‹ Notices sur la Finlande \Chapitre 24 sur 45 · LA FINLANDE AU POINT DE VUE AGRICOLE · texte numérisé non relu

LA FINLANDE AU POINT DE VUE AGRICOLE

pays.

La Finlande est située entre le 60'"'' et le 70'"'' Situation

dem-és de latitude nord et entre le 37'"*^ et le 50""' g^ographi-

'^ que, superfi

degrés de longitude est de l'île de Fer; le pays a cie, climat

donc une étendue bien plus considérable dans la et aspect direction nord — sud que dans la direction est — ouest. Il résulte de cette configuration géographique que les parties méridionales du pays offrent, au point de vue de l'agriculture, des conditions essentiellement différentes de celles qu'on rencontre dans les parties septentrionales. Tandis que le climat des contrées méridionales du pays permet un développement assez rationnel de la culture, les habitants des hautes latitudes en sont réduits à une agriculture des plus rudimentaires ; il leur arrive même assez souvent d'être obligés de moissonner leur blé encore vert et de l'employer comme fourrage; l'orge est presque la seule céréale qui mûrisse régulièrement sous ces latitudes. Enfin à l'extrême nord toute culture est impossible.

La superficie totale du pays est de 373,604 km'-. Déduction faite des 41,659 km'- occupés par les eaux intérieures, il reste pour la terre

ferme 331,945 km-^. De cette superficie totale il faut encore déduire celle des contrées situées au nord du 66"'"^ degré de latitude oii, comme on vient de le voir, toute culture est impossible. Au point de vue de l'agriculture, la superficie de la Finlande se trouve ainsi réduite à environ 250,000 km'% ce qui, par rapport à la population du pays, n'en représente pas moins un territoire considérable. Ainsi qu'on le verra plus loin, la plus grande partie de ce territoire est encore inculte, en dépit des progrès remarquables réalisés pendant le cours des trente années de bien-être politique et matériel qui viennent de s'écouler.

Quoique la différence entre les contrées méridionales et septentrionales, au point de vue de la productivité, soit très considérable, ces dernières sont pourtant bien plus favorables à la culture que la plupart des autres contrées situées sous la même latitude. En effet certaines particularités du climat permettent une agriculture régulière à des latitudes sous lesquelles toute culture même est impossible dans tous les pays du monde, sauf la Suède et la Norvège. Cette douceur relative du climat est due surtout à la proximité du Gulfstream. D'autres causes y contribuent encore: la situation géographique du pays, entouré par la Mer Baltique, le golfe de Bothnie et celui de Finlande, d'une altitude moyenne très faible au dessus du niveau de ces mers, protégé contre les vents du nord par les hautes chaînes de montagnes de la Laponie et incliné d'une manière générale vers le midi; la richesse en lacs profonds etc. etc. Le climat de la

Finlande est en partie maritime, en partie continental. L'isotherme annuelle de 0" se trouve généralement dans tout l'hémisphère nord au sud du gQme çjegp(^ çIq latitude; si la Finlande ne faisait pas exception à cette règle générale, sa température moyenne serait inférieure à 0^\ Heureusement pour le pays et sa végétation, l'isotherme de 0*^ s'élève sensiblement vers la Scandinavie et traverse la Finlande vers 66^^ de latitude nord en une courbe peu accentuée, ce qui indique, pour la plus grande partie du pays, une température moyenne annuelle bien plus élevée. Les isothermes des températures supérieures à 0^* traversent le pays parallèllement à cette dernière et sont si rapprochées l'une de Fautre que la partie la plus méridionale de la Finlande est traversée par celle de + ^^'- Sous la même latitude, la température moyenne de l'année est en Sibérie, sur les rives du Jenissei, de — 3*\ et au Kamtschatka de — 4*^ C. Ainsi, tandis que sous la même latitude les autres pays sont voués pour la plus grande partie de l'année aux glaces et aux neiges, la Finlande a le bonheur de jouir d'un climat qui permet non seulement une culture rémunératrice, mais même l'application, dans de grandes proportions, des méthodes agricoles employées dans les pays plus méridionaux de l'Europe. En d'autres termes, la Finlande se prête à une agriculture rationnelle basée sur les principes itiodernes.

Mais si les conditions géographiques permettent en Finlande l'agriculture et l'élevage du bétail, il ne faut cependant pas perdre de vue que les difficultés que doit surmonter le cultivateur par suite du

climat sont des plus considérables, et nécessitent de sa part une énergie très grande et une patience à toute épreuve. De longs siècles d'adversité et de revers fréquents ont développé chez le paysan finlandais cette ténacité, ce courage infatigable qui seuls rendent l'existence humaine possible dans ces contrées arctiques et qui même y ont produit une certaine aisance. Il est très rare de voir un Russe ou tout autre étranger immigré en Finlande se vouer à l'agriculture, car, ne possédant pas la ténacité du Finlandais, il préfère en général, s'il est forcé de gagner sa vie dans le pays, une carrière moins rude. La durée moyenne de l'hiver dépasse six mois; dans le nord de la Finlande, elle atteint même huit mois. Sur la côte sud, la navigation est généralement interrompue par les glaces pendant 5 mois (de décembre à avril); dans la partie septentrionale du golfe de Bothnie, elle l'est même pendant 7 (de novembre à mai). Certains ports de la côte sud, ceux de Hangô et d'Âbo, ont cependant ces dernières années été maintenus ouverts tout l'hiver au moyen de navires brise-glaces. On se tromperait toutefois en croyant que les grands froids de l'hiver sont les plus grands ennemis du cultivateur finlandais; bien au contraire, les froids et la neige peuvent souvent avec raison être considérés comme les auxiliaires du laboureur; l'hiver couvre d'une couche de glace solide les milliers de lacs du pays, les nombreux golfes qui découpent ses côtes et les innombrables marais dont l'accès est impossible en été; la neige comble les inégalités du terrain et permet ainsi aux habitants des campagnes d'opérer le trans-

port de leurs produits et de leur bois dans des endroits où, sans la neige et les froids, il serait nécessaire d'établir un coûteux système de voies de communication. Il ne rentre pas dans le cadre de cet ouvrage de faire ressortir ici Futile influence du froid p. ex. sur l'accélération de la désagrégation etc.; mais on peut répéter que l'hiver n'est nullement le plus grand ennemi de l'agriculture finlandaise. Les gelées nocturnes du printemps et de l'été, les pluies souvent trop abondantes et les époques, heureusement plus rares, de sécheresse au printemps, voilà les dangers les plus redoutés de l'agriculteur. Les gelées endommagent souvent le trèfle et le blé, la sécheresse fait dépérir pendant de longues périodes l'herbe et les semailles du printemps. Il en résulte que le blé n'arrive à maturité à l'époque habituelle de la moisson, c. à d. vers la fin de juillet, et que l'avoine n'arrive à mûrir que vers le commencement de septembre. Dans ces conditions, il arrive que les gelées nocturnes endommagent la moisson encore verte; une nuit de gelée suffit à détruire le fruit des labeurs du paysan et à ruiner entièrement ses espérances. Il est hors de doute que ces désastres seraient encore plus fréquents qu'ils ne le sont si les chaleurs de l'été, l'intensité de la lumière et d'autres particularités des étés en Finlande n'avaient développé dans les espèces végétales acclimatées dans les pays septentrionaux ime énergie de croissance qui leur permet de mûrir dans un temps relativement très court.

Les gelées de l'été ont actuellement perdu du caractère néfaste qu'elles avaient autrefois, parce que les cultivateurs ont appris à mieux se défendre contre elles par un drainage de plus en plus soigné des champs et surtout par un dessèchement des marais et des tourbières, sources principales des gelées, qui a été poussé assez avant. Eemarquons en outre que presque partout on s'est efforcé de rechercher pour la culture le voisinage de grands lacs, réservoirs constants de la chaleur et régulateurs naturels de la température pour les parages environnants. Grâce au développement de l'agriculture, grâce aux précautions dont on vient de parler, la culture des produits agricoles gagne de siècle en siècle vers le nord, et l'acclimatation d'espèces végétales des pays plus méridionaux fait des progrès constants. Il est probable que le climat du pays a subi des modifications successives dont le résultat a été d'augmenter la température moyenne. Lacsetriviè- Les innombrables lacs qui couvrent de leurs

•'®^- eaux 11,15*' ,, de la superficie totale du pays ont valu à la Finlande le nom de »pays des mille lacs». La Finlande est proportionnellement 1 ^ ., fois plus riche en eaux que la Suède et 35 fois plus riche que le Danemark. L'intérieur du pays est la partie la plus riche en lacs; ceux-ci sont généralement semés d'îles et de rochers. Les grands lacs sont tous navigables et sillonnés actuellement par de nombreux bateaux à vapeur et à voile, grands et petits. Par l'intermédiaire de ruisseaux, de fleuves et de détroits, les » mille lacs» sont réunis en systèmes lacustres, aboutissant généralement dans quelque golfe.

