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COMMERCE

Le système d'après lequel le tarif des douanes de la Finlande fut réformé en 1869 a été maintenu dans ses traits principaux. Les réformes entreprises depuis lors n'ont été que des modifications partielles du tarif de 1869. Presque tous les articles fabriqués sont soumis à des droits protecteurs dont quelques-uns très élevés, d'autres assez modérés. L'industrie nationale est en outre favorisée par la franchise de droits établie à l'égard de certaines matières premières, p. ex. le coton. Le protectionnisme ne s'étend cependant pas à l'agriculture. Renchérir, par des droits d'entrée, les céréales et d'autres denrées alimentaires de première nécessité, n'aurait pas été conciliable avec le principe qui recommande de ne pas faire peser les impôts sur le pauvre. Les céréales sont donc exemptes de droits et d'autres articles de cette catégorie ne sont que légèrement imposés. Les intérêts du fisc ont exigé, cependant, de maintenir des droits élevés sur le sucre et le café, quoique ces articles soient devenus des objets de consommation générale; on ne les regarde pas comme des ali-

ments de jwemère nécessité. Le sucre, le café, le thé, les vins, les boissons alcooliques et les tabacs rapportent à peu près les '73 de toutes les recettes douanières. Il a été perçu pour ces articles, en 1898, 93,5 % ^® toute la somme représentée par les droits sur les objets d'alimentation.

Le système d'un tarif conventionnel à côté du tarif général est étranger à la Finlande. Toutefois, des traités de commerce ont amené des réductions de tarif en faveur des produits de certains pays. Des stipulations spéciales annexées au traité de commerce entre l'Empire russe et l'Espagne, de 1888, ont établi des taxes réduites pour quelques produits espagnols (vins, huiles etc.) à l'importation en Finlande, dans le but d'assurer à certains produits finlandais (bois sciés, goudron etc.) la faveur du tarif conventionnel à leur importation en Espagne. Ces stipulations ont été appliquées, ensuite, dans le commerce de la Finlande avec la France, l'Italie et le Portugal, en vertu de la clause de la nation la plus favorisée qui se trouvait dans les traités de commerce antérieurement conclus avec ces pays. — Plus tard, dans ses traités avec la France et l'Allemagne, la Russie a fait place à des conventions douanières, lesquelles, en certaines parties, sont applicables aussi en Finlande.

L'union politique de la Finlande à la Russie a eu pour conséquence, au sujet des relations commerciales, l'établissement d'un régime visant à faciliter l'échange des produits des deux pays. Les mesures prises à cet égard en 1835 ayant été trop défavorables à la Finlande, l'Empereur Alexandre II

approuva, en 1859, une ordonnance concernant les relations commerciales de l'Empire et du Grandduché qui s'approchait plus que celle de 1835 du principe de réciprocité. Lorsque, avec le temps, les différences entre le tarif général de l'Empire et celui de la Finlande furent devenues plus sensibles, notamment à cause de l'augmentation, en Russie, des droits d'entrée sur les matières premières, l'importation de produits industriels finlandais en Russie fut soumise, en 1885, à certaines restrictions nouvelles. Plus tard, en 1890, une commission composée de délégués russes et finlandais a été chargée de l'examen d'un projet d'union, ou plutôt d'unification, douanière. La commission n' a pas pu résoudre les problèmes compliqués qui s'attachent à un projet de cette nature. L'abolition de la frontière douanière entre la Russie et la Finlande se heurte, en effet, à des difficultés insurmontables. Il serait incompatible avec les intérêts financiers — ceux de l'Empire non moins que ceux du Grand-duché — de laisser passer librement de la Finlande en Russie, et viee versa, soit des articles qui font objets de droits de consommation feau de vie, bière, tabacs et autres) soit des marchandises étrangères, celles-ci devant payer les droits de douane dans le pays oii elles seront livrées à la consommation. — En 1897, l'Empereur a sanctionné une nouvelle ordonnance concernant les relations commerciales des deux pays, proposée par le ministre des finances de Russie de concert avec le Sénat de Finlande. Les traits principaux du régime établi en 1859 y

sont maintenus. Cette ordonnance, promulguée identiquement dans les deux pays, statue:

que toute marchandise d'origine russe peut être importée en Finlande libre de droits, exceptés les articles suivants: l'eau de vie, dont l'importation est défendue, et le sucre, le sel, les tabacs, les vins, les liqueurs, la bière et la margarine qui sont soumis à des droits de douane, établis ad Itoc et moins élevés que les droits sur les mêmes articles venant de pays étrangers ;

que les produits finlandais appartenant aux catégories des produits agricoles ou de main d'oeuvre et énumérés dans l'ordonnance peuvent entrer librement en Russie; que cette même faveur est accordée pour certains autres articles quand ils sont accompagnés de certificats constatant leur origine finlandaise; que les produits des principales industries, spécifiés dans l'ordonnance et certifiés comme étant d'origine finlandaise, peuvent être importés en Russie en ne payant que des droits différentiels, cette faveur, pourtant, n'étant applicable, pour la plupart de ces articles, qu' à une quantité limitée; qu' enfin tous les articles finlandais non spécifiés dans l'ordonnance seront traités d'après le tarif général de l'Empire. Il y a lieu d'ajouter que les droits différentiels ont été établis dans le but de compenser, dans l'intérêt des fabricants russes, les avantages qui résulteraient pour leurs concurrents finlandais du fait cpie ceux-ci payent des droits moins élevés sur des matières premières et des machines importées de l'étranger. — Les marchandises étrangères ne peuvent pas passer d'un pays dans

l'autre sans être soumises aux droits de douane d'après les tarifs généraux respectifs.

Les tableaux suivants (A et B) feront connaître l'étendue du commerce extérieur de la Finlande pendant les dix années 1890 — 1899.

