‹ Notices sur des plantes utiles ou intéressantes de la flore du CongoChapitre 16 sur 40 · TS · texte numérisé non relu

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donnons ci-contre une figure qui représente la base d'un Musa ayant été conservé pendant près d’un an en pot.

Le M. Gilletii, cultivé avec soin en serre chaude, ne nous à pas montré à la fin de l’année cette disparition de feuilles signalée par M. Dybowski. Seules des plantes remisées après l’été en orangerie ont montré une sorte de désagrégation de leurs feuilles, mais remises à temps en serre plus chaude, la végétation à continué sans interruption.

Il y a entre la base du M. Gilletii et celle du M. religiosa certaines différences à mettre en évidence. D’après les figures publiées par la Revue horticole et en particulier d’après celle nous montrant la coupe longitudinale du bulbe d’un an d’un M. religiosa cultivé en pot, les racines naissent sur toute lasurface du bulbe; chez le M. Gilletii par contre les racines naissent uniquement au sommet du bulbe, celui-ci restant toujours bien isolé à l’intérieur de la zone des radicelles. Nous n'avons pas étudié des échantillons de M. religiosa, et ne pouvons par aflirmer que le caractère figuré par M. Legros est constant; nous connaissons cette plante par sa description et son port, ayant vu quelques pieds au Jardin colonial de Nogent, mais dans tous les échantillons de M. Gilletii du Congo nous avons toujours observé l'absence de racines sur le bulbe même (PI. VIE, fig:1 et 2).

On pourrait peut-être citer comme caractère distinctif la couleur des graines; celles-ci sont grises et mates chez le M. religiosa, d'après les échantillons

be

Base d’un stipe de Musa Gizierir semé en mai 1900 eb relevé en 1901. Cultivé en pot.

LR IT =

que M. Dybowski a bien voulu nous transmettre, tandis qu’elles sont d’un beau noir et assez brillantes chez le M. Gilletii ; mais ce caractère est-il constant? Quant aux mensurations, elles sont à peu près les mêmes dans les deux espèces.

Cette plante fera son apparition dans le commerce, car J. Gillet en a envoyé des graines à MM. Damman de San Giovanni, à Teduccio (Italie). Le Jardin botanique de l’État à Bruxelles et le Jardin colonial de Laeken en possèdent des pieds à plusieurs stades de développement.

Nous pourrions donner comme suit la description de cette espèce :

Musa Gizzeri De Wild. (1). — Plante de 1,50 à 2,50 mètres de haut. non stolonifère, plus ou moins renflée à la base, parcourant son cycle a évolution en trois ans ; la première année la plante reste basse et a peu de feuilles, la seconde année elle commence à s'élever tout en restant feuillue depuis la base, la troisième année il se forme à l’extrémité de la tige qui serecourbe une paniculeflorale. A la base de la tige se forme un tubercule beaucoup plus volumineux dans les plantes cultivées en pleine terre que dans celles tenues en pot; ce tubercule s’aperçoit déjà dans les plantules de quelques mois; dans des pieds d'un an il peut atteindre 30 mm. de large sur 20 mm. de haut, Les feuilles inférieures sont elliptiques-lancéolées, à pétiole engainant et à nervure médiane très large et prononcée, elles mesurent 1",50 de long et possèdent un limbe translucide; les supérieures mesurent de 50 à 40 cm. de long, celles les plus rapprochées de l’inflorescence n'atteignant que 20 cm. environ et passant insensiblement aux bractées, celles-ci

étant presque réduites au pétiole et à la nervure médiane; feuilles et

(1) in Revue des Cultures coloniales, 20 février 1901, n. 74.

