‹ Notices sur des plantes utiles ou intéressantes de la flore du CongoChapitre 23 sur 40 · CERTES, CR M UEANE RE · texte numérisé non relu

CERTES, CR M UEANE RE

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Cendres (25 p. c. d'acide phosphorique) . . . . 1.96%

Cette composition ne parait guère varier suivant l’origine de la variété; que ce soit un plantain ou une banane, la farine a une composition très semblable.

La préparation de cette farine est assez simple. Les bananes vertes sont pelées, à ceteffet on estparfois obligé de les plonger dans l’eau chaude à 80 degrés c., où elles restent 4 à 5 minutes. Les bananes sont ensuite séchées au soleil où mieux dans un séchoir à vacuum chauffé. Les bananes sont ensuite réduites en poudre. Sous cette forme la banane porte le nom d’arrow-root de Guyane ou conquin-lay des Anglais.

Mais dans les séchoirs perfectionnés les bananes remuées constamment par un système de pelles et de couteaux, sont déjà presque réduites en poudre; elles sont passées ensuite par un tamis.

La farine de banane est jaunâtre, elle a le goût de la banane fraiche. (1)

Dans ces derniers temps on a beaucoup parlé du sucre de bananes. Une compagnie américaine aurait, paraît-il, fondé à Cuba une fabrique capable de produire mille barils de sucre de bananes par jour. Ce sucre, de couleur brune, à une saveur agréable rappelant , celle du fruit ; le sucre doit être préparé dans des conditions très particulières, car il revient quarante à soixante fois moins cher que la cassonade ordinaire D'après les analyses, la teneur en sucre varie notablementsuivantles bananes ; on aurait pu même extraire

(1) Dans le pays des Gallas, on extrairait du pédoncule du régime du M. Ensete un amidon, qui, préparé avec soin, pourrait peut-être

faire la concurrence au sagou.

de bananes séchées : 50 p. ec. de matières sucrées, mais sur ce total il parait n’y avoir guère plus de 15 p.e. de saccharose.

On peut également extraire des bananes un excellent alcool et en particulier du sous-produit résultant de la préparation du sucre; on a même pu préparer des vins de bananes et une sorte de cognac.

De l’eau-de-vie de bananes se prépare couramment au Gabon, et M. Chalot, ancien directeur du Jardin d'essai de Libreville (Congo français), préconise le procédé de fabrication suivant : On prend de préférence les régimes de la banane plantain (M. paradisiaca) où « banane cochon + du Gabon, plus riche en sucre, paraît-il, que les autres bananes cultivées dans la région. Une soixantaine de ces fruits sont placés dans une jarre de 50 litres environ que l’on remplit d’eau. On laisse la fermentation se faire pendant trois jours en remuant tous les matins la masse. Quand la pulpe sera tombée au fond, on couvrira le récipient pour empêcher l’évaporation et on distillera deux fois de suite si l’on veut obtenir un produit très pur, à moins que l’on ne possède des rectificateurs. Les soixante bananes employéés donneraient un peu plus de 2 litres d’eau-de-vie.

Cette fermentation ne peut se faire naturellément que si l’on trouve des levures indigènes capables d'amener une fermentation normale. Pour faire la préparation industrielle, il y aura avantage à se servir de levures sélectionnées.

A Victoria (Cameroun), M. Schulte im Hofe opérait un peu différemment pour obtenir un alcool de bananes.

Des bananes, bien müres, dépouillées de leur écorce, broyées, et le moût glaireux additionné d’un peu d’acide sulfurique, sont mises à fermenter par l'addition de la levure de la pulpe fermentée de cabosses de cacao. Au bout d’un jour, la bouillie glaireuse devient claire et il se dépose une sorte de marc. Le liquide clair décanté est ensuite distillé, mais malheureusement la distillation est difficile, car ce moût fermenté, comme celui de la pulpe de cacao, mousse fortement.

Vingt litres de moût donnent un peu plus de 3 litres d’alcoo]l à 719,5, c’est-à-dire 11.44 p. c. du mout, proportion beaucoup plus considérable que celle donnée par les autres fruits tropicaux. La pulpe de cacao ne donne, en effet, que 8 p. c. d'alcool, celle d'ananas 5.33 p. c. et celle de la papaie 4.65 p. c.