Certains lacs finlandais ont une étendue très considérable; c'est ainsi que le Pâijânne est environ deux fois, et le Saima 3 y., fois plus grand (lue le lac Léman; en Laponie le lac Enare, dont les eaux s'écoulent dans l'Océan Glacial par le Paatsjoki, est 2^ ., fois plus grand que le Léman. La Finlande ne manque pas non plus de fleuves considérables: rUleâ p. ex. est en dépit de ses rapides, navigable sur tout son parcours; la descente en bateau de ce fleuve est une des excursions les plus riches en émotions qu'on puisse recommander aux touristes. Pour montrer l'avantage qu'assurent à la Finlande ses lacs, ses fleuves et. ses longs systèmes lacustres, on peut noter que des navires assez grands pour braver les tempêtes de la Baltique pénètrent tout chargés dans l'intérieur des terres jusqu'à lisalmi (63*^ 32' lat.), à 400 kilomètres de Viborg sur le golfe de Finlande. Les communications entre les lacs ont encore été facilitées par l'établissement en certains endroits de canaux, dont le plus remarquable est celui du Saima, long de 59,3 kilomètres, qui réunit le lac du même nom au golfe de Viborg. Le cours de certains fleuves est obstrué par des rapides dont l'industrie a commencé à tirer parti. Le plus connu d'entre eux est le puissant rapide d'Imatra, formé par le fleuve Vuoksen. Le bruit que produit son énorme masse d'eau en se précipitant, sur une distance de 330 mètres, de 19 mètres de haut, s'entend distinctement à 5 kilomètres, et le magnifique aspect de ce rapide est unique en Europe. On a évalué le volume d'eau qui se précipite par Imatra à 1,800 millions de litres par

heure. Afin de faciliter aux touristes l'accès de la chute, on l'a reliée par un embranchement spécial à la ligne de chemin de fer de Carélie, dont le point de départ est la ville de Viborg.

En 1889 le gouvernement finlandais fit procéder à l'établissement d'une »Liste et description des principaux cours d'eaux et fleuves ainsi que des principaux rapides et chutes de la Finlande». Cette liste énumère 955 rapides connus et dénommés, et constate en outre l'existence d'un grand nombre de chutes » inconnues».

Les principaux rapides énumérés dans la liste sont:

Noms des rapides.

Noms des flenves

Hauteur de chute en mètres.

Force approximative en chevaux.

Pyhâkoski*)

Niskakoski*)

Vuentokoski

Pahka-Haapakoski ....

Imatra

Jylhânkoski

Uleâ

Uleâ

Torneâ

Ijo

Vuoksen

Torneâ

Les rapides de la Finlande constituent une source de richesse nationale malheureusement tro]) peu exploitée encore, mais dont l'importance j^our

*) Les bateaux chargés de goudron et de planches aussi bien que ceux qu'emploient les touristes descendent sans ])éril ce rapide bouillonnant.

l'industrie ne peut manquer de devenir très grande dans l'avenir, et qui offrira aux produits des cultivateurs des débouchés bien plus nombreux et bien plus importants qu'à l'heure actuelle.

Le sol de la Plnlande présente en général un Le sol. aspect très varié. La partie méridionale du pays, ainsi que les régions côtières du nord-ouest (l'Ostrobothnie), sont formées de terrains relativement plats, tandis que l'est et le nord sont montagneux et accidentés. Le long des côtes, le pays s'élève peu à peu, forme des landes accidentées et de longues chaînes de collines sablonneuses en dos d'âne*); plus loin il s'égalise pour s'élever de nouveau vers l'est et le nord, où il devient montagneux. L'intérieur du pays forme ainsi un territoire relativement plat, rempli de lacs et de marais. Ces marais offrent en général à l'agriculture des terrains cultivables. Les principales chaînes de montagnes, dont quelques unes atteignent des altitudes assez considérables, occupent dans le nord du pays des territoires que leur latitude rend déjà impropres à la culture. L'altitude moyenne de la Finlande n'est toutefois que d'environ 180 mètres.

*) Ces longues chaînes de collines ou âsar, à pentes abruptes, sont un des traits cai'actéristiques du pays. Longues parfois de plusieurs centaines de kilomètres, elles présentent souvent, aux endroits où elles traversent les lacs parsemés d'îles, des points de vue singulièrement pittoresques. Parmi les plus célèbres par leui* beauté sauvage citons: le Punkaharju, près de Nyslott, long de 7 kilomètres et dont la largeur varie de 20 à 60 mètres; un hôtel a été bâti au sommet de cette chaîne, haute de 40 mètres, couverte de sombres forêts de sapin et qui traverse un lac tout parsemé d'îles et d'îlots. Citons encore Puijo près tle Kuopio et Kangasala ])rès de Tammerfors.

Le sol de la Finlande se compose de roches cristallines d'origine tantôt ignée (granité, porphyre etc.), tantôt sédimentaire (gneiss, leptynite, schistes etc.). On rencontre aussi les espèces dites mécaniques ou élastiques, mais en moindre quantité; les plus fréquentes sont les quartzites, les grès précambriens, les conglomérats, les phyllades et les argillites. Les calcaires sont rares et se présentent seulement sous forme cristalline, sauf en quelques rares endroits (Ruskeala, Bjârnâ), oii ils se présentent sous forme de marbre.

Les couches superficielles du sol sont presque toutes d'origine quaternaire ou même encore plus récente. Elles s'étendent sur la base rocheuse de la Finlande comme un large tapis percé çà et là par les affleurements du roc. Tout vestige de couches plus anciennes fut effacé et entraîné à l'époque glaciaire, qui imprima à la nature finlandaise son caractère particulier. Pendant toute cette période la P'inlande, de même que de nos jours le Groenland, était couverte d'une puissante couche de glace, de glaciers glissant peu à peu vers le S et le SE, ainsi que l'indiquent les stries ineffaçables qu'ils ont laissé sur les rochers du pays. C'est aussi à cette époque que remonte la formation de ces couches de gravier concassé connues sous le nom de »krosstengrus» qui forment les couches profondes du sol pierreux dans les vastes forêts du pays. Vers la fin de l'époque glaciaire, la fonte des glaces provoqua une crue des eaux de la mer et la Finlande entière fut submergée. Les graviers de moraine furent déplacés et capri-

cieiisement dispersés ou assemblés par les courants occasionnés par la fonte des glaces et par les vagues de la mer. Les couches nettement stratifiées d'argiles glaciaires, les chaînes de collines en dos d'âne (âsar), si caractéristiques dans certains parages, et composées de sable et de gravier roulé (rullstensgrus), sont les souvenirs de cette époque; les »âsar» sont souvent entourés de couches de sable fin appelé »mosand». L'argile des champs, qui ne se rencontre qu'en couches très minces, la tourbe des marais et les sédiments alluviaux de sable et d'argile ont tous une origine beaucoup plus récente.

Le sol dont peut disposer le cultivateur finlandais est formé de terrains sablonneux ou argileux, de marais et de landes.

Dans les plaines du sud et de l'Ostrobothnie, ainsi que dans certaines vallées fluviales, l'argile est l'élément le plus fréquent; elle est souvent de très bonne qualité et très fertile. Le seigle de Vasa, réputé même à l'étranger, provient des plaines argileuses du sud de l'Ostrobothnie; celui de Nyland, recherché aussi à l'étranger comme blé de semence, provient des plaines argileuses de la Finlande du sud-ouest. Dans l'intérieur le terrain sablonneux (sable de moraine) est le plus fréquent. Tandis que celui-ci a été voué aux forêts, le terrain argileux, spécialement celui des contrées du sud, a été généralement soumis depuis des siècles à la culture. Toutefois les contrées sablonneuses ont aussi en certains endroits été exploitées avec succès par l'agriculture.

Un des traits les plus caractéristiques de l'agriculture finlandaise est la fréquente et vaste exploitation des marais et des landes. Il est évident que le »pays des mille lacs^ ne peut manquer d'être riche en terrains de ce genre, car les lacs, les marais et les landes ne sont au fond que des étapes successives du dessèchement du pays. Pendant le cours des siècles, les lacs se sont successivement transformés en marais, puis en landes, sous l'influence de l'exhaussement continuel du pays et d'autres phénomènes naturels; cette transformation graduelle se montre partout dans le pays, et l'on a prétendu qu'elle était la destinée inévitable de tous ses lacs. Les tourbières de la Finlande sont formées soit par dessèchement des lacs, soit par inondation des forêts. Elles atteignent souvent des profondeurs considérables; on en a rencontré qui ont 17 mètres d'épaisseur. Les marais et les tourbières n'étant que les résultats dn dessèchement progressif des lacs, il est naturel que, tout comme ces derniers, ils forment des systèmes marécageux réunis entre eux, et appelés complexes ou systèmes de marais. On rencontre de pareils systèmes dans les différentes parties du pays; les tourbières de dessèchement constituent leur élément principal. La majeure partie des marais et des tourbières de la Finlande sont à fond d'argile, quoiqu'on en rencontre aussi à fond de sable.

Afin de donner une idée exacte de la superficie des marais et des tourbières en Finlande en proportion de celle du pays entier, l'auteur a établi les graphiques ci-dessous, destinés à servir de com-

paraison entre la Finlande, la Prusse (alter Bestand), la Bavière et le Danemark; ces grai)hi(iues montrent, non seulement combien le territoire de la Finlande est plus grand que celui des autres pays ci-dessus indiqués, mais aussi de combien la superficie des marais et des tourbières en Finlande dépasse celle de ces mêmes pays. En Finlande, ces terrains couvrent un espace de 74,000 km-, c. à d. 20**^3 de la superficie du pays. En Prusse, (a. B.), la superficie des marais et de la tourbe n'atteint que 5,2";, de celle du rovaume. La Bavière, dont la superficie totale (75,863 km^') ne dépasse guère celle des marais et des tourbières de la Finlande, ne possède que 0,9 '! ,^ de terrains de ce genre. Enfin le Danemark, dont la superficie totale (déduction faite de l'Islande, du Groenland, des îles Fâr-Oer etc.) est de 38,236 km'-, comprend 6,2 " ,, de marais et de tourbières (2,385 km"-).

Superficie totale du Danemark (moins les îles de Fâr-Oer, l'Islande etc.).

Superficie totale de la Bavière.

Superficie totale de la Prusse (a. B.).

Superficie totale de la Finlande.

La couleur noire indique (sauf dans les contours) la superficie des marais et des tourbières dans chaque pays.

