‹ Notices sur des plantes utiles ou intéressantes de la flore du CongoChapitre 32 sur 40 · CADDIE · texte numérisé non relu

CADDIE

EndEsmolLs. : PAUSE Géraniol. ET PR NOTE

Alcool méthylique . . . | É

— éthylique . Alcools

— isobutylique . \

— amylique . ) Aromadendral .

Citral LANLMEN Ve Binonellal,:;. 2 noise Aldéhydes Bldéhyde., |: 2 20. | Veléraldéhyde .

(1) À research on the Eucalyptus especially in regard 10 their essential oils. Sydney, 1902.

PADÉTTONE. à 27 PPT Kétone Acétate de Géranile .

Eudesmate d'amyle ÉtRÈES Ether valérique Éther acétique.

Aromadendréene- #07. Sesquiterpènes AL MM ET PAM NE états Phellandrène N'E CRITOTEEMR ETES SUP EE Benzène

Les diverses essences ont donc des caractères différents ; il y a par suite grand avantage, tant au point de vue médical qu'au point de vue industriel, à produire une essence à caractères constants.

Le rendement en essence varie notablement d’une espèce à l’autre; certaines espèces donnent4,215 p. c. du poids des feuilles, d’autres donnent seulement 0,008 p. c. D'après les recherches de MM. Baker et Smith, l'E. rubida Deane et Maiden, une espèce des Nouvelles-Galles du Sud, renfermerait le moins d'essence, c’est-à-dire 0,0084 p. c., et l’Z. amygdalina ou Peppermint des Nouvelles-Galles, de la Tasmanie, de Victoria et du sud de l'Australie en renfermerait le plus, soit 4,215 p. c. Cette dernière espèce est une des plus employées; son bois de couleur pâle est très aisé à travailler.

Les caractères chimiques des huiles ont même permis à ces deux auteurs de diviser le genre en un certain nombre de groupes dont les caractères botaniques concordent assez bien avec les Caractères chimiques; rien que par la nervation des feuilles on peut indiquer la constitution approximative des huiles qu’elles renferment.

Voici la classification que MM. Baker et Smith ont adoptée :

Eucalyptus à huile constituée en majeure partie de pinène, sans phellandrène, et dans laquelle l'eucalyptol est presque

ou totalement absent.

. Eucalyptus à huile constituée en majeure partie de pinène

et d’eucalyptol, ce dernier ne dépassant pas 40 p. © ; pas de phellandrène.

. Eucalyptus à huile renfermant principalement : pinène et

eucalyptol, ce dernier à plus de 40 p. c.; pas de phellandrène. Ce groupe est divisé en trois classes ; dans la seconde, le pinène est en moins grande quantité mais remplacé par l'aromadendral ; dans la troisième on trouve du phellan-

drène.

. Eucalyptus à huile constituée par : eucalyptol, pinène, aro-

madendral; moins de 30 p. c. d’eucalyptol ; pas de phel-

landrène,

. Eucalyptus à huile constituée par : pinène, eucalyptol, phel-

landrène ; eucalyptol moins de 30 p. c.

. Eucalyptus à huile constituée par phellandrène, eucalyptol,

ketone :

. Eucalyptus renfermant une huile difficile à classer dans les

autres groupes.

Un certain nombre d'espèces du genre n’ont pu être

obtenues en matériaux suflisants pour être étudiées au

point de vue de la nature chimique et ne peuvent être

introduites dans cette classification.

Un des premiers fabricants d'essence fut Bosisto, de

Melbourne. Le baron F. von Mueller rapporte dans son Eucalyplographia qu'en 1880, Bosisto aurait produit 6 tonnes d'huile. Depuis, cette huile est de plus en

plus demandée et la production devient de plus en plus

considérable. Pendant le courant de ces dix dernières années une notable proportion de l’huile amenée dans le commerce a été produite par les plantations de « Blue gum >», d'Algérie; il a été prouvé, en effet, qu'il y avait avantage à préparer l’essence avec des plantes d’une même espèce au lieu de l'obtenir d'espèces sauvages souvent mélangées. En Californie la production devient considérable; un des principaux producteurs est un docteur de Los Angeles qui à acquis la réputation de préparer une huile pure de la meilleure qualité. Durant l'hiver 1900-1901 il a préparé 9 tonnes d'huile. Les résidus de la distillation de l’huile épurée sont employés dans la fabrication d’onguents. On prépare avec l’essence un savon et des bonbons contre la toux.