Mais c’est surtout comme fruit que la banane à de l'importance commerciale. Ces fruits sont devenus la base d’un grand trafic dans l'Amérique centrale et à la Jamaïque; des flottes entières sont consacrées au transport des bananes vers l’Angleterre et vers l’Amérique du Nord, où l’on consomme surtout des quantités formidables de bananes grâce au bas prix de vente.

La banane peut non seulement se consommer fraiche ou en farine, mais encore en conserve; au Pérou on mange des bananes conservées de forme allongée, aplaties et pressées en masse. Cette pulpe séchée-trempée dans un sirop de sucre à un goût très agréable. A Tahiti on dessèche les fruits bien mürs au soleil jusqu’à ce qu’ils soient devenus d’un beau rouge. On peut d’ailleurs

sécher les bananes, d'après les méthodes en usage pour la préparation des autres fruits secs.

En France les bananes de la Jamaïque n’ont pas eu grand succès ; ce sont surtout les bananes des Canaries qui sont estimées sur le marché parisien, où elles arrivent de Londres.

On estime qu’à la Jamaïque les plantations de bananiers couvrent plus de 25,000 acres, produisant 8 à 9,000,000 de bananes.

C’est surtout grâce à l'« United Fruit Company >» de Boston que le commerce et la culture de cette plante doivent leur développement. On ne se rend guère compte en Europe de l'importance de ce trafic sur lequel il n’est pas toujours aisé de trouver des documents complets. C’est surtout depuis une quinzaine d'années que la culture de la banane d'exportation a acquis de l’importance dans l'Amérique centrale. Dans un ouvrage admirablement illustré, The Golden Caribbean, dù à la plume de M. H.-R. Blaney, et qui relate une visite hivernale aux républiques de Colombie et de Costa- Rica et aux possessions espagnoles américaines, nous trouvons un certain nombre de données intéressantes à ce sujet.

D’après des statistiques du gouvernement de la république de Costa Rica, l'exportation de bananes vertes, passant par Port-Limon, vers les États-Unis, serait évaluée à environ 10 millions de régimes pour les années 1886 à 1895. En 1896 on expédia 1,692,102 régimes, soit 56,000 tonnes. Actuellement (1900) on exporte chaque année par Port-Limon seul, vers la Nouvelle-

Orléans et New-York, plus de 3 millions de régimes de bananes, pour « l'United Fruit Company *.

En 1893-1894, les prédécesseurs de la même compagnie,actuellementassociés, exportèrentdelaJamaique 5,162,000 régimes de bananes. Tout le commerce d’exportation des bananes, des côtes de l'Amérique centrale et de l'Amérique méridionale (Cuba, Saint-Domingue, Haiti et la Jamaique)est contrôlé par l’United Fruit Company, qui possède la plus grande partie des plantations de ces régions. Soixante-cinq steamers spéciaux dans lesquels les fruits enlevés verts peuvent murir doucement conduisent les régimes aux États-Unis.

La culture du bananier fut commencée en 1879 sur les côtes atlantiques du Costa-Rica. En février 1880 les 360 premiers régimes?de bananes furent expédiés, par le steamer ÆZarnholm, de Port-Limon à New-York, et le gouvernement, voyant que cette culture devait devenir une irès grande source de richesses pour le pays, alloua à ceux qui étaient disposés à s’y consacrer de grands espaces de terrains.

En 1888 il y avait soixante et une grandes plantations de bananiers et un grand nombre de petites plantations.

Le bananier plantain est la vraie nourriture populaire." Son fruit peut servir à l'élevage des volailles et posséderait même la propriété de faire pondre des œufs. Le plantain ressemble plus ou moins à la banane par sa couleur et par sa forme, mais il est plus grand; il n’est jamais mangé cru comme la banane, on le mange toujours cuit.

