‹ Notices sur des plantes utiles ou intéressantes de la flore du CongoChapitre 14 sur 40 · A PROPOS DE BANANIERS · texte numérisé non relu

A PROPOS DE BANANIERS

Les espèces de Musa sont probablement assez nombreuses dans la région congolaise, comme sans doute dans toute l'Afrique tropicale, mais elles sont malheureusement encore fort mal connues au point de vue botanique. Leur étude est d’ailleurs assez difficile, car on possède rarement des matériaux complets et en bon état, permettant une détermination scientifique rigoureuse. Ce sont des plantes que les collecteurs n’aiment pas à préparer et les matériaux botaniques des espèces le plus communément cultivées manquent encore dans la plupart des herbiers.

Lors de son voyage autour du Congo, M. le professeur Ém. Laurent avait cru reconnaître dans des Musa du Haut-Congo, le Musa ÆEnsete, et avait rencontré dans le Bas-Congo un autre bananier, qu'il avait pris pour une forme naine du bananier d’Abyssinie. Jusqu'à ce jour nous n’avons reçu aucun échantillon botanique nous permettant d'affirmer la présence au Congo de la plante d’Abyssinie et il semble assez probable que cette espèce, dont la valeur ornementale est universellement reconnue, n'existe pas dans le centre africain. Par contre, nous connaissons actuellement, de provenance congolaise, deux bananiers fétiches ou « Makondo-

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Nkissi », constituant deux espèces nouvelles voisines du M. Ensetle, mais très différentes par des caractères vécétatifs et floraux.

On ne peut supposer que ces Musa ont été introduits; il existe bien sûrement dans l’État du Congo des bananiers indigènes, et même au Katanga, où l’on a nié leur existence, l'indigène cultivant fort peu cette plante, la « Mission scientifique » dirigée par le capitaine Ch. Lemaire en a rencontré quelques pieds dans des conditions fort probables d’indigénat. Malheureusement, les dessins que contient l’album de la « Mission » ne nous ont pas permis de préciser même la section à laquelle ces plantes appartiennent; il est à supposer, d’après les documents rapportés, qu’il s’agit là aussi d’une espèce nouvelle, non comestible, peut-être de certaine valeur ornementale.

On à dit aussi que le bananier n'existait pas dans le nord de l'État; cependant dans la région des Bangalas, dans la Dua, M. Fr.Thonner a rencontré presque partout des bananiers cultivés. En outre M. le D' G. Schweinfurth a eu l’occasion de voir des représentants de ce cenre dans le pays des Niams-Niams; une espèce récoltée par lui dans ces régions appartient également au eroupe du M. Ensete et a été dédiée à l'explorateur africain, par MM. K. Schumann et Warburg, sous le nom de M. Schoeinfurthii.

M. le professeur K. Schumann à publié dans « Das Pflanzenreich + une monographie de la famille des Musacées et y admet 42 espèces de Musa réparties en trois sous-genres. Parmi ces 42 espèces, 8 ont été indiquées

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en Afrique tropicale, 3 dans des régions avoisinant le

Congo, mais aucune de ces espèces n’a été signalée d'une

façon certaine dans l'État Indépendant du Congo. Les espèces indiquées en Afrique par M. Schumann

sont :

Musa ventricosa Welw. — Angola.

Musa Schceinfurthii K. Schum. et Warb.

— Niam-Niam.

Musa elephantorum K. Schum. et Warb. — Kameroun.

Musa Ensete Gmel. — Abyssinie.

Musa Buchanant Baker. — Nyassa.

Musa proboscidea Oliver. — Afrique orientale allemande.

Musa Livingsloniana Kirk. — Afrique tropicale orientale.

Musa paradisiaca L.

— subsp. sapientum (L.) O. K.

— — var. sanguinea Welw. — Angola.

Notre correspondant J. Gillet a eu l’occasion de récolter, dans la petite région qu’il explore avec tant de soins, divers bananiers, dont deux nous sont parvenus en échantillons assez complets pour être déterminés et se sont trouvés être des espèces nouvelles que nous avons décrites, la première sous le nom de M. Gilletii, la seconde sous le nom de M. Arnoldiana. Ces deux espèces sont donc à ajouter à la liste qui précède et nous aurons à examiner plus loin certaines particularités de leur développement. Outre les espèces énumérées ci-

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dessus, il faudrait, pour avoir un tableau complet des Musa que l’on rencontre sur la terre africaine, tenir compte de ceux introduits par la culture; ils sont certainement nombreux et J. Gillet en a lui-même introduit un certain nombre dans les plantations de la mission de Bergeyck-Saint-Ignace, où tous paraissent bien se développer. Nous insisterons ultérieurement sur l’une d’entre elles, qui a été obtenue de graines fournies par la maison Haage et Schmidt, d'Erfurt, d’où elle était arrivée sous le nom de M. sumatrana. Cette plante appartient sûrement à un groupe différent du genre

Musa et doit être rapprochée du M. lextilis, comme nous le verrons plus loin.

Nous serions très heureux de pouvoir étudier des fleurs et des fruits des diverses formes cultivées au Congo, et de recevoir sur la culture elle-même des renseignements, car il se pourrait qu'à côté de plantes introduites, l’indigène cultive des espèces endémiques dont le port rappelle celui des bananiers cultivés ordinairement.

On ne peut assez attirer l’attention de tous ceux qui sont à même de récolter au Congo des échantillons de ces plantes, car leur étude botanique et industrielle est à peine ébauchée. Comme on l’a démontré depuis peu, les fibres de la plupart des bananiers peuvent être utilisées industriellement pour la préparation de cordes ou de tissus; nous reviendrons plus loin sur les usages de ces plantes.

Il y à là une série de questions qui méritent de tenter les agents de l'État et des Compagnies, et nous

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