‹ Notices sur des plantes utiles ou intéressantes de la flore du Congo (volume 2)Chapitre 26 sur 47 · HD · texte numérisé non relu

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n'est pas cependant sans intérêt de signaler certains d’entre eux. Comme avantages on cite : une diminution de frais dans la récolte, car les graines des arachides africaines s’enfoncent moins que celles des races locales, celles d'Afrique se développent à 7,5 cm. environ, les variétés indiennes s’enfoncent fréquemment jusqu’à 22,5 cm. la récolte avec les graines d'Afrique à été parfois double et les graines renferment plus d'huile. Parmi les inconvénients on doit noter : la nécessité d’une plus forte proportion d’eau et, chose plus importante, le fait que l'huile ne peut être consommée par l'homme, elle ne peut servir que pour l'éclairage, et que le tourteau est inemployable pour la nutrition du bétail.

Les expériences faites dans la Présidence de Bombay en 1901-1902 avec les graines d’arachides de Maurice ont prouvé que ces plantes sont comme les plantes indigènes attaquées par le « Tika +, mais cette maladie n’est pas aussi grave. Les graines de Maurice se développent à 7-10 em. de profondeur tandis que les graines se trouvent souvent enfouies dans le sol à 15 em. et plus de profondeur, de ce fait la direction de l’agriculture à conelu que les graines des plantes originaires de l'ile Maurice étaient plus attaquées par les rats et les oiseaux que celles des variétés locales, mais on peut aussi ajouter que les graines profondément enterrées sont plus difficiles à récolter, plus sujettes à pourrir.

On a avec les cinq variétés suivantes obtenu les données :

2 rois

Variétes. Rendement Frais de culture.

par acre, POnNdICDÉRT ALT 2,224 66 Arachides d’Espagne (Améri- i- :

que} we: . 2,550 52 Arachides de Virginie (Amé-

rique)". 2,966 65 Arachides japonaises (Small). 2,019 47

» » (Big) 3177 66

Quant au rendement en huile :

Graines importées. Graines indigènes.

Pondichéry EE ne 45.09 p. c. 41.77 p..c:

Arachides d'Espagne . . 47.73 » 47.88 »

» de Virginie . . 46.98 » 4462 »

japonaises (Small) 45 83 - 48.32 »

» japonaises (Big). 41.66 >» 44.04 +

» indigènes . . — 42.80 >»

Ces chiffres font voir qu’il y à intérêt pour la récolte à introduire d’autres graines; il est curieux de faire remarquer que tandis que les trois premières variétés de graines ont perdu de valeur comme rendement en huile, les deux dernières ont augmenté, ces expériences mériteraient d’être continuées afin de voir si ces variétés japonaises conserveront leur fort rendement en matière grasse,

La dernière statistique de récolte des arachides fournie par le département de l’agriculture à Bombay sous la date du 13 janvier 1903 prouve que la surface totale dévolue à cette culture, 46,650 acres, est moins de la moitié de ce qu’elle était en 1901. La décroissance de cette culture est due semble-t-il à la sécheresse. La récolte est d'environ 41,000 tonnes, dont 31,400 dans

dont 31,400 dans les districts anglais et 9,600 dans Îles districts indigènes.

En Cochinchine l’arachide parait actuellement beaucoup moins cultivée qu'elle ne l'était autrefois ; elle y est, parait-il, attaquée par une maladie qui diminue fortement le rendement. Une autre cause de la déchéance de cette culture est la vulgarisation du pétrole qui à détrôné l'huile d’arachide, particulièrement employée dans le temps comme huile lampante, les Annamites et les Chinois continuent cependant à employer cette huile pour la préparation de leurs aliments. En 1599 l'exportation comportait 2,538 kilos de 792 francs de valeur.

Cette exportation s’est faite vers la Chine, le Japon, le Siam, 111 kilos ; en entrepôt à Hong-Kong, 2,340.

L’Annam, en 1899, a expédié sur Hong-Kong 220,969 kilos d'arachides, en 1898 l'exportation avait été de 89,201 kilos seulement. En 1898 la tonne d’arachides valait 104 francs, en 1899 le prix a atteint 170 francs.

