‹ Notices littéraires sur le dix-septième siècleChapitre 13 sur 29 · DE MADAME LA COMTESSE DE MAURE A M. LE MARECHAL · texte numérisé non relu

DE MADAME LA COMTESSE DE MAURE A M. LE MARECHAL

Septembre 1655 (1).

Si je n'estois partie de Paris le lendemain que vouseusies parlé à M. le comte de Maure et à Madame Cornuel, ou que je n'eusse pas eu tant d'embarras, avant que de partir, ce n'auroit pas esté sans vous écrire, ayant esté tout à fait surprise de ce que vous leur avez dit que vous ne me reconnoissiez plus dans mes lettres. J'avois creu que le soin que j'ay pris de vous rendre compte de ce qui s'est passé dans la conclusion de l'affaire de la maison, et la confidence que je vous ay faite du sujet qui l'a traversée, vous estoyent des preuves infaillibles que j'estois pour vous tout ainsi que j'ay jamais esté. Aussi suis -je persuadée que ce n'est que pour en recevoir de nouvelles assurances que tous avez fait paroistre d'en douter. Je vous diray donc qu'il ne se peut rien ajoutera la satisfaction que j'ay de tout ce que vous avez fait là-dessus; et bien loin qu'il me puisse rien rester dans l'esprit, dont vous deviez estre en peine, qu'au contraire je suis tout à fait

en 1626, sœur de Jeannin de Castille, trésorier de l'Épargne : ou Marie- Anne de la Trémouille, femme d'Adrien-Biaise de Talleyrand, prince de Chalais, qui devint plus tard princesse des Ursins; elle était née en 1642; disent les biographes; mais on sait que ses biographes la rajeunissent de quatre ou cinq ans.

(2) Ms. deConrart, t. XI, in-fo, p. 277.

obligée à la considération que vous avez témoigné de faire de moy, en cette occasion. Et comme le sentiment que j'ay eu, quand j'ay creuque je pouvois avoir quelque sujet de douter de votre amitié est la plus grande marque que je vous pouvois donner de la mienne, ce que vous avez fait pour m'esclaircir et pour me satisfaire m'en est une si grande de la votre, qu'il ne sauroit plus rien arriver qui m'en pust donner le moindre doute, quand mesme quelqu'un de plus véritable que Madame de Castelnau ne me l'a paru en cette occasion s'en voudroit mesler.

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