Les plantations dépendant de l’« United Fruit Company » sont situées le long de rivières, de canaux ou de chemins de fer à Costa-Rica; elles suivent les lignes de chemin de fer de Guapiles, la rivière Banana et la rivière Zent. cela pour épargner du travail, des frais de transport et éviter la trop forte manipulation des fruits. Les terrains choisis pour la production des bananes sont les terrains d’alluvion, riches en matières végétales décomposées. Les meilleurs terrains sont toujours ceux situés sur les bords des rivières. Les plantations sont inondées deux ou trois fois par an et les eaux déposent à la surface du sol 5 à 6 pouces d’alluvion ; le sous-sol de ces terrains est graveleux et peut ainsi être facilement drainé. On y plante les bananiers à une distance de 20 à 30 pieds, en rangées distantes de 15 pieds. Généralement au bout de neuf mois la plante porte des fruits; à partir de cette époque la fructification est régulière. Dans les plantations de la « Banana River » on à vu des régimes pesant jusque 100 livres ; la moyenne est de 55 livres.

Les bateaux de la « United Fruit Company » de Boston chargent tous les ans à Puerto-Cortez environ 920,000 régimes de bananes.

Un siteamer ordinaire de 1,000 tonnes de capacité peut transporter de 13,000 à 19,000 régimes de bananes; ceux-ci sont triés en trois classes. Le no 1 compte 9 mains, chaque main comprenant de 15 à 20 doigts ou fruits séparés, de sorte que le régime n° 1 compte de 175 à 300 bananes. Les rêgimes sont chargés généralement la nuit sur les steamers spéciaux, au moyen d'un

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chargeur à vapeur muni d’une large bande de canevas sur laquelle les fruits sont placés et déchargés sans manipulation. Un surveillant du quai compte les régimes par groupes de dix. La vapeur nécessaire pour actionner ces chargeurs (au nombre de deux) est fournie par la chaudière du navire.

Dans tous les pays on s'occupe actuellement de l'extension à donner à cette culture.

D'après certains auteurs l'Afrique continentale pour-rait peut-être lutter contre l'Amérique pour l'exportation des bananes. Malheureusement, on possède encore bien peu de données sur la valeur des bananiers cultivés par les indigènes. Des rapports récents envoyés au Comité allemand d'agriculture coloniale ont fait voir qu'il existe dans les possessions africaines allemandes un nombre assez notable de variétés, loin d’être équivaleutes entre elles.

Dans le West-Usambara, le plus cultivé des bananiers, « Boho », possède des régimes à 8 mains de 12 bananes; le « Æuti », 10 mains à 12 bananes, dont les plus grosses sont employées comme bananes à cuire, tandis que les petites, très douces et aromatiques, sont surtout mangées crues à maturité. A Dares-Salam, la variété fruitière la plus cultivée est dénommée « Sukari », les régimes possèdent en moyenne 8 mains de 17 à 20 fruits; la variété à cuire ordinairement cultivée est le « Mzuzu », 5 régimes de 8 mains de 12 fruits. Dans la région de Kwai, on cite 8 variétés principales :

. Kibangula. — Régime de 6 à 8 mains de 12 à

14 fruits. Estimé pour le séchage et la préparation de farine.

Mrono ja Tembo. — Régime de 6 à 15 mains et jusqu'à 20 fruits par main, donnant une très bonne farine.

. Msuso. — Régime de 6 à 14 mains de 10 à 12 fruits,

bonne banane à cuire.

. Bawalla. — Régime de 20 à 30 mains de 10 à

. Kipohussa. — Régime de 8 à 10 mains de 12

. Kishuhkari. — Régime de 5 à 20 mains de 10

12 fruits; banane de valeur secondaire, bonne pour la préparation de la farine et s’employant de préférence cuite.

15 fruits; banane fruitière et banane à farine.

12 fruits; banane fruitière très douce.

. Kideroma. — Régime de 8 à 15 mains de 8 à

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12 fruits; banane fruitière de très bon gout.

Hala-Hala. — Régime pesant parfois 60 kilogs, de 1,25 de long, à fruits très rapprochés; cette plante serait d’origine arabe.

Dans la région de Kilwa, on cultive :

Kuime, à 2 ou 3 mains de 12 fruits.

Mhoge, à 6 ou 7 mains de 12 fruits.

Kisukari, à 8 ou 9 mains de 12 à 13 fruits.

Malindi, à 10 ou 11 mains de 11 à 12 fruits.

Bungara, à T ou 8 mains de 11 à 12 fruits.

Kizungu, à 5 où 6 mains de 12 à 13 fruits.

Mboko, à 11 ou 12 mains de 18 à 19 fruits.

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