La grande extension de la culture de l’arachide aux États-Unis date surtout de l’époque de la guerre de Sécession; de 1865 à 1870 les progrès furent extraordinaires. Dans ces dernières années la culture de cette plante est devenue moins rémunératrice et cette diminution parait être due à la culture mal comprise et en particulier à l’absence de fumure.

Malgré la grande extension donnée à la culture de l'arachide dans les États-Unis de l'Amérique du Nord, les graines de cette provenance n'arrivent que très

rarement sur les marchés européens; la totalité de la production assez considérable est consommée sur place, une partie employée comme fourrage et une forte proportion vendue dans les rues des grandes villes à l’état de friandises. Une certaine quantité est usagée dans la chocolaterie et la confiserie. On estime la consommation d’arachides pour la seule ville de New-York à plus de 550,000 boisseaux, c'est-à-dire plus de 19,000,000 de litres. Avant 1860 la production totale des États-Unis n’atteignait pas 150,000 boisseaux et il fut un temps où l’on importait des arachides en Amérique, ce qui est devenu totalement inutile, la production du pays étant suffisante pour la consommation.

Les meilleures qualités d’arachides de l'Amérique du Nord proviennent de la Virginie, qui produit d'année en année des quantités de plus en plus considérables de graines. Le Tennessée et la Caroline suivent de près la Virginie puis viennent la Louisane, l’Alabama, le Mississipi et la Floride. On estime que la production totale d’arachides atteint dans les États-Unis de l'Amérique du Nord environ 27,000,000 de kilos et malgré cette production il ne parait pas exister dans tout le pays une seule fabrique d'huile d’arachides, ce qui se comprend, les États-Unis produisant en surabondance de l'huile de coton.

En Louisiane on à obtenu de très beaux résultats avec la culture d’une variété dite « arachide d'Espagne », cette variété possède des fruits très fortement adhérents aux pétioles, ce qui permet un arrachage sans grande perte, elle est très utile comme fourrage, tiges, feuilles,

et fruits réunis comme l'ont démontré de nombreuses expériences, et l'on peut obtenir deux récoltes successives sur le même terrain.

Dans l’Amérique du Sud les provinces de Santa-Fé et de Corrientes expédient par La Plata des arachides dont on a même essayé l'importation sur les grands marchés de France, mais elles n’ont pas trouvé preneur, elles ne peuvent être employées régulièrement dans les huileries, car elles renferment trop d'albuminoïdes et contiennent environ 4 p. ©. d'huile en moins que les bonnes graines de Sénégambie. Il semble que la valeur relativement faible des arachides de l'Amérique du Sud est due au sol dans lequel cette plante est cultivée, des soins de culture et un choix judicieux du terrain permettront sans doute d'obtenir dans la République argentine et dans l’'Uruguay des « pistaches de terre + d'aussi bonne qualité que celles de l’Afrique occidentale.

La culture de cette plante prend, semble-t-il, un certain développement au Queensland ; en Nouvelle-Calédonie elle a également fait de grands progrès et l'huile extraite est consommée sur place.

En Nouvelle-Calédonie un Français, M. Augé, introduisit l’arachide en 1882, mais cette culture ne fit pendant les premières années que peu de progrès et les récoltes étaient consommées soit par l’homme, soit par les animaux. Petit à petit cette culture se généralisa et elle prit surtout de l’extension lorsqu'on installa à Néméara une huilerie, dont toute la production est consommée sur place; en 1895 on fabriqua 1,250 litres d'huile, en 1898 on en avait déjà fabriqué 2,500 litres,

et en 1899 même une exportation de 120 kilos d'huile fut dirigée vers la France, ces 120 kilos furent taxés à 95 francs.

Ajoutons que l'Espagne et le sud de l'Italie sont les seuls pays de l’Europe qui produisent des arachides ; la province de Valence fournit le meilleur contingent européen de cette graine oléagineuse. La graine d'Espagne a avec celle de la Plata de grandes analogies au point de vue de l'aspect du péricarpe et de la graine. Cependant l'huile exprimée des graines de Valence est moins acide que celle de la graine de la Plata, mais grace à la forte proportion d’eau qu'elle renferme elle est beaucoup plus difficile à travailler dans les huileries. Les conditions atmosphériques assez irrégulières dans le sud de l'Europe empêchent d’ailleurs souvent l’arrivée à maturité de la récolte, dont le rendement peu constant empêche cette graine d'entrer en ligne de compte dans la grande industrie. Même quand les conditions générales sont très favorables, la récolte n’atteint pas en Espagne et en Italie un chiffre considérable.

