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Les fruits du parasolier sont comestibles et son bois est extrèmement léger; aussi les Européens de Sierra- Leone emploient-ils ce bois en lieu et place du liège et les Anglais ont-ils dénommé cette plante « Corkwood ». Les indigènes de certaines régions de l'Afrique font de ce bois des boucliers et des planches pour légères constructions; la grande légèreté et la résistance assez considérable pourraient permettre l'emploi de cette plante pour la fabrication d’ustensiles de ménage.
L'année dernière l'attention à été attirée de divers côtés sur cette plante. M J. Bernard l’a préconisée comme arbre d'ombrage dans les plantations de cacaoyvers. La rapide croissance de cette plante, qui peut être semée directement en place, permettra d’'obtenir un ombrage suffisant pendant les 3 ou 4 premières années. Quand les autres arbres d'ombrage que l’on aura disposés entre les plantes seront suffisamment développés, on devra supprimer le Musanga où Kombo-Kombo; celui-ci pourrait devenir nuisible par la forte quantité d’eau qu’absorbent les nombreuses racines aériennes qui se ramifient et portent la couronne. Ce grand développement de racines adventives est de première nécessité pour la vie de la plante, elle possède en effet un système radiculaire souterrain très précaire et serait vite renversée si on venait à supprimer ces racines supplémentaires.
M. É. Laurent, dans une intéressante notice intitulée « Plantes pour la soif » publiée par la Revue générale des Sciences, a insisté sur la quantité de liquide qui traverse cette plante et qui peut en être extraite. Déjà
on avait indiqué que les jeunes rameaux renferment beaucoup d’eau et sont arrachés par les singes qui les sucent; les noirs ont également su tirer parti de cette propriété. M. H. Lecomte, lors de son voyage au Congo français, a noté la grande quantité d’eau qu’un tronc coupé à une certaine distance du sol laisse exsuder : en treize heures il a pu réunir plus de 9 litres.
Les nègres du Haut-Congo utilisent ce liquide dans les régions où l’eau est rare, sur les crêtes qui séparent les bassins des rivières, par exemple dans le pays des Bajandes, au nord du cours inférieur de l’Aruwimi. Des indigènes de cette région, enrôlés dans l’armée de l'État Indépendant, contèrent le fait à M. Laurent, lors de son passage à Basoko, en février 1896. L'’expérience suivante fut alors faite avec leur collaboration sur un pied de Musanga mesurant environ 30 cm. de diamètre.
« Le 5 février, à 7 heures du matin, deux racines de grosseur moyenne furent sectionnées. Pendant une demi-heure l’eau a coulé des plaies, le phénomène a complètement cessé dès que la radiation solaire fut assez vive, par suite de la transpiration.
« Le soir à 6 heures, au moment du coucher du soleil, on a placé des récipients sous les deux racines coupées le matin et sous une troisième racine plus grosse qui venait d’être coupée. Le lendemain matin, à 6 heures, celle-ci avait fourni 2,5 litres d’eau et chacune des deux autres environ 1 litre.
« Le même jour, à 6 heures du soir, on replace les récipients sous les trois racines mises en observation ; mes
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collaborateurs renouvellent. les sections de la grosse racine et de l’une des deux autres, puis en frappent avec force les tronçons restés adhérents au tronc à l’aide d'un morceau de bois. L'observation leur a appris l'utilité de ces deux opérations : La première met à nu les vaisseaux non desséchés, la seconde à sans doute pour effet de détruire les bouchons gommeux qui se forment dans les vaisseaux et qui en déterminent la fermeture.
« Le 7 février, à 6 heures du matin, des deux racines dont les plaies avaient été rafraichies, la plus grosse avait donné 4 litres d’eau et l’autre 2,5 litres. Mais les deux bocaux qui avaient servi à recueillir l’eau avaient débordé, les chiffres indiqués sont donc inférieurs aux volumes d’eau exsudée. Quant à la troisième racine, qui n'avait pas été coupée à nouveau et n'avait pas reçu de coups, elle n'avait émis que quelques centimètres d’eau.
« À 6 h. 1/2, la grosse racine donnait 140 grosses gouttes par minute, et cependant le soleil montait à l'horizon et ses rayons devenaient ardents.
Au soir, les sections des trois racines furent ravivées. Le lendemain matin, la grosse racine avait rejeté 9 litres d’eau et chacune des deux autres 500 cm. cubes. Le 13 février au soir, M. É. Laurent renouvela les sections des racines coupées huit jours auparavant, mais elles étaient taries.
Les nègres Bajandes qui se fixent loin des rivières et des sources se procurent l’eau de boisson et celle nécessitée pour la préparation des aliments en entail-
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acines aériennes des Musanga de la forêt.
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