Importation

de la Ivns.-

de des autres pays

Total.

Année.

en

millions de marcs.

Exportation

en Russie

en d'antres pays

Total.

1 millions de marcs.

C. Valeur totale de rechange de marchandises (importation et exportation réunies) avec les pays ci-dessous, en millions de marcs:

Russie 102,7 120,6 182,0

Grande Bretagne . . . 71,2 80,4 92,2

Allemagne 69,1 68,7 89,9

Danemark 24,5 24,2 25,3

France 16,5 20,4 20,4

Suède 15,7 18,1 22,1

Belgique 10,0 8,9 12,2

Espagne 7,5 7,9 7,3

Pays-Bas 5,6 6,8 7,6

Autres pays 8,7 15,2 8,0

Total 331,5 371,2 417,0 *

D. Les classes de marchandises qui représentaient les plus grandes valeurs dans rimportation de l'année 1898 étaient les suivantes:

En milliers de marcs.

Céréales et farines 44,449

Métaux et ouvrages en métal 22,774

Machines, moteurs et outils 19,884

Tissus 19,286

Matières propres au filage 10,742

Peaux, cuirs, pelleteries 9,947

Café 8,888

Minéraux et articles fabriqués .... 8,249

Sucre 8,228

Fils et cordes . 8,195

Navires et bateaux 7,190

Viandes, gibier etc 6,884

Huiles et matières grasses 6,654

Boissons 5,681

Vêtements confectionnés 5,542

Gommes, résines et autres sucs végétaux . 4,926

Tabacs 4,417

E. Les classes de marchandises qui représentaient les plus grandes valeurs dans V exportatio7i de l'année 1898 étaient les suivantes:

En milliers de niarc8.

Bois bruts et sciés et ouvrages en bois . 93,490 Produits de métairies, viandes, gibier (beurre

27,028, autres 1959) 28,987

Pâte de bois et papiers 17,213

Tissus 6,045

Minéraux et articles fabriqués .... 5,013

Métaux et ouvrages en métal 4,731

Peaux, cuirs, pelleteries et fourrures . . 3,567

Céréales et articles de boulangerie . . . 3,423

Navires et bateaux 3,025

Poissons frais, salés on fumés. .... 2,673

On trouve dans les tableaux A et B, ci-dessus, comme dans la statistique commerciale de la plupart des pays européens, une grande infériorité de la valeur de l'exportation comparée â celle de l'importation. Cette infériorité est plus apparente que réelle. Une des causes en est, sans doute, que les déclarations en douane des marchandises importées sont plus exactes que celles des marchandises exportées,

celles-là étant soumises au contrôle minutieux exercé dans l'intérêt du fisc. L'évaluation des articles importés peut aussi s'appuyer, dans la plupart des cas, sur les factures, tandis que la statistique évalue la plupart des articles exportés d'après des prix moyens, calculés et proposés par des experts. — Il y a, d'ailleurs, en Finlande, un revenu considérable qui contribue à la liquidation de l'importation, c'est le revenu de la navigation extérieure, sur lequel, cependant, les données statistiques font défaut.

Nous croyons utile d'ajouter encore quelques chiffres indiquant les quantités exportées des articles qui tiennent la tête dans l'exportation du pays.

Bois sciés en milliers de m-^ 1,131 1,367 1,722 1,963 2,060

Beurre en milliers de kg 8,016 8,093 13,335 13,010 12,380 Pâte de bois et carton en milliers de kg 24,045 21,466 33,803 37,121 41,176

Papiers en milliers de kg 10,412 13,601 17,676 20,495 26,008

En 1898, le nombre des bâtiments, jaugeant au moins 19 tonneaux de registre, qui sont arrivés de Russie ou de pays étrangers dans les ports finlandais, a été de 8,566, d'un tonnage total de 1,919,000 tonneaux. De ce nombre, 5,878 étaient

des navires finlandais, représentant 862,000 tonneaux.

Les villes nommées ci-dessous sont les plus importantes dans la navigation extérieure :

Bâtiments

arrivés en 1898

Nombre.

Tonnage.

Helsingfors

Vibourg .

Âbo . .

Kotka . .

Bioerneborg

Hangoe

Vasa .

Uléoborg .

Le montant total des droits perçus aux bureaux de douane, en 1898, était de 37,487,197 marcs. Cette somme comprend non seulement les droits sur l'importation, 35,794,489 marcs, mais aussi les droits prélevés sur le bois exporté, 424,323 marcs, les droits de phare, 920,814, ainsi que des recettes diverses, 347,571 marcs.

Le rang qu' occupent les villes les plus importantes dans le commerce d'importation peut être jugée d'après les recettes de douane y perçues. Elles se chiffraient en 1898 de la manière suivante, en milliers de marcs:

Helsingfors

Âbo . . .

Vibourg .

Hangoe .

Vasa . . . .

Tammerfors

Bioerneborg .

Uléoborg .

Kotka . .

Marine marchande en 1898.

Navires à voile. Navires à vapeur.

Nombre. Tonnage. Nombre. Tonnage.

1896 271,824 236 41,043 Nombre total: 2,132.

Tonnage total: 312,867.

Il y a en Finlande neuf Écoles de commerce et huit Écoles de navigalion.

lî existe dans presque chaque ville une société de négociants qui s'occupe des intérêts communs du commerce de la ville. Des représentants de ces sociétés se réunissent périodiquement à des congrès, oii sont discutées des questions d'un intérêt général pour le commerce du pays. Une délégation choisie par le congrès prépare les questions et exécute les décisions du congrès. Dans plusieurs des villes maritimes, les chefs de navires ont formé des associations, dont les délibérations ont donné naissance à bien des mesures utiles pour la navigation.

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