‹ Notices littéraires sur le dix-septième siècleChapitre 12 sur 29 · DE M. LE MARÉCHAL D'ALBRET A MADAME LA COMTESSE DE MAURE · texte numérisé non relu

DE M. LE MARÉCHAL D'ALBRET A MADAME LA COMTESSE DE MAURE

Du août 1065 (1).

Pour estre douce et civile, vous n'en estes pas moins fière et moins ferme dans vos résolutions. Madame Pilou devant qui je vous écris me confirme la nouvelle que vous me fîstes hier l'honneur de m'écrire : et je vous assure. Madame, que je n'ay pas eu peu de satisfaction d'apprendre qu'à la fin vos parties avoyent esté Irop heureuses d'en passer par tout où vous avez voulu. Si j'ay jamais quelque chose à désirer de vous, ce ne sera, ni par hauteur, ni par brutalité que je prétendray l'avoir, et je ne doute point que l'exemple de ce qui s'est passé en votre démeslé avec Madame de Castelnau et ses adhérens, n'apprenne à tout le monde la manière dont on doit procéder avecque vous. Votre lettre m'instruit de certains détails dont je me suis contenté de rire en mon particulier ; mais suivant votre ordre, je vous promets que je ne feray part de ce secret à personne du monde, non pas mesme à Madame de Chalais (2) ; car je vous assure, Madame, que pour quelque raison ou quelque sujet que ce puisse, je ne

(1) Ms. de Conrart, in-fo, t. X!, p. 277.

(2) Veuve de Henry de Talleyrand comte de Chalais, qui eut le cou coupé

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seray jamais capable de manquer à ce que je vous dois et que vous devez attendre de la personne du monde qui vous honore avec le plus de respect et d'eslime. Vous n'aurez plus, s'il vous plaist, la tentation d'en douter. C'est, Madame, votre très-honoré et très-obéissant serviteur.

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