Il va sans dire que ces immenses étendues de terrains humides jouent un rôle considérable dans l'agriculture de la Finlande. Un des côtés les moins favorables de leur influence est, comme on l'a indiqué déjà plus haut, qu'elles donnent naissance à des gelées qui, même au fort de l'été, s'élèvent vers les parages mieux situés, vers les champs cultivés, et peuvent en une seule nuit détruire les jeunes pousses du blé et arrêter la croissance des pommes de terre, du trèfle et des autres plantes fourragères. En dépit de ces inconvénients, qui du reste diminuent à mesure que le drainage augmente, ces immenses espaces de marais et de tourbières n'en constituent pas moins une richesse considérable pour le pa^^s, peut-être même la iDrin-

(•il)ale source de revenus que la nature offre à l'agriculture finlandaise. L'exploitation agricole de ces terrains est en effet des plus rémunératrices; on les considère comme spécialement aptes à la culture de l'avoine et des espèces fourragères. Cette exploitation constitue le gagne-pain d'une partie considérable de la population. L'énorme quantité de matières organiques que contiennent ces terrains riches en composés azotés, est employée pour la culture des terres plus fermes. Enfin le terreau et la mousse des marais sont employés pour la conservation du fumier pendant les longs hivers du nord.

Le territoire productif de la Finlande est en Terrains réahté très petit. En 1890 les terres labourables Productifs, n'occupaient que 2,95 ''/o' ^^ ^^^ prairies 5 % de la superficie totale du pays. Une comparaison avec les chiffres correspondants dans les pays plus méridionaux fait encore mieux ressortir la faiblesse de ces chiffres. Mais si on les compare aux chiffres correspondants des pays situés sous les mêmes latitudes, et que de plus on tienne compte de la richesse en lacs, l'importance de ces données apparaît sous un jour tout différent: et il ressort de cette comparaison que, loin d'être inférieure à ces autres pays, la Finlande les dépasse plutôt par la proportion du territoire productif. Enfin, si l'on tient compte des immenses étendues de terrains cultivables, spécialement des marais et tourbières, qui attendent encore la pioche du laboureur, on constatera qu'on peut avoir une pleine confiance dans l'avenir de l'agriculture en Finlande.

Terres de la Ainsi que nous le verrons plus loin par des

couronne, statistiques, le plus grand propriétaire foncier du pays est la couronne, dont les biens consistent principalement en forêts, d'une superficie d'environ 14,000,000 ha. Ces forêts occupent dans différentes parties du pays de vastes étendues, dont l'exploitation rationnelle par l'administration forestière n'a été organisée qu'à une époque assez récente; c'est ce qui explique que les revenus de ces énormes forêts soit encore très faible, et ne s'élève actuellement qu'à environ 2,000,000 de marks par an. L'importance des forêts de l'État est considérable pour l'agriculture, car le gouvernement n'y autorise aucun de ces ravages inconsidérés auxquels ne sont malheureusement que trop souvent exposées les forêts des propriétés particulières. Grâce à ce principe fondamental de l'administration forestière de l'État, le pays est assuré contre le danger du déboisement, grave surtout pour l'agriculture.

En dehors de ces forêts, la couronne possède encore des domaines nommés > domaines de la couronne» (kronohemman), administrés par des tenanciers ayant droit héréditaire aux domaines qu'ils cultivent. Ils ne payent à la couronne aucun fermage et ne sont tenus qu'à payer l'impôt comme pour toute autre propriété; ils ont de plus le droit d'acquérir pour des sommes très faibles les domaines qu'ils cultivent, et qui dès lors cessent bien entendu de former des domaines de la couronne pour devenir propriété particulière.

L'État possède encore environ 800 fermes

nommées > résidences de la couronne > (kronobostâllen), affermées pour des périodes de 25 ans, avec droit héréditaire au fermage. Ces fermes ne peuvent être vendues et transformées en propriétés particulières comme les » domaines» ci-dessus mentionnés. Lorsque la période de fermage est écoulée, l'on met aux enchères le fermage de la propriété pour une nouvelle période de 25 ans.

La superficie des terres appartenant soit à Propriétés des particuliers soit aux communes est d'environ pa^'hculiè- 22,000,000 ha. La presque totalité de ces propriétés sont contribuables. Au point de vue des impôts, les propriétés de la Finlande se subdivisent depuis des temps immémoriaux en 3 catégories, à savoir: propriétés contribuables (skattehemman), propriétés de la couronne (kronohemman) et propriétés exemptées ou franches (frâlsehemman). Ces distinctions se rapportent en partie aux impôts payés par la propriété, en partie au droit même de possession. La » nature» de la terre ne dépend pas du propriétaire et ne change pas lorsque la propriété passe de mains en mains. Il y a en Finlande des propriétés privilégiées, mais il n'y a pas de privilèges de caste ou de personne. Les terres contribuables appartiennent en toute propriété à un certain propriétaire (personne privée ou commune); elles peuvent être vendues, partagées etc. Les » biens de la couronne» diminuent chaque année par achat, et passent de plus en plus, sous forme de terres contribuables et en toute propriété, entre les mains des anciens tenanciers de la couronne. Le droit de possession des terres exemptées est

le même que celui des terres contribuables. La seule différence consiste en ce que les premières sont chargées d'impôts moins nombreux et moins lourds.

L'unité cadastrale du pays est le »mantal». L'évaluation en unités cadastrales de chaque propriété s'est faite une fois pour toutes en proportion de la superficie et de la qualité des champs et des prairies. L'impôt est depuis lors resté stable, sans égard aux augmentations ou aux diminutions de l'étendue des terrains productifs.

La popula- p^j. rapport à son étendue, la Finlande a une

population relativement faible, ce qui du reste s'explique a priori par sa situation septentrionale et sa richesse en lacs et en marécages. La population augmente du reste d'année en année, ainsi qu'on le voit d'après le tableau ci-dessous, basé sur une statistique absolument sûre et continue depuis 1815.

En 1815 la population était de 1,095,957 âmes.

La diminution qu'indique le tableau pour Tannée 1870 résulte d'une suite d'années de famine qui déprimèrent et décimèrent la population; ces années funestes donnèrent, en dépit de tous les malheurs qu'elles ont provoqués, une impulsion puissante au développement du pays.

La densité moyenne de la population en 1896 était, selon les données statistiques, de 7,7 habitants par kilomètre carré. Le gouvernement le plus populeux, celui de Nyland, avait une population de 24,3 habitants par kilomètre carré.

La population des villes ne comprenait cette même année que 281,216 habitants, tandis que le reste, c. à d. 2,274,246, formait la population rurale. Mais le pouvoir d'attraction des villes augmente d'année en année; tandis qu'en 1830 la population urbaine ne constituait qu'un vingtième de la population totale, elle s'élevait vers 1891 à un dizième de cette même population, et depuis lors elle a même dépassé ce chiffre.

La plus grande partie des habitants des cam- La classe pagnes vivent plus ou moins directement de l'agri- a9ï*icoIe. culture. La statistique établit qu'en 1888 p. ex. 77 % de la population totale du pays étaient composés d'agriculteurs. Dans les pays Scandinaves, la proportion était vers la même époque de 75 ^ /^^, et en France en 1880 (selon Conrad) de 51,3%. Pour l'Europe entière, nous trouvons 58,5** ,> d'agriculteurs. Dans la Grande Bretagne et en Saxe, ce chiffre se réduit à 33 ^/^y

Le nombre total des propriétaires fonciers était en 1896 de 117,704, parmi lesquels

2,694 possédaient plus de 100 ha. de terres cultivées. 22,172 » de 25 à 100 » » »

32,162 » moins de 5 ha. » » »

Ces chiffres suffisent à montrer que la Finlande peut être considérée comme un pays de petits cultivateurs, ce qui ressort encore plus nettement de la statistique détaillée de l'année 1895, d'après laquelle, sur 100 cultivateurs, il y en avait:

2,4 possédant 100 ha. et plus de terrains cultivés. 18,8 » de 25 à 100 ha.

27,8 » moins de 5 »

Ainsi donc 78,8 % des propriétaires fonciers possèdent moins de 25 ha. de terres cultivables. Ajoutons que la statistique établit comme un fait certain que le nombre des grands propriétaires tend à dijuifiuer, tandis que celui des petits propriétaires va en augmentant.

Bien que relativement peu nombreux, ce sont cependant — chose du reste naturelle — les grands propriétaires qui ont toujours marché à la tête du progrès, et qui ont introduit dans le pays les méthodes rationnelles de culture. Il est évident, pour quiconque veut bien réfléchir à la chose, que, vu leur nombre minime, les grands propriétaires n'ont jamais pu opprimer d'aucune manière les petits.

Un autre fait qui ressort clairement de la statistique dans ce domaine, c'est que les propriétaires fonciers nobles jouent un rôle très faible dans la classe des agriculteurs finlandais. Si en effet l'on examine la répartition des terres au point de vue du droit de propriété, on remarque des passages notables d'une classe à l'autre au cours des dernières périodes décennales.