Te —

bractées sont terminées par ur prolongement fin se contournant irrégulièrement. L’épi florifère assez courtement pédonculé, recourbé, mesurant 48 cm. de long, pédoncule non compris, est formé de nombreuses bractées persistantes dont les 10 à 12 inférieures seules entourent des fleurs fertiles; les fleurs situées à l’aisselle des bractées supérieures sont mâles. Les bractées sont ovales-lancéolées, plus ou moins allongées, mesurent de 4,5 à 9 cm. de large et de 17 à 25 cm. de long, plus ou moins aiguës au sommet. Les fleurs sont disposées sur deux rangs, au nombre de dix à onze, six ou cinq sur le rang interne, cinq sur le rang externe. Périgone à deux lèvres, la plus petite entourée à la base par la plus grande; cette première tridentée au sommet et longuement mucronée, de 1 cm. de long environ, non compris le prolongement, la plus longue canaliculée, trilobée an sommet, de 2 à 3 cm. de long, à lobes atteignant parfois 4 mm. de long, suboblus ou subaigus au sommet. Étamines au nombre de 6, aussi longues que le lobe externe du périgone, uue d'entre elles souvent plus ou moins avortée, à filets srèles, à anthères biloculaires de 12 mm. environ de long, obtuses au sommet, fixées au sommet du filet, soudées sur toute leur longueur avec le connectif; grains de pollen globuleux ou subglobuleux, à paroi externe épaisse, présentant de distance en distance des globules. Ovaire infère, triloculaire, à ovules nombreux, bisériés, à style allongé, aussi long que les étamines ou les dépassant légèrement, terminé en un stigmate claviforme, irrégulièrement lobulé. Fruit oblong, anguleux, subpyriforme, rétréci à la base en une sorte de pédicelle, glabre, grisätre extérieurement, irrégulièrement mamelonné par suite de la proéminence des graines, couronné par la base persistante, des lobes du périgone renfermant environ 23 graines, et mesurant 5,5 em. de long sur 2,5 cm. de large vers le sommet. Graines logées dans une pulpe devenant pulvérulente, blanche à l’état sec, ovoïdes anguleuses par pression mutuelle, de 8 mm. environ de haut et de Y-10 mm. environ de large, cicatrice d’attache de 3 mm. environ de diamètre, d’un beau noir brillant, lisses, munies au sommet d’une petite dépression ponctiforme entourée d'un rebord légèrement sail-

lant.

ZUNE Cuers

HAB. — Bords des ravins dans la région de Kisantu à Luvituku, les deux points extrêmes du Bas-Congo où il a été jusqu'à présent observé (J. Gillet, 1900).

De cette description il ressort clairement que cette espèce appartient au groupe M. Ensete Gmel., donc au sous-genre ?hysocaulis Baker et qu’elle se différencie de toutes les espèces connues, sauf du M. religiosa, par la présence d’un bulbe.

MUSA ARNOLDIANA De Wild.

(Planches I-IV, pl. VII tig. 3)

C’est au commencement de 1902 que nous avons recu les éléments d’herbier et les graines de cette espèce. Ces dernières, mises en culture, ont donné assez rapidement de jeunes plantules dont un certain nombre se développent bien au Jardin botanique de Bruxelles.

La comparaison des bases de plantes du même âge des M. Gilletii et Arnoldiana fait voir une différence très nette dans la partie souterraine; dans les plantes jeunes, on trouve chez le M. Gilletii un tubercule notablement plus gros que la tige ; dans le M.Arnoldiana, par contre, la base arrondie de la tige ne s’épate pas en bulbe et les racines naissent sur toute sa surface. Le croquis (PI. VII, fig. 3) fera, si on le compare aux figures 1 et 2 de la même planche, nettement voir les différences.

Lorsque nous avons publié la première description de ce Musa, nous n’en connaissions ni les graines ni

so

l’infloréscence; depuis nous avons pu compléter notre description princeps. Nous donnons ci-dessous une description complète.

Musa ArNoLDIANA De Wild. (1). — Plante de 4,50 de hauteur en moyenne, non stolonifère, plus ou moins renflée à la base, à tronc de plus de { mètre de diamètre à la base. Feuilles grandes, de 22,40 de long, de 70 cm. environ de large, coriaces, à côte rouge, à l'mbe vert, nervures parallèles très serrées, toutes les vingt nervures environ une nervure plus forte, à pétiole vert lacheté de brun-noir, à gaines d’un brun noirâtre à l’état sec; pendant la saison sèche la plante perd la plus grande partie de ses feuilles. Inflorescences d'au moins 40 cm. de long, à bractées vertes et persistantes, ovales-allongées, celles de la base de 40 cm. environ de long, d'au moins 10 cm. de large; fleurs disposées sur deux rangs au nombre de 8 à 14, de 3 à 7 sur le rang interne et de 5 à 7 sur le rang externe; périgone à deux lèvres, la plus petite entourée à la base par la plus grande; cette première tridentée et longuement mucronée,d’environ 15 mm. de long, non compris le prolongement, la plus large canaliculée, trilobée au sommet, de 4 cm. de long, plus ou moins fortement lobée suivant l’âge, lobes souvent très allongés, divisions atteignant parfois presque l'ovaire et s'enroulant par la dessiccation, Étamines au nombre de 5 environ, aussi longues que le lobe externe du périgone, à filets grêles de 17 mm. environ de long, à anthères biloculaires de 20 mm. de long, obtuses au sommet, fixées à l’extrémité du filet et soudées sur toute leur longueur avec le connectif; grains de pollen gros, brunâtres, globuleux ou subglobuleux, à paroi externe épaisse, munie de distance en distance de globules réfringents. Ovaire infère de 3,5 cm. environ de long, triloculaire, à ovules nombreux, à style aussi long que les étamines ou les dépassant légèrement, de 4,5 cm de long, terminé en un stigmate claviforme, généralement trilobé, à lobes subglobuleux, peu différenciés. Fruit