Le Peppermint tree (Zucalyplus amygdalina Labill.) renferme comme nous l’avons dit la plus forte proportion d'huile, mais actuellement cette espèce n’est guère cultivée sur une grande échelle en Amérique, où l’on emploie pour l'extraction de l'huile le Blue gum, qui renferme de 1 à 1,6 p. c. d'huile brute. M. le D' Henon a pu extraire de 700 tonnes de feuilles et jeunes branches 9 tonnes d'huile douce, soit 1,28 p. c.

Les huiles fournies par divers Eucalyptus sont des mélanges dont le principal constituant est: « eucalyptol > ou « cinéol > pour le Blue gum; « phellandrène » chez l'E. amygdalina Labill. et « citronellal » mélangé à du « geraniol + chez l’Z°. cilriodora Hook. Le mieux connu de ces constituants est l’eucalyptol qui forme les 60 p. c. de l'huile du Blue gum.

Très employées dans l’usage médical, ces huiles

diffèrent de propriété ssuivant leur origine. La plus usagée est celle fournie par le Blue gum, elle est mise dans Je commerce par la Californie et l'Algérie. Depuis une dizaine d'années seulement l'usage de cette huile est devenu assez général en médecine; de jour en jour son emploi devient plus fréquent et on apprend à en mieux connaitre les propriétés. C’est un désinfectant énergique qui n’est ni vénéneux niirritant pour l'homme, et peut par suite être employé en usage interne et en usage externe. L'huile est également un remède bien connu contre la malaria et autres fièvres ; elle est employée dans les maladies de la peau, de l'estomac, des reins et de la vessie et dans les affections de la gorge, des bronches et des poumons. Malheureusement cette huile est souvent falsifiée.

Grâce à leurs propriétés, les feuilles de ces Zucalyptus sont fréquemment employées en Australie, comme en Californie, sous forme de thés et de cataplasmes dans le traitement de diverses maladies; dans certains cas on emploie même les feuilles comme succédané du thé noir.

Grâce à leur floraison hâtive et considérable, les Eucalyplus sont une source importante de nectar pour les abeilles; certaines espèces peuvent être trouvées en fleurs pendant presque toute l’année et mème pendant les plus grandes sécheresses, ce qui les rend très utiles pour l'élevage des abeilles.

Cette particularité mérite de fixer l'attention du planteur au Congo, car l'élevage des abeilles est peut-

être appelé à un certain avenir en Afrique tropiâle.

Le miel eucalypté d'Australie est produit par une abeille spéciale, l'Apis nigra. Il contient 61 p. c. de sucre constitué en grande partie de lévulose, 0,18 de cire, 21,5 d’eau, le reste formé par les principes essentiels. des matières colorantes et des résines. Ce miel est sirupeux, clair et homogène. Il jouirait d’une grande efficacité dans le traitement des affections pulmonaires, bronchiques et scrofuleuses et pourrait avantageuse ment remplacer l'huile de foie de morue. Il aurait aussi été employé avec succès dans le-traitement des fièvres paludéenne et typhoide, dans la coqueluche et dans les affections des reins.

Parmi les espèces à conseiller pour le nectar, on cite : Eucalyptus corynocalyx F. v. Muell. ou Sugar gum, E. rostrata Schlecht. ou Red gum, Z. sideroxæylon Cunn. ou Red Ironbark, ÆZ. hemiphloia F. v. Muell. et polyanthemos Schau.

Les Eucalyplus ont la réputation d’assainir le celimat des régions où ils sont plantés. La grande quantité d’eau qu'ils absorbent et évaporent amène la dessiccation des marais dans lesquels ils sont cultivés, rendent ces terrains propres à la culture et font disparaitre les causes de fièvres intermittentes et la malaria. Cette assertion à parfois été combattue, et il est assez probable que les bons effets observés dans certains cas à la suite d’une plantation d'Zucalyptus, étaient dus à diverses causes.

Les Zucalyptus sont assez difficiles à propager. Ce fait est dû à la petitesse des graines, à la faible conservation du pouvoir germinatif de beaucoup d’entre elles, et à ce que certaines espèces exigent ou prefèrent une certaine protection contre le froid et le soleil, pendant les premiers stades de leur développement. La plupart des espèces se développent lentement au début, mais, une fois bien établies, elles croissent très rapidement.

Le semis s'opère le mieux dans des couches dont la terre est constituée par une partie de sable fin pour deux parties de terreau de feuilles. Les caisses ont > em. de profondeur, les graines sont semées à la surface et recouvertes d’une légère couche de sable. La germination se fait en général au bout d’une à deux semaines, le sol doit être maintenu légèrement humide ; si l’on donnait trop d’eau, les plantules seraient rapidement attaquées par des champignons et périraient. Il est nécessaire d’arroser les semis dans la matinée afin qu'une légère dessiccation puisse se produire avant la nuit; une légère pluie est préférable à l’arrosage artificiel. Avant d'opérer la transplantation, il y aura lieu d’habituer les jeunes plants à la sécheresse en ne leur donnant que la quantité d’eau nécessaire pour éviter le ratatinement.

Quand les jeunes semis auront atteint 5-8 em. de haut, on les transportera dans un sol neuf, en les plaçant à 5 Cm. environ les uns des autres. Ce nouveau sol doit renfermer plus de terreau et moins de sable que la première terre. On aura soin de mélanger à cette terre

une certaine quantité du soldans lequel les arbres seront plantés définitivement. Si on possède peu de plantes, on pourra les transplanter en pots, cette façon d'opérer donnera moins de perte; pendant les premiers temps il faudra soigner l’arrosage afin d'éviter la dessiccation.

Quand les plantules auront atteint 10 à 20 centimètres de hauteur, elles seront prêtes à être mises en place définitive; elles acquièrent généralement cette grandeur vers l’âge de quatre à six mois, mais la croissance varie naturellement suivant les espèces. Elles se développent mieux quand elles sont transplantées à cet âge. Suivant les régions, on pourra faire la transplantation en toute saison ou on devra la faire spécialement de février à mai; il faudra éviter de faire les plantations par des temps de gelée, car si ces arbres sont résistants à l’état adulte, ils souffrent du froid pendant le jeune âge.

Lors de la transplantation, les jeunes plants seront arrosés et cet arrosage sera continué pendant un certain temps; l’arrosage dépendra naturellement du climat et des conditions atmosphériques. Une fois le système radiculaire bien développé, il suffira de faire quelques irrigations pendant l'hiver, quand l’eau est abondante.

Les EZucalyplus étant très délicats pendant le jeune âge, il faudra les soigner durant la première saison ; on supprimera toutes les mauvaises herbes qui se trouveront dans la plantation pendant un à trois ans, suivant les espèces et la nature de sol ; on protégera aussi

les jeunes plants contre les animaux, car certains d’entre eux, les rongeurs, par exemple, en sont très

friands.

L'Eucalyplus globulus Labill., « Blue gum » des colons australiens, ou « Bollook » des indigénes, est l'espèce la mieux connue du genre et la plus répandue dans les régions tropicales, subtropicales et même tem- pérées ; c’est lui qui a été planté sur une grande échelle dans la campagne de Rome pour lutter contre la malaria. L’Z. globulus est originaire de l'Australie et de la Tasmanie où il à été découvert en 1792 par le voyageur français La Billardière ; il peut atteindre en Australie, dans les conditions normales de développement, 60 à 90 môtres de hauteur. On signale même dans la forêt de Fernshaw, entre Melbourne et Sydney un Eucalyplus globulus appelé + Oncle Sam » qui mesure 122 mètres de haut et 12m,50 de circonférence, un autre dit « Big- Ben : mesure 128 mètres de haut et 17 mètres de circonférence. En dehors de son pays d’origine, l'Z. globulus peut atteindre, en une trentaine d'années, 40 mètres de haut, et de 90 em. à 1",80 de diamètre. Son tronc est dressé, à écorce demeurant verdàtre ou grisàätre par suite de l’exfoliation constante de la couche externe; il est assez rare d'en trouver qui présentent à leur base une partie d'écorce persistante, elle est alors plus où moins fortement crevassée. Les feuilles de cet Zucalyplus varient avec l’âge; à l’état jeune elles sont larges, sessiles, presque embrassantes, recouvertes d’une pruine

bleuâtre, et opposées sur des tiges quadrangulaires; sur les rameaux adultes apparaissent des feuilles alternes, pétiolées, vertes, glabres, lisses, falciformes. Les fleurs blanches, assez grandes, sont solitaires, ou réunies par 2 ou 3; les fruits sont hémisphériques, tuberculeux, striés.