Au milieu de la période 1860--187(), cette répartition était la suivante:

La couronne possédait. 12,568,488,0 ha de terres les villes. . . . 61,209,5 y>

les églises . . . 479,0

les couvents . . 7,812,5 »

la noblesse . . . 1,639,397,0 »

les autres personnes

de qualité . . 754,316,5 »

les paysans . . . 20,474,295,0 »

En 1896 elle s'était beaucoup modifié, comme on peut le voir par les données officielles suivantes:

La couronne possédait . 14,320,149,0 ha de terres

Le clergé 292,554,0 »

La noblesse 364,437,0 »

Les sujets étrangers . . 118,144,0 »

Les autres propriétaires

fonciers 21,463,716,0 »

Bien que le groupement de ces données soit différent, on remarque aisément que les terres de

la couronne et des » autres propriétaires fonciers» se sont beaucoup accrues, tandis que, pendant cette courte période de 1864 à 1896, les terres de la noblesse ont subi une diminution considérable. Les causes de ces changements sont multiples. Une de celles qui ont contribué au résultat fut le rachat par la couronne des biens de donation situés dans la province de Viborg, et dont la plupart se trouvaient entre les mains de la noblesse. Cependant la raison principale de cette diminution des terres de la noblesse est pourtant le fait que cette classe a perdu son droit exclusif de propriété sur les terres privilégiées ou franches». En vertu de la décision de la diète de 1863 — 1864, tout citoyen finlandais a le droit d'acheter des terres franches de toute espèce. Ces circonstances, et d'autres encore, ont conduit à ce résultat, qu'on peut dire qu'il y a peu de pays où la noblesse, si on la considère au point de vue de la propriété foncière, joue un aussi faible rôle qu'en Finlande, et que ce pays peut prétendre plus que tout autre en Europe (la Norvège exceptée) à être appelé un pays démocratique.

Les grands On a déjà eu l'occasion d'indiquer que les

P*'°P" *" grands propriétaires représentent dans la classe agricole l'élément progressif. Ils possèdent en général des connaissances agronomiques assez étendues, acquises soit par des études dans différents instituts spéciaux, soit par des études privées et pratiques. Ce qui honore ces grands propriétaires, c'est justement de ne pas s'en être tenus uniquement aux méthodes et aux principes conser-

res.

valeurs transmis par les générations précédentes, d'avoir su reconnaître l'utilité des méthodes nouvelles et de les avoir applicpiées. Les femmes des propriétaires finlandais prennent souvent une part active aux travaux de la propriété, et l'on voit assez fréquemment des femmes appartenant aux classes élevées diriger seules l'exploitation de leurs biens ou de ceux des autres. En général elles se bornent toutefois à diriger les travaux du ménage, du jardin et souvent de l'étable et de la laiterie.

Parmi les petits propriétaires du pays, les Les paysans

paysans propriétaires occupent dans toutes les par- P»'op"étai-

res.

ties du pays une place très remarquable. La Finlande na, ja/)nais connu le servage, et le paysan a toujours été libre et indépendant. Les propriétaires actuels des terres contribuables ou exemptées, les fermiers des biens de la couronne ou des propriétés particulières forment une classe honorée et respectée de paysans propriétaires s'occupant du soin de leurs terres, de leurs bestiaux et de leur pêche. L'obéissance aux lois, le respect des bonnes moeiu's, qui caractérisent l'ensemble de la nation finlandaise, est aussi le trait le plus marqué de la classe des petits propriétaires.

Jusqu'à ces derniers temps les paysans ont exploité leurs terres selon de vieux principes conservateurs; c'est ainsi que la culture des céréales, principalement du seigle, a joué un rôle prépondérant dans leur économie domestique. Mais durant la dernière moitié du XIX^ siècle la classe des agriculteurs finlandais a peu à peu compris toute l'im-

ciers.

portance et l'avenir de la laiterie, et dès lors les paysans propriétaires ont partout graduellement diminué la culture du seigle, étendu celle des espèces fourragères et augmenté le nombre de leurs bestiaux. Dans certaines contrées de la Finlande orientale, la production du beurre sur une échelle assez large est déjà d'ancienne date.

Les tenan- Le nombre des tenanciers (jordtorpare) est

d'environ 70,000. La terre qu'ils cultivent n'est pas leur propriété personnelle; elle n'est qu'une portion des propriétés soit de la couronne soit des particuliers. Les tenanciers exploitent leurs terres en qualité de fermiers à bail; le fermage se paye généralement en journées de travail sur la propriété dont dépend leur enclos; c'est là ce qui distingue les tenanciers des fermiers dont nous avons parlé plus haut, qui payent leur fermage en argent comptant ou en céréales.

Les fermes des tenanciers sont petites: 5 à 10 ha. de terre labourable, et une étendue à peu près double de prairies. Le fermier jouit en outre du droit de tirer des forêts du propriétaire le bois nécessaire à ses besoins personnels. A cet effet on a, dans chaque propriété, commencé à fixer à chaque tenancier un certain espace nettement délimité de la forêt. Voici quelle a été généralement l'origine de ces petites fermes ou >to?y» : le travailleur dépourvu de biens-fonds obtient d'un propriétaire foncier la permission de coloniser quelque endroit écarté de la propriété, de s'y défricher un lopin de de terre labourable, de se procurer, soit par essartage, soit dans un endroit ouvert, un bout de pré,

de se construire une calDane, une otable et l'étuve à bains inséparable de toute demeure finlandaise. Il devient dès lors »backstugusittare» (habitant d'une cabane isolée). Peu à peu la j)etite ferme devient productive, le backstugusittare» en retire le blé, les pommes de terre, le lait la viande etc. etc. nécessaires à son existence. Il occupe les loisirs que lui laisse la culture de sa ferme à gagner quelque argent en travaillant soit chez le propriétaire dont il dépend, soit chez d'autres particuhers ou dans les exploitations industrielles voisines. A l'époque des grands travaux de la récolte, il aide les gens de la propriété et paye ainsi son fermage en travail personnel. Il est très rare qu'il n'ait pas envie d'arrondir son domaine; la ferme va s'agrandissant de jour en jour, et généralement l'espace cultivé par la deuxième génération a déjà pris de telles proportions que le propriétaire transforme le »bakstugusittare» en tenancier »torpare>, c'est à dire qu'on convient d'un certain fermage, sous forme d'un nombre fixe de journées de travail par semaine, que le nouveau tenancier s'engage à faire au profit du propriétaire. On distingue entre les journées de travail exécutées par un homme seul et celles faites par un homme et un cheval. Il est évident que l'origine des torps peut être tout autre. Il arrive souvent que l'ouvrier désireux de s'établir »torpare» convient avec un propriétaire d'un certain nombre d'années libres (généralement de 5 à 10). Pendant ces années, les premières de son établissement, il n'est tenu à aucun fermage, mais une fois ces années écoulées il fait un certain nombre

de corvées par semaine. Dans certaines contrées les tenanciers sont tenus, en plus des journées de travail, de payer certaines contributions en seigle, en beurre, en baies etc. Un tenancier ordinaire possède généralement 2 chevaux, 8 à 10 vaches, une douzaine de moutons et quelques porcs. Dans le nord et dans l'intérieur, oi^i les pâturages sont plus vastes, on rencontre même des tenanciers qui possèdent jusqu'à 20 ou même 30 vaches.

Le S3^stème des tenanciers présente toutefois certains défauts assez graves. Les propriétaires, surtout les petits, néghgent souvent de s'engager vis-à-vis des tenanciers par contrat écrit, en dépit des stipulations formelles de la loi de 1892, qui dit que tout affermage de terres doit être contracté par écrit, et le montant annuel du fermage indiqué dans le contrat. De plus, le fermage en nature, sous forme de journées de travail, entrave le tenancier et l'empêche d'améliorer et d'étendre ses propres cultures. Mais d'un autre côté il ne faut pas oublier que dans un pays aussi peu peuplé que le nôtre, les occasions de gagner de l'argent sont rares, et que les tenanciers se verraient fort embarrassés s'il leur fallait payer le fermage en espèces. Le fermage sous forme de travail se paye hebdomadairement pendant l'année entière; il ne peut donc guère se produire d'arriérés ou de dettes, tandis que le tenancier qui payerait en argent au bout de l'année écoulée se verrait souvent dans l'obligation de contracter des emprunts. Là oii le fermage se paye en travail, on a vu des tenanciers

cultiver de génération en génération pendant 200 ans la même ferme et y vivre dans des conditions de bien-être relatif. Un antre défaut du système consiste en ce qu'il arrive que le propriétaire, voyant son tenancier arrivé à un certain degré de prospérité, augmente arbitrairement le fermage. De pareils cas se sont malheureusement présentés, spécialement parmi les propriétaires sans instruction. Enfin un défaut incontestable du système consiste en ce que le tenancier qui quitte sa ferme ne reçoit généralement aucune indemnité pour les améliorations qu'il a pu y introduire.

A l'heure actuelle on travaille à l'élaboration d'un système législatif destiné à améliorer la situation des tenanciers; l'initiative de cette oeuvre est due à la pression de l'opinion publique, dont l'attention a été attirée vers les défauts du système actuel. Tout porte à croire que les résultats de ces travaux ne se feront pas attendre longtemps. On se tromperait toutefois si l'on se figurait que les nombreux tenanciers forment une classe de parias mécontents. Depuis longtemps déjà les grands propriétaires se sont efforcés d'améliorer la position de leurs tenanciers, soit par convictions humanitaires et sentiment de justice, soit en vue des intérêts de leur propriété, qui ne peut évidemment que gagner au bien-être et au contentement des tenanciers.

Les »logeurs» (inhysingar) et certaines autres Les „inhycatégories de paysans non propriétaires forment s'"9ar"dans certaines contrées une classe assez nombreuse; on les rencontre en nombre plus ou moins grand

dans presque chaque propriété. Leur agriculture se borne généralement à l'exploitation d'un champ de pommes de terre sur les terres d'un propriétaire ou d'un tenancier quelconque. Les journaliers (dagkarlar), qui trouvent dans les grandes propriétés un travail régulier, et jouissent souvent d'une situation économique relativement bonne, appartiennent aussi à^ la classe des » logeurs». Ce qui cependant caractérise le vrai >> logeur», c'est qu'il ne vit que de travail d'occasion. Dans certaines contrées ces logeurs possèdent les cabanes oii ils vivent, dans d'autres ils logent chez les gens de la ferme. La position si peu sûre des »logeurs » nécessite de profondes réformes.

