‹ Notices sur des plantes utiles ou intéressantes de la flore du CongoChapitre 29 sur 40 · MS · texte numérisé non relu

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quantité de gomme semi-fluide, sans goût ni odeur et de réaction acide. Par solidification il se forme une sorte de gomme solide, insoluble dans l’eau et qui, par certaines de ses propriétés, rappelle la gomme adraganthe.

Le bois du baobab posséderait, au dire de certains voyageurs, des propriétés antiseptiques ; il est mou. poreux et léger, Aussi les indigènes de l’Afrique tropicale l’'employent-ils pour la confection de pirogues, qui même très grandes sont encore très légères. Malheureusement, ce bois est facilement attaqué par les champignons et ne peut résister longtemps.

Le travail de ce bois est si facile que fréquemment l'indigène y creuse sa demeure, et Livingstone à vu de ces troncs excavés dans lesquels pouvaient se tenir trente hommes. C’est dans de telles excavations que l’on a parfois, en Afrique, suspendu les corps d’indigènes auxquels on ne voulait pas accorder l'honneur de la sépulture; la sécheresse est si grande dans un tel milieu que ces corps se transforment en momies sans qu’il soit nécessaire de les embaumer.

Dans les Indes, le bois, par sa légèreté, est même employé en guise deliége pour fabriquer lesflotteurs des filets de pêche. L'écorce du baobab, épaisse d'environ un pouce, renferme un principe azoté appelé « adansonine » qui à été isolé par le chimiste Walz; l'adansonine cristallise en prismes ou en aiguilles. La racine du baobab renferme une matière colorante rouge soluble dans l’eau et dans l'alcool, et qui se dépose en poudre. L'écorce renferme aussi une fibre très estimée, assez forte, pou-

vant servir à la fabrication de cordages et pouvant même être tissée. Dans certaines régions les indigènes préfèrent écorcer des arbres jeunes de 8 à 10 mêtres de haut plutôt que des arbres àgés dont la fibre aurait moins de valeur. Les avis sont très partagés quant à l'effet de l’écorçage sur la durée de la vie de l'arbre; l'enlèvement d'écorce fait avec soin à la base de l'arbre ne lui ferait pas grand tort, semble-t-il.

Le R. P. Merlon, lors de son voyage en Afrique centrale, a vu les indigènes séparer des lanières d’écorce du tronc et en préparer des cordages ; ces morceaux d’écorce battus constituent aussi une sorte d’étofle dont les noirs font des pagnes. Dans le Golungo Alto, les indigènes écorcent aussi le baobab; ils enlèvent au tronc des bandes variant de 90 em. à 1,50 de long ct 60 à 90 cm. de large; ils les soumettent à une courte macération, puis les font sécher au soleil; après ce séchage, ils battent les écorces afin d'enlever les résidus cellulaires et d'obtenir une séparation des couches de fibres. L'écorce, transformée en une sorte de tissu, sert d'emballage pour le charbon, les fruits, le coton, ete, ou bien elle est filée et fabriquée en cordes, filets, sacs. Tout le coton expédié de l’intérieur des terres arrive sur le marché de Loanda dans des sacs faits de fibres de baobab, et c'était dans ce tissu qu'arrivait souvent sur le marché le copal de l'Angola. Dans certaines régions de la Sénégambie on fabrique mème, avec les fibres de baobab, des bonnets imperméables à l'eau qui servent de coiffure et de vase à boire.

Dans l’Inde, les fibres du baobab servent à fabri-

quer les selles d'éléphant particulièrement renommées.

Les fibres du baobab sont d’un blanc roussâtre, d’une souplesse et d’une tenacité médiocres; elles sont assez courtes et lignifiées. Elles se colorent en jaune d’or par le chlorure de calcium iodé, en jaune verdâtre par le chlorure de zinc iodé, en jaune par l’iode et l'acide sulfurique, en vert intense par l'iode acétique, en rouge pale par la fuchsine ammoniacale et en bleu pâle par l’oxyde de cuivre ammoniacal.

Ces fibres pourraient avoir une importance industrielle, car au dire de certains auteurs elles peuvent être employées dans la fabrication de papier résistant, par exemple celui destiné à l'impression des billets de banque. Malheureusement la croissance lente de cet arbre et les soins qu'il demande pendant le jeune âge le font considérer comme une source très précaire de fibres à papier.

De nouvelles expériences pour la fabrication de Ja pâte à papier n'ont pas été tentées, car les fibres ne peuvent être obtenues qu’en quantités très limitées.

