LUYNES, Mémosres, XVII, 1. — Juillet
Bataille de Bergen (1759).
Victor-Francois, duc de Broglie, appelé d'abord le comte de Broglie!, naquit le 19 octobre 1718. Il commenca à servir en qualité de lieutenant dans le régiment Dauphin-cavalerie en 1734, levuel fit partie de l'armée du maréchal de Broglie en Italie, et se trouva à la bataille de Guastalla (173%). Dès cette année, le comte de Broglie devint colonel d'un régiment d'infanterie, Il avait seize ans.
En 1741, M. de Broglie est devant Prague; il prend part à l'escalade de la ville (24 novembre), au siège d'Egra, après les: ‘il fut fait brigadier, au combat de Sahai et à la’ ‘on. de Prague. On le trouve, en 1743, 1744 et1745,àl'ar :e du Rhin, servant sousles ordresdu maréchal de Coigi et il fut nommé maréchal de camp en 474, L'année suivante, il combattit à Raucoux; en 1747, à Laufeld. En 1748, il est au siège de Maëstricht et le Roi le nomme lieutenant général.
4. Jusqu'à la mort de son père, également maréchal de France, mort le 22 mai 1743.
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Au commencement de la guerre de Sept-Ans, M. de Broglie fut employé à l'armée de Hanovre sous les ordres du maréchal d'Estrées ; il combattit à Hastenbeek et prit la ville de Minden (1757). 1 fut alors délaché et envoyé en Saxe, avec 20 bataillons et 18 escadrons, à l'armée du prince de Soubise et se trouva à la bataille de Rosbach (5 novembre), après laquelle il rejoignit l'armée de Hanovre.
En 1758, il fut employé à l'armée du prince de Soubise ; le 23 juillet, il battit, au combat de Sundershausen, les 8,000 Hessois du prince d'Isembourg, et entra à Cassel, Le 10 octobre, de concert avec Soubise, il battit encore l'ennemi à Lutzelberg, I fut alors nommé chevalier du Saint-Esprit, Ces opérations avaient eu pour résultat d'arrêter Ferdinand de Brunswick! qui, après avoir battu le comte &@e Clermont à Minden, l'avait forcé à évacuer toute l'Allemagne du Nord (Hanovre, Brunswick, duché de Brème) el à repasser sur la rive gauche du Rhin, où il Favait encore battu à Crevelt. Menacé sur ses derrières par Soubise et devant lui par le maréchal de Contades, successeur de Clermont, Ferdinand de Brunswick repassa le Rhin.
1. Nous avons eu affaire, de 1757 à 4806, a deux princes appelés tous les deux Ferdinand de Brunswick, le premier pendant la guerre de Sept-Ans, le second en 1792 et en 1806. Tous les deux ont été formés à l'école du grand Frédéric. Le prince de Brunswick de 1792 et de 1806 s'appelait Charles-Frédéric-Ferdinand de Brunswick- Wolfenbuttel, et était le neveu du vainqueur de Crevelt, de Minden, de Vilinghausen. Il prit part aussi à la guerre de Sept-Ans et servit sous son oncle. C’est lui qui commandait les Allemands à Closter-Camp, où il fut battu, ainsi qu'a Valmy et à Auerstaedt,
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En 1759, il y a en Allemagne deux armées fran-
caises : l'armée du Bas-Rhin ou du Hanovre, cantonnée
dans le pays de Clèves et commandée par M. de Conlades, — l'armée du Mein, sous les ordres du duc de Broglie, Ferdinand de Brunswick, qui se trouvait entre les deux armées, se porta d'abord contre Broglie et fut battu à Bergen! (43 avril), Depuis Hastenbeck, c'était le premier succès important qu'obtenaient les Francais: il nous parait utile de donner ici la relation? de cette bataille, trop peu connue.
Le prince Ferdinand, ayant fait filer dans le pays de Hesse la plus grande partie de son armée de Westphalie, se rendit à Cassel le 24 du mois de mars, où il trouva le prince héréditaire de Brunswick, ie duc de Holstein et le prince d'Isembourg. Après plusieurs conseils tenus, il mit ses troupes, au nombre de plus de 40,000 hommes, en mouvement. 11 pouvait avoir deux objets, ou d'attaquer l'armée de l'Empire *, ou de surprendre celle du Roi dans ses quartiers sur le Mein.
Le duc de Broglie, attentif à sa marche, ne douta pas que son plan ne fût de nous attaquer par le comté de Hanau, pour se saisir de nos magasins, se rendre maitre de Francfort et pour nous forcer de repasser le Rhin. Ce projet était digne de cet habile général. Aussitôt que le duc de Broglie l'eut pénétré, il fit, pour le faire échouer, toutes les dispositions qui ont si bien réussi. Ii porta ses troupes légères en avant, pour être informé des mouvements de l'ennemi. Il ordonna au corps de Fischer d'entrer dans Friedberg pour défendre ce poste où nous avions un magasin de fourrages ;