Et cependant quiconque s'est donné la peine d'étudier l'existence des classes non propriétaires, leurs besoins et leurs désirs durant la période de bien-être économique qu'a traversée le pays depuis 1870 jusqu'à l'hiver dernier, conviendra que parmi ces classes on rencontre fréquemment des gens qui ne sont nullement mécontents de leur sort et qui au fond n'ont aucune raison de l'être. En effet, durant les bonnes années, il leur a 'toujours été possible de se procurer un gagnepain très suffisant à leurs besoins et à ceux de leur famille, dans les grandes exploitations forestières, si fréquentes dans toutes les parties du pays. Ils ne sont pas, ainsi que les paysans propriétaires et les tenanciers, dépendants de la récolte, et les impôts qu'ils payent sont minimes. En revanche leur position est terrible pendant les périodes de crises économiques, les années de disette etc. Ils

ne trouvent alors aucun travail, ni dans les bois ni dans les champs, et leur existence dépend presque uni(juement de la charité publique. C'est pourquoi la question d'une amélioration des conditions des classes non propriétaires est une des questions du jour en Finlande, une question qui a éveillé un intérêt profond dans toutes les classes de la société.

En premier lieu on s'efforce de procurer aux classes non propriétaires des terrains cultivables, et de les transformer ainsi peu à peu en classes agricoles. Les difficultés à surmonter pour y arriver sont considérables, en premier lieu à raison de l'ignorance profonde de ces classes en matière agricole, et en outre à cause de la difficulté de trouver des débouchés dans un pays d'aussi faible population, et oii les communications sont généralement mauvaises. Si toutefois la Finlande pouvait se développer librement, il est certain que la question si grave des classes non propriétaires trouverait sa solution naturelle. Sous l'influence des efforts intenses qui se font de tous côtés pour répandre l'instruction, le niveau intellectuel des classes non propriétaires s'élèverait, l'amour du travail et de l'économie croîtrait, et les moyens d'existence se multiplieraient et rendraient la position de ces classes stable et assurée.

La femme du peuple est généralement à la tête La femme. de la laiterie et de l'étable; partout elle participe en outre aux travaux de la moisson et du battage. En Ostrobothnie son rôle est encore plus étendu: elle prend une part active à tous les travaux des

champs, même les plus pénibles. Cet état de choses est fréquent surtout parmi les classes agricoles les plus pauvres, oîi le plus souvent la partie masculine de la population émigré et va gagner sa vie en qualité d'ouvriers, soit dans les autres provinces du pays, soit en Suède ou en Amérique. Les artisans. Dans chaque village on trouve les artisans né-

cessaires à l'afi^riculture. Les travaux manuels ordinaires se font tous par la population elle-même, qui excelle dans tout ce qui a trait à ces genres d'ouvrage, et seuls certains rares travaux de menuiserie et de forge se font par des professionnels, dont la situation économique est généralement assez bonne.

Les servi- Bien que dans les petites propriétés tous les

teurs. travaux soient exécutés par le propriétaire et sa famille sans le concours de serviteurs à gages, le nombre de ces derniers n'en est pas moins considérable dans le pays. Les grandes propriétés, et même les grandes fermes de tenancier, occupent généralement un nombre plus ou moins considérable de serviteurs tant hommes que femmes. Les serviteurs hommes peuvent ,être classés en trois catégories principales.

1. Les valets de ferme (drâng) logés, nourris et payés par la propriété, et qui forment la majorité des serviteurs hommes.

2. Les »statskarlar» qui, de même que les valets de ferme, travaillent exclusivement pour la propriété, et sont payés partie en argent, partie en seigle ou autres denrées. Tandis que les valets sont garçons et logés tous ensemble dans la ferme

morne, les ; statskarlar ont leur propre cabane et jouissent généralement du droit d'avoir une vache et de prélever le long des fossés, des champs et autres endroits du même genre le fourrage nécessaire.

8. Les »spanmàlskarlar >, valets payés en seigle, ne sont astreints qu'à 3 ou 4 jours de travail par semaine pour la propriété. Pendant les autres jours, ils sont libres de travailler oii bon leur semble, et, s'ils travaillent pour la propriété, reçoivent une indemnité supplémentaire. Les journées de travail obligatoire leur sont payées partie en céréales, blé, orge et pois, partie aussi en argent. La valeur annuelle de leurs gages ne dépasse guère 150 à 300 francs, selon le nombre de corvées obligatoires. De même que les statskarlar, ils ont leur cabane. Ils ont généralement en outre un lopin de terre, le droit de pâturage et le fourrage d'hiver pour une vache.

Les grandes terres occupent en outre un ou plusieurs contre-maîtres, appelés souvent inspecteurs ou intendants.

Les principales catégories de serviteurs femmes sont les laitières et les vachères. Elles ont en général ou bien passé par une école spéciale, ou bien reçu une instruction pratique dans quelque grand domaine ou dans une laiterie niodèle. Elles jouissent, chacune dans sa spécialité, d'une assez grande indépendance. Le montant de leurs gages varie naturellement avec leurs talents; il est en général de 150 à 600 marks*) par an, nourriture et logement

*) Le mark finlandais (à ICX) »penni») équivaut exactement au frane.

en sus. Quant aux servantes, filles de ferme etc., elles sont nourries et logées, et reçoivent de plus des gages dont le montant est généralement d'environ 100 marks par an.

Les journa- Le journalier finlandais est en général content

'®''^' de son sort. Les rapports entre patrons et ouvriers sont encore empreints d'un esprit patriarcal qui tend à disparaître dans les autres pays.

Exploitation Les terrains dont l'agriculteur finlandais tire

annuellement profit peuvent être classés en 4 catégories.

1. Terres cultivées ou champs, c'est à dire des terrains défrichés, débarrassés de buissons, de pierres etc., plus ou moins bien drainés et travaillés à des profondeurs variables au moyens d'instruments aratoires. Ces terrains sont ensemencés presque chaque année, et leur capacité productive est maintenue au moyen d'engrais naturels ou chimiques. On reviendra plus loin sur l'exploitation des champs.

2. Prairies naturelles, qui ne font l'objet d'aucune culture proprement dite; on se borne à les débarrasser plus ou moins soigneusement des buissons, des mottes et des pierres qui les encombrent. Généralement on les coupe une fois par an; cependant dans l'extrême nord on leur accorde parfois une année de » répit», ou bien certaines années elles ne servent que de pâturages. On en tire de l'herbe, ainsi que certaines autres plantes susceptibles d'être séchées et employées comme fourrage. En général ces prairies ne sont jamais soumises à

aucune méthode d'engrais. On reparlera plus loin de leur culture.

8. Pâturages. On désigne sous ce nom les parties des forêts oii il croît de l'herbe et où le bétail trouve sa nourriture durant l'été. L'aspect de ces pâturages varie à l'infini. Tantôt ils sont couverts d'arbrisseaux, de buissons, tantôt quelques hauts bouleaux isolés poussent seuls sur le pâturage. L'herbe y est en général courte, mais riche en matières nutritives et suffisante aux besoins du bétail de petite race du pays. Il est très rare que les propriétaires donnent le moindre soin à leurs pâturages. Dans l'est on les entretient d'une manière efficace au moyen des incendies de forêts. On ne s'occupe jamais de fumer les pâturages; dans les grandes propriétés seulement on recommande aux berger de répandre et de disperser le fumier de leurs troupeaux.

L'existence de vastes et bons pâturages est considérée en Finlande comme une qualité importante d'une propriété. Dans le sud du pays le bétail paît souvent dans les champs en friche, mais dans les autres contrées il est toujours conduit aux pâturages. Dans le nord de la Finlande on distingue deux espèces de pâturages: l:o) ceux qui sont situés dans les environs immédiats de la ferme, et d'où les vaches sont ramenées chaque jour pour la traite; 2:o) les pâturages éloignés, où l'on conduit les vaches au printemps pour les y laisser jusqu'en automne. Dans ces pâturages on entretient toujours quelques chalets pour les vachers, ainsi qu'une laiterie où l'on prépare le beurre; on y

!e feu.

construit aussi quelque hangar destiné à abriter le bétail durant les nuits froides et pluvieuses. Les pâturages de cette espèce n'existent pas, à la connaissance de l'auteur, au sud du gouvernement de Vasa; ils sont singulièrement nombreux dans celui d'Uleâborg.

4. Forêts. Une publication spéciale a été affectée à l'étude des forêts de la Finlande. Culture par La première méthode de culture en Finlande

a consisté à brûler les forêts pour semer dans leur cendre. En dépit des efforts de Tadministration pendant plusieurs siècles, cette méthode, dont l'origine se perd dans la nuit des temps, s'est maintenue et se pratique encore actuellement dans la Finlande orientale. On choisit un terrain élevé, on y coupe les arbres, puis on les brûle de manière à ce que la surface du sol soit aussi carbonisée. Après avoir enlevé les troncs carbonisés, on travaille l'espace entre les troncs et les pierres très superficiellement au moyen d'un instrument des plus primitifs, appelé charrue à fourchette. La mince couche de terre ainsi retournée est ameublie au moyen d'une herse non moins primitive. Le »champ» ainsi obtenu donne une récolte de seigle, puis une récolte d'orge, ou bien 2 ou 3 récoltes consécutives d'orge ou de quelque autre céréale printanière, p. ex. de sarrasin. La plus ancienne des cultures faites au moyen de cette méthode fut probablement celle de la rave. Cette méthode barbare est du reste en voie de disparition.

Outre ce système primitif de culture par incendie des forêts, on a employé depuis des temps

immémoriaux une autre méthode de culture par le feu, dite méthode à feu couvert (kyttlandsbruk), qui toutefois peut à l'heure actuelle être considérée comme complètement hors d'usage. Voici comment se pratiquait ce genre de culture, qui, plus encore que le précédent, mérite l'épithète de barbare: on retournait la terre soit à la pioche, soit à l'aide de quelque charrue primitive, après quoi on entassait sur l'espace ainsi préparé des matières combustibles, on recouvrait le tout de mottes de terre, puis on y mettait le feu. Les cendres étaient ensuite dispersées sur toute la surface à cultiver, après quoi on y semait de l'avoine jusqu'à extinction absolue de la capacité productive du sol. De vastes étendues de terrains ont été ainsi complètement dévastées spécialement dans l'est du Nyland.

