‹ Notices historiques sur les généraux et marins du XVIIIe siècle [microforme]Chapitre 78 sur 143 · SERRE LEEDS SE TRE · texte numérisé non relu

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hommes; Richelieu en avait au moins 70 à 75,000; l'armée ennemie avait un grand nombre de malades et était bloquée au milieu de marais d'où elle ne pouvait s'échapper. Au lieu de détruire cette armée, qui élail à sa discrétion, au lieu de la forcer à capituler, à mettre bas les armes, Richelieu signa avec le duc de Cumberland la convention de Closter-Severn et laissa partir librement l'armée ennemie.

« Ce qu'il y a de singulier dans ce traité, dit le duc de Luynes!, c'est qu'il a été conclu entre trois personnes qui n'avaient aucuns pouvoirs des Cours au nom desquelles ils traitaient : M. de Lynar, ambassadeur du roi de Danemark à la diète de Ratisbonne, qui proposa et fit accepter sa médiation; M. de Richelieu, sans pouvoirs de Louis XV; le due de Cumberland, également sans pouvoirs du roi d'Angleterre, Il n'y à rien eu d'écrit, tout était verbal. Il n'a rien été stipulé par ‘apport aux troupes de Brunswick et de Hesse, ni pour qu'elles fussent désarmées, ni pour qu'elles ne servissent point pendant un temps contre la France ». L'armée anglo-hanovrienne fut donc renvoyée dans ses foyers sans être désarmée; le duc de Cumberland revint en Angleterre, fut désavoué par son gouvernement, se démit de tous ses emplois; mais son armée fut aussitôt reformée, et le roi de Prusse, Frédéric, donna aux Anglais, ses alliés, le duc Ferdinand de Brunswick, un de ses meilleurs lieutenants, pour remplacer Cumberland.

l. Mémoires, XVI, 297-299, 307, 440, 455: XVII, 96-98.

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La victoire d'Hastenbeck n'eut aucun résultat,

Richelieu laissa le due de Brunswick réorganiser tranquillement son armée, avec les hommes qui étaient partis de Closter-Severn avec leurs armes, et qui revinrent. Sous prétexte de manœuvres il épuisa ses troupes par des marches et des contremarches: sous prétexte encore d'envoyer un secours à M. de Soubise, il alla à Halberstadt et S'y arrêta, Il laissa l'armée se désorganiser complètement en lui permettant de piller et en tolérant lindiscipline; lui-même pillait sans versogne, el il recut de ses soldats le honteux surnom de Pére-la-Maraude, Après avoir dispersé son armée dans ses quartiers d'hiver, il recommenca ses courses dans le pays, reculant toujours devant Brunswick: il perdit le Hanovre et laissa dans ce pays dévasté, mangé, pillé, soulevé contre nos excès, une haine violente contre la France, I fut enfin rappelé, mais il laissa à son successeur, le comte de Clermont-prince, une armée diminuée d'un tiers sans avoir combattu, et dans un tel état d'insubordination et de désordre, qu'il fut impossible, jusqu'à la fin de la guerre (1763), d'y rétablir l'ordre et l'obéissance!.

Les chefs des armées, dans ce temps-là, se faisaient la guerre avec une courtoisie qui parail assez extraordinaire aujourd'hui, Le duc de Cumberland avait des évanouissements continuels. Il envoya un trompette au

1. Revenu à Paris, avec le fruit de ses rapiues, Richelieu fit bâtir un hôtel, que le public, indigné de l'impunité accordée par Louis XV à ce grand coupable, flétrit du nom de pavillon de Hanovre, sous lequel il est encore connu,

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