obovoïdal, anguleux et bosselé, strié longitudinalement, rétréci vers

(4) in Bulletin de la Société d'Études coloniales, 1901, p. 339.

ou

la base en une sorte de pédicelle, mesurant 9 cm. de long sur 3,5 cm. de large (non mür); graines non mûres de plus de 10 mm. de haut et 15 mm. de large, d'un blanc jaunâtre, lisses.

Hab, — Région de Dembo, décembre 1900 (JT. Gillet).

Rappelons ci-dessous les caractères des deux espèces, qui d’après Jeur description semblenttrès voisines, mais qui par leur portsont très différentes en culture. En effet, le M.Gilletii a un port bien plus grêle, ses feuilles sont d'un vert plus clair que celles du M. Arnoldianade port plus trapu, et dont les feuilles plus foncées possèdent la côte colorée en rouge.

MUSA GILLETII MUSA ARNOLDIANA Hauteur totale. . . 1.50 à 2.80 m. 4à 5 m.

Feuilles de la base . 1.50 m. 2.40 m.

BARS MAR C1 à Dix à onze. Huit à quatorze.

Lèvre interne, . . 1 cm. de long. 15 de long.

— externe. . . 2 à 3 cm. de long. 4 cm. env. de long. Étamines : filet. . » 17 mm.

— anthères 12 mm. de long. 20 — — Fruit : longueur. . 5.5 cm 9 cm. —

— diamètre. . 2.5 cm 3.2 CM. —

Graines . . . . 9 à 10 mm. de diam. 12-16 mm. de diam.

M. J. Gillet, qui a semé au Congo les M. superba et ÆEnsete et cultivé à côté d'eux les M. Arnoldiana et Gilletii, nous écrit que sans être botaniste il est facile de remarquer que tout en possédant des caractères communs, ces plantes possèdent des aspects différents permettant une distinction facile.

Des graines de ce beau Musa ont été envoyées par J. Gillet à MM. Vilmorin et C°, cette firme en a présenté

à la Société nationale d'Horticulture de France (séance du 10 octobre 1901) des exemplaires auxquels a été décerné un certificat de première classe.

Il n’est pas sans intérêt, pensons-nous, de donner i ici les appréciations flatteuses du comité de floriculture de cette Société : « Sans avoir la rapide croissance du M. Ensele,le M. Ayrnoldiana pousse vigoureusement et supporte facilement les grands vents. Dans la même plantation il a été impossible de trouver un seul M. Ensele ayant résisté aux vents de ces jours derniers, tandis que la plante présentée a ses feuilles encore intactes. Le M. Aynoldiana ne craint ni le soleil ni l'ombre ; ce serait, d’après MM. Vilmorin-Andrieux et C°, une plante très résistante, d'une remarquable élégance, et qui serait appelée à un grand et légitime succès.

Le Jardin colonial de Laeken possède également des pieds de cette espèce, actuellement fort demandée par les amateurs.

On pourrait pour les espèces africaines de ce groupe, dresser le tableau analytique suivant, en se basant en grande partie sur les données de M. le professeur K. Schumann et sur celles de la Flora of tropical Africa :

PHYSOCAULIS Baker.

A Sépale libre entier.

a Sépale libre non apiculé et cuspidé; inflorescence pendante.

1 Graines grosses, renflées, anguleuses. M. ventricosa.

go

2 Graines 2-3 fois plus petiles, subglobuleuses M M SC hiDetniunrtirir.

b Sépale libre apiculé ou cuspidé; inflores-

cence dressée, graines petites, subglo-

RUICUS ES RE NON 2 T CU N-MTcleplantorum.

B Sépale libre trilobé,

a Graines lisses, 1 Inflorescences relativement courtes I Plus de 20 fleurs par série . . M. Ensete.

II De3 à 15 fleurs par série.

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