le maréchal de Saxe obtint le bâton pour son lieutenant, On lit, dans les Souvenrrs de M. de Valfons", qu'aussitôt que le maréchal de Saxe eut recu M, d'Hallot, il alla chez le Roi.

«Je Fy accompagnai, dit M, de Valfons, et fus témoin d'une sollicitation très vive de la part du maréchal, pour que M. de Lowendal fût fait maréchal de France, Le Roi résisla; M. d'Argenson”, qui était der-

1, Page 259,

2, Ministre de la guerre: il était fort mal avec le maréchal de Saxe,

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2 | k LS rière Jui, gardait Le plus profond silence, Le Roi réponfu 1h dit deux fois au maréchal qu'ilne le voulait pas, et, à à la troisième, il ajouta : « Que dirait ma noblesse ? Lowendal est depuis très peu de temps en France, — | Sire, elle dira que V, M, sail récompenser les grandes | actions, et qu'il n'est rien d'impossible aux soldats de { | V. M. bien commandés, » Le Roi refusait toujours, gagnant la porte de son cabinet où il était à demi entré À , D et qu'il allait fermer, Le maréchal redoubla d'ins: h RE lances, el le Roi finit par dire : « Eh bien, c'est à vous n qu'il le devra; je Le fais maréchal de France », d « M, d'Argenson me pria d'aller tout de suite chez lui pour faire Lenir un de ses courriers prêt à partir, el, el » en y rentrant, il écrivit à M, de Lowendal qu'il était di | charmé de lui apprendre le premier une grâce du Roi m 4 sibien méritée et qu'il avait si fort désirée pour lui, È Les plus anciens lieulenants généraux, MM. de Biron, ru 11] Lautree, Sennecterre, Clermont-Tonnerre, furent for- él 4 lement contrariés et firent les représentations les plus Le Lil “es à M. d'Argenson, qui s'exeusa sur ce qu'il ne pi 4 élait point mêlé, jurant que tout s'était passé du en aaréchal au Roi, qui seul avait prononcé ». dé. RL Berg-op-Zoom pris, le maréchal de Lowendal alla î avec le maréchal de Saxe assiéger Maëstricht, dont la (. LE capilulation amena la paix d'Aix-la-Chapelle (1748). | ‘ ki à « Depuis la paix, lit-on dans le Dictionnaire de Mo- F de réri', le maréchal de Lowendal partageait son loisir Ÿ AE: entre les plaisirs de l'étude et la société de quelques on É La pa # 1. Edition de 1759, t

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amis d'élite, qu'il charmait par la bonté de son âme, par sa candeur, par son esprit, par le don de s'exprimer avec aulant de force que de justesse et de netteté, el par une inlfinité de connaissances que ses lectures el ses voyages lui avaient données, H parlait très bien latin, danois, allemand, anglais, italien, russe et francais, I possédait à un degré éminent la tactique, le génie et la géographie! dans ses plus pelits détails, telle que la doit savoir un militaire chargé du commandement, I lisait beaucoup, il écrivait aussi, eC il a dû laisser plusieurs manuscrils »,

Un mal au pied, qu'on négligea, amena la gangréne, etM. de Lowendal mourut le 27 mai 1755, au palais du Luxembourg, où le Roi lui avait donné un logement.

Les deux maréchaux de Saxe et de Lowendal moururent au moment où leurs talents militaires allaient être encore utiles à la France, leur patrie d'adoption, Leur mort laissa les armées au commandement des pires généraux qu'ait eus l'ancienne monarchie,

M. de Lowendal élait membre honoraire de lAcadémie des sciences depuis 1754.

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