Bien que l’arachide soit un produit de peu de valeur sa culture doit être conseillée dans la plupart des régions tropicales et surtout en Afrique; c'est sans contredit une des plantes qui rapportera de multiples bénéfices. Elle possède le grand avantage de fixer l’indigène au sol et de l’habituer au travail de la terre; elle nécessite la création de factoreries importantes, ayant besoin d’un outillage complet, elle forme ainsi un mouvement important d’affaires entre l’Europe et les pays producteurs. Le transport lui-même qui doit

ètre toujours assez rapide crée un courant sur mer qui apporte, tant pour la colonie que pour les ports de débarquement, une source de richesse et de prospérité. Tout d’ailleurs est utile dans cette plante et l’on ne peut assez conseiller la propagation de sa culture, que certains voudraient voir introduire dans le midi de la France où les terres légères, faciles à irriguer, semblent convenir à cette plante,

VOANDZEIA SUBTERRANEA ou VOANDZOU

A côté de l’arachide vient se placer une autre légumineuse qui, commel’Arachis hypogaea, a la propriété d’enterrer ses fruits pour mürir ses.graines, c’est le Voandzeia subterranea. |

Le Voandzeia ou Voandzou, appelé parfois « pois de terre, pois d’Angola, pois Bambara, pistache Bambara », est répandu dans toute l'Afrique tropicale et se rencontre en culture dans le sud de l'Afrique, à Mada-. gascar et même dans l'Amérique du sud.

La patrie de cette plante ne peut plus être indiquée avec certitude, elle est inconnue à l’état spontané; il semble cependant d’après tout ce qui est connu que le Voandzeia subterranea doit être originaire du nord de l'Afrique tropicale, du Soudan et c’est surtout en Afrique que cette plante est cultivée pour ses graines nutritives et huileuses. Le Voandzeia subterranea Thou. est une plante herbacée annuelle, à racine pivotante assez développée, mais à tiges rampantes couchées sur le sol, ramifiées et plus ou moins velues. Les feuilles s'élèvent perpendiculairement aux tiges, elles sont trifoliolées, à pétiole commun pouvant atteindre de 10 à 20 cm. de longueur, les folioles mesurent de

8 à 8 cm. de long et de 1 à 4 cm. de large; elles sont courtement pétiolulées, glabres sur la face supérieure et éparsement velues sur les nervures de la face inférieure. Les fleurs sont jaunes et naissent sur les tiges, tout contre le sol, parfois à trois au même point, vers l'extrémité d’un support commun velu et terminé au delà de l'insertion des fleurs par un renflement. Les fleurs sont portées sur un pédicelle de 0,5 à 1,5 cm. de long. Pendant l’anthèse, les fleurs se trouvent au-dessus du sol, mais une fois la fécondation opérée, les ovaires s’enterrent. Les fruits sont des gousses ovoides-gl0buleuses, à paroi externe réticulée, assez mince et renfermant 1 ou 2 graines d’un rouge brunâtre plus ou moins foncé, parfois tachetées et plus rarement blanches ou noires. On ne connaît pas la manière dont la plante enterre ses jeunes fruits.

On ne connait pas non plus les conditions de culture du Voandzou; il est cependant probable que le semis se fera de préférence au commencement de la saison des pluies. La plante arrive à maturité au bout de quatre à cinq mois de culture. Les conditions qui favorisent la culture des arachides seront sans aucun doute très utiles au développement du Voandzou; un sol meuble sera naturellement nécessaire pour la pénétration des fruits dans le sol.

Si la culture de cette plante n’est pas faite sur une grande échelle, elle a cependant été introduite dans les Indes, à Java, au Brésil et même dans le sud de l'Europe. Les fruits sont plus sensibles à l’humidité que les arachides et dans des terrains humides, à écoulement lent,

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