D'après les renseignements communiqués par MM. Ide et Christie de Londres et M. Ch. Richards Dodge, les fibres d'Adansonia ne sont jamais arrivées du Sénégal et de l’Abyssinie sur le marché de Londres; elles n’ont jamais fait l’objet d’un bien grand commerce et ont toujours été exportées de Saint-Paul-de-Loanda et peutêtre de quelques ports voisins de l’Afrique occidentale portugaise et présentées soit à Liverpool, soit à Hull. Cette fibre a été parfois employée pour la fabrication de papiers d'emballage forts et légèrement colorés, appe-

lés small hands; elle à été cotée 8 à 10 livres sterling et aurait même atteint 15 livres par tonne. Depuis 1892 aucun chargement important n’est plus arrivé en Angleterre et les importations sont tombées de 190 tonnes en 1887, à 2 tonnes en 1896.

Des essais faits assez récemment en France ont prouvé que les fibres brutes du baobab, soumises à un peignage énergique, après court rouissage à l’eau et sans rouissage chimique, peuvent servir dans la grande filature pour fabriquer des cordages et des tissus grossiers.

Le fruit si caractéristique du baobah renferme une pulpe mucilagineuse rafraichissante, possédant un goût agréable, et pouvant être usagée avec succès, parait-il, contre les fièvres et la dysenterie.

Voici comment un explorateur allemand décrit le procédé de préparation de la limonade fébrifuge : On brise un morceau de l’écorce du fruit, on verse de l’eau dans le fruit en remuant la masse jusqu'à ce qu'elle soit bien mélangée, puis on fait cuire le tout; la limonade est bue froide.

La pulpe du fruit contient outre le mucilage, du sucre et du tartrate de potassium en assez notable quantité.

Cette pulpe, séchée et réduite en poudre après dessiecation est de couleur rose, elle à une saveur acidulée; elle sert parfois, mélangée à de la crème, pour combattreles diarrhées et la dysenterie,en Afrique; dans certaines parties des Indes anglaises on reconnait écalement aux graines des propriétés fébrifuges. Ce remède porte chez les noirs le nom de bowi.

Cette poudre était, dans le temps, importée en Europe

par l'Égypte où elle arrivait du Darfour et de la Nubie; elle était désignée sous le nom de Terra Lemnia ou Terra Lemnnia sigullata, et employée surtout comme remède contre la fièvre et la dysenterie.

D'après MM. Heckel et Schlagdenhaufen, la pulpe contiendrait environ: 33,60 p. c. de mucilage ou de gomme, 11,78 p. c. de crême de tartre, 1,97 p. c. d'acide tartrique et 14,4 p. ec. de glucose ainsi qu'un peu de tanin.

Le principe actif, appelé « Adansonine >», extrait par M. Lascelles Scott, jouirait de la propriété de combattre l’action de la « Strophanthine », la substance active des graines de Strophanthus, un des poisons de flèches de l'Afrique occidentale.

D’après le voyageur allemand Baumann, cette poudre est souvent employée pour remplir les matelas et les coussins. Cette même poudre brülée écarterait les moustiques, mais la fumée résultant de la combustion serait très désagréable,

Les graines d'un brun noirâtre renferment encore 98 p. c. de matières grasses et une forte proportion de matières gommeuses et mucilagineuses ; leur goût rappelle un peu celui de la noix; elles sont fréquemment utilisées comme aliment. Le voyageur anglais Pedley, lors de son expédition à la recherche de Mungo Park, vécut pendant douze jours exclusivement des fruits de cet arbre, On pourrait peut-être extraire des graines une huile comestible.

En Nubie, c’est à l'infusion des graines torréfiées que l’on reconnait des propriétés antidysentériques.

Au Sénégal les indigènes emploient l'écorce et les feuilles pulvérisées comme condiment.

Dans certaines régions de l’Afrique occidentale les écorces sont usagées comme matières tannantes daus la préparation des peaux.

L'infusion des feuilles et des fleurs est considérée dans presque toute l'Afrique comme émolliente et adoucissante dans les maladies affectant les voies respiratoires et digestives; elle s'emploie aussi contre certains maux d'yeux. L’aliment connu dans certaines régions africaines sous le nom de Zalo où A/00 renferme assez fréquemment des feuilles desséchées du baobab ; en même temps qu'un aliment, le /alo constitue un remède provoquant la transpiration et auquel on accorde la propriété de garantir contre les affections des reins et de la vessie.

Les Mahométans emploient également les jeunes feuilles en guise de légume, comme le font d’ailleurs beaucoup de peuplades africaines. |

Les cendres des fruits et de toutes les autres parties de la plante, de même que beaucoup de cendres végétales, servent à saponifier l'huile de palme rancie.

Le baobab est done, comme on le voit, un arbre qui possède de nombreuses propriétés, elles seraient peut-

être dignes d’être réexaminées de: près.

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