L'Æ. globulus s'adapte très facilement aux diverses conditions climatériques ; il passe même très facilement l'été en plein air dans l'Europe centrale. C’est une des meilleures plantes à employer pour assécher les marais, car elle évapore une notable quantité d’eau; elle peut aussi très facilement résister à une forte sécher'esse.

Le bois de cette espèce est de couleur assez pâle, dur, lourd, assez résistant et se conserve très longtemps. Son poids spécifique est de 0,698 à 1,153.

En Australie on s’en sert dans la construction des navires, dans celle des voitures, des chariots et dans la fabrication d'instruments agricoles; il est des mieux conditionnés pour la construction des ponts, pour les poteaux télégraphiques et la préparation de traverses pour voies de chemin de fer. Il est cependant moins durable encore qne celui d’autres espèces telles : le Karri ou Z. diversicolor F. v. Muell. de l'Australie, occidentale et le Jarrah ou Æ. marginatla (1).

(1) LeJarrah est localisé dans la région sud-occidentale de l'Australie, où il vient dans les terrains ferrugineux et souvent privés de végétation. La valeur de ce bois est d’être très difficilement attaqué par les insectes ; on a plusieurs exemples d’une résistance d’un siècle,

Cet arhre atteint souvent 36 mètres de hauteur et 4m,50 de diamètre.

Comme nous l'avons dit, lZ. globulus est planté en grandes quantités en Algérie et l'essence de cette provenance fait la concurrence au produit obtenu en Australie. Les feuilles contiennent 0,918 p. c. d'essence; celle-ci est légèrement colorée en jaune à l’état brut, elle a une densité de 0,912-0,920 à 15 degrés C. et bout entre 149 et 177 degrés. Cette essence se résinifie par exposition à l'air, elle est riche en eucalyptol, renferme un peu de pinène et de l’eudesmol, mais pas de phellandrène ; son indice de saponification est 2,1.

L’'Æ. globulus et certaines espèces du genre fournissent un kino, c’est-à-dire une substance tannifère, contenant de la catéchine.

Ce n’est certes pas des Zucalyplus que proviennent les kinos les plus estimés; ceux-ci sont produits surtout par certaines plantes de la famille des Léguminosacées, en particulier par le Plerocarpus Marsupium de la côte de Malabar et par certaines espèces africaines du même genre, mais Ce produit accessoire peut être de quelque utilité.

Le kino de l’Z. globulus est d’un rouge brun, très facilement soluble dans l’eau ; la solution est d’un jaune rougeûtre et l'acide sulfurique précipite des flocons; par le chlorure de fer il se forme dans le liquide un précipité d'un vert sale. Le kino de cette plante, contrairement à celui de beaucoup de ses congénères, nerenferme ni gomme ni résine. La richesse en kino, et par suite en tanin, a fait estimer les écorces de cet Zucalyptus et particulièrement celles d'Algérie pour le tannage, ce produit communiquerait au cuir une odeur

particulière, Ce kino peut également être empl@yé en teinture.

Les feuilles pulvérisées donnent également, par suite du kino qu’elles renferment, une bonne teinture noire. L'écorce renferme jusque 4,84 p. c. d'acide kino-tanique et est considérée également comme une bonne matière première pour la fabrication du papier. Le suc des fouilles est encore employé comme tonique antipériodique, comme fébrifuge et dans les maladies des voies respiratoires, mais C’est surtout par l'huile essentielle antiseptique que les Zucalyptus ont fixé l'attention.

Outre son emploi en médecine, l'huile est employée industriellement en savonnerie et en parfumerie.

La distillation de l'essence peut se faire très simplement, à l’aide de la vapeur d'eau bouillante formée dans un générateur séparé du récipient dans lequel les feuilles, dont il faut enlever l'essence, se trouvent mises en tas; l’essence est décantée de l’eau après refroidissement et expédiée dans des fabriques, où cette huile brute est redistillée.

Les espèces introduites en Afrique allemande sont, comme nous l'avons dit, ouire l'Z. globulus : E. toxophleba Benth., redunca Sch., salmonophloia F. v. Mucller et salubris K. v, Mueller.

Ces quatre espèces jouissent de la propriété de se contenter d’une très légère chute d’eau, pendant la période humide, tandis que la plupart des autres Zucalyplus exigent au moins pendant cette période de très fortes chutes d’eau. Elles ne peuvent cependant sup-

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