Citons encore, comme exemple de culture par le feu, l'incendie des marais et des tourbières, dont il est fait mention déjà pendant le XVIF siècle. Cette méthode occasionne souvent, surtout lorsqu'elle est appliquée sous sa forme la plus primitive, c'est à dire sans adjonction ultérieure de sable ni d'argile, une destruction inutile et nuisible du terreau des tourbières, dont, par des incendies successifs, on finit par atteindre le fond. Ainsi que nous le verrons plus loin, cette méthode est souvent combinée avec d'autres genres d'amélioration des terres.

Dans la plupart des contrées du pays, la cul- Culture priture par le feu a été le premier système d' améliora- '"•tive sans tion des terres; cependant dès les temps les plus ^^^ anciens on a employé également d'autres méthodes de culture. Selon toute probabilité, l'abandon de

la culture par incendie des bois s'est fait peu à peu, à mesure que les habitants devenus sédentaires comprenaient que cette méthode barbare ne pouvait être continuée. C'est ainsi que dans les contrées oii la culture par le feu était usitée, on a transformé les emplacements cultivés de cette manière en champs ordinaires, après en avoir préalablement retiré une moisson de blés, puis une seconde de céréales printanières. Cette transformation s'opère comme suit: on laisse le terrain » reposer :> une année, et pendant ce temps on le laboure et on le fume au moyen d'engrais naturels. C'est ainsi que la méthode des jachères remplace peu à peu celle du feu, et l'emplacement ainsi travaillé devient un champ ordinaire. Cette succession {V'' année jachère, 2°"® blé, 3'"'' céréales printannières) introduisit dans le pays l'assolement triennal. Dans certaines contrées on. laissa toutefois la moitié des terrains en friche, et l'on adopta ainsi l'assolement biennal (1"° année jachère, 2"''' blé). Ces deux systèmes d'assolement ont été pratiqués dans le pays pendant plusieurs siècles, de même qu'ils se sont maintenus dans l'Europe centrale jusque bien aA^ant dans le XIX^ siècle. En Finlande la plupart des paysans s'en tiennent encore maintenant à ces deux méthodes d'assolement. En général on peut dire que l'assolement triennal a été adopté pour les terrains sablonneux, et l'assolement biennal pour les terres argileuses: la raison en est que les terrains argileux demandent à être plus souvent travaillés que les terrains sablonneux, et que plus ils sont faibles, plus les années

de jachère doivent être fréquentes. Un trait caractéristique de ces systèmes d'assolement est qu'à part quelques insignifiantes quantités de plantes textiles, on y cultive exclusivement des céréales alimentaires (blés et pommes de terre). Quant aux plantes fourragères, on ne les cultive jamais dans les champs; ceux-ci ne fournissent pour la nourriture du bétail que la paille et la vannure. L'assolement quatriennal et même quinquennal a été introduit dans certaines propriétés.

Ce système d'assolements nécessite toutefois l'existence de grandes prairies naturelles et de vastes pâturages; sans cela il serait impossible d'entretenir un bétail suffisant aux besoins de la culture; aussi le caractère général de cette agriculture extensive consiste-t-il en une exiguïté relative des champs et une étendue très grande des prairies et surtout des pâturages. L'exploitation mixte des marais constitue une autre forme de culture primitive sans l'emploi du feu. Sous sa forme la plus typique, elle consiste en une culture ordinaire avec adjonction et mélange de sable ou d'argile. En général ce genre de culture est toutefois combiné avec une combustion des marais modérée par l'adjonction de terres argileuses. On emploie aussi une autre méthode, dite de Tyrnâvâ ou de Reinius, laquelle ne nécessite pas absolument la combustion; voici en quoi elle consiste: la surface du marais est égalisée à la pelle sans être autrement travaillée, on étale sur cette surface du terreau et de l'argile obtenus des larges fossés de drainage, puis on y sème dès le commencement du

Culture rationnelle.

Céréales.

printemps de l'avoine, et on couvre la semaille d'une légère couche de fumier naturel dans lequel on sème des graminées. Dans certains endroits, on brûle préalablement la surface rlu marais. Cette méthode convient particulièrement aux tourbières d'inondation et aux prairies naturelles.

Outre les méthodes primitives de culture que nous venons d'indiquer à grands traits, on a depuis quelques dizaines d'années introduit et répandu dans tout le pays Fagriculture rationnelle. Ainsi que nous l'avons déjà dit, Tinitiative fut prise par les grands propriétaires, mais depuis lors la méthode s'est activement propagée aussi parmi les paysans. Ce qui caractérise cette culture, c'est l'application de la rotation des semences, de l'assolement sans jachères. Dans certains grands domaines on a même introduit une rotation très intense. On a développé la culture des tubercules, les jachères ont à peu près disparu, ou emploie de plus en plus les engrais auxiliaires et l'on travaille la terre à une profondeur plus grande. L'agriculture finlandaise traverse à l'heure qu'il est une période de transition: dans la plus grande partie du pays on s'en tient encore aux méthodes primitives de culture, mais on remarque une tendance chaqiie jour plus forte à passer à l'agriculture rationnelle.

L'importance relative des diverses plantes cultivées en Finlande a singulièrement varié durant le cours des siècles. Tandis que les habitants primitifs du pays, les Lapons, préféraient, au dire de Tacite, se nourrir de plantes sauvages plutôt que de se livrer à l'agriculture, nous rencontrons déjà

chez les premiers Finnois deux végétaux régulièrement cultivés: la rave et l'orge. La méthode de de culture adoptée était celle par le feu. Il est probable que ce furent les colons Scandinaves des côtes qui introduisirent dans le pays le seigle, dont la culture ne se répandit dans l'intérieur que très lentement, si bien qu'encore durant le XIV siècle on ne le cultivait que dans la partie sud — ouest du pays et le long des côtes du golfe de Finlande jusqu'à ([uelques dizaines de kilomètres de la mer. Dans une énumération des produits exportés de Finlande à Danzig en 1470, nous ne rencontrons en fait de céréales que l'avoine, et les impôts se payaient encore en orge dans le Savolaks en 1500. Ce n'est que dans le cours du XVIII'^ siècle que le seigle devint peu à peu le yjrincipal objet de culture du pays et conserva dès lors son rang jusqu'en 1887. Cette année il dut céder le pas à l'avoine, dont la production dépassa celle de toutes les autres céréales du pa^^s.

L'agriculture finlandaise a donc évolué successivement, durant le cours des siècles, du système primitif d'incendie des forêts et de la culture des raves à l'ancienne culture des céréales et spécialement du seigle. A l'heure présente elle est en train d'abandonner ce genre de culture pour passer au système rationnel de la culture des céréales printanières et des espèces fourragères. Ces variations caractérisent les phases différentes du développement de l'économie agricole du pays, et jouent un rôle important dans l'histoire du développement général de la Finlande.

• Céréales On cultive en Finlande deux variétés de cé-

d automne. j.^ales d'automnes: le froment et le seigle. Ce dernier est de beaucoup le plus important des deux. On cultive aussi un seigle et un froment printaniers qui mûrissent en un été.

Céréales Les autres céréales printanières sont: Forge,

printanières. pivoine, le pois, le haricot, la vesce et le sarrasin. Les cultures les plus importantes sont celles de l'orge et de l'avoine.

Froment. Comparé au seigle et à l'orge, le froment

(Triticum sativum) est un produit relativement nou veau de l'agriculture finlandaise. Les anciens Finnois l'ignoraient, et, même dans les parties les plus riches de la péninsule Scandinave, la culture du froment fut pendant tout le moyenâge bien moins répandue que celle du seigle.

On ne cultive généralement en Finlande que deux espèces principales de froment: le froment ordinaire (T7\ sativum vulgare) et le froment compact (Tr. sativum compactîim) . Ces deux espèces se rencontrent en plusieurs variétés plus ou moins caractéristiques. L'épeautre (Tr. spelta), cultivé autrefois par endroits, a disparu.

La culture du froment d'automne est assez répandue dans la partie sud — ouest du pays, où elle n'occupe cependant jamais qu'une faible portion des champs. Elle s'étend vers le nord jusque vers le fleuve de Kumo (voir la carte ci-jointe) et se fait toujours sur des champs fumés, à jachères espacées. Quant à la culture du froment printanier, elle ne se rencontre que dans le sud — -est, et seulement en faible proportion (carte N:o 3).

Le seigle (Secale céréale) est la principale des Seigle, céréales du pays; les espèces printanières ne se rencontrent que rarement.

Le sud et le centre du pays se prêtent admirablement à la culture du seigle d'automne; même en Ostrobothnie, par 64** et 65" de latitude, la culture du seigle est considérée comme assurée et productive, et ce n'est que plus haut dans le nord que les moissons deviennent de plus en plus hypothétiques, ce qui n'empêche pas de cette culture s'élever jusqu'au cercle polaire. A Sodankylâ en Laponie (67*^ 24' carte N:o 3), la moisson n'est à peu près satisfaisante que dans les années très favorables.

Parmi les nombreuses espèces de seigle cultivées dans le pays, citons comme étant complètement naturahsées: le seigle de Vasa, provenant des riches plaines de l'Ostrobothnie, et le seigle de Nyland, en général très court d'épi, cultivé dans les parties méridionales du Nyland. Parmi les espèces d'importation récente, citons le seigle de Probstejer, qui donne pendant les bonnes années des moissons plus riches que p. ex. celui de Vasa, mais qui en revanche pendant les mauvaises années est d'un rapport bien inférieur à celui des espèces indigènes.

Dans l'ordre de rotation des semences, le seigle succède généralement aux jachères sur terrains fumés au moyen d'engrais naturels. Ce n'est que dans certains domaines que le seigle est précédé d'une récolte de fourrage artificiel.

Le seigle est la principale céréale alimentaire du pays.

On cultive aussi dans le sud du pays un seigle dit seigle de la Saint-Jean; on le sème vers le milieu de l'été, mêlé d'orge, d'avoine et de vesce; ces trois derniers végétaux fournissent un excellent fourrage vert, puis périssent en automne, tandis que le seigle clairsemé se développe le printemps suivant et se récolte l'automne venu, de la même manière que les autres variétés.

Le seigle printanier semé et. récolté dans le cours d'un seul été ne se rencontre que dans les contrées oii l'agriculture est peu développée. Il s'élève jusqu'au 65'"^ degré de latitude et le dépasse même. Il est en général moins productif que le seigle d'automne.

Orge. L'orge (Hordeimi vulgare) est en Finlande une

céréale printanière.

Sa culture remonte à une haute antiquité, et fut longtemps la principale du pays. Plus tard elle fut dépassée par le seigle, et vers 1870 aussi par l'avoine. Toutefois la culture de l'orge est encore très répandue dans tout le pays, et dans le nord elle continue d'occuper la première place; il existe même certaines contrées oli Forge est la seule céréale qui arrive à mûrir. Elle s'élève vers le nord jusqu'à la limite du pin (voir carte N:o 3). Dans le centre et dans le sud, l'orge occupe une place importante dans l'économie agricole; on peut dire que c'est le grain le plus répandu du pays, sinon le plus important. Les différentes variétés d'orge

cultivées dans le pays peuvent être ramenées à trois types principaux:

l:o) L'orge sextuple (H. hexastichum) , cultivée dans le nord, donne de faibles récoltes et des grayis très menus, mais n'a besoin que de très peu de temps pour mûrir. 2:o) L'orge quadruple (H. tetrasticlmm), la plus répandue, cultivée surtout dans le centre et dans le sud de la Finlande, mais aussi dans le nord. 3:o) L'orge double (H. distichum) qui ne se cultive en quantités appréciables que dans le sud du pays.

Dans l'ordre de rotation des semences, l'orge obtient en général une place avantageuse, p. ex. après les tubercules ou après le blé d'automne semé sur jachère.

Il fut un temps oii l'orge était la seule céréale alimentaire de l'habitant des forêts de l'intérieur- Elle joue encore à l'heure présente un rôle considérable dans l'alimentation des habitants, spécialement dans le nord et dans l'est de la Finlande. On l'emploie à la confection d'une espèce de pain d'orge appelé en finnois »rieska», qu'on cuit au four dans des formes en écorce de bouleau.

L'avoine (Avena sativa) est toujours en Fin- Avoine, lande une céréale printanière.

L'introduction dans le pays de la culture de l'avoine est, relativement à celle du seigle et de l'orge, de date assez récente. Cependant déjà vers 1300 on cultivait l'avoine dans la Finlande méridionale, et en 1400 on la trouve même citée comme denrée d'exportation. Au commencement du XIX^ siècle encore, l'avoine ne se cultivait qu'exception-

nellement dans l'est du pays, mais depuis lors la culture en est devenue générale et s'étend de plus en plus vers le nord. Les progrès de cette marche vers le pôle sont plus rapides à l'ouest qu'à l'est; aussi la limite septentrionale de l'avoine s'abaisse-t-elle vers la Russie. La limite extrême de cette céréale est le cercle polaire (voir carte N:o 3). Pour la quantité récoltée, l'avoine occupe la première place parmi les céréales du pays. Seuls les gouvernements de Kuopio et d'Uleâborg font exception à la règle.

On cultive en Finlande l'avoine éraillée aussi bien que l'avoine à touffes. Les principales variétés de l'avoine éraillée sont l'avoine brune commune, généralement cultivée dans le centre et le sud, l'avoine noire, qui tire son nom de la couleur de son grain, cultivée dans le nord; et, caractérisée par son chaume très court et le peu de temps qu'il lui faut pour mûrir, l'avoine blanche, dont plusieurs variétés sont cultivées dans les gouvernements de Viborg et de Nyland. L'avoine à touffes est relativement peu usitée, l'espèce la plus fréquente est à grains brun foncé.

Dans l'ordre de succession des semences, l'avoine, souvent pendant deux ans de suite, vient après les années de jachère sur les terrains en friche remués. Là où l'herbe n'entre pas dans la circulation, on donne à l'avoine la dernière place de la série. L'avoine est la céréale par excellence des terres nouvellement défrichées, tant marais que terrains plus solides, grâce surtout à sa résistance aux gelées du printemps. Il arrive même souvent

({uo les terrains neufs soient épuisés par la culture de l'avoine durant plusieurs années consécutives.

L'avoine n'entre qu'en très faible j^roportion dans l'alimentation du paysan finlandais; en revanche on en fait un très grand usage pour la nourriture du bétail, dont la pâture fortifiante consiste en majeure partie en avoine.

On cultive aussi en Finlande des blés mixtes, Blés mixtes, toutefois en quantité très faibles. Le mélange le plus commun est composé de seigle et d'orge.

Le sarrasin (Polygonum fagopyrum) est relati- Sarrasin, vement peu répandu en Finlande. On le rencontre principalement dans les contrées du sud — est (voir carte N:o 3). Il n'occupe aucun rang dans la succession des semences; on le cultive principalement sur les terrains nouvellement défrichés par incendie. Dans les champs on lui consacre quelquefois une petite partie des terres réservées aux blés printaniers.

De toutes les espèces de pois, le pois des champs Pois des

(Pisum arvense) a jusqu'à présent été celui dont champs et 1 ^. -X- 1 1 pois blancs,

la culture a ete la plus commune; on remarque

toutefois une tendance à donner la préférence au pois blanc (Pisum sativum). Aucune de ces deux espèces n'est du reste généralement répandue dans le pays.

On cultive le pois des champs dans le sud du pays, mais ce n'est que dans certaines contrées du sud — est que cette culture a atteint un certain développement (v. carte N:o 3). Pendant les bonnes années, le pois fournit des récoltes, quoiqu' assez maigres, jusqu'au eS"" degré de latitude. Le pois

blanc s'élève même jusqu'en Ostrobothnie, mais en faible quantité.

Fèves. La fève (Faba vulgaris) ne se rencontre en

Finlande qu'en quantité négligeable; dans une grande partie du pays elle est absolument inconnue: et cependant le climat ne paraît pas devoir s'opposer à sa culture, car sous le cercle polaire (66^^ 82' 20") on en a vu mûrir.

Pommes de La pomme de terre (Solanum tuberosum) fut

introduite en Finlande vers 1780; mais ce n'est que bien plus tard que l'usage s'en généralisa. A l'heure actuelle on la rencontre partout, jusque dans les contrées les plus septentrionales du pays; c'est ainsi qu'à Utsjoki, par 69*^ 50' de latitude nord, on la cultive encore avec succès.

On cultive en Plnlande plusieurs espèces de pommes de terre soit à croissance rapide, soit à croissance plus lente. Certaines espèces, comme p. ex. celles de Klemis, S:t Michel, Kjulo et Malaks, ont acquis une réputation justifiée de productivité et d'endurance. La plus importante des espèces d'importation récente est le magnum bonum dont la culture s'est propagée jusque dans l'extrême nord du pays.

Dans la série de rotation des semences, la pomme de terre est généralement placée entre deux semailles de blé, dont celle qui précède la pomme est faite en terres fumées. Souvent aussi on assigne à la pomme de terre un champ spécial à terre légère, dont la moitié est ensemencée d'orge et l'autre moitié réservée à la pomme de terre.

L'année suivante on fait un échange de ces deux cultures.

La pomme de terre joue un rôle important dans l'alimentation des hommes aussi bien que dans celle des bestiaux; on l'emploie en outre pour la fabrication de l'amidon et de l'eau de vie; c'est une denrée indispensable pour le riche comme pour le pauvre.

La rave (Brassica râpa rajnfera) est selon Raves, toute apparence la plus ancienne des plantes alimentaires du pays. Avant la généralisation de la culture des pommes de terre, la rave se rencontrait auprès de chaque chaumière et représentait un des éléments les plus importants de l'alimentation du paysan. Actuellement, elle a beaucoup perdu de son importance et sa culture a été fortement restreinte.

On rencontre en Finlande deux espèces principales de raves: l:o) La rave cultivée sur les terrains défrichés par incendie se rencontre encore fréquemment dans la Finlande orientale, où elle joue un rôle assez considérable dans l'alimentation du paysan. Elle s'élève très haut vers le nord, jusque dans la Laponie d'Enare (par 69'*, 5' de lat.). Cette rave est assez petite et de forme plate, et croît entièrement à la surface du sol; la chair en est ferme, de couleur jaune et a bon goût; le sommet est tantôt rouge, tantôt vert, ce qui indique que la graine généralement employée n'est pas très pure. Cette espèce est en général très endurante et douée d'une croissance rapide; on la sème à fleur de terre vers le milieu du printemps dans les terrains récemment

incendiés et légèrement labourés. On la cultive aussi quelquefois dans les jardins pour les besoins de la classe aisée; la culture s'en est même répandue à l'étranger, en Allemagne et en France, oii la »rave finlandaise» est très appréciée. C'est probablement le seul légume que l'étranger nous ait emprunté. 2:o) La rave des champs, connue aussi sous le nom de turnips. Cette rave, d'une production très abondante, est très répandue dans les grandes propriétés du sud et du centre, oii l'élevage des bestiaux est organisé d'une manière rationnelle. On en cultive 13lusieurs espèces, soit pour les besoins de la terre, soit, comme p. ex. à Ôstersundom et à Sôderkulla près de Helsingfors, à Ispois près d'Abo et à l'institut agronomique de Mustiala, en vue de la graine.

Chou-rave. La culture du chou-rave (Brassica napus ra-

^rifera), spécialement comme plante potagère, est assez commune dans le pays. Cependant ce tubercule endurant et productif n'a pas encore acquis l'importance qu'il mériterait, et ce n'est que dans certaines propriétés, spécialement dans celles oii la culture de la rave se fait sur une grande échelle, qu'on rencontre des champs de chou-rave et une culture relativement considérable des graines de ce légume. En général la culture du chou-rave en plein champ ne se rencontre que dans le sud de la Finlande, où il donne souvent d'excellentes récoltes, tandis que dans le centre du pays on se borne le plus souvent à le cultiver dans les potagers.

Carotte. La carotte (Daucus carota) ne se rencontre que

rarement en plein champ; en revanche elle est très commune dans les potagers du pays. Sur les terrains

bien soignés dans le sud du pays, elle donne, môme cultivée en plein champ, d'assez bonnes récoltes.

La betterave (Beta vnlgaris, var. crassa) est d'importation toute récente en Finlande, et n'a pas encore conquis de place assurée dans l'économie agricole du pays. Longtemps cultivée à titre d'essai, la culture en a pris un essor inattendu depuis la fondation à Abo l'année dernière d'une grande raffinerie de sucre de betterave. La bette fourragère est encore moins répandue que la bette à sucre.

La culture du lin (Liiium usitaUssimum) remonte aux époques les plus éloignées. Dès le début du XVF siècle, les toiles de lin finlandaises jouissaient d'une réputation méritée et formaient au XVIII® siècle un article important d'exportation. C'était spécialement dans les contrées du sud et de l'ouest qu'on cultivait le lin, et les communes de Lângelmâki, Lampis, HoUola et autres du Tavastland, réputées aujourd'hui pour leur grande et ancienne production de lin, jouissaient déjà alors du même renom. De nos jours la culture du lin, spécialement dans le Tavastland, est admirablement favorisée par les grandes filatures établies à Tammerfors, qui offrent à la matière première un débouché assuré. Dans le nord, le lin ne se cultive que sur une petite échelle.

La culture du chanvre (Cannabis sativa) est fort peu répandue dans notre pays. Ce n'est guère que dans les gouvernements de Kuopio et de S:t Michel qu'on s'en occupe, et, même dans ces contrées, uniquement en vue de la consommation locale.

Betterave.

Lin.

Chanvre.

Il est probable qu'il fut un temps où il en était autrement, car la culture de cette plante textile remonte à la plus haute antiquité, et son endurance lui permet de mûrir et de produire de bonnes graines jusqu'au cercle polaire.

Vesce. La vesce (Vicia sativa) joue un rôle important

dans l'économie agricole de la Finlande. Dans un grand nombre de propriétés du sud et du centre du pays on l'emploie mélangée à l'avoine comme fourrage. Ce végéta] fournit en effet un fourrage riche et excellent. Le climat ne permet toutefois d'obtenir de bonne graine de vesce que dans le sud du pays.

Trèfle et On peut encore citer comme végétaux cultivés

graminées, ^j^ns les champs trois espèces de trèfle et un grand nombre de graminées. Le plus ancien des trèfles, cultivé en Finlande dès le XVIIF siècle, est le trèfle rouge. (Trifolium pratense}^ répandu actuellement dans tout le sud et le centre du pays. Il se fait déjà rare dans le gouvernement de Vasa, et disparaît peu à peu à mesure qu'on monte vers le nord. Le trèfle d'Alsike (Trifoliiiin hijhriduin) donne d'excellentes récoltes et tend de plus en plus à se répandre. Le trèfle blanc (Trifolium reioens) est moins commun; on en rencontre toutefois plusieurs variétés. La phléole (Phlemn pratense) fut introduite en Finlande en même temps que le trèfle rouge, et se rencontre maintenant dans tout le pays jusqu'à Kuusamo (66^ lat. N.). La production de graine de phléole est aussi très commune. Les mélanges les plus employés dans les champs sont incontestablement ceux dits de »koppelbruk», composés des

th-i

trois espèces ci-dessus' mentionnées de trèfle et de phléole. Dans les prairies basses de certaines régions, on cultive le vulpin (Alopecurus pratensis), ([ui occupe souvent une place très importante dans l'économie agricole de certains cultivateurs, principalement dans le sud-ouest de la Finlande. Enfin ces dernières années on a introduit dans les prairies artificielles un grand nombre de graminées nouvelles, telles que Dactylis glomerata, Festuca pratensis, Arrhenatherum elatius, Bromus arvensis et Poa pratensis. Toutes ces espèces prospèrent et donnent d'excellentes graines, pour peu qu'elles soient cultivées dans des conditions favorables.

Afin de donner une idée plus exacte de l'im- Importance portance de l'agriculture en Finlande, on en donnera lagricuun compte rendu basé sur les données statistiques d'une certaine année, p. ex. de l'année 1895. Il est toutefois nécessaire d'indiquer que certaines branches importantes de l'agriculture finlandaise, comme p. ex. la production du foin, ne pourront être examinées ici, vu que la statistique les a négligées.

Les données statistiques citées sont empruntées, (souvent même copiées textuellement), à 1'» Exposé de la situation économique de la Finlande pendant les années 1891 — 1895> et à 1' » Annuaire statistique de la Finlande, vingtième année 1899».

Voici quel fut en 1895 le produit de la récolte et sa valeur en marks finlandais.

Espèce s.

Hectolitres.

Prix par kilogramme *).

Valeur en Marks.

Froment

Seigle

Orge

Avoine

Blé mixte

Sarrasin

Pois et fèves

Pommes de terre ....

Raves et autres tubercules

Si l'on compare la production des céréales dans tout le pays pendant la période de 1891 à 1895 avec cette même production pendant les périodes quinquennales précédentes, on observe, tant au point de vue de la quantité produite qu'à celui de la qualité, des différences assez considérables.

La moyenne annuelle des périodes précédentes a été de:

*) Les prix indiqués sont ceux fixés pour le payement des impôts en nature. Les prix notés entre parenthèses sont arbitraires.

OJ

Périodcf* qiiiiiqiioii-

luiJos.

Soijïlo.

Ox-fro.

Avoine.

OU bien en pour cent

Périodes.

Hectolitres.

Seiole.

Orge. Avoine.

L'étude de ce tableau nous montre que durant les années 1861-1895:

1). La production totale a presque doublé.

2). La production du seigle et de l'orge a considérablement augmenté, mais cependant pas d'une manière aussi remarquable que celle de l'avoine.

8). Relativement à la production totale, celle du seigle a diminué de 12,1

celle de l'orge de

10,6 **Q, tandis que celle de l'avoine a augmenté de 22,7%.

Les causes principales de la diminution relative de la production du seigle ont été: la baisse des prix de cette céréale, l'inutilité évidente d'une culture par trop exclusive de ce produit, l'introduction du système de rotation des semences et la consommation de plus en plus considérable de foin, qui a entraîné la nécessité d'employer une bonne partie des champs comme prairies artificielles, tandis qu'autrefois le champ était exclusivement réservé à la culture des produits alimentaires.

La diminution relative de la production de l'orge est aussi due au système de rotation des semences, ainsi qu'à la diminution des défrichements par le feu. Dans une grande partie du pays, l'état des champs ne permet pas encore la culture rationnelle de l'orge. C'est à peine s'il permet celle des tubercules.

L'extension remarquable de la culture de l'avoine durant ces années tient surtout à l'augmentation de l'emploi des pâtures fortifiantes. Le dessèchement des marais a aussi contribué à cette extension; enfin l'exportation croissante de l'avoine a encouragé le paysan à en augmenter la culture. Tandis que pendant la période 1856—1860 l'exportation de l'avoine n'était en moyenne que de 48,877 hl. par an, elle s'éleva pendant la période 1881 — 1895 à 491,620 hl. par an. Pendant la période précédente, de 1886 à 1890, elle avait même atteint 674,308 hl.

Le rapport de la production à la semence a été en 1895:

Pour le froment 7,20

^> le seigle 7,48

» l'orge 5,76

» l'avoine 6,19

» les blés mixtes 5,40

» le sarrasin 8,15

» les pois et fèves 5,79

^ la pomme de terre 6,50

Dans chacun des différents gouvernements du

pays, cette proportion de la récolte à la semence ut cette même année :

Gouvernements

Seigle

Orge

Avoine

Pomme de terre

Nyland

Abo et Bjorneborg

Tavastehus

Viborg

St. Michel

Kuopio

Vasa

Uleâborg

Pays entier

Le rapport de la surface cultivée à la superficie totale de la terre ferme, exprimé en ^^j, était

dans le gouvernement de Nyland

B Nyland

de 1 0,78 ^'^^

Âbo et Bjôr

neborg >

Tavastehiis

Viborg

St. Michel

Kuopio

Vasa

Uleâborg

dans le pays entier de 3,36%

Si l'on compare la production (déduction faite des semences) à la population du pays, on obtient pour l'année 1895 les quantités suivantes par habitant:

Seigle et froment 1,78 hl.

Orge 0,86

Avoine et blé mixte 1,75

Pois, fèves et sarrasin .... 0,07

Total: céréales . . . 4,46 hl.

Ainsi donc la production totale des céréales était de 4,46 hl. par habitant *), c. à d. qu'elle était donc déjà inférieure à la quantité moyenne de cé-

*") Selon Baggo, cette production fut en 1886 de: 7,9 hl. par hab